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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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VII – Quelques exemples de l’idée de la présence par le texte dans le haut Moyen-Âge

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Tout ce qui vient d’être décrit ici n’était, même au XIIIe siècle, qu’un aspect – très important, certes – de la culture intellectuelle médiévale. Il était bien loin de dominer toute la réalité médiévale, et cela d’autant plus dans d’autres périodes de cette époque. Si l’exil des belles lettres lui-même, aussi bien que l’attitude impersonnelle (au sens que l’on vient d’expliquer), uniquement scientiste envers les textes était un signe particulier de la scholastique, il faut pourtant se rappeler que la culture médiévale a connu quelques moments de la domination humaniste, quelques « renaissances », non moins littéraires que philosophiques. Comme tout ce qui se cache d’habitude sous ces appellations, ces périodes se caractérisaient par un intérêt vif et pas seulement scientiste envers la littérature et l’être humain. Il n’est donc pas étonnant que l’on puisse trouver au Moyen-Âge, mis à part les exemples les plus typiques de la culture scholastique du XIIIe siècle, ce même genre de la réflexion métalittéraire, que nous avons observé chez les auteurs de l’antiquité. Il est décelable dans toutes les périodes du Moyen-Âge, mais particulièrement au XIIe siècle, qui était le temps d’une magnifique renaissance des sciences et cultures antiques, et aussi au XIVe siècle, que certains appellent volontiers – en prenant comme point de référence l’humanisme du XVe et XVIe – le si...

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