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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Edited By Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre IV: Autour de quelques conséquences sans prémisses. Tracer l’image selon Spinoza

1.  Introduction

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CHAPITRE IV

Autour de quelques conséquences sans prémisses

Tracer l’image selon Spinoza

Lorenzo VINCIGUERRA

La réflexion et les études qui ont porté sur la représentation, la nature de l’image, sa manière de représenter et de signifier à l’âge classique se sont rarement attardées sur Spinoza. Peut-être parce qu’il paraissait inclassable, ou bien au contraire parce qu’il était trop vite classé parmi ses contemporains, le juif d’Amsterdam a longtemps souffert de lectures qui tendaient à en sous-estimer la position au sein de son siècle et plus largement dans l’histoire de la représentation1. Les raisons de cette désaffection sont d’abord chez Spinoza lui-même. Dans le Traité de la réforme de l’entendement, la théorie de l’imagination est à peine esquissée, n’étant pas mieux qualifiée que de « passive ». Occupé surtout par des questions de méthode et par le souci de se démarquer des approches baconienne et cartésienne, laissé finalement inachevé, ce premier écrit ne développe pas une théorie du corps. Celle-ci ne sera présentée que plus tard. L’Éthique notamment proposera une doctrine originale et cohérente, en ligne avec tout le système. Cette nouvelle pensée du corps passe par une révision profonde du statut de l’étendue comme attribut d’une seule et unique substance indivisible, infinie et éternelle, et jette les bases de toute la doctrine de l’imagination. Sur elles...

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