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Langage et Narration dans «Voyage au bout de la nuit» et «Mort à crédit» de Louis-Ferdinand Céline

Vincent Tchamy Kouajie

Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline sont deux romans dont les spécificités du langage assurent l’émergence de la narration et de la construction du sens. Les rapports entre langage et narration qui se dégagent des microanalyses se déclinent sous formes de procédés linguistiques que prennent certaines composantes formelles du récit. Ces procédés linguistiques par ricochet scandent et dynamisent le récit. La précision de la cohérence structurelle et narrative de ces romans, à première vue épisodiques, se situe au cœur de cette recherche. L’application de différents concepts de narratologie et des sciences du langage imposent à l’analyse une démarche multiperspectiviste. Cette recherche présente un récit célinien syntagmatique plutôt que paradigmatique.
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3. L’écriture trinitaire de la guerre et de l’agression de l’enfance

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Abstract : Pendant que dans Voyage l’expérience de la guerre a pour corolaires romanesques la colonisation, le capitalisme et la dépravation des mœurs, l’agression de l’enfance par la figure paternelle prend dans Mort à crédit, les différentes formes d’injustice dont le jeune Ferdinand est victime sous les bras d’airain des différents formateurs qui ont la charge de son éducation. Ainsi, il ne quitte père et mère que pour tomber sous la dépendance d’autres couples tout aussi calamiteux, lesquels, par homologie, répètent la même savoureuse brutalité. Comment expliquer que d’une étape à une autre, dans les deux romans, les différentes séquences étalent la même problématique malgré les différences de forme ? Le concept d’allégorie, qui consiste à exprimer une chose en utilisant les termes d’une autre chose tout en conservant les deux domaines en interaction, distincts, est adéquat pour montrer comment les frontières entre les différents évènements des micro-univers s’effacent pour laisser libre cours à leur enchevêtrement.

Le mot allégorie qui vient du grec « allegores » formé à partir des racines « allos » (autre) et « agoreus » (parler dans une assemblée), désigne un procédé radicalement linguistique, pour l’unique raison qu’il se construit à partir des mots, et que tous les termes qui composent une allégorie sont métaphoriques. L’allégorie est un procédé qui a précédé sa propre théorisation, apportant par le fait même la preuve à l’affirmation...

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