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Malaise dans la ville

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Edited By Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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Malaise dans la ville dans quelques histoires tragiques et exemplaires

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Véronique ADAM

Université Toulouse II-Le Mirail

Les histoires tragiques, rédigées à partir de faits divers français, ou traduits de l’italien, de l’espagnol ou d’historiettes politiques antiques, paraissent en nombre à la fin du XVIe et au début du XVIIe. Les rééditions, les suites dont elles font l’objet témoignent d’un certain succès et plusieurs genres sont assez voisins de leurs propos : les « théâtres du monde », énonçant l’« infinité de calamités et de misères dont est enveloppé [le corps humain] »1, les histoires de larrons établissant une typologie des voleurs et exposant l’origine du comportement des pauvres et des mendiants, ou enfin les plaidoyers historiques présentant des procès plus ou moins fictifs, souvent familiaux et dramatiques. Les auteurs les plus connus (Rosset, Belleforest, Boaistuau et Camus)2 offrent des fables assez hétérogènes (histoire amoureuse, familiale ou politique), inscrites dans un contexte particulier de tension politique (guerres de religion), de conflit juridique (question des mariages clandestins, héritage de l’aîné) et de réorganisations sociales (essor des villes, attrait économique des pays orientaux). La population de ces histoires est composée de figures de la noblesse déchues, mais aussi de femmes du peuple, d’enfants et de pauvres, doublement victimes de leur situation sociale et d’un mauvais destin. Ceux-ci sont mis en scène comme des cas exemplaires et uniques, ← 45 | 46 → mais la récurrence de certains personnages permet d’...

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