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Guilt and Shame

Essays in French Literature, Thought and Visual Culture

Series:

Jenny Chamarette and Jenny Higgins

As theoretical positions and as affective experiences, the twin currents of contrition – guilt and shame – permeate literary discourse and figure prominently in discussions of ethics, history, sexuality and social hierarchy. This collection of essays, on French and francophone prose, poetry, drama, visual art, cinema and thought, assesses guilt and shame in relation to structures of social morality, language and self-expression, the thinking of trauma, and the ethics of forgiveness. The authors approach their subjects via close readings and comparative study, drawing on such thinkers as Adorno, Derrida, Jankélévitch and Irigaray. Through these they consider works ranging from the medieval Roman de la rose through to Gustave Moreau’s Symbolist painting, Giacometti’s sculpture, the films of Marina de Van and recent sub-Saharan African writing. The collection provides an état-présent of thinking on guilt and shame in French Studies, and is the first to assemble work on this topic ranging from the thirteenth to the twenty-first century. The book contains nine contributions in English and four in French.

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Frédéric Miquel Quand le langage spirituel plaide coupable: linguistique et péché au XVIIe siècle 87

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Frédéric Miquel Quand le langage spirituel plaide coupable: linguistique et péché au XVIIe siècle Le XVIIe siècle français, ce grand siècle mystique, désireux de donner une rhétorique à la Contre-réforme, se méfie de ce que l’on pourrait appeler la mauvaise langue. Plus que jamais, le langage spirituel s’interroge sur l’in- nocence ou sur la culpabilité de ses pratiques. L’on assiste à une multipli- cation des publications en même temps qu’à l’émergence d’une défiance à l’endroit de leurs auteurs: Henri Bremond parle justement de ‘procès des mystiques’.1 Et cela n’est pas étonnant, puisque leur discours humain cher- che à exprimer une expérience limite, illuminée, qui, par nature, échappe au commun des mortels: l’union de l’âme avec la divinité transcendante, la rencontre personnelle entre l’esprit limité d’une créature et l’infinité du Dieu éternel. La Bible, déjà, met en garde contre les dangers d’un langage qui peut être la source de nouveaux péchés. La théologie linguistique affirme en effet qu’un texte détourné de sa source spirituelle ‘étendra ses ravages comme la gangrène’ (2 Tm 2, 17) et que cette maladie devient mortelle quand la parole humaine n’accueille plus l’Esprit Saint, ‘car la lettre tue, l’Esprit vivifie’ (2 Co 3, 6). Cette parole de péché est en vérité lettre morte.2 L’Épître de Jacques ajoute que ‘si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son...

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