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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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L’objet bouleversant : une introduction

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L’on se propose d’analyser, dans le présent ouvrage, la notion d’objet bouleversant telle que l’entend Nougé, et qu’il propose par conséquent aussi aux surréalistes français. Isolé, le charme d’un objet bouleversant est en raison directe, dit-il dans Les Images défendues (Pour s’approcher de René Magritte), de sa banalité. Un objet familier est rendu donc bouleversant par, tout d’abord, l’isolement, auquel s’ajoute toute une série de transformations, autant de moyens que Nougé analysera d’ailleurs dans beaucoup de ses œuvres (Subversion des images, La Conférence de Charleroi, Les Images défendues, Le Langage, Les Moyens de la poésie, La Lumière, l’ombre et la proie, etc.). L’idée ne semble pas neuve. Élargissons un peu le contexte.

Nous sommes au début du XXe siècle, quand toutes sortes de mouvements d’avant-garde commencent à se manifester. À Saint-Pétersbourg, un théoricien de la littérature et écrivain lui aussi, admirateur enthousiaste de la poésie et de la sculpture futuriste, fonde, en 1914, le groupe d’Étude du Langage Poétique OPOYAZ (acronyme, en russe, de la Société pour l’Étude du Langage Poétique), appelé aussi le groupe des « formalistes russes ». C’est Victor Shklovsky. Intéressé surtout par la théorie du langage poétique ainsi que par l’évolution des genres littéraires, celui qui fondera d’ailleurs avec Maïakovsky une maison d’édition spécialisée dans le formalisme et le futurisme développe également le concept...

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