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La phénoménologie de la religion du jeune Heidegger et sa signification pour la théologie

Contribution à la critique de la religiosité africaine

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José-Claude Mbimbi Mbamba

L’éternelle question des rapports entre la foi (religieuse) et la raison (humaine) intéresse aussi bien les philosophes que les théologiens. À chaque époque et suivant les auteurs ou les écoles, elle prend une coloration propre et une orientation particulière, de sorte que cette question ancienne n’est jamais dépassée, mais elle demeure toujours actuelle: l’éluder ou la négliger serait néfaste pour le destin même de la pensée. Le philosophe Heidegger aussi n’est pas resté indifférent à cette problématique. Un nombre impressionnant de ses écrits, cours, séminaires et conférences témoignent de son intérêt pour le motif théologique en général et pour la question de Dieu en particulier. Mais, quel lien peut avoir cette pensée heideggérienne avec les réalités africaines ?

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Conclusion générale

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L'Afrique assoiffée ou 'folle' de Dieu nous fait penser à la situation que Paul décrit au milieu de l'Aréopage d'Athènes: „Athéniens, je vous considère à tous les égards comme des hommes presque trop religieux. Quand je parcours vos rues, mon regard se porte en effet souvent sur vos monuments sacrés et j'ai découvert, entre autres, un autel qui portait cette inscription: „Au dieu inconnu“. Ce que vous vénérez ainsi sans le connaître, c'est ce que je viens, moi, vous annoncer“ (Ac 17, 22-23)957. Paul, pourrions-nous dire, considère donc les Athéniens comme des hommes extrêmement religieux et le „Dieu inconnu“ comme l'écho profond de leurs préoccupations et attentes religieuses. Si, à l'exemple de ces Athéniens d'autrefois, les Africains d'aujourd'hui paraissent à leur tour „incurablement“ religieux, pour reprendre la formulation rapportée par Louis-Vincent Thomas958, à telle enseigne que sur presque toutes les rues de grandes cités ou villes l'on peut trouver un lieu de culte à un «Dieu mal-connu», l'on peut à bon droit craindre qu'il s'agisse en fin de compte du «Dieu méconnu», «usé et désabusé». Et, c'est peut-être là, pour paraphraser Heidegger, «le coup le plus rude frappé contre Dieu»959, à savoir: non pas qu'il soit tenu pour «inconnu» ou «mal-connu», mais qu'il soit «méconnu», c'est-à- dire ravalé au rang d'instrument, de marchandise, de médicament, de fétiche, d'idole, de solution-miracle, de bouche-trou, etc., et ce, par les croyants africains et...

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