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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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Prolégomènes

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Nous parlerons ici des diverses variantes de la même idée, selon laquelle l’écriture et l’œuvre littéraire rendent possible une présence, autre que la présence physique, des gens physiquement absents, soit à cause de la distance spatiale, soit – particulièrement – à cause de leur mort biologique. Une telle présence peut paraître purement métaphorique, un décor du style que l’on ne peut pas comprendre littéralement. Effectivement, elle est, du moins au début de son existence, seulement un synonyme de la gloire dont peuvent jouir et jouissent aussi bien ceux qui sont en vie et physiquement présents. Elle est également un synonyme de la mémoire qui rend présent tout ce qui est du passé, ça veut dire tout ce qui n’est plus et qui est rendu présent. Dans ce sens la mémoire ressemble à l’imagination et à la fantaisie. Elle leur ressemble sans y être identique cependant, car l’imagination et la fantaisie servent plutôt à créer, tandis que la mémoire recrée, en conviant les choses autrefois réelles. La présence dont nous parlons est aussi parfois un synonyme de l’immortalité. Dans ce contexte-là elle a des connotations pareilles à celles de la mémoire : l’immortalité de quelqu’un qui a trépassé est ici comprise comme sa perpétuation dans la mémoire des vivants. Parfois cependant ces métaphores apparaissent dans le contexte de la philosophie de l’homme, touchant plus ou moins distinctement à son...

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