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Concurrences interrégionales Europe–Asie au XXIe siècle

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Edited By Pierre Chabal

Cet ouvrage rassemble une trentaine de chapitres rédigés par des auteurs en poste dans la plupart des pays couverts par cette approche plurielle. Il donne la parole à des analystes menant leurs recherches dans ces pays situés au cœur de la construction de l’Asie régionale. C’est le volume compagnon d’un autre livre collectif – Une nouvelle Asie ? L’Organisation de Coopération de Shanghai.
La démarche collective des auteurs consiste à vouloir comprendre l’Asie de l’après-guerre froide en mêlant approches institutionnelles, culturelles, historiques, politiques, économiques comparées afin de résister à deux biais : l’ethnocentrisme, qui consisterait à juger l’Asie à partir d’un a priori, par exemple européen ; et le réductionnisme, qui suggèrerait de voir dans les institutions régionales la forme « essentielle » des relations et des concurrences entre les régions. Dans l’après-guerre froide, les régions mondiales ne relèvent pas d’une dynamique conjoncturelle depuis 1991 ou même depuis 1945. La « dynamique régionale », qui prend le relais des alliances du XIX e et avant, façonne le monde de manière profonde depuis des années 1920. C’est dans l’entre-deux guerres (1934) que l’Entente Baltique et l’Entente Balkanique ont commencé de construire un nouvel ordre régional pluri-centré, puis les pays du Bénélux ont offert à celui-ci le concept de « communauté » et la réalité qui inspirera l’Europe.
Au-delà de la connaissance des régions, il s’agit de réfléchir à la signification d’une institutionnalisation multilatérale pluri-régionale qui relie les sous-continents entre eux, à commencer par les « dialogues » ou « sommets » interrégionaux eurasiens ou eurasiatiques.
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Repenser l’affiliation régionale de la Mongolie dans la nouvelle Asie du Nord-Est

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Jamsran BAYASAKH

Université nationale de Mongolie (traduit de l’anglais par P. Chabal)

L’appartenance régionale est une question cruciale depuis vingt-cinq ans. Pendant la guerre froide, l’idéologie politique divisait le monde en deux, l’Est et l’Ouest : démocratie contre communisme. La Mongolie, au cœur de l’Asie, relevait des pays communistes, et était peu souvent considérée comme pays asiatique. Soudain, avec la chute du mur de Berlin et de l’Union soviétique, la Mongolie a commencé de penser à la région d’Asie : son affiliation à la région pourrait bénéficier à son développement dans un futur proche. Les Mongols ont choisi la voie démocratique du développement et ont déclaré la volonté de construire une démocratie dans la vie politique orientée vers l’économie de marché. Au début des années 1990, la Mongolie était en suspens : tous ses partenaires de l’Est l’avaient quittée et la pierre angulaire de sa politique intérieure et extérieure, les Soviétiques, avait disparu dans le néant de la transition russe. La Mongolie se sentait comme un orphelin, oublié et négligé par les Dieux.

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