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Les réseaux du fer

Information, renseignement économique et sidérurgie luxembourgeoise entre France, Belgique et Allemagne 1911–1940

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Gérald Arboit

Quel est le rôle de l’information dans l’activité économique ? Question fondamentale à la base de l’intelligence économique, elle est trop souvent négligée par les opérateurs. Elle guida les choix d’Emile Mayrisch à chaque étape de l’histoire de l’Arbed. Depuis la création de cette entreprise sidérurgique (1911) jusqu’à son avènement comme une industrie mondiale, dans l’entre-deux-guerres, ces choix stratégiques fondés sur l’information ont également eu des conséquences sur la structure économique luxembourgeoise. Ces mutations attirèrent l’attention de la Belgique et de la France, vainqueurs (1918) d’une Allemagne qui ne comprit jamais le Luxembourg. Si la dynamique de Mayrisch ne s’émoussa pas après sa disparition, ses successeurs furent moins habiles à manier l’information.
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Chapitre 7 Le grand réseautage de 1919

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Le caractère infocentré que l’Arbed se conférât dès la Première Guerre mondiale, sinon dès 1911, fut sans commune mesure au Grand-Duché. Lorsque l’Hadir voulut des données, elle ne s’adressa pas à la Sogeco, ni même à Davum Exportation après 1927 ; il ne s’agissait que de simples comptoirs de vente, et aucunement d’un « bureau central de renseignement » comme la Columeta. En décembre 1924, Gabriel Maugas fut ainsi réduit à demander à Gustave Trasenster, l’un de ses administrateurs et ponte de l’industrie liégeoise, l’autorisation de s’entretenir avec des agents d’Ougrée-Marihaye à Anvers :

« Nous éprouvons en effet des difficultés de diverses natures et je serais désireux de savoir si vous éprouvez les mêmes, ou bien s’il y a dans ces difficultés quelque chose qui tient à notre organisation propre1. »

Il fut tout autant dépendant des informations que lui livrait, ou non, son actionnaire principal côté français, la Compagnie des aciéries de la Marine et d’Homécourt. Le Grand-Duché fut terrible pour qui n’en était pas originaire, ni ne disposait de relais dans les élites économiques familiales. Il n’y eut qu’à regarder les conseils d’administration des entreprises luxembourgeoises d’avant 1914 pour comprendre à quel point le pays représentait, sur fond de renforcement du sentiment identitaire2, à lui seul un réseau3.

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