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Esthétiques de la distinction : «gender» et mauvais genres en littérature de jeunesse

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Edited By Philippe Clermont, Laurent Bazin and Danièle Henky

Les théories de la littérature se sont volontiers approprié les problématiques de la distinction. On s’intéressera à deux d’entre elles s’illustrant dans le domaine de la littérature de jeunesse. Dans le premier cas la question de la différenciation sexuelle s’incarne dans le corps du récit dont elle devient le sujet explicite ou latent (renvoyant aux gender studies) ; dans le second c’est la possibilité plus générale de la classification des récits qui devient l’objet de l’analyse (introduisant une critique générique par les « mauvais genres »). L’objet du présent volume est de s’inscrire en porte-à-faux avec des catalogages encore trop prégnants pour ne pas être remis en cause. On verra comment des fictions pour enfants et adolescent-e-s peuvent à la fois mettre en scène des moments particuliers de la construction d’une identité de genre (sexuel ou rhétorique) et la transgresser en explorant des modalités nouvelles de partition (sociale et/ou esthétique). Ce sera aussi l’occasion de tisser des correspondances d’une partie à l’autre du volume : comment, par exemple, filles et garçons fréquentent les genres littéraires, ou encore comment la question des identités peut être représentée dans les récits d’un « mauvais genre » littéraire tel que le roman sentimental ou le récit d’aventures.

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Partie 2: Les « mauvais genres »de la littérature de jeunesse

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Partie 2: Les « mauvais genres » de la littérature de jeunesse Avant-propos Dans un article de 20091, Sabine Pétillon fait un point stimulant sur la question des « mauvais genres » en alliant références en sociologie de la littérature à celles issues de travaux plus récents en génétique des textes, comme en témoigne le n° 4 de la revue en ligne Recto/Verso consacré au sujet. Cette expression semble être apparue dans le champ de la didactique de la littérature, sous la plume d’Yves Reuter2. La notion de « mauvais genres » engage bien sûr la question de la légiti- mation de la partie du champ littéraire ainsi désignée comme « marginale ». Il est établi que les frontières de la légitimation ont déjà bougé: ainsi, une récente Histoire de la littérature française au XXe siècle3 publiée sous la direction de Michèle Touret légitime certains de ces genres, mais pas tous, en introduisant un chapitre justement intitulé « Mauvais genres » qui inclut policier, espionnage et science-fiction. Même si l’étiquette reste, cette inclusion vaut reconnaissance, une reconnaissance fondée en particulier sur le constat de l’usage désormais plus répandu de ces genres dans l’enseignement littéraire du Second Degré, y compris en France. Selon Sabine Pétillon, du côté de la sociologie, « les mauvais genres appartiennent a priori à ce que Pierre Bourdieu appelle la grande production. C’est dire que ne se...

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