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The Dark Side of Diderot / Le Diderot des ombres

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Edited By James Hanrahan and Síofra Pierse

This collection of essays investigates the darker aspects of Diderot, writer, art critic, philosopher and encyclopédiste. The chapters focus on the schism between positive images of the Enlightenment and an undercurrent of disorder, transgression and clandestine intellectual and social practices. Diderot’s role in this fissure is critically scrutinised through an analysis of the interface between Enlightenment and its dark side. In his reticence before authority and censorship, in the richness and complexity of his literary and philosophical works, in the emotional conflict of his theatre, or in his innovative aesthetic vision, Diderot consistently evokes the darker side of the Enlightenment.
Cet ouvrage interroge l’aspect plus sombre de Diderot, écrivain, critique d’art, philosophe et encyclopédiste. Les contributeurs traitent du clivage entre d’un côté, les images positives des Lumières et, de l’autre, le désordre, la révolte, la transgression, les pratiques sociales et intellectuelles clandestines qui en constituent son corollaire parfois sous-jacent. Le rôle de Diderot au cœur de ce clivage sera analysé dans le cadre d’une interrogation plus large du couple Ombres/Lumières. Diderot incarne – dans ses réticences devant les autorités et la censure, dans la richesse et la complexité de ses ouvrages littéraires et philosophiques, dans les conflits affectifs de son théâtre, ou encore dans sa vision esthétique innovatrice – une alternative, plus sombre, à la marche des Lumières triomphantes.
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Vertiges de La Religieuse

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Dans l’hymne à la nuit qui constitue la seconde strophe de sa grande élégie Le Pain et le vin, souvent interprétée comme un bilan poétique des Lumières et comme une prise de recul saisissante par rapport à leur ‘rationalisme’, Friedrich Hölderlin suggère qu’elles furent travaillées par des forces obscures et obsédées par la dimension nocturne de l’être humain qu’elles prétendaient par ailleurs enfouir ou refouler, car – dit le poète – ‘le limpide regard parfois goûte l’ombre’ et, oubliant momentanément le jour, s’adonne à la nuit, ‘trésor sacré des insensés et des morts.’1 La nuit (ainsi que tout ce à quoi elle s’associe par figure au fil du texte: le sommeil, la folie, le rêve, ‘l’ivresse sacrée et le jaillissement du verbe’ de la production poétique, la mort) n’est donc pas pour Hölderlin le contraire des Lumières, incompatible avec elles, et attendant son heure – ce qui va s’appeler le romantisme ou le surréalisme, et que le poète ne connaît évidemment pas – pour s’exprimer dans un gigantesque ‘retour du refoulé’. Elle leur est au contraire consubstantielle, séduisant par ses vertiges et ses abîmes les esprits les plus clairs et les plus méthodiques, approfondissant par là-même leur humanité et enrichissant leur existence d’une part d’ombre fondamentale sans laquelle elle serait comme incomplète.

Hölderlin, en écrivant ces vers étonnamment denses, parmi les...

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