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The Dark Side of Diderot / Le Diderot des ombres

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Edited By James Hanrahan and Síofra Pierse

This collection of essays investigates the darker aspects of Diderot, writer, art critic, philosopher and encyclopédiste. The chapters focus on the schism between positive images of the Enlightenment and an undercurrent of disorder, transgression and clandestine intellectual and social practices. Diderot’s role in this fissure is critically scrutinised through an analysis of the interface between Enlightenment and its dark side. In his reticence before authority and censorship, in the richness and complexity of his literary and philosophical works, in the emotional conflict of his theatre, or in his innovative aesthetic vision, Diderot consistently evokes the darker side of the Enlightenment.
Cet ouvrage interroge l’aspect plus sombre de Diderot, écrivain, critique d’art, philosophe et encyclopédiste. Les contributeurs traitent du clivage entre d’un côté, les images positives des Lumières et, de l’autre, le désordre, la révolte, la transgression, les pratiques sociales et intellectuelles clandestines qui en constituent son corollaire parfois sous-jacent. Le rôle de Diderot au cœur de ce clivage sera analysé dans le cadre d’une interrogation plus large du couple Ombres/Lumières. Diderot incarne – dans ses réticences devant les autorités et la censure, dans la richesse et la complexité de ses ouvrages littéraires et philosophiques, dans les conflits affectifs de son théâtre, ou encore dans sa vision esthétique innovatrice – une alternative, plus sombre, à la marche des Lumières triomphantes.
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Travailler les ombres, travailler le négatif: l’exemple du Supplément au voyage de Bougainville

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Diderot dans Essai sur la peinture écrit: ‘Il y a des objets que l’ombre fait valoir, d’autres qui deviennent plus piquants à la lumière. La tête des brunes s’embellit dans la demi-teinte, celle des blondes à la lumière.’1 L’auteur envisage ici l’ombre comme l’autre de la lumière mais surtout il met en évidence l’idée selon laquelle ombre et lumière s’accompagnent, obligatoirement, dans un lien équivoque et en dehors de toute hiérarchie fixe. Cette analyse de la peinture par Diderot vaut également comme clé de lecture de son œuvre littéraire. En effet, l’écrivain s’emploie fréquemment à mettre en tension, à travers ses textes, des opposés, il façonne ainsi les ombres et les lumières à travers un mouvement qui peut être assimilé au ‘travail du négatif’.

Cette notion renvoie au refoulement en psychanalyse, à ce qui est latent, à ce qui agit dans la partie que l’individu cache malgré lui. En philosophie, Hegel considère le travail du négatif comme le moteur de la pensée, ce temps de la dialectique qui n’annule pas le précédent mais le dépasse et le conserve. Ce mouvement reflète donc l’instabilité au sein de laquelle le positif est le pôle opposé du négatif, l’ombre est le pôle opposé de la lumière. Ce geste conduit alors à envisager l’espace de création comme le lieu d’une polarisation qui autorise l’existence de l’un et de l’autre, en rendant l’un...

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