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La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

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Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
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Postures et impostures – Le cas de Camara Laye

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Abstract In the not unlikely case that the Guinean author Camara Laye is not the main writer of the novel Le Regard du Roi, how to explain the genesis of this classic of African literature?

Il y a autour de Camara Laye un épais dossier continûment nourri depuis la parution de Le Regard du Roi en 1954 d’une même interrogation lancinante : Camara Laye est-il bien l’auteur de ce roman qui paraît sous son nom ? Est-il l’Auteur, a-t-il écrit lui-même cette étrange et fascinante fiction ?

Cette question de la légitimité auctoriale du signataire d’une œuvre n’est certes pas nouvelle mais elle est devenue de plus en plus sensible en Occident où l’émergence du droit d’auteur au siècle des Lumières est apparue comme une des conquêtes importantes dans le combat pour les Droits de l’Homme. Les questions de plagiat et de supercherie sont entrées dans les prétoires et ne cessent plus d’y figurer. Le débat s’est envenimé dans le contexte colonial puisque le colonisateur justifie son entreprise impérialiste de conquête et de domination par sa supériorité intellectuelle et morale ; dès que le colonisé réputé inférieur, commence à faire la preuve de son aptitude à écrire aussi bien sinon mieux (ou autrement mieux) que son maître, une forte tension s’instaure, chargée de soupçons et d’accusations. Celle précisément qui caractérise les années cinquante, années...

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