Show Less
Restricted access

Jean El-Mouhoub Amrouche – Pour une théorie de la décolonisation

Etudes sur l’image de soi

Series:

Aziza Yakoubi Lounis

Cette étude s’appuie sur une série d’articles politiques réédités par Tassadit Yacine dans: Jean El-Mouhoub Amrouche, Un Algérien s’adresse aux Français ou l’histoire d’Algérie par les textes (1943–1961), et sur l’unique essai de Jean Amrouche: L’éternel Jugurtha. Ces textes sont contextualisés, analysés et confrontés à des positions d’intellectuels tel que Albert Camus, à des écrits critiques d’écrivains, tels que Antonio Gramsci, Frantz Fanon, Albert Memmi, Aimé Césaire et Edward Saïd et à ceux de la génération de «pieds noirs» d’Algérie (Jacques Derrida). L’œuvre de Jean El-Mouhoub Amrouche a non seulement mobilisé la résistance active contre le colonialisme mais elle a aussi contribué au processus de la décolonisation. Cet intellectuel «inconnu» qui était d’abord et avant tout un homme de lettres et de savoir, basculera dans la politique et servira de médiateur (de pont vivant) entre les deux communautés qui lui sont chères (l’Algérie et la France) ; malgré son impuissance à concilier ses deux notions contradictoires de l’identité – se qualifiant de monstre et d’hybride culturel – il oeuvrera pour le mouvement de libération et se fera le porte-parole de tous les colonisés dans le monde entier jusqu’à la fin de sa vie.
Show Summary Details
Restricted access

4. L’intellectuel et la colonisation : positions et fonctions

Extract

4.  L’intellectuel et la colonisation : positions et fonctions

La légitimité du colonialisme a été également un sujet de débat entre les philosophes français, allemands et britanniques aux 18e et 19e siècles. Les penseurs des Lumières tels que Kant, Smith et Diderot ont critiqué la barbarie du colonialisme et ont contesté l’idée que les Européens étaient dans l’obligation de « civiliser » le reste du monde. Au début, il peut sembler relativement évident que les penseurs des Lumières ont développé des idées critiques concernant le colonialisme car le système de la domination coloniale impliquait un système féodal basé sur le travail forcé, l’esclavage, l’expropriation de la propriété, qui constituait l’antithèse de l’esprit des Lumières262, à savoir que chaque individu est capable de raisonner et d’être libre. En effet, aucune personne honnête ne pourra jamais tolérer le massacre de personnes innocentes, et aucun individu pensant ne pourra jamais espérer que des mesures positives du point de vue de la justice pourraient être occasionnées par des gestes aussi atroces que ceux planifiés et exécutés par le colonialisme. Pourtant, le sentiment d’impuissance et de pandémie de la colère demeure.

Dans son Histoire des deux Indes, Diderot a sévèrement critiqué la colonisation européenne ; il a ainsi contesté l’idée que les autochtones avaient bénéficié de la civilisation européenne et a soutenu...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.