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Le Continent basket

L’Europe et le basket-ball au XXe siècle

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Edited By Fabien Archambault, Loïc Artiaga and Gérard Bosc

L’histoire du basket-ball s’est bâtie sur une erreur, d’ordre géographique. En effet, elle a longtemps consacré les États-Unis comme son centre unique, négligeant ce que les autres parties du monde avaient apporté à la balle au panier. Celle-ci est pourtant marquée par une diffusion planétaire, étonnamment rapide, avant les années 1920.
Ce livre réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes de la question, et éclaire sous un jour nouveau les destinées du basket sur le Vieux Continent. C’est en Suisse que naît la Fédération internationale, en Allemagne que ce sport accède au statut olympique, dans les Pays Baltes qu’il est élevé à un haut niveau, tandis que l’ensemble des pays méditerranéens l’adopte comme une pratique majeure.
Sport par excellence des classes moyennes européennes, le basket-ball, initialement conçu comme un « anti-football » rationel et moderne, devient un des terrains privilégiés des affrontements de la Guerre froide. Dès lors, son histoire devient un outil privilégié pour saisir, en mouvement, une large part des dynamiques politiques et culturelles européennes, ainsi que la façon dont joue sur ces sociétés la référence américaine.
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Trois secondes de Guerre froide. La finale olympique de Munich en 1972

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Trois secondes de Guerre froide

La finale olympique de Munich en 1972

Fabien ARCHAMBAULT

Université de Limoges

En 1973, dans son introduction au Dimanche de Bouvines, le médiéviste Georges Duby rappelait l’objectif premier de l’historien : « Établir d’abord ce qui s’était vraiment passé à cet endroit le 27 juillet 1214 ». Le lieu en question se situait en Flandres où les armées du roi de France, Philippe Auguste, remportèrent une victoire décisive qui permit ensuite au Capétien de se proclamer « empereur en son royaume ». « À vrai dire », ajoutait Duby, ce but est « inaccessible […] puisque, nous le savons bien, tous ceux qui assistent à une bataille, fussent-ils en plus haute éminence […] ne voient que bousculade confuse ; nul n’a jamais perçu, nul ne percevra jamais dans sa vérité totale, ce tourbillon de mille actes enchevêtrés qui, dans la plaine de Bouvines, se mêlèrent inextricablement ce jour-là, entre midi et cinq heures du soir »1. Les événements contemporains, dont les traces sont pourtant bien plus abondantes, n’échappent pas à la règle. Gérard Bosc, qui en tant que directeur technique national de la Fédération française de basket-ball assista à la finale du tournoi olympique de Munich opposant les États-Unis à l’URSS, le reconnaît par exemple sans ambages : tel Fabrice à Waterloo, il n’a alors « rien vu et encore moins compris quelque chose »2. Outre l’occasion qui nous est ainsi fournie de faire le portrait...

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