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Pour une sociologie des inégalités environnementales

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Valérie Deldrève

Qu’est-ce qu’une inégalité environnementale ? En quoi constitue-t-elle un objet sociologique ? Comment l’étudier au regard de sa diversité et de sa complexité ? Pour répondre à de telles questions, l’auteure nous invite à entrer dans de grands débats scientifiques et de société sur la compatibilité entre protection de l’environnement et lutte contre les inégalités socio-économiques ou culturelles, justice environnementale et justice sociale. Confrontant différents grands courants de pensée dans le champ de l’environnement et théories en sciences sociales, elle propose un cadre d’analyse des inégalités environnementales, qu’elle teste à l’aune de ses propres recherches. Celles-ci, menées sur des terrains littoraux français, traitent de problématiques relatives à la protection de sites naturels ou de gestion des ressources halieutiques, qui toutes soulèvent des enjeux conjoints d’accès et de participation.
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Chapitre 1: Étudier, dénoncer les inégalités environnementales

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CHAPITRE 1

Étudier, dénoncer les inégalités environnementales

Il n’est pas dans les normes des champs académiques de la recherche de parler de dénonciation d’un phénomène social, posture versée à la subjectivité. Il est plus habituel de proposer son « objectivation », c’est-à-dire de le poser comme réalité objective, mesurable, débarrassée de tout préjugé de sens commun ou encore, dans une posture moins « positiviste », de le circonscrire comme objet d’étude, socialement construit. Pour autant, traiter des inégalités – et non des disparités ou écarts, dissemblances – nous engage d’emblée dans une posture critique. Certes toute société génère des inégalités. Certaines sont considérées comme justes et d’autres non (Dubet, 2010 ; Flipo, 2009), de manière consensuelle ou plus controversée dès lors qu’on élargit la sphère des acteurs chargés de définir ce qui fait justice (Deldrève, Candau, 2014). Mais pour autant, chacun d’entre nous – ou presque – réserve le terme d’inégalité à celles que nous qualifions d’injustes, quand bien même seraient-elles justifiables sur d’autres plans, comme celui de l’efficacité écologique (Rey, 2010). Parce qu’elles sont indissociables de nos considérations en termes de justice et de notre vision du monde, les inégalités ne constituent pas des objets « froids » : dénonciation et « objectivation » tendent à se rejoindre pour se renforcer mutuellement. C’est du moins ce dont témoignent...

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