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Penser les frontières européennes au XXIe siècle

Réflexion croisée des sciences sociales

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Edited By Bertrand Vayssière

La frontière n’est jamais innocente et elle n’est jamais (ou quasiment jamais) « naturelle ». C’est un artifice qui a d’abord servi à affermir une souveraineté, et donc un État, le plus souvent contre les autres : en ce sens, l’Europe est le plus couturé de tous les continents, suite à toute une histoire de négociations et surtout de guerres, à tel point que l’on peut évoquer une véritable fragmentation de notre espace, traversé aujourd’hui par environ 14 000 km de frontières. Comment ignorer cette réalité aujourd’hui que l’on « fait » l’Europe ?
La question n’était pas taboue tant qu’on ne parlait que de désarmement douanier, dont le but ultime était la création d’un Marché unique, mais maintenant que ces frontières sont censées ne plus exister entre les États de l’UE au profit d’une seule et même frontière commune qui doit nous définir par rapport au monde extérieur (et, suivant certains, nous protéger contre lui), quel constat s’impose, et surtout quelles propositions apporter ?
Des spécialistes des principales sciences sociales (droit, histoire, géographie, sociologie) tentent ici une réponse, en s’appuyant sur des cas d’étude particuliers, présents ou passés, et en s’aidant de leurs méthodes propres d’investigation.
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Invention du « problème » de l’immigration et reconfigurations frontalières en Roumanie

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Bénédicte Michalon

Chargée de recherche CNRS, ADESS (UMR 5185) benedicte.michalon@cnrs.fr

La chute du communisme en décembre 1989 et les changements politiques qui ont suivi ont eu pour conséquence l’ouverture des frontières de la Roumanie. Les citoyens roumains ont retrouvé une liberté fondamentale – celle de pouvoir circuler. Vingt ans plus tard, cette migration est reconnue pour son fonctionnement transnational, à savoir la capacité qu’ont les migrants à maintenir des liens à travers les frontières tant avec leur État d’origine qu’avec les divers pays vers lesquels ils migrent. Pourtant, la Roumanie occupe aujourd’hui une position spécifique sur la scène migratoire européenne, puisqu’elle est elle-même devenue un espace de passage et d’arrivée pour des migrants aux profils variés (permanents comme temporaires, réguliers ou sans papiers, demandeurs d’asile, travailleurs qualifiés ou non, conjoints et enfants, etc.). Elle est désormais pleinement inscrite dans la globalisation des mouvements migratoires, qui proviennent tant de pays voisins que du sous-continent indien, d’Amérique latine ou d’Afrique subsaharienne. L’effet corollaire en est l’émergence d’une politique destinée à prendre en charge ces migrations.

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