Show Less
Open access

Tweets from the Campaign Trail

Researching Candidates’ Use of Twitter During the European Parliamentary Elections

Series:

Edited By Alex Frame, Arnaud Mercier, Gilles Brachotte and Caja Thimm

Hailed by many as a game-changer in political communication, Twitter has made its way into election campaigns all around the world. The European Parliamentary elections, taking place simultaneously in 28 countries, give us a unique comparative vision of the way the tool is used by candidates in different national contexts. This volume is the fruit of a research project bringing together scholars from 6 countries, specialised in communication science, media studies, linguistics and computer science. It seeks to characterise the way Twitter was used during the 2014 European election campaign, providing insights into communication styles and strategies observed in different languages and outlining methodological solutions for collecting and analysing political tweets in an electoral context.

Show Summary Details
Open access

8. Élections européennes de mai 2014 : étude des données du corpus français de TEE 2014 afin d’appréhender les usages des candidats et la circulation de l’information sur Twitter (Junger, Frédéric / Brachotte, Gilles)

Frédéric Junger & Gilles Brachotte, Univ. de Bourgogne

8. Élections européennes de mai 2014 : étude des données du corpus français de TEE 2014 afin d’appréhender les usages des candidats et la circulation de l’information sur Twitter

Abstract

Cet article interroge et présente les pratiques sur Twitter des candidats et des partis aux élections européennes en France. Il sintéresse aux codes de ce dispositif sociotechnique qui permettent une mise en relation des différents acteurs (candidats, citoyens, …). De plus, sur la base dune analyse quantitative des indicateurs dinteractions (tweets, RT, #), nos résultats mettent en exergue des différences dans lusage selon le statut des partis et selon les caractéristiques des candidats.

8.1 Introduction

Ce chapitre95 est ancré dans lanalyse des usages sociaux et en particulier lutilisation et lappropriation par les partis et les candidats politiques français de loutil de microblogging, Twitter. Ce dispositif sociotechnique na pas actuellement, en France, la même popularité et la même notoriété que dautres réseaux socionumériques comme Facebook. En effet, selon un sondage réalisé par IPSOS en 2013, seul 5 % de la population détenait un compte Twitter et 61 % avait moins de 35 ans96. Cela ne permet pas à loutil dêtre considéré comme réellement représentatif de la société, mais il offre un terrain propice aux études et aux analyses sur la participation politique « on-line » et lusage dun dispositif socionumérique. De plus, de par ses caractéristiques dinteractivité et de discussion, Twitter est un objet détude qui soulève des problèmes intéressant le champ des Sciences de lInformation et de la Communication en particulier dans la compréhension de←173 | 174→ la construction des relations entre les acteurs, de leurs pratiques et de leurs usages mais également dans lanalyse des mécanismes de diffusion de linformation/désinformation. En effet, Twitter repose sur une promesse : proposer un outil supplémentaire permettant et facilitant les échanges sur Internet, ceci au travers dune solution instantanée et interactive. In fine, lutilisation dInternet et des services associés sorganisent autour de la notion dinteractivité avec « l’idée […] que la parole circule mieux, plus vite et de façon plus conviviale, si les normes oratoires qui en organisent la distribution incitent chacun, d’une part à parler librement, quand il veut, et d’autre part à choisir de préférence un propos en rapport, en réaction, avec ce qui vient d’être dit, afin de nouer le lien social le plus étroit possible » (Breton, 2007 : 28). Les enjeux sont multiples et sarticulent donc autour des notions dinstantanéité, de communication permanente et de présence connectée (Licoppe, 2011) propres à ce qui définit les échanges et les prises de parole au travers des outils de communication apparus parallèlement au développement dInternet.

Plus globalement cette recherche sattache à étudier et à comprendre les caractéristiques de la participation « on-line » des politiques dans lespace public numérique97. Aussi, comme le souligne P. Flichy, « Internet, contrairement à la radio ou à la télévision, met en situation d’égalité l’émetteur et le récepteur, c’est donc à première vue, l’outil idéal pour une démocratie participative où le citoyen pourrait intervenir très régulièrement dans le débat public »98. Il constituerait ainsi un nouvel outil de participation du citoyen à la vie politique, ce qui est dautant plus intéressant à observer dans un contexte où les médias connaissent une importante crise de crédibilité et où les partis politiques cherchent à remobiliser les foules autour des grandes questions de société dans lobjectif de faire chuter les taux dabstention observés aux dernières élections françaises.

Pour mener à bien notre étude, nous prenons comme corpus99 les données issues dune recherche transversale et interdisciplinaire mise en œuvre lors du←174 | 175→ scrutin des élections Européennes de 2014. Celui-ci est constitué des tweets de tous les candidats français ayant un compte Twitter, actif ou non100. En France, ce sont 49 partis et courants qui ont déposés 193 listes pour un total de 3754 candidats101. La période de collecte des données est comprise entre les trois semaines précédant le scrutin du 25 mai 2014 et la semaine suivante. Ainsi, lanalyse porte sur 2 137 128 tweets, exclusivement en langue française102.

Les questions centrales qui sous-tendent notre analyse sont celles de la relation et de la circulation de linformation entre les acteurs présents sur Twitter (candidats, citoyens, partis, médias). A cette fin, nous nous sommes intéressés à la fois à laspect fonctionnel du dispositif (usage des RT, #, @) mais également à son aspect technique (nombre de tweets, partis qui twittent le plus, etc…). Dans une approche globale de notre corpus, nous avons posé comme hypothèse que les principaux partis avaient intégré la puissance du canal de communication des réseaux socionumériques dans leur stratégie de communication plurimédia alors que les « petits » partis, dont la présence sur les médias traditionnels est plus difficile, sen servent prioritairement comme un moyen de visibilité, de diffusion du message politique et de contact avec le citoyen. Par extension, nous pensons que le degré de popularité des candidats influe sur leur présence sociale sur Twitter. Ainsi, plus le candidat est populaire, plus il lutilise comme une nécessité doccuper la totalité de la sphère des supports de communication. Les candidats à plus faible notoriété sont, quant à eux, dans un objectif dexistence au sein de la campagne avec une volonté prioritaire de safficher et de saffirmer dans le monde politique. Enfin, notre dernière hypothèse résulte des caractéristiques intrinsèques et fonctionnelles de Twitter qui font que les échanges←175 | 176→ sont définis comme y étant horizontaux, cest-à-dire que lon sextrait des formes de communication verticale et hiérarchique (Cardon/Granjon, 2013) qui étaient les plus courantes dans la diffusion dinformations et de paroles politiques jusquà lapparition dInternet, puis des médias sociaux. Dans ce cadre, les indicateurs dinteractions peuvent expliquer la circulation des informations et de la parole politique et faire émerger des tendances, en termes de popularité, de partis ou de candidats lors des scrutins électoraux.

Cet article présente les principales données quantitatives de la tweet-campagne française. Nous mettons en exergue les activités des partis et des têtes de liste dans le but de dégager des indices pertinents de lusage qui est fait de Twitter. Enfin, à la suite des premiers résultats obtenus sur lusage, nous concluons cet article par la présentation déléments en lien avec la question de la circulation de linformation.

8.2 Quelques données sur la tweet-campagne

Dans cette partie, nous présentons les résultats issus de requêtes103 informatiques qui illustrent lusage du dispositif par les partis politiques et par les candidats. Notons que pour simplifier la présentation et la lecture, et puisquil sagit dillustrer les possibilités offertes par notre recherche, nous avons choisi de présenter uniquement les dix premiers résultats issus de lexécution des requêtes. De plus, nous avons circonscrit notre démarche autour des tweets publiés sur les comptes des candidats et des partis. De ce fait, notre étude porte sur une observation effective de 150 464 tweets, publiée par lintermédiaire des comptes de 616 candidats et de 47 partis et mouvements politiques. Le tableau ci-dessous expose les données globales suivant les indicateurs dinteractions.

Tableau 8–1 – Nombre d’indicateurs observés pour les candidats et les partis

Données des candidats (616)

Données des partis (47)

Nombre de tweets

75203

75261

Nombre de #

75619

75007

Nombre de RT

39689

75203

←176 | 177→

Ce tableau résume nos observations au travers du nombre dindicateurs présentés et permet dores et déjà de faire ressortir des pistes de réflexion et danalyse quant à lutilisation faite de Twitter par les protagonistes de lélection de 2014. On constate tout dabord, aussi bien pour les candidats que pour les partis, une appropriation et une maîtrise des règles et des codes du dispositif. A titre dexemple, les niveaux dusage fonctionnel des indicateurs dinteraction, comme la proportion de hashtags utilisés par rapport au nombre de tweets, sont presque équivalents. Le hashtag qui est lindicateur le plus intégré, sert de signal dinteraction, mais il est également un potentiel générateur de nouvelles via sa logique de diffusion dans le réseau social.

Lautre indication intéressante est la fréquence du retweet. Pour les partis, on observe quils correspondent au nombre de tweets publiés par les candidats. Nous pouvons ainsi supposer que les partis ont principalement servi de relais aux messages émis par les candidats, en agissant comme une sorte damplificateur de la parole émise par leurs favoris-candidats dans les différentes circonscriptions. Quant aux candidats, les RT sont moins importants et laissent supposer quils ont davantage utilisé Twitter comme un outil dexpression directe envers les autres utilisateurs. Leur usage est donc plus dans une logique de production que de relayeurs dinformations. Il faut également noter quen mai 2014, lindication « a retweeté » suivant le nom dutilisateur nétait pas encore mise en place par Twitter. Il était donc difficile de pouvoir précisément différencier les tweets des RT. Les outils informatiques ont permis de faire cette différenciation dans notre corpus.

1.1.1 Résultats sur les partis politiques

(i) Partis les plus actifs

Nous avons ici entrepris de connaître le nombre de tweets global par parti politique ayant soumis au moins une liste à cette élection. Cette requête nous a permis de mettre en avant les partis qui ont le plus twitté et qui, en conséquence, ont été les plus actifs sur la plateforme Twitter durant la période où sest opérée notre collecte.

Tableau 8–2 – Extrait : Nombre de tweets global par parti

Nom du parti

Nombre de tweets

EELV

9725

UDI-MODEM

9335

PS – PRG

6791

UMP

6683←177 | 178→

Parti Pirate

5536

Nous Citoyens

5280

Front de Gauche

4242

Nouvelle Donne

4065

FN

3381

Parti Européen

2634

Les résultats montrent quEELV (Europe Écologie Les Verts) a été le parti le plus actif avec 9725 tweets durant cette période. Les listes rassemblant lUDI et le Modem ont des données sensiblement équivalentes. Plus globalement, dans les dix premiers résultats de ce tableau, nous retrouvons les partis majeurs de la vie politique en France, mais également des formations moins connues qui ont su saisir le scrutin et la puissance du canal de communication pour étendre leur notoriété. Cest notamment le cas de « Nous Citoyens », de « Nouvelle Donne » ou encore du « Parti Pirate ».

Concernant les deux « leaders » du tableau, nous avons corrélé nos résultats avec la « vie des partis ». Cette nécessaire contextualisation de lenvironnement permet de mieux analyser la plasticité des frontières entre vie réelle et présence virtuelle. Concernant EELV, la forte mobilisation sur Twitter peut sexpliquer comme une réaction à une situation délicate pour le parti écologiste104. En effet, le mois précédent cette élection, de fortes divergences ont miné les rapports entre les chefs de file du parti où sopposaient alors une ligne portée par Cécile Duflot (qui a quitté ses fonctions de ministre et recherche une autonomie par rapport au PS) et une autre défendue par Jean Vincent Placé, partisan du maintien du lien avec le parti vainqueur des élections présidentielles de 2012. Twitter a servi de chambre décho et de sphère dinteraction et de débat.

Concernant lUDI-Modem, une explication résulte de la naissance récente (novembre 2013) de lalliance entre les deux partis représentés par François Bayrou (Modem) et Jean-Louis Borloo (UDI). Lobjectif clairement affiché était de mettre en œuvre un partenariat politique pour les Européennes de 2014 devant←178 | 179→ se poursuivre pour les Régionales, voire les échéances nationales105. Ainsi, la forte participation sur Twitter peut sexpliquer, par la recherche dune reconnaissance en tant que formation politique majeure en regard de lexpérience des deux formations sur la scène politique nationale.

Concernant lusage des tweets par les partis, le graphique suivant représente le pourcentage de tweets publiés par chacun des dix partis observés durant la période dobservation.

Figure 8.1 – Nombre de tweets par parti

image

Au travers de cette illustration, nous pouvons constater que deux partis se détachent dans la fréquence dusage, EELV et lUDI-Modem. Les partis traditionnels de la vie politique française (PS et UMP) suivent ce duo dans une proportion équivalente. Ces deux partis disposent dune organisation et dune structure établie et ont été parmi les premiers à sengager sur les réseaux sociaux, à limage de la campagne de Ségolène Royal en 2007. Puis, nous pouvons voir que le Parti Pirate, jeune mouvement politique (fondé en 2009) reposant en large partie sur←179 | 180→ les problématiques soulevées à la suite du développement dInternet, arrive en cinquième position. Ensuite, viennent dautres formations, dont deux fondées en 2013 et issues de différents débats à gauche et à droite de léchiquier politique que sont Nouvelle Donne et Nous Citoyens. Concernant ces trois derniers partis (Parti Pirate, Nouvelle Donne et Nous Citoyens), nous supposons quils ont saisi lopportunité dune prise de parole dans lespace public que constituent les dispositifs sociotechniques. Les partis plus importants et traditionnels ayant eux un accès plus aisé aux grands médias, dont la télévision, pour faire entendre leur voix et servir de mégaphone.

Enfin, il est intéressant dobserver que le Front National a publié près de trois fois moins de tweets que les partis les plus actifs. Pourtant, celui-ci, nous le savons à présent, a réalisé un excellent résultat électoral. De facto, la seule présence ou lusage intensif dun dispositif comme Twitter ne suffit pas à remporter des élections.

(ii) Partis ayant fait le plus de retweets

Au travers de cette requête, nous avons cherché à quantifier le nombre de RT réalisé par les comptes des différents partis présents à lélection. Dune certaine façon, nous avons ici interrogé les usages des partis. En effet, lutilisation dun RT est tributaire dune certaine maîtrise des codes et normes en vigueur sur le dispositif et démontre également une certaine forme dappropriation du dispositif.

Tableau 8–3 – Extrait : Nombre de retweets par parti

Nom du parti

Nombre de retweets (RT)

EELV

9720

UDI-MODEM

9330

UMP

6981

PS – PRG

6679

Parti Pirate

5528

Nous Citoyens

5272

Front de Gauche

4239

Nouvelle Donne

4056

FN

3381

Parti Européen

2634

←180 | 181→

Les résultats montrent quà limage des requêtes sur le nombre de tweets, cest le parti EELV qui a été le plus actif dans les RT, suivi par lUDI-Modem. LUMP et lalliance PS –PRG se partageant la troisième place avec sensiblement le même nombre de RT.

Lélément intéressant dans cette observation est le constat que nous avons pu faire en comparant le nombre de tweets (voir le tableau 1) et de RT. Nous observons quune grande partie des tweets émis par chaque parti sont en réalité des RT. Ceci est dautant plus visible lorsque lon compare les tweets et les RT du compte officiel du Front National et du Parti Européen, car le nombre de chacun dentre eux est identique.

En complément de notre analyse, le graphique suivant illustre les proportions du nombre de RT de chaque parti au cours la période observée.

Figure 8.2 – Répartition des retweets sur les 10 premiers partis du corpus

image

Au travers de ce graphique, nous constatons que la répartition des formations politiques est identique à celle précédemment présentée concernant le nombre de tweets. De la même manière, les proportions dutilisation de RT correspondent également. La différence entre le nombre total de tweets et de RT étant proche, cela explique que les proportions ne changent pas.←181 | 182→

Ainsi, les comptes officiels des partis sur Twitter serviraient principalement à soutenir les publications de leurs candidats. Nous supposons quils agissent comme des comptes servant à fédérer les utilisateurs/citoyens afin de leur permettre de retrouver les comptes des candidats quils ne suivent pas forcément et, comme nous lavons indiqué précédemment, de servir de relais afin de faire écho aux messages de leurs candidats.

(iii) Hashtags les plus utilisés par les partis

Cette requête vise à connaître le nombre de hashtags que les partis représentés ont utilisés durant la collecte de tweets. Ainsi, nous nous sommes intéressés à une intégration plus générale de Twitter comme élément incontournable de la communication politique en fonction de la valeur ajoutée que peut constituer lajout dun hashtag dans la publication dun tweet.

Tableau 8–4 – Extrait : Popularité des hashtags par parti

Nom du parti

Hashtag le plus utilisé

Nombre d’occurrences du hashtag

EELV

#ee2014

3403

PS – PRG

#notreeurope

1990

EELV

#eelv

1488

UDI-MODEM

#ep2014

1271

Nouvelle Donne

#reprendrelamain

1090

Nous citoyens

#ee2014

1020

PS – PRG

#ep2014

944

UDI-MODEM

#leseuropeens

933

UMP

#ump

743

UMP

#europeennes2014

743

Le tableau supra, nous indique que le hashtag le plus utilisé par le parti EELV est « ee2014 » (3403 fois au cours de lobservation). Ce même parti se retrouve également en troisième position avec le hashtag de la formation « eelv », utilisé 1488 fois.

On constate que les principales formations politiques ont utilisé plusieurs hashtags durant notre période dobservation, cest le cas pour le PS-PRG, lUMP et lUDI-Modem, qui trustent ainsi les premières places du nombre de placements←182 | 183→ de hashtags dans leurs tweets. Nous pouvons également voir comment des formations moins importantes de prime abord ont su efficacement utiliser cet outil offert par le dispositif pour accroître leur visibilité sur Twitter. Cest le cas pour Nouvelle Donne et Nous Citoyens.

8.3 Les résultats concernant les candidats

(i) Candidats les plus actifs sur Twitter

À la suite de ces premiers résultats, nous avons recentré notre attention sur les candidats. La requête suivante a consisté à mettre en lumière la participation effective de chacun des candidats observés. Nous avons extrait le nombre exact de tweets postés par chaque candidat dans lobjectif détablir une hiérarchie dans la présence et la participation de chacun dentre eux. Cela nous a permis de répondre à la question : quel compte de candidats est le plus actif durant la période observée ? Et donc, quel est celui qui a le plus tweeté ? Nous avons ainsi obtenu un classement complet de la participation des candidats dont les dix plus importants sont présentés dans le tableau suivant.

Tableau 8–5 – Extrait : Nombre de tweets envoyés par chaque candidat

Identifiant du candidat

Nombre de tweets

Louisdegouyon (Parti Européen)

2028

Jsherpin (EELV)

1827

Bdelgendre (Nous Citoyens)

1823

Relf_PP (Parti Pirate)

1270

M_GHISALBERTI (UMP)

941

JoelRoman75 (EELV)

926

Nrosenberg (Parti Pirate)

898

JulienAyoun (UDI-Modem)

864

DominiqueRiquet (UDI-Modem)

848

JB_COUTELIS (Nouvelle Donne)

833

On observe que cest Louis de Gouyon Matignon, candidat de 23 ans, président du parti européen et considéré comme le porte-parole des gens du voyage qui a émis le plus de tweets, soit 2028 tweets durant la période observée. Notons que←183 | 184→ cet utilisateur est également tête de liste dune formation présentant une unique liste en Ile-de-France.

Le second est Jean Sébastien Herpin, candidat de 45 ans, ingénieur en informatique et membre dEELV, se définissant lui-même comme un « geek »106 et candidat dans sur la liste de Clarisse Heusquin dans la circonscription Massif Central-Centre.

Béatrice Delgendre, candidate de 46 ans, de la formation Nous Citoyens, placée 17ème sur la liste conduite par Isabelle Bordry en Ile-de-France est la troisième candidate ayant le plus tweeté durant cette période. Ainsi, si nous considérons brièvement les trois candidats ayant le plus tweeté au cours de cette période, on constate quil existe différents profils dutilisateurs. Ceci ne nous permet pas de typologiser un profil type dutilisateur. Il apparaît, cependant, une caractéristique commune, qui est que ceux qui ont le plus tweeté ne sont pas des « personnalités » à forte notoriété et plutôt de générations acculturées au numérique et aux réseaux sociaux.

Cest pour cette raison, que nous nous sommes ensuite concentrés sur la participation des têtes de liste dans lobjectif de connaître leur place dans la liste des candidats ayant le plus tweeté au cours de la période. Le tableau ci-dessous présente les résultats que nous avons obtenus pour les dix premières têtes de liste.

Tableau 8–6 – Nombre de tweets envoyés par les dix candidats têtes de liste les plus actifs

Identifiant du candidat

Nombre de tweets

christineboutin (Force Vie)

703

Corinnelepage (Europe Citoyenne)

637

Josebove (EELV)

424

nadine__morano (UMP)

381

MLP_officiel (FN)

138

f_philippot (FN)

132

JLMelenchon (FdG)

129

Harlemdesir (PS-PRG)

85

BriceHortefeux (UMP)

85

MAlliotMarie (UMP)

39

←184 | 185→

Le premier élément, en comparaison avec ce qui a été précédemment énoncé, est que le nombre total de tweets publiés par le premier candidat tête de liste, ici Christine Boutin, est inférieur au nombre de tweets publié par le dixième candidat du tableau 5. Ce qui indique une utilisation plus importante de loutil par les candidats non tête de liste. Ainsi, si lon compare les deux premiers de chaque tableau, on constate quil y a une différence proche du triple dans la publication de tweets. Ceci nous permet de mettre en évidence le fait que les candidats disposant dune faible notoriété utilisent Twitter au service de cette dernière. Le graphique présenté ci-dessous illustre cette différence dans la production de tweets, où lon constate la faible production des candidats têtes de liste par rapport à lensemble des tweets observés.

Figure 8.3 – Proportion des tweets publiés par les candidats et les têtes de liste, par rapport au nombre de tweets observé

image

(ii) Candidats ayant fait le plus de retweets

Par lintermédiaire de cette requête, nous avons cherché à connaître la fréquence de RT des différents candidats. Ceci permet de comprendre lusage que font les candidats de loutil Twitter, et principalement de lun des indicateurs permettant dintroduire une relation avec dautres utilisateurs, le retweet. Le RT étant une manière de faire « écho » à un message précédemment publié. Le croisement de ces données peut également savérer efficace puisquune mise en lien avec le nombre total de tweets de lutilisateur nous permet de savoir quelle est la part de sa production personnelle dinformation et le relais quil peut faire à dautres. Notons toutefois que le RT peut être agrémenté dun commentaire prenant différentes formes (critique, précision, etc.) et devenir à son tour une source dinformation. Le tableau, ci-dessous, présente les résultats pour les dix candidats ayant fait le plus de RT.←185 | 186→

Tableau 8–7 – Extrait : Nombre de retweets par candidat avec son parti

Identifiant du candidat

Nom du parti

Nombre de RT

bdelgendre

Nous Citoyens

1557

Relf_PP

Parti Pirate

788

DianVatlo

Nouvelle Donne

714

JulienAyoun

UDI-MODEM

708

DominiqueRiquet

UDI-MODEM

670

JoelRoman75

EELV

646

CecileMonnier

Nouvelle Donne

590

JB_COUTELIS

Nouvelle donne

568

louisdegouyon

Parti Europeen

549

M_GHISALBERTI

UMP

538

Nous pouvons observer que lutilisation du RT représente une part plus ou moins importante de la participation sur Twitter selon les candidats. Ainsi, on peut constater que lutilisateur bdelgendre a plus de 80 % de ses publications qui sont en fait des RT là où le candidat louisdeguyon a un peu plus de 25 % de ses publications qui sont des RT. Cependant, comme nous lavons précisé précédemment, les profils de ces deux candidats sont différents, puisque louisdeguyon est également tête de liste du Parti Européen dont il est le principal acteur. De plus, nous pouvons constater, par rapport aux résultats précédents, lapparition de nouveaux comptes de candidats, comme celui de DianVatlo, qui souligne le fait que certains candidats ont utilisé le dispositif Twitter principalement en soutien et en relais de messages dautres utilisateurs.

Puis sur le même modèle que pour les autres requêtes, nous avons recherché le nombre de RT de chaque candidat tête de liste, dont les résultats sont présentés dans le tableau suivant. Nous précisons que nous navons pas pu obtenir les résultats concernant Harlem Désir et Brice Hortefeux pour cette requête.

Tableau 8–8 – Nombre de tweets par candidat tête de liste avec son parti

image

←186 | 187→

image

Au travers de ces résultats, nous retrouvons un classement de participation sensiblement identique au classement obtenu lorsque nous avons recherché le nombre de tweets de chaque candidat. Cependant, il convient de mettre en relation les deux résultats (nombre de tweets et de retweets) pour donner du sens à ces derniers. Nous constatons ainsi que la proportion dutilisation de RT nest pas la même pour tous les candidats, ce quillustre le graphique ci-dessous. Ainsi, les quatre premiers présentent une proportion de RT par rapport à leurs tweets de plus de 50 %, jusquà 85 % pour Nadine Morano. Ces résultats rejoignent nos remarques précédentes sur les RT. Pour les autres candidats, les proportions ne sont pas aussi importantes, ce qui de notre point de vue révèle une utilisation particulière de Twitter, compte tenu de leur qualité de tête de liste. En effet, cela montre quils ont principalement utilisé le dispositif pour transmettre à leurs followers des informations, des avis, des remarques, etc. dune manière à être, à leur tour, retweeté par les autres utilisateurs.

Figure 8.4 – Nombre de tweets comparé au nombre de RT pour les candidats tête de liste

image

←187 | 188→

Pour cette observation, nous pouvons donc considérer quil existe différentes logiques à lœuvre dans la production de tweets. En effet, si certains candidats sont dans une logique de production, cest-à-dire que leur nombre de tweets est supérieur à leurs nombres de RT, dautres candidats sinscrivent dans une logique de reproduction, lorsque le nombre de RT est supérieur au nombre de tweets. De la même manière, on peut observer que les candidats ayant le plus tweetés au cours de la période, sont ceux qui font un usage assez important du RT.

8.4 Appréhender la circulation de l’information sur Twitter, exemple et perspectives

Létude de lusage qui est fait du dispositif par les candidats et les partis nous permet de mieux mesurer leur implication, leur intégration et leur appropriation des réseaux socionumériques. Pour compléter notre étude, nous avons souhaité présenter les prémisses dune étude élargie en complément de lanalyse des utilisateurs et qui concerne les messages et leur circulation. Avant de présenter ces résultats, nous tenons à rappeler quil sagit ici dune expérience dont les résultats restent hypothétiques dans leur interprétation. En effet, bien que nous ayons suivi une méthodologie stricte dans la recherche sur les données, leur signification reste à éprouver dans la durée. Ainsi, lexploitation de la base de données nous offre la possibilité de faire ressortir des variables concernant – comme dans le cas présenté dans les lignes suivantes – le nombre de RT de tweets de chaque candidat et des partis quils représentent. Ainsi, après avoir observé lactivité des candidats et des partis, nous nous sommes interrogés sur le nombre de fois où un tweet de candidat avait été retweeté. Lobjectif étant de voir, en fonction dune production initiale et mesurée dans les résultats précédents, comment ces messages sont repris par les utilisateurs, et donc quels étaient les candidats têtes de listes, puis les partis, qui avaient été les plus retweetés.

Tableau 8–9 – Nombre de RT de tweets de chaque candidat tête de liste

image

←188 | 189→

image

On constate ici quen ce qui concerne les dix premiers candidats têtes de liste, quatre dentre eux appartiennent au FN. Les deux premiers de cette liste étant respectivement Marine Le Pen, présidente du FN et son vice-président, Florian Philippot. On retrouve en troisième position Jean-Luc Mélenchon qui présente néanmoins un écart assez important en nombre de RT par rapport aux deux premiers candidats cités. Cette place importante occupée par les deux premiers candidats du FN sillustre plus nettement dans le graphique ci-dessous (figure 9).

Figure 8.5 – Pourcentage de RT de tweets de chaque candidat tête de liste

image

Concernant les trois premiers résultats de cette liste, nous pouvons mettre en rapport ce résultat avec les résultats précédents qui portaient sur la part de RT dans la production de tweets (cf, tableau 8 et figure 8). On peut ainsi constater que, si lon croise ces deux résultats, les candidats qui sinscrivent dans une logique←189 | 190→ de production de tweets semblent correspondre à ceux qui sont le plus retweetés sur Twitter. De plus, nous pouvons ici constater deux éléments. Lun concerne la forte représentation de candidats du FN, quatre sur dix, ce qui souligne le fort écho dont leurs tweets ont bénéficié sur Twitter. Lautre est labsence de candidats issus des partis tels que lUMP ou le PS.

De la même manière, nous avons voulu faire ressortir le nombre de RT de tweets des partis politiques. Comme nous lavons vu précédemment, les tweets des partis sont principalement effectués dans le but de soutenir les prises de parole des candidats sur le terrain. Ils ont en effet réalisé un nombre de RT qui couvre sensiblement la totalité de leur publication.

Tableau 8–10 – Nombre de RT de tweets de chaque parti

Partis

Nombre total de RT de tweets

FN

47169

Front de Gauche

16934

UMP

12629

EELV

12520

UDI-MODEM

12224

PS – PRG

8422

Nous citoyens

5020

UPR

4234

Debout La Republique

4001

Force vie

3483

De ce fait, si nous prenons lexemple du FN et que nous croisons les différents résultats obtenus, nous pouvons constater quils ont publié 3381 tweets dont lintégralité était des RT de leurs candidats. Ces 3381 tweets ont, à leur tour, été retweetés 47169 fois. Ce qui nous permet de constater la forte mobilisation de relais dopinion, dadhérents ou de sympathisants concernant ce parti. Comme nous pouvons le remarquer dans le graphique ci-dessous, le pourcentage obtenu par le FN sous cet angle est considérable.←190 | 191→

Figure 8.6 – Pourcentage de RT de tweets de chaque parti

image

Pourtant, si la chambre décho produite par Twitter est importante, il nen est pas de même pour les autres partis. Si nous considérons EELV, qui est le parti ayant produit le plus de tweets sur la période (9725), on constate que le pourcentage de RT sinscrit dans la moyenne des dix premiers partis les plus retweetés. Ceci nous permet de considérer quil nexiste pas de relations entre une production importante de tweets et le relais qui peut en être fait sur Twitter.

8.5 Conclusion

Un des enjeux de notre recherche a été de comprendre et de mesurer le niveau des relations entre les acteurs et doffrir des interprétations permettant de comprendre et de définir les mécanismes mis en œuvre sur les dispositifs socionumériques qui font que la communication prend forme entre les élus, les citoyens et les médias. Dans une perspective parallèle, au travers dun article portant sur lusage de Twitter par les journalistes, G. Brachotte et A. Frame (2015) notaient que : « même si l’usage et le “style Twitter” (Thimm/Dang-Anh/Einspänner ; 2011, 2012) semblent plutôt passifs qu’actifs, les journalistes maîtrisent les codes du dispositif sociotechnique et l’utilisent à la fois comme outil de veille, de diffusion et d’interaction, mais à des degrés différents ».←191 | 192→

Figure 8.7 – Correspondance entre l’activité déclarée sur Twitter et les fonctions principales du dispositif (Brachotte/Frame, 2015)

image

Il pourrait en être de même pour lusage qui est fait du dispositif par les personnalités politiques, tout au moins cest ce que nous avons tenté de mettre en évidence à travers nos analyses réalisées sur le corpus de tweets collectés et plus spécifiquement par le biais de la maîtrise de ce que nous avons choisi de nommer des indicateurs dinteractions (soit les codes propres au dispositif qui permettent dentrer en relation avec dautres utilisateurs). Ainsi, en observant lutilisation des hashtags, mention et retweets, nous retrouvons ces mêmes mécanismes entre logiques décriture et de lecture, de veille et de diffusion (fig.3).

Figure 8.8 – Processus d’interaction au travers des fonctions principales du dispositif

image

←192 | 193→

Parallèlement à cet usage des plateformes par les politiques, nous pouvons observer et constater que les échanges entre ces derniers et les individus se développent sur les réseaux socionumériques. De ce fait, la question se pose de savoir sil existe des mécanismes, des formes courantes dune « ritualité numérique » (Lardellier, 2013), qui régissent lusage des réseaux sociaux, et donc de Twitter, par les politiques. Ces ritualités seraient identifiables par léchange, le partage et lappropriation de symboles autour de lélaboration des tweets107, et donc des interactions présentes dans le dispositif, dans un processus de co-construction et de coproduction de celui-ci par les utilisateurs (fig.4).

Figure 8.9 – Interactions et ritualités dans les échanges sur Twitter dans le cadre du projet TEE2014

image

←193 | 194→

Le rapprochement à la dimension rituelle du dispositif est lié au fait que, pour se propager, un message « tweet » est dépendant du nombre de retweets. De la même manière, pour quun sujet soit discuté, il faut quil soit inscrit sous un hashtag afin de que se fédère, sous ce hashtag, un nombre plus ou moins important dutilisateurs qui sinterpellent entre eux au moyen dune mention. Ainsi, lanalyse de ces différents types déchanges, au travers de lutilisation de symboles imposés par le dispositif dont les utilisateurs se sont appropriés les codes qui constituent des indicateurs dinteractions, permet de comprendre comment sorganise lusage des partis et des candidats et comment les informations circulent. Enfin, ces analyses nous permettent de voir comment les candidats se sont organisés pour apparaître sur les réseaux sociaux, de voir quelles stratégies ont été adoptées pour mettre en scène leur vie quotidienne et aussi politique, et ainsi nous aide à découvrir leur choix en matière d « identwité » (Mercier, 2013), choix qui seffectue dans le cadre dun usage normatif du dispositif lié à leur rôle dacteurs politiques, mais aussi en fonction des possibilités dexpressivité individuelle quoffre Twitter, où lidentité numérique qui est construite au travers de la présence dans un dispositif vient renforcer lidentité réelle au travers de jeux dexposition de soi (Allard/Vandenberghe, 2003).

Lutilisation de ces symboles, partagés par la communauté des utilisateurs, permet de soffrir une meilleure visibilité sur le réseau. En effet, dans le processus qui accompagne la construction de son identité en ligne, lutilisateur est amené à partager différents marqueurs de la reconnaissance identitaire (Cardon, 2008). Lappropriation des règles et des codes du dispositif permet de compléter sa démarche dintégration symbolique dans un dispositif. Ainsi, utiliser le hashtag ou le RT par exemple, participe dune certaine manière à compléter le dispositif identitaire et à sinscrire dans la communauté des utilisateurs « initiés ». Cette observation a joué un rôle important dans lobjectif danalyser la construction des relations en ligne au sein du dispositif Twitter puisque nous nous sommes appuyés sur ces codes partagés pour extraire des données sur lusage du dispositif par les politiques.

Cette recherche exploratoire nous a permis dinterroger le contenu des comptes des utilisateurs, candidats et partis lors de lélection européenne de 2014. Les constats opérés nécessitent encore de larges analyses comparatives qui pourront confirmer ou infirmer notre propos. Toutefois, bien quil sagisse dune phase dexpérimentation, notre premier bilan nous indique quil est possible dexploiter ces données afin de produire des bases quantitatives sur lesquelles peuvent se fonder nos analyses.←194 | 195→

Ainsi, si les requêtes considérées individuellement proposent des résultats qui napparaissent pas forcément significatifs pour répondre aux différentes questions que nous avons posées au début de cet article, cest par lintermédiaire des opérations de croisements et dinterprétations que nous parvenons à mettre en lumière les pratiques et les usages des candidats. Par exemple, si lon essaie de mesurer le degré dintégration des pratiques liées à lusage de Twitter au sein des différentes formations politiques, il est possible de croiser les données dutilisation des différents moyens déchanges du dispositif. Pour ce faire, on peut extraire les données relatives à lutilisation globale de Twitter par un parti (nombre de tweets), et de les confronter à lensemble des tweets contenant un RT ou un hashtag. Le résultat de cette analyse permet de mettre en lumière lusage qui est fait de Twitter par la formation politique. Par exemple, un niveau élevé des indicateurs dinteractions indiquera une appropriation importante du dispositif alors quun niveau faible pourra révéler une pratique balbutiante ou une méconnaissance de loutil pouvant entraîner un mésusage.

De plus, les résultats mettent en évidence une participation inégale des partis (en nombre de tweets et de RT). Concernant les RT réalisés par les partis, ils ont principalement servis à soutenir les publications des candidats. De plus, sur les données observées à propos des candidats, on constate que les candidats à faible notoriété ont eu un usage de Twitter plus important que les candidats têtes de listes. Cela souligne la place de Twitter comme un outil servant à la prise de parole dans lespace public élargi par les dispositifs socionumériques. Enfin, le croisement des données entre tweets et RT des candidats têtes de liste, nous indique que les usages sont différents, entre logique de production et de reproduction. Pour les partis, nous pouvons constater que le FN, qui a remporté cette élection en France, est largement en tête sur le dispositif. Cela peut apparaître comme un marqueur pertinent de la popularité. Cependant, cette popularité « virtuelle » ne se confirme pas si lon regarde le second de ce classement qui est le Front de Gauche. Aussi, si nous constatons que la popularité sur Twitter peut refléter une tendance, elle nest nullement représentative dune probabilité de résultat et peut au mieux, se rapporter au résultat dun sondage dopinion. Toutefois, ce nest pas dans cet objectif que nous réalisons cette étude qui vise davantage à comprendre les utilisations faites du dispositif Twitter et son rôle potentiel dans léchange dinformations et donc, en conséquence dans les stratégies de communication mises en œuvre par les candidats et les partis.←195 | 196→

Références bibliographiques

Allard, L., & Vandenberghe, F. (2003). « Express yourself ! Les pages perso ». Réseaux, no 117(1), 191–219, consulté le 19 juillet 2014, URL : http://www.cairn.info/revue-reseaux-2003-1-page-191.htm

Brachotte, G., Frame A., Lusage de Twitter par des journalistes politiques français : un outil de recomposition de la pratique professionnelle journalistique, in Liénard, F., & Zlitni, S. (Eds.). (2015). La communication électronique: enjeux, stratégies, opportunités. Limoges, France: Lambert-Lucas, DL 2015.

Breton P., « Interactivité, intériorité, et lien social démocratique », Cliniques méditerranéennes, 2007/1 n° 75, p. 27–45. DOI : 10.3917/cm.075.0027, p. 28

Breton P., Le culte de l’Internet, Paris, La Découverte « Sur le vif », 2000, 128 pages. ISBN : 9782707133021. Lien : http://www.cairn.info/le-culte-de-l-internet--9782707133021.htm

Cardon, D. (2009). Le design de la visibilité. Réseaux, n° 152(6), 93–137.

Cardon, D., & Granjon, F. (2013). Médiactivistes. Paris, France: Sciences Po, Les Presses, DL 2013.

Flichy, P. (2008). « Internet, un outil de la démocratie ? » La Vie des idées. Consulté le 18 juillet 2015, URL : http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/200801147_internet.pdf

Lardellier P., « Introduction. Ritualités numériques », Les Cahiers du numérique 2013/3 (Vol. 9), p. 9–14. DOI 10.3166/LCN.9.3–4.9–14ù

Licoppe, C., Cudicio, R., & Proulx, S. (2011). Présence connectée“ au travail : les usages de la messagerie instantanée, le genre des ”questions rapides“ et léconomie morale de la ”contribution. ethnographiques.org, (Numéro 23 – décembre 2011). Consulté le 25 octobre 2015, URL : http://www.ethnographiques.org/2011/Licoppe,Cudicio,Proulx

Mercier, A. (2013). « Lidentité des journalistes. Étude des profils Twitter des journalistes français et anglophones ». Consulté le 3 aout 2015, URL : http://doi.org/10.13140/2.1.3639.0088←196 | 197→


95 Le chapitre s’inscrit dans un travail de thèse en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Bourgogne, intitulé « La mise en scène des élus politiques sur les réseaux sociaux, relations et interactions dans les communautés d’administrés ». Dirigée par P. Lardellier et co-encadrée par G. Brachotte.

96 Usages et pratiques de Twitter en France. (n.d.). Consulté le 7 octobre 2015, URL : http://www.ipsos.fr/decrypter-societe/2013-04-25-usages-et-pratiques-Twitter-en-france

97 Voir à ce propos, « Espace public numérique et participation politique », Les cahiers du numérique, vol 11, N°4/2015, dir. G. Brachotte & A. Frame, Lavoisier, Paris.

98 « Internet, un outil de la démocratie », www.laviedesidees.fr, janvier 2008. Consulté le 24 avril 2016.

99 Nous considérons notre corpus comme appartenant à ce que l’on nomme le « Big Data ». Cependant il est important de noter que ce terme ne revêt pas la même signification en fonction des disciplines. A titre d’exemple, les sciences informatiques considèrent le « Big Data » pour un volume de données de plusieurs téraoctets par jour (dimension relative). Dans notre cas, ce sont, sur la période considérée, plus de 4 millions de tweets capturés et donc nécessaires à analyser. Cela nécessite pour un chercheur en sciences humaines et sociales de reconsidérer sa manière de travailler à la fois dans son approche quantitative que qualitative.

100 Concernant les comptes des candidats, nous soulignons le fait que nous avons observé l’activité de ces comptes indépendamment du fait qu’ils peuvent être gérés soit par des équipes de communication, soit par les candidats eux-mêmes – voire par les deux dans certains cas. C’est ainsi l’activité du compte du candidat qui fait l’objet de notre analyse plus que l’activité du candidat

101 « Il y aura 193 listes aux élections européennes ». L’Obs. Consulté le 11 août 2015. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/elections-europeennes-2014/20140505.OBS6141/il-y-aura-193-listes-aux-elections-europeennes.html

102 Il est important d’évoquer l’existence de biais pouvant être présents au sein du corpus. En effet la collecte massive de données ne peut s’effectuer sans que soient capturés des comptes ou des tweets qui ne cadrent pas avec les critères que nous avions définis. Ceci, par exemple, au travers de comptes supposés en lien avec l’élection, mais qui ne le sont finalement pas. A titre d’exemple, nous avons capturé des comptes qui ont partagé le même hashtag sans que celui-ci ait une signification identique, ce qui est notamment le cas pour le hashtag #ff. Celui-ci a été utilisé durant la campagne pour François Fillon et parfois dans des sens différents (par exemple : follow friday).

103 Le terme « requête » désigne la commande en langage informatique nécessaire à l’exploitation des informations que nous cherchons à atteindre dans la base de données. Ceci dans le but de faire ressortir des réponses à nos questions dans la multitude de tweets qui ont été collectés. Les requêtes permettent donc d’extraire les données selon différents critères et de les ordonner pour en faciliter la lecture et l’exploitation.

104 Desmoulières, R. B. (2014, June 14). Les chemins de Duflot et Placé se séparent. Le Monde.fr. Consulté le 15 octobre 2015, URL : http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/06/14/les-chemins-de-duflot-et-place-se-separent_4438226_823448.html

105 Borloo et Bayrou alliés dans L’Alternative. (2013, November 5). Consulté le 15 octobre 2015 : http://www.lefigaro.fr/politique/2013/11/05/01002-20131105ARTFIG00597-borloo-et-bayrou-allies-dans-l-alternative.php

106 http://jsherpin.fr/, consulté le 14 août 2015

107 Les tweets peuvent ainsi prendre différentes formes et renvoyer à d’autres médias présents sur le Web. Concernant les formes, on peut rapidement évoquer l’utilisation de mots ou expressions accolés à un hashtag (dont l’utilisation est indiquée par un « # » et qui permettent de se référer à un thème ou un sujet précis). Il est également possible de s’adresser à un autre utilisateur de la plateforme en inscrivant dans le message le symbole « @ », ce qui permet de rechercher l’interaction avec un autre utilisateur. De la même manière, le retweet (RT) est une façon de faire écho à une information que l’on souhaite partager. De plus, on peut insérer des liens de type adresse URL ou encore des images et/ou des vidéos. Enfin il est également possible de tweeter sans utiliser de marqueurs spécifiques (tels que #, @, etc.), en respectant la limite des 140 caractères en insérant une citation, posant une question ou juste en donnant son avis.