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Présences, résurgences et oublis du religieux dans les littératures française et québécoise

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Gilles Dupuis, Klaus-Dieter Ertler and Alessandra Ferraro

Ce volume recueille des études d’œuvres québécoises et françaises considérées dans leur relation au fait religieux. À partir des écrits des jésuites et des moniales en Nouvelle-France, en passant par les modèles offerts par Molière et Chateaubriand, on suit le parcours, sinueux et parfois paradoxal, de l’autonomisation progressive du champ littéraire. Les analyses portent sur les stratégies d’affirmation, de contournement, d’oubli ou de détournement du religieux adoptées par des auteurs comme Réjean Ducharme, Anne Hébert, Michel Tournier ou Nelly Arcan. Cette perspective diachronique et transatlantique contribue à faire émerger les points de contact entre les œuvres, en créant un jeu de miroirs et de reflets fécond, dans lequel la relation au religieux s’impose comme un enjeu, parfois sous-jacent mais pourtant central, de la littérature contemporaine.

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Religion, tensions et transgressions. Les fous de Bassan d’Anne Hébert et Le dernier été des Indiens de Robert Lalonde (Sylvie Vignes)

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Sylvie Vignes

(Toulouse)

Religion, tensions et transgressions. Les fous de Bassan d’Anne Hébert et Le dernier été des Indiens de Robert Lalonde

Les fous de Bassan d’Anne Hébert et Le dernier été des Indiens de Robert Lalonde : deux romans québécois publiés en 1982 aux éditions du Seuil, présentant d’autres points communs de taille, à commencer par une relative unité de temps et de lieu (l’été 1936 en Gaspésie est au centre d’un récit ; l’été 1959 au nord de Québec au centre de l’autre) et par une présence du religieux qu’on peut qualifier d’écrasante, aux portes d’un monde encore sauvage. L’intertexte biblique – évoqué par allusion, fidèlement cité ou parodié, voire détourné de la plus irrespectueuse manière – est par ailleurs omniprésent dans les deux romans. Structuré d’ailleurs, à l’image de la Bible, en « livres » et en « lettres », Les fous de Bassan propose même dans ses premières pages un décalque de la Genèse : « Au commencement il n’y eut que cette terre de taïga, au bord de la mer, entre Cap Sec et Cap Sauvagine » (FB, 14), tandis que Le dernier été des Indiens fait d’entrée de Michel, en marche vers le territoire des Hurons, un faux Jésus grimpant « la grande côte […] comme on monte au ciel » (DEI, 11) et un Lazare bien peu canonique : « S’il m’attrape et surtout s’il me tient...

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