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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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XIII – Continuation et appauvrissement de l’idée à la fin du XVIe siècle : Guy Le Fèvre de la Boderie

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La glorification humaniste de l’écriture comme moyen le plus efficace de rendre présent un être humain a atteint son sommet dans les propos des humanistes du quattrocento italien, en particulier dans leur réflexion sur la supériorité de l’image écrite d’un homme absent ou mort, sur une image peinte ou sculptée. Dans la réflexion pareille des érudits de la deuxième moitié du XVIe siècle on peut trouver des variantes du même topos humaniste, qui, semble-t-il, questionnent ou au moins affaiblissent la conviction humaniste concernant la supériorité de l’écriture envers les arts plastiques. Ces variantes annoncent parfois les attaques contre le topos en question qui allaient venir au XVIIe siècle. Citons ici, comme témoin, un seul petit sonnet de Guy Le Fèvre de la Boderie sur une œuvre à la fois littéraire et plastique d’André Thevet228. ← 157 | 158 →

Je cite ce sonnet comme un exemple – un parmi d’innombrables – de la continuité du motif que nous avons suivi dans les textes rapportés ici, à savoir le motif de la similitude et de la différence qu’il y a entre les arts plastiques et la littérature, en ce qui concerne leur capacité de garantir aux hommes la préservation dans la mémoire des générations futures. Que la fine variante de ce topos, enfermée dans le sonnet d’un poète français, fasse ressortir les possibilités heuristiques contenues dans ce motif....

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