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Les français régionaux dans l’espace francophone

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Edited By Marie-Madeleine Bertucci

Les différentes variétés de français observables dans l’espace francophone, dites « français régionaux », dans la terminologie sociolinguistique, sont étudiées dans ce volume par certains des meilleur-e-s spécialistes du sujet, dans une perspective synchronique et à travers un spectre large qui embrasse aussi bien la variation diatopique que la variation sociale. Les chercheur-e-s interrogent le statut linguistique de ces formes endogènes de français et la place qu’elles seraient susceptibles d’occuper dans les politiques linguistiques-éducatives de régions ou d’États traversés par des tensions sociales et ethniques. Ces variétés s’inscrivent dans le paysage plurilingue et pluriculturel de la francophonie du XXIe siècle où la question des langues et des identités en contact est centrale.
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Quelle place pour la variation linguistique dans l’enseignement du français ?

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0.  Constitution de la discipline « français »

Au plan hexagonal, l’histoire de la discipline « français » relève d’un processus relativement long2, où les politiques linguistiques et éducatives s’interpénètrent, avec deux grands pics d’institutionnalisation : la réforme de l’enseignement (Condorcet 1791 ; 1792) et la scolarisation obligatoire (lois Guizot 1833 ; Ferry 1879 à 1886) ; la seconde étant l’aboutissement organisationnel et programmatique de la première. Bien évidemment, il faudrait compléter l’analyse de ce long programme de démocratisation par d’autres décisions politiques, plus récentes, et notamment l’extension de la scolarité obligatoire à 16 ans, liée à la mise en place du collège « unique » jusqu’en troisième (loi Haby de 1975).

Pourtant, si nous pouvons considérer que ce programme politique de scolarisation de la population française accompagne le processus linguistique de francisation et surtout d’alphabétisation (Chervel 1977), il ne lui est pas complètement associé. Ce mouvement de démocratisation est bien antérieur à la scolarisation obligatoire amorcée par les lois Guizot et Ferry (infra) ; il parcourt plusieurs siècles et se réalise, au moins depuis la Renaissance et jusqu’aux années 1960, par l’accès à la lecture, et dans une moindre mesure à l’écriture. Il ne peut cependant être compris dans un rapport simpliste de cause à conséquence : la cause étant la généralisation de la scolarisation et la conséquence, l’acculturation écrite. En effet, l’alphabétisation au français de cette même population...

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