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Intermedialität und Revolution der Medien- Intermédialité et révolution des médias

Positionen – Revisionen- Positions et révisions

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Edited By Uta Felten, Nicoleta Bazgan, Kristin Mlynek-Theil and Kerstin Küchler

Der vorliegende Sammelband untersucht das Konzept der Intermedialität vor dem Hintergrund der zunehmenden Beschleunigung und Überkreuzung medialer Praktiken in der zeitgenössischen Gesellschaft, angesichts derer sich die Frage nach einer Revision des Theorems der Intermedialität stellt. Die Beiträge konzentrieren sich auf Schlüsselmomente historischer Medienumbrüche im 19., 20. und 21. Jahrhundert und analysieren den Zusammenhang zwischen der (R)Evolution medialer Dispositive und Wahrnehmungsformen sowie der kulturellen Praxis.
Le présent ouvrage collectif vise à analyser le concept de l’intermédialité dans le cadre de l’accélération croissante et du croisement des pratiques médiatiques dans la société contemporaine, au regard desquels se pose la question d’une révision du théorème de l’intermédialité. Les contributions se concentrent sur des moments-clés des mutations historiques au 19 e , 20 e et 21 e siècle et font l’analyse du rapport entre l’évolution/la révolution des dispositifs médiatiques et les formes de perception ainsi que les codes culturels.
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Nicole Brossard en im@ges : pour une culture-révolte médiatique féministe ?

← 312 | 313 → Émilie Notard

Nicole Brossard en im@ges : pour une culture-révolte médiatique féministe ?

Abstract

In a 1983 interview by Jean Royer, Nicole Brossard used the concept of trouble to describe her writing project: troubling the text in order to trouble the way it is read. This trouble is conveyed by visualizations, which are key to her feminist struggle. Brossard uses blank spaces, icons, photographies, collages, drawings and calligraphies in her texts and worked with painter Francine Simonin, with directors Anne Barth, Luce Guilbeault and Dorothy Todd Hénaut as well as with multimedia artist Adriene Jenik. These elements and activities visualize Brossard’s feminism – at the crossing point of intermediality, multimediality, hypermediality and transmediality. Using Julia Kristeva’s words (1996), one can say that Nicole Brossard is a feminist rebel, who restores a cultural rebellion, which manifests itself across books and television or computer screens. But for which type of future?

Das Bild ist ein Modell der Wirklichkeit.

Ludwig Wittgenstein1

À bientôt 70 ans, Nicole Brossard est une auteure qui vit avec son temps. Elle est non seulement présente sur le web sous forme de textes, d’images, de vidéos (émissions, lectures, interviews filmées) et d’enregistrements audio (Lyrikline, PennSound), mais aussi joignable par e-mail ou sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter). Mais ce n’est pas seulement la présence de Brossard sur la toile qui fait d’elle une auteure intéressante d’un point de vue médiatique. Des années avant l’utilisation massive d’Internet, Brossard avait non seulement créé un réseau de textes et d’images dans ses livres mais aussi participé à divers projets médiatiques, travail qu’elle poursuit encore aujourd’hui.

Lors d’un entretien mené en 1983 par Jean Royer, Brossard définissait son projet d’écriture par le trouble2 : troubler le texte pour troubler la lecture. Ce trouble ← 313 | 314 → passe – outre par la présence thématique des médias et des technologies dans ses textes – par un travail visuel au cœur de son combat féministe. L’insertion de blancs, de signes, de photographies, de collages, de dessins et de calligraphies dans ses textes en témoigne particulièrement. Ce n’est donc pas un hasard qu’une rencontre médiatique ait eu lieu autour de son œuvre et ait entraîné des collaborations avec la peintre Francine Simonin, avec les réalisatrices Anne Barth, Luce Guilbeault et Dorothy Todd Hénaut ainsi qu’avec l’artiste multimédia Adriene Jenik. Ces collaborations inscrivent le féminisme brossardien dans un visuel à la croisée de l’intermédialité, de la multimédialité, de l’hypermédialité et de la transmédialité.

Pour parler avec Julia Kristeva dans Pouvoirs et limites de la psychanalyse I : Sens et non-sens de la révolte (1996), Brossard est une révoltée féministe qui n’a cessé de (r)animer la flamme d’une « culture-révolte »3 au féminin depuis 1974 en traversant l’écran des livres, des téléviseurs et des ordinateurs. C’est cette « culture-révolte » intermédiale féministe dans l’œuvre brossardienne qui sera au cœur de cette étude au cours de laquelle nous verrons l’interaction entre Brossard et son temps.

Être de son temps

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours voulu être de mon temps […].

Nicole Brossard4

Avant toute chose, il nous faut présenter le personnage médiatique qu’est Nicole Brossard. Née en 1943 à Montréal, Nicole Brossard est une grande figure de la scène littéraire québécoise, francophone et mondiale. Principalement poète et romancière, elle est aussi l’auteure d’essais5, de textes radiophoniques6 et même du monologue d’un personnage dans le cadre d’une pièce de théâtre7. Elle a ← 314 | 315 → également fondé et dirigé des revues littéraires8, a codirigé des collections aux éditions « Parti pris » et « Quinze éditeur » et a édité quatre anthologies9 .

Si vous ne connaissez pas Nicole Brossard, la première chose que vous allez faire – si vous souhaitez vous informer sur cette auteure –, c’est d’effectuer une recherche sur Google. Qu’allez-vous trouver ? La première chose qui va attirer votre attention, ce sont les photos que vous pouvez agrandir en passant le curseur de votre souris sur chaque image.

Capture d’écran Google10

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Mais vous allez aussi vous tourner vers les textes contenant ses références biographiques et bibliographiques. Vous surferez sur différents sites, qu’il s’agisse de sites universitaires comme ceux des Universités d’Athabasca ou de Sherbrooke, de sites de maisons d’éditions comme ceux des éditions TYPO ou de Québec Amérique, de sites d’archives comme ceux de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec ou d’Érudit11 ou encore de sites littéraires comme L’île12, Levure littéraire13, PennSound14 ou Lyrikline15. Sur YouTube, vous trouverez une ­courte interview faite par Jacqueline Mallette en 2010 à propos de la réédition du ← 315 | 316 → Désert mauve aux éditions TYPO16. Vous y trouverez également de nombreuses lectures publiques, comme celle qui a eu lieu en 2009 lors de l’Opening Night du Fifth Annual PEN World Voices Festival of International Literature intitulée « Evolution/Revolution »17. Enfin, vous y trouverez l’émission Canapé de Cuny TV diffusée le 17 mars 2005 dont une partie est consacrée à Nicole Brossard18. Tous ces éléments font de Brossard une femme de son temps, thème qu’elle a développé dans un petit texte intitulé « Être de son temps » publié dans L’horizon du fragment :

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours voulu être de mon temps, c’est-à-dire comprendre le monde qui m’entoure et celui qui nous traverse à travers les modes, les désirs collectifs, détecter le mensonge. J’ai toujours aimé les études sur le corps, l’œil, le système neurologique et le cerveau, les livres qui interrogent notre rapport au temps et à l’espa________ce. L’holographie, la réalité virtuelle m’ont longtemps fascinée. On retrouve le construit fictif de cette fascination dans les romans Picture Theory (1982) et Baroque d’aube (1995) mais déjà, en 1974, il y avait des traces d’hologramme dans French kiss et une fascination pour le cortex exubérant. […]

Depuis toujours, il me semble avoir associé l’idée d’être de son temps à une notion de responsabilité comme si chaque génération avait pour tâche de trier les archaïsmes, de résister aux chimères de la science marchande, de dénouer les peurs irrationnelles et les haines misogyne ← 316 | 317 → et raciste mais aussi de transmettre son émerveillement devant une aurore boréale, une œuvre d’art sortie d’on ne sait quelle douleur et facette de l’intelligence que l’espèce abrite.19

Il est intéressant de noter que Brossard associe le fait d’être de son temps au visuel. En effet, dans le premier paragraphe que nous avons cité, elle évoque le procédé de la vue (« l’œil, le système neurologique et le cerveau », « le cortex »), l’holographie (« l’hologramme ») ainsi que la dimension visuelle de ses romans (l’holographie dans Picture Theory et French Kiss ainsi que la photographie dans Baroque d’aube) et elle marque sa prose d’un élément visuel (« l’espa________ce »). Mais ce qu’elle associe le plus au fait d’être de son temps, c’est une véritable attitude philosophique qui consiste en « comprendre le monde » et à en être responsable. Bien que Brossard n’y fasse pas toujours explicitement référence, la réflexion sur le monde qu’elle nous livre est fondamentalement féministe. On reconnaît la terminologie de sa théorie anti-patriarcale (« détecter le mensonge », « trier les archaïsmes », « dénouer les peurs irrationnelles et les haines misogyne et raciste »). Malgré l’image négative du monde vu d’un point de vue féministe, Brossard cherche à rétablir un équilibre grâce à l’esthétique visuelle de la nature (« aurore boréale ») et de l’art (« œuvre d’art »). Néanmoins, ces deux paragraphes débouchent sur un troisième où elle met en exergue l’inquiétante conception du temps au XXIe siècle :

Maintenant que le temps va comme un fou au-delà de notre capacité à en comprendre le mouvement sinon qu’à le regarder s’ancrer au milieu de l’être comme une béance énergétique géante, comment être de son temps sinon qu’en étant soi-même avec pour seuls points de repère quelques notes biographiques qui ne pourront jamais compenser la perte des référents collectifs peu à peu devenus imperceptibles au fil du développement de la nouvelle économie et des néotechnologies.20

La rapidité du temps se révèle être à l’origine d’une « perte » identitaire dont Brossard souligne l’effet dévastateur en employant des termes comme « béance énergétique géante », en dénonçant une identité réduite à « quelques notes biographiques » et en accusant ouvertement « la nouvelle économie » et les « néotechnologies ». En cela, Brossard répond à l’interrogation de Kristeva au début de Sens et non-sens de la révolte : « Puisque la littérature nous révèle la singularité de l’expérience, essayons de nous demander ce que devient l’individu, le sujet singulier, dans ce nouvel ordre économique, normalisateur et pervertible. »21 La singularité de l’expérience disparaît pour faire place à une banalité de l’expérience contre laquelle les intellectuel-le-s – et en particulier les écrivain-e-s – se battent.

Faire l’expérience du temps

Boulimie de courriels, d’images, d’informations, d’activités […].

Nicole Brossard22

Face à la « culture-divertissement, [à] la culture-performance, [à] la culture-show […] [et à] la culture-marchandise »23, de nombreuses intellectuel-le-s ont montré la nécessité et l’urgence de réagir à l’abrutissement médiatique qui envahit notre quotidien par une certaine culture que Kristeva appelle « culture-révolte »24 : « [s]i cette culture-là n’existait pas dans notre vie, cela reviendrait à transformer cette vie en une vie de mort, c’est-à-dire de violence physique et ← 317 | 318 → morale, de barbarie »25. Kristeva met donc tous ses espoirs dans « une expérience de révolte […] à même de nous sauver de la robotisation de l’humanité qui nous menace »26. Pour Kristeva, « il y va de la survie […] de nos civilisations et de leurs composantes les plus libres et les plus éclairées »27 face à l’« ordre normalisateur et pervertible »28 entre « banalité et théâtralité »29. Kristeva met également tous ses espoirs dans la critique et la théorie littéraires :

[…] je ne vois pas d’autre rôle à la critique et à la théorie littéraires que d’éclairer la valeur des expériences-révoltes, formelles et philosophiques, qui ont peut-être une chance de garder en vie notre vie intérieure : cet espace psychique qu’on appelle une âme et qui est sans doute la face cachée, la source invisible et indispensable du Beau.30

Il en va de même pour Brossard qui inscrit, dès 1975, le féminisme dans l’ère de la post-survivance31 et qui n’a eu de cesse de s’interroger sur ce « [q]ue peut la littérature »32 :

Après toutes ces années, je n’aurais jamais cru que la question « Que peut la littérature ? » se profilerait à nouveau dans mes pensées comme une nécessité […]. Mais la question revient, entêtée, revient piocher dans l’ère de la mondialisation et de la société marchande, elle revient me hanter, creuser dans le sillon des cicatrices une infinitude de scintillements pour déjouer la mort et toute perte de liberté.33

Si le focus de Brossard se porte ici sur la littérature, c’est l’art sous toutes ses formes dont elle interroge le pouvoir et la portée dans nos vies. Car si elle est surtout une dame de lettres, elle est aussi une ‘dame d’images’. Dès ses premiers textes, Brossard a mis l’accent sur le caractère visuel de ses textes en faisant usage de différentes polices d’écriture et de majuscules, en mettant en italique, en soulignant, en encadrant mais aussi en insérant des effets visuels beaucoup plus complexes34. C’est ce qu’elle appelle « des interventions graphiques »35. Dans Sold-out. Étreinte-illustration (1973), elle insère deux montages, l’un avec une photo, l’autre avec des graffitis. Dans Amantes (1980), les sous-chapitres ← 318 | 319 → de l’avant-dernier chapitre sont annoncés sous forme de photographies. Dans Picture Theory (1982), son dernier chapitre est conçu comme une réplique du roman imbriqué dans le roman, technique qu’elle reprend dans Le Désert mauve (1987) où la première et la dernière partie semblent être des publications à part tandis que la partie centrale est flanquée d’un dossier photographique commandé à Richard-Max Tremblay. Dans La lettre aérienne (1985), elle insère des schémas pour illustrer sa théorie féministe. Dans « Fluid Arguments » (1996), elle insère deux collages-assemblages, l’un avec une moitié de portrait et l’autre avec une de ses fameuses listes de vocabulaire manuscrite. Dans L’horizon du fragment (2004), elle insère au centre de son recueil une page manuscrite et un dessin en couleur. Et en 2007, elle clôt son recueil Après les mots avec un poème manuscrit. L’importance du visuel dans son œuvre ne va donc pas en diminuant. Elle est même l’auteure des photos qui figurent sur les couvertures de Je m’en vais à Trieste (2003), d’ Après les mots (2007) et de D’aube et de civilisation (2008). Enfin, elle a coréalisé aux côtés de Luce Guilbeault un reportage intitulé Some American Feminists présentant des interviews avec Betty Friedan, Rita Mae Brown, Margo Jefferson, Kate Millett, Lila Karp et Ti-Grace Atkinson36 .

Il n’est donc pas étonnant que ses mots et ses images aient attiré l’attention d’artistes de divers horizons et aient été à l’origine de nombreuses collaborations. Pensons à la collaboration avec le sculpteur Michel Goulet qui a utilisé deux vers de Brossard pour l’une des « chaises-citations » de son installation intitulée Rêver le nouveau monde (2008) située dans le Vieux-Québec37. Pensons aux collaborations avec le plasticien Christian Jaccard qui a illustré Mécanique jongleuse (1973)38 ainsi qu’avec la peintre Francine Simonin qui a illustré son poème « D’arcs de cycle, la dérive » (1979) ainsi que Cahier de roses et de civilisations (2003). Pensons aux collaborations avec l’artiste Christine Davies qui a illustré Typhon dru (1990)39, recueil qui a fait l’objet d’une autre illustration par l’artiste Rob Wynne40, ainsi qu’avec Catherine Farish qui a illustré Musée de l’os et de l’eau (1999). Pensons à la collaboration avec l’artiste multimédia Adriene ← 319 | 320 → Jenik qui a créé un CD-Rom41 (1992-1997) à partir du Désert mauve (1987) et qui vient tout récemment de documenter une partie de son CD-Rom en DVD (2012). Pensons enfin aux nombreuses réalisatrices qui se sont intéressées à sa personne en tant que témoin-phare de la seconde vague du féminisme en Amérique du Nord, telles que Dorothy Todd Hénaut qui lui a consacré le troisième volet des Terribles Vivantes42, Sylvain Marotte et les Productions téridan qui lui ont consacré une émission dans la série intitulée Au fil des mots43, et tout récemment Myriam Fougère qui a sollicité Brossard pour son documentaire intitulé Lesbiana, une révolution parallèle44, sans oublier Anne Barth. Cette dernière a documenté un débat francophone, intitulé L’aura des mots (1996)45, consacré à la question de l’invisibilité des femmes dans la langue française, débat auquel Brossard a activement participé aux côtés de Benoîte Groult, Jeanne Hyvrard et Marie-Claire Blais. Barth a également créé un film en 1993 d’après La nuit verte du parc labyrinthe (1992) de Brossard, film auquel sera consacré le troisième volet de cette étude.

Être une femme du présent

Je suis une femme du présent et c’est depuis toujours au présent que je pose les ­questions, que je joue avec le feu et remue les braises.

Nicole Brossard46

La critique littéraire s’est très peu intéressée à la dimension médiatique de l’œuvre de Nicole Brossard et à celle de Brossard même. C’est surtout le CD-Rom d’Adri­ene Jenik qui a retenu l’attention des chercheur-e-s47 et plus encore la dimension holographique de sa pensée féministe qu’elle a développée dans Picture Theory48. Ce désintérêt est d’autant plus curieux que les technologies sont un thème de plus en plus récurrent dans l’écriture de Brossard depuis le tournant du siècle au point d’en devenir un leitmotiv exprimant à la fois inquiétude et fascination. Il ← 320 | 321 → nous semble donc indispensable de combler cette lacune en nous arrêtant sur La nuit verte du parc labyrinthe d’Anne Barth, un film réalisé en 1993 un an après la parution du texte éponyme de Nicole Brossard.49

Couverture de La nuit verte du parc ­labyrinthe de Nicole ­ Brossard aux ­éditions Trois

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Extrait de la jaquette de la cassette VHS servant de séquence titre à la vidéo1 49

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Le court-métrage d’Anne Barth est répertorié sur les sites de la Bibliothèque et Archives du Canada50, de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec51, de la Bibliothèque de l’Université de Laval52, de l’association « Femmes entre elles »53 et bien entendu sur le site de l’artiste54 où l’on peut visionner sa vidéo et consulter la liste des festivals où son court-métrage a été en nomina­tion, en compétition, sélectionné, diffusé et présenté55. Cependant, bien qu’il ait ← 321 | 322 → connu une belle carrière56, comme le note le site Les Films de l’autre, ce court-métrage n’a fait, à notre connaissance, l’objet d’aucune étude détaillée. Parmi les rares travaux qui mentionnent ce film, citons un ouvrage allemand d’Alexandra Busch et Dirck Linck, datant de 1997 et intitulé Frauenliebe, Männerliebe: Eine lesbisch-schwule Literaturgeschichte in Porträts, ainsi qu’un ouvrage australien de Lisa Daniel et Claire Jackson, datant de la même année, réédité en 2003 et intitulé The Bent Lens: A World Guide to Gay and Lesbian Feminism. Citons également un ouvrage de Thomas Waugh datant de 2006 et intitulé The Romance of Transgression in Canada: Queering Sexualities, Nations, Cinemas où l’on trouve des informations plus détaillées57 sur Anne Barth et sur Nicole Brossard que Waugh qualifie de « documentarist ». C’est dans un article de Louise Carrière publié dans Ciné-Bulles en 199458 qu’on trouve une critique :

Ann [sic] Barth réussit […] à rompre l’illustration servile de la littérature avec La Nuit verte du parc labyrinthe, une plongée dans l’univers de la poète Nicole Brossard. Les éléments visuels tels les peintures, les jardins, et toute la fébrilité de la vie urbaine prolongent ici la poésie de Brossard sur l’amour entre femmes, la mort, la patrie et la guerre. Le caractère parfois trop cérébral de son œuvre disparaît pour laisser place à une approche intimiste, presque chaleureuse, d’une écriture péchant parfois par excès d’hermétisme. On peut regretter cependant l’imagerie OmniScience de certains passages où Brossard déambule devant un écran géant parsemé de filons galactiques et s’adresse ← 322 | 323 → à nous comme à une classe de jeunes scientifiques en herbe. Pourquoi pas une narration reprise par d’autres lecteurs, d’autres voix et d’autres échos de cette nuit verte ?59

Si Carrière souligne le « prolongement » que représente la vidéo de Barth par rapport au texte de Brossard, elle ne se prive pas de tenir des propos quelque peu acerbes quant à l’écriture de Brossard et la réalisation de Barth. De tels reproches nous poussent à nous demander si Carrière a lu le texte de Brossard et si elle a vraiment visionné le court-métrage de Barth. D’une part, La nuit verte du parc labyrinthe ne peut être considéré comme un texte hermétique. D’autre part, la scène de la vidéo qu’elle pointe du doigt n’existe pas puisque Brossard ne déambule à aucun moment devant un tel décor. Il y a certes une scène avec des projections telles qu’elle les décrit, mais il s’agit d’un intermède musical où une saxophoniste joue seule. Que Carrière n’ait pas apprécié les halos lumineux ésotériques ou encore la récitation-lecture solennelle et quasi artificielle de Brossard peut se concevoir, mais cela n’explique pas la sévérité de ses reproches, en particulier celui qu’elle formule dans sa question finale puisque Barth a bel et bien instauré un jeu d’échos de « cette nuit verte » dont Brossard n’est pas la seule voix.

Il est donc d’autant plus nécessaire de s’arrêter sur ce court-métrage que sa réception – du moins celle à laquelle nous avons pu avoir accès – est restreinte et injuste alors qu’il est, à notre avis, représentatif de la « culture-révolte » féministe des années 90, au sens où l’entend Kristeva dans L’avenir d’une révolte (1998) :

[…] l’univers des femmes me permet de suggérer une alternative à la société robotisante et spectaculaire qui met à mal la culture-révolte : cette alternative, c’est tout simplement l’intimité sensible. Possédés par leur sensibilité et leurs passions, certains êtres continuent à se poser néanmoins des questions. Je suis persuadée qu’après tant de projets de slogans, plus ou moins prometteurs, qui furent lancés dans les mouvements féministes des années soixante-dix, l’arrivée au premier plan des femmes sur la scène morale et sociale aura pour résultat de revaloriser l’expérience sensible comme antidote à la ratiocination technique. L’immense responsabilité des femmes eu égard à la survie de l’espèce […] va de pair avec cette réhabilitation du sensible. Le roman est le terrain privilégié d’une telle exploration – et de sa communication au plus grand nombre. À côté et en plus de la culture de l’image, de sa séduction, de sa rapidité, de sa brutalité et de sa légèreté, la culture des mots, la narration et la place qu’elle réserve à la méditation, me paraît être une variante de révolte minimale. C’est sans doute peu de chose. Mais êtes-vous sûrs que nous n’avons pas atteint un point de non-retour à partir duquel justement il nous faut re -tourner aux petites choses : -volte infinitésimale, pour préserver la vie de l’esprit, et de l’espèce.

← 323 | 324 → La révolte donc, comme retour-retournement-déplacement-changement, constitue la logique profonde d’une certaine culture que je voudrais réhabiliter, et dont l’acuité me semble aujourd’hui bien menacée.60

D’après cet extrait, Kristeva situe la « culture-révolte » dans l’univers des femmes et plus particulièrement dans la « culture des mots ». Bien que La nuit verte du parc labyrinthe ne soit pas un roman, Brossard y file une métaphore féministe au cœur de l’émotion lesbienne61, ce qui en fait une œuvre sensible et intime, pour reprendre les adjectifs de Kristeva. Mais qu’en est-il du court-métrage d’Anne Barth censé prolonger le texte initial de Brossard ? Fait-il partie de « la culture de l’image » telle que la dépeint Kristeva ou appartient-il à une « culture de l’image » parallèle à celle qui envahit nos villes et nos écrans pour mieux parasiter nos pensées à force de « séduction », de « rapidité », de « brutalité » et de « légèreté » ?

Jaquette de la vidéo

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← 324 | 325 → Le court-métrage d’Anne Barth met en scène le texte de Brossard, texte déjà très visuel dès le départ puisqu’il est construit sur les tournants du labyrinthe d’Horta à Barcelone. Si Barth nous fait voir le texte de Brossard en le projetant sur un paysage, sur un écran ou sur des sculptures, elle nous le fait également écouter grâce aux échos et aux bruissements de voix de femmes. En effet, Barth met en scène Brossard, qui lit son texte, en parle lors d’une interview, le récite et l’écrit (cf. coin haut droit de la jaquette). Mais il est d’autres femmes qui participent activement à cette mise en scène : les trois lectrices-interprètes qui récitent le texte de Brossard en français et en d’autres langues, les deux amantes qui dansent un tango (cf. la photo floue en noir et blanc sur le côté gauche de la jaquette) et la musicienne qui chante et joue du saxophone. Cette mise en scène au féminin du texte de Brossard réunit non seulement la littérature et le cinéma mais aussi la sculpture, la musique62, le chant63, la danse64, la peinture65 et la photographie qui accompagnent le texte ou servent d’intermèdes. On est donc là en présence d’une œuvre qui se situe au croisement de diverses pratiques médiatiques, qu’il s’agisse de l’écriture, du langage, de la photographie, du cinéma et même de l’internet, au service d’un message féministe et lesbien. Pour Barth et pour Brossard, il n’est question ni d’intermédialité, ni d’interférence mais de rencontre66 au nom de la cause féministe. Cette rencontre de divers supports textuels montre que la frontière entre la culture de l’image et la culture des mots, qui semble si imperméable chez Kristeva, est devenue poreuse. Cette rencontre montre aussi la nécessité d’exploiter cette porosité pour diffuser des messages culturels de révoltes politiques.

Dans ce court-métrage, il est un passage hautement symbolique quant à la culture-révolte féministe. Il s’agit de la mise en scène du « quatrième tournant » de ← 325 | 326 → La nuit verte du parc labyrinthe intitulé « capable de contourner le mot pays » qui a été tournée en studio.

Capture d’écran (a)

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Cette petite séquence peut être divisée en trois parties introduites par la photographie d’Eugène Atget prise en 1921 dans le Parc Saint Cloud (Paris), photo qui a servi à la « photo-illustration »67 de la couverture de l’édition trilingue aux éditions Trois. La première partie de cette séquence nous montre d’abord Brossard seule au premier plan avec, en arrière-plan, un écran où est projetée la photo d’Atget (cf. capture d’écran b). Puis dans un second temps, Brossard avance un petit peu et la caméra recule pour faire apparaître trois femmes auxquelles Brossard s’adresse (cf. capture d’écran c). Au même moment, le spectateur aura noté que, sur l’écran en arrière-plan, deux photos identiques à la première se superposent à la photo de départ. Puis, la caméra se rapproche lentement de Brossard en faisant disparaître une à une les trois femmes, laissant notre auteure seule devant la projection superposée de la photo d’Atget (cf. capture d’écran d). La mise en scène de Barth dans cette première partie souligne l’aspect labyrinthique du ­texte de Brossard grâce à la superposition de la photo qui n’est plus couleur sépia comme au début de la séquence (cf. capture d’écran a) mais d’un vert nocturne évoquant le titre du texte de Brossard.

← 326 | 327 → Capture d’écran (b)

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Capture d’écran (c)

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Capture d’écran (d)

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Dans la seconde partie, les trois femmes réapparaissent tour à tour sur l’écran situé derrière Brossard. Il s’agit, d’une part, de deux « lectrices »68 (Lou Nelson et Patricia Perez) et, d’autre part, d’une « interprète en langue des signes »69 (Danielle-­Claude Bélanger). Tandis que Brossard récite son texte au premier plan, les lectrices-interprètes se relayent en arrière-plan pour ‘traduire’ Brossard. Si cela a tout l’air d’être une traduction simultanée, ce n’est pas le cas puisque La nuit verte du parc labyrinthe avait été publié en version trilingue (français, anglais et espagnol) en 1992, soit un an avant le court-métrage de Barth sorti en 1993. Ainsi, Patricia Perez récite dans sa traduction espagnole le même passage que celui récité par Brossard (cf. capture d’écran e) et il en va de même pour Lou Nelson70 et la traduction anglaise (cf. capture d’écran f) ainsi que pour Danielle-Claude Bélanger et l’interprétation en langue des signes (cf. capture d’écran g). Puis, Brossard disparaît du premier plan qu’occupent désormais les lectrices-interprètes récitant en français à tour de rôle le texte de Brossard. La voix de Brossard est en mode off pour la récitation en langue des signes. Pour chacune des trois lectrices-interprètes apparaît une image différente sur l’écran en arrière-plan. Tout d’abord, la page de garde de l’édition trilingue de La nuit verte du parc labyrinthe (cf. capture d’écran h) apparaît derrière Lou Nelson. Puis, la superposition de la photo prise par Atget (cf. capture d’écran i) apparaît derrière Patricia Perez. Et enfin, c’est la couverture de l’édition trilingue (cf. capture d’écran j) qui apparaît derrière Danielle-Claude Bélanger.

← 327 | 328 → Capture d’écran (e)

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Capture d’écran (f)

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Capture d’écran (g)

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Capture d’écran (h)

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Capture d’écran (i)

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Capture d’écran (j)

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Cette séquence est hautement symbolique d’un point de vue féministe et intermédial puisqu’on assiste, d’une part, à la réhabilitation du sensible et de l’intime prônée par Kristeva dans le cadre d’une « culture-révolte » et, d’autre part, au croisement intermédial d’un texte avec la photographie, le cinéma, l’internet et même le théâtre. Par conséquent, cette séquence va à l’encontre de certains points énoncés par Louise Carrière et Kristeva. En effet, cette séquence présente la « narration reprise par d’autres lecteurs, d’autres voix et d’autres échos de cette nuit verte » qui, d’après Carrière71, manquait au court-métrage de Barth. Cette séquence montre également que le roman n’est pas le seul terrain privilégié pour explorer et communiquer ce sensible, contrairement à ce que Kristeva soutient dans Sens et non-sens de la révolte, et que les technologies peuvent s’opposer à « la société robotisante et spectaculaire »72 si elles sont utilisées à bon escient. Enfin, la troisième partie de notre extrait nous présente Brossard au premier plan et son reflet qui se démultiplie sur l’écran en arrière-plan comme s’il s’agissait du reflet infini d’un miroir. On peut interpréter ce jeu de reflets comme le symbole de l’extension du message féministe et lesbien de Brossard par la diffusion de ses livres, par leur traduction et par leur prolongement médial à la radio, en cassette VHS, en CD-Rom et sur le net.

← 328 | 329 → Capture d’écran (k)

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Avec ce labyrinthe d’images, ce palimpseste de mots et cet écho de voix fémi­nines, féministes et lesbiennes dans différentes langues, le court-métrage d’Anne Barth s’inscrit parfaitement dans la pensée brossardienne. Quant à la participation de Brossard à ce court-métrage, elle fait d’elle une femme de son temps qui en fait l’expérience au présent. Brossard est une femme du présent qui a su et sait utiliser la (r)évolution médiatique pour sa révolution féministe sans toutefois oublier de rester « en état constant de vigilance »73 à l’heure où le virtuel prend le pied sur la réalité. Consciente du danger de la « culture de l’image » dénoncée par Kristeva (1996), la Brossard inquiète et vigilante du XXIe siècle s’interroge sur l’avenir. Et c’est sur son interrogation que nous souhaitons clore cette étude :

[…] à quoi ressemblera la vie des pensées si la littérature continue de fuir par le trou des technologies pour aller se heurter contre continents et paysages numériques ?74

Bibliographie

Littérature primaire et littérature secondaire

← 329 | 330 → Bachand, Denis : « Hybridation et métissage sémiotique. L’adaptation multimédiatique », dans ASSA Applied Semiotics Sémiotique Appliquée, vol. 4, n° 9, 2000, pp. 55-64. En ligne : http://www.chass.utoronto.ca/french/as-sa/ASSA-No9/Vol4.No9.Bachand.pdf

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Beauquis, Corinne : « Picture Theory : La dimension de l’utopie dans l’image brossardienne », dans AgorA : Online Graduate Humanities Journal, 2009. En ligne : http://www.humanities.ualberta.ca/agora/articles.cfm?ArticleNo=118

← 330 | 331 → Brossard, Nicole : Sold-out. Étreinte-illustration, Montréal, 1973a.

Brossard, Nicole : Mécanique jongleuse, Paris, 1973b.

Brossard, Nicole : French Kiss. Étreinte-exploration, Montréal, 1974.

Brossard, Nicole : « L’écrivain », dans Coll. La nef des sorcières, Montréal, 1976.

Brossard, Nicole : The Story So Far 6/Les stratégies du réel, Toronto, 1978.

Brossard, Nicole : Amantes, Montréal, 1980.

Brossard, Nicole : Picture Theory. Théorie-fiction [1982], Montréal, 1989.

Brossard, Nicole : « La traversée des inédits », dans Royer, Jean (dir.) : Écrivains contemporains. Entretiens 2 : 1977-1980, Montréal, 1983, pp. 22-31.

Brossard, Nicole : Journal intime, Montréal, 1984.

Brossard, Nicole : La lettre aérienne [1985], Montréal, 1988.

Brossard, Nicole : Le désert mauve, Montréal, 1987.

Brossard, Nicole : Typhon dru, Paris, 1990.

Brossard, Nicole : Anthologie de la poésie des femmes au Québec (1677-1988), Montréal, 1991.

Brossard, Nicole : La nuit verte du parc labyrinthe, Laval, 1992.

Brossard, Nicole : Baroque d’aube, Montréal, 1995.

Brossard, Nicole : Poèmes à dire la francophonie. 38 poètes contemporains, Paris, 2002.

Brossard, Nicole : Je m’en vais à Trieste, Trois-Rivières/Luxembourg/Limoges, 2003.

Brossard, Nicole : Cahier de roses et de civilisation, Trois-Rivières, 2003.

Brossard, Nicole : L’horizon du fragment, Trois-Pistoles, 2004.

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Brossard, Nicole : Après les mots, Trois-Rivières, 2007.

Brossard, Nicole : D’aube et de civilisation. Poèmes choisis (1965-2007), Montréal, 2008.

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Kristeva, Julia : Pouvoirs et limites de la psychanalyse I : Sens et non-sens de la révolte, Paris, 1996.

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← 333 | 334 → http://annebarth.org/doc/Filmographie.pdf

http://www.lesfilmsdelautre.com/mem/barth.html

Filmographie

Barth, Anne : La Nuit Verte du Parc Labyrinthe, Les Productions Vision-Top, 1993.

Barth, Anne : L’aura des mots, 1996.

Fougère, Myriam : Lesbiana, une révolution parallèle, 2012.

Guilbeault, Luce/Brossard, Nicole/Wescott, Margaret : Some American Feminists, National Film Board of Canada, 1977.

Jenik, Adriene : DVD Documentation of Mauve Desert: A CD-ROM Translation based upon the novel Le Désert Mauve by Nicole Brossard, 2011.

Marotte, Sylvain : Au fil des mots, Productions téridan, 2005.

Todd Hénaut, Dorothy : Les terribles vivantes, Office national du film du Canada, 1986.

CD-Rom

Jenik, Adriene : Mauve desert: A CD-ROM Translation, Shifting Horizons ­Productions, Los Angeles, 1992-1997.

___________________________

1Dans Tractatus logico-philosophicus, 2003, p. 14.

2« On peut y reconnaître un projet d’écriture qui serait justement la traversée des inédits et un désir de troubler. De troubler par la forme même du texte, de troubler la lecture. […] Parce que c’est toujours par l’événement inquiétant, étrange, bizarre, c’est par le trouble que de nouvelles questions surgissent dans une vie. […] C’est par le trouble que de nouveaux comportements, de nouvelles attitudes vont surgir dans la vie, dans la lecture, dans l’écriture. » (Brossard, 1983, p. 24)

3Kristeva, 1996, p. 13.

4Brossard, 2004, p. 53.

5« La lettre aérienne », « Fluid Arguments ».

6Journal intime.

7La nef des sorcières.

8« La Barre du Jour », « La Nouvelle Barre du Jour », « Les Têtes de Pioche ».

9The Story So Far 6/Les stratégies du réel ; Anthologie de la poésie des femmes au Québec ; Poèmes à dire la francophonie et Baiser vertige ; Prose et poésie gaies et lesbiennes au Québec.

10https://www.google.de/search?q=nicole+brossard&rlz=1C1CHFX_deDE494DE494&aq=f&oq=nicole+brossard&aqs=chrome.0.59j60j0l3j62.6312j0&sourceid=chrome&ie=UF-8

11Érudit – Portail canadien de revues, de dépôt d’articles et d’ouvrages électroniques : http://www.erudit.org/

12Lîle – L’infocentre littéraire des écrivains québécois : http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/brossard-nicole-101/

13Levure littéraire : http://levurelitteraire.com/nicole-brossard-bio/

14PennSound : http://writing.upenn.edu/pennsound/x/Brossard.php

15Lyrikline – « plate-forme internet où l’on peut écouter des poèmes et les lire tant dans la langue originale que dans diverses traductions » : http://www.lyrikline.org/index.php?id=162&L=0&author=nb04&show=Bio&cHash=bd08d7a789

16http://www.youtube.com/watch?v=mrX--n0vdOs

17http://www.youtube.com/watch?v=13_tfoGgI9Q

18http://www.youtube.com/watch?v=ffbaODTe9Q4&feature=related; 17’37 – 23’42

19Brossard, 2004, p. 53 ; elle met en italique.

20Ibid., p. 54, 55.

21Kristeva, 1996, p. 12, 13 ; elle met en italique.

22In L’horizon du fragment, 2004, p. 56.

23Kristeva, 1996, p. 13, 14.

24Ibid.

25Ibid., p. 15.

26Ibid. ; elle met en italique.

27Ibid.

28Ibid., p. 10.

29Ibid., p. 12.

30Kristeva, 1996, p. 15 ; elle met en italique.

31Cf. Brossard, 1988, p. 11.

32Brossard, 2004, p. 11.

33Ibid.

34Cf. ibid., pp. 121-123.

35Ibid., p. 121.

36http://onf-nfb.gc.ca/en/our-collection/?idfilm=12971

37Pour plus d’informations : http://www.michelgoulet.ca/fr/index.htm http://www.mrifce.gouv.qc.ca/portail/_scripts/ViewEvent.asp?EventID=11574&strIdSite=par&lang=fr

38Une photo du livre d’artiste est consultable sur le site de l’éditeur Gervais Jassaud : http://www.gervaisjassaud.net/books.html

39Ibid.

40Ibid.

41http://www.adrienejenik.net/

42http://onf-nfb.gc.ca/fr/notre-collection/?idfilm=3638

43Consultable à l’adresse suivante : http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/afdm/3091910.html

44http://www.lesbiana-film.com/

45Consultable sur le site d’Anne Barth : http://annebarth.org/realisations.php

46Dans L’horizon du fragment, 2004, p. 14.

47Cf. Meltzer, 1996, McIntosh, 1997, Case, 1997, Mirapaul, 1997, Czeglady, 1998, Gilson-Ellis, 1998, Curran, 1998, 2000, Bachand, 2000, 2003, Suchet, 2009, Monti, 2011 et Notard, 2013.

48Cf. Gould, 1990, Siemerling, 1994, Thompson, 2000, Conley, 2005, Beauquis, 2009.

49http://annebarth.org/realisations.php

50Bibliothèque et Archives du Canada : http://amicus.collectionscanada.gc.ca/aaweb-bin/aamain/itemdisp?sessionKey=999999999_142&l=1&d=2&v=0&lvl=1&itm=17097245 ; http://amicus.collectionscanada.gc.ca/aaweb-bin/aamain/itemdisp?sessionKey=999999999_142&l=1&d=2&v=0&lvl=1&itm=15414674

51Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec : http://projet1.chezserge.com/index.php?vSection=recherche&vOption=repertoire&vMode=parAnnee&vAnnee=1991&vCodePRD=3357&vMatricule=1336# ; http://projet1.chezserge.com/index.php?vSection=membres&vOption=CV&vAction=view&vOutput=imprimante&zCodePRS=33

52Bibliothèque de l’Université de Laval : http://ariane2.bibl.ulaval.ca/ariane/?id=01-0310216

53Femmes entre elles : http://rennesfee.chez.com/videotitre.html

54http://annebarth.org/index.php

55La Nuit verte du parc Labyrinthe, 1993 – version sous-titrée anglaise – court-métrage-artistique-littéraire de 24 min., d’après un texte de Nicole Brossard.

– en nomination aux Rendez-Vous du Cinéma Québécois – 1994

– en compétition à Silence elles tournent – Montréal – 1994

– sélectionnée au Festival Images de Toronto – 1994

– sélectionnée au Festival Women’s Reel Vision d’Halifax – 1994

– sélectionnée au Festival International du cinéma francophone en Acadie – 1994

– invitée de l’émission « A l’écran », Radio Canada FM, le 15 avril 94

– diffusée sur TV5 le 14 nov. 1994, à l’émission Télé-objectif

– diffusée sur TV5 le 11 janvier 1996

– diffusée sur WTN à « A change of View », le 25 avril 1996

– diffusée sur Télé-Québec le 8 mars 1998, puis en 1999 et autre dates ?

– présentée au Centre culturel canadien-Paris, juin 98 : http://annebarth.org/doc/Filmographie.pdf (elle met en gras et elle souligne)

56http://www.lesfilmsdelautre.com/mem/barth.html

57« BARTH, ANNE, b. 1951. Video maker, teacher. Trained at UQAM (where she now teaches), prizewinning Montreal artist Barth produced several works during the 1990s committed to exploring and finding video art equivalents for French-language feminist and lesbian-feminist literature. Best-known was her adaptation of NICOLE BROSSARD’s poetic essay-novel La nuit verte du parc labyrinthe (The Green Night of Labyrinth Park, 1993, 24). The writer is seen and heard performing and writing her dense, personal words amid resourceful visual and auditory strategies for communicating their evocative multilingual complexity. » (Waugh, 2006, p. 368)

58Carrière, 1994, pp. 26-30.

59Ibid., p. 27 ; elle met en gras et en italique.

60Kristeva, 1998, p. 17, 18 ; elle met en italique.

61Cf. Notard, 2010.

62Saxophone ténor : Gin Bergeron.

63Voix : Gin Bergeron.

64Les Ateliers Tango Argentin : Mireille Painchaud et Danielle Sturk.

65Œuvres de papier, céramiques, dessins de Natalie Rolland, œuvres de papier de Nathalie Breault et peintures sur toile de Madeleine Doré.

66« La photographie est pour moi une sorte de ‘carpe diem… saisir l’instant’. À l’image j’aime joindre le mouvement, la musique des êtres et des lieux. Je privilégie la rencontre, celle qui se crée dans la présence à soi et à l’autre. La réalisation cinématographique est une tentative de créer cette rencontre et d’y insuffler la beauté autant que la vérité. En mobilisant mon énergie créatrice, je souhaite participer à ma propre évolution et à celle des autres. » (http://annebarth.org/Anne_Barth/Anne_Barth_accueil.html) ; « Si à plusieurs égards, l’art est souvent critique et politique, il demeure pour moi un lieu de relais et de rencontre […] ». (Brossard, 2004, p. 123)

67Brossard, 1992, p. 7.

68Le terme est employé dans le générique de la fin.

69Ibid.

70Lou Nelson est également l’auteure de la traduction anglaise de l’édition trilingue.

711994, p. 27.

72Kristeva, 1998, p. 17.

73Brossard, 2004, p. 14.

74Brossard, 2004, p. 63.