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Quatre siècles d’édition musicale

Mélanges offerts à Jean Gribenski

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Joann Elart, Etienne Jardin and Patrick Taieb

Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l’édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d’études explorant un versant foisonnant de l’histoire de la musique, l’édition musicale, depuis les premiers imprimés et l’insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu’à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l’objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l’activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l’édition musicologique contemporaine.
Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l’enseignement à la Sorbonne, puis à l’Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s’appuie donc, comme l’enseignement du maître, sur un document dont l’analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d’anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l’histoire de l’édition musicale française au cours des quarante dernières années.
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Les nouveaux Solfèges du Conservatoire de Paris (1865) et le commerce de l’édition pédagogique

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Rémy CAMPOS

Dans les années 1860, la direction du Conservatoire de Paris confia à l’un de ses professeurs, Édouard Batiste, la révision d’un manuel composé au moment de la naissance de l’institution par un collège de professeurs : les Solfèges pour servir à l’étude dans le Conservatoire de Musique (1802)1. Le volume initial était l’un des piliers d’une entreprise éditoriale originale : une collection de méthodes instrumentales et vocales conçues dans une veine encyclopédique par le collège des enseignants2. Un demi-siècle plus tard, la remise à flot des Solfèges est instructive à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle permet de mesurer les profonds bouleversements de la matière depuis son introduction dans l’école parisienne. Ensuite parce que le travail de Batiste ne s’est pas limité à un toilettage de vieux exercices mais a débouché sur la conception d’un ensemble complexe d’ouvrages. Enfin parce que la nouvelle version est lancée par l’un des principaux éditeurs parisiens : Jacques-Leopold Heugel3. ← 257 | 258 →

L’explosion de la pratique amateur dès le début du XIXe siècle avait provoqué un fort engouement pour la littérature didactique qui, avec les pièces de salon, devint le moteur des ventes pour un éditeur musique. Au milieu du siècle, le catalogue Heugel comptait déjà quelques fleurons : L’Art du chant de Gilbert Duprez, la Méthode de Laure Cinti-Damoreau, la plupart des ouvrages d’Alexis de Garaudé, les vocalises de Marco...

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