Show Less
Restricted access

Présences, résurgences et oublis du religieux dans les littératures française et québécoise

Series:

Edited By Gilles Dupuis, Klaus-Dieter Ertler and Alessandra Ferraro

Ce volume recueille des études d’œuvres québécoises et françaises considérées dans leur relation au fait religieux. À partir des écrits des jésuites et des moniales en Nouvelle-France, en passant par les modèles offerts par Molière et Chateaubriand, on suit le parcours, sinueux et parfois paradoxal, de l’autonomisation progressive du champ littéraire. Les analyses portent sur les stratégies d’affirmation, de contournement, d’oubli ou de détournement du religieux adoptées par des auteurs comme Réjean Ducharme, Anne Hébert, Michel Tournier ou Nelly Arcan. Cette perspective diachronique et transatlantique contribue à faire émerger les points de contact entre les œuvres, en créant un jeu de miroirs et de reflets fécond, dans lequel la relation au religieux s’impose comme un enjeu, parfois sous-jacent mais pourtant central, de la littérature contemporaine.

Show Summary Details
Restricted access

La référence religieuse dans Va savoir et Gros mots de Réjean Ducharme (Élisabeth Nardout-Lafarge)

Extract

| 125 →

Élisabeth Nardout-Lafarge

(Montréal)

La référence religieuse dans Va savoir et Gros mots de Réjean Ducharme

Né en 1941, Réjean Ducharme est le contemporain des transformations sociales et culturelles que sont la laïcisation de la société québécoise consécutive à la Révolution tranquille et le détrônement de la référence à la religion catholique dans les œuvres littéraires et les discours critiques que l’on constate à la même époque. Il fait ses études secondaires chez les Clercs de Saint-Viateur à Joliette et publie son premier roman, L’avalée des avalés, en 1966, soit un an avant la création des cégeps qui marque, en 1967, l’achèvement de la sécularisation de l’enseignement. La représentation caricaturale des religions dans L’avalée des avalés, à travers la narratrice, Bérénice Einberg, fille d’une catholique polonaise et d’un juif montréalais, ne choque pas les premiers lecteurs et il est même permis de penser que cet élément participe, au Québec tout au moins, à la lisibilité du texte lors de sa première réception. Martine-Emmanuelle Lapointe a montré comment la critique a rapidement constitué le roman en « emblème »1 d’une littérature à la fois nationale et radicalement moderne ; selon la perspective qu’elle élabore, « la critique de la religion »2 est non seulement attendue dans les textes littéraires mais immédiatement interprétée comme...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.