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Formes et réformes de la paternité à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne

Aude-Marie Certin

Cet ouvrage collectif porte sur l’histoire de la paternité à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne. Partant de l’étude de sources variées (livres de famille, textes doctrinaux, testaments, images, etc.), les contributions étudient la place faite aux pères dans la famille et dans la société au sein du monde occidental. À la croisée de l’histoire de la parenté et de l’histoire du genre, de l’histoire religieuse et de l’histoire sociale, ce livre propose un éclairage inédit sur l’évolution des formes de la paternité dans un contexte marqué par les réformes religieuses et par d’importantes reconfigurations politiques, en particulier dans les sociétés urbaines.
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Émergence de l’individu – déclin de la parenté ? « Vous et moi, moi et vous ». Le père et son « je » dans les livres de famille allemands des XVe–XVIe siècles

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Les débats autour du développement de l’individualité moderne sont très marqués par l’idée d’une « naissance de l’individu », que ce soit au XIIe siècle ou à la Renaissance. En effet, on pense souvent que la société médiévale est structurée par de forts liens groupaux, dont le sujet se serait émancipé à l’époque moderne. De ce fait, on en vient généralement à donner une grande importance aux relations de parenté au Moyen Âge, en insistant sur la prédominance des relations agnatiques et patrilinéaires et sur celle du lignage. Or, cette image de la société médiévale est largement contredite par les apports fondamentaux de la médiévistique récente. Les recherches menées ces dernières décennies sur les structures de parenté dans l’Europe marquée par la culture latine ont clairement montré que le lignage agnatique était faible au Moyen Âge par rapport au réseau bilatéral et horizontal reliant les individus (« kindred »). Jusqu’à la fin de l’époque médiévale, on ne pensait pas en termes de généalogie, mais selon les catégories de réseau horizontal et de famille étroite1. Fondamentalement, jusqu’à cette époque, la parenté n’avait qu’une influence réduite sur la structuration de l’ordre social2.

À maints égards, la théologie chrétienne valorisait l’affirmation de l’individu hors des relations de parenté, d’un côté à travers les communautés spirituelles et contractuelles (par exemple...

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