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La revanche de la discontinuité

Bouleversements du récit chez Bachmann, Calvino et Perec

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Chiara Nannicini

Le récit hétérogène, la fluidité narrative constamment interrompue et la découverte du plaisir de raconter autrement caractérisent le roman des années 1970 étudié dans cet ouvrage. L’auteure s’interroge sur les enjeux de cette discontinuité, en proposant un rapprochement original entre les expériences littéraires d’Italo Calvino, de Georges Perec – représentants par excellence de la multiplicité narrative –, et d’Ingeborg Bachmann, fine observatrice de la dissolution psychologique. Du Château des destins croisés, en passant par Les villes invisibles et Si par une nuit d’hiver un voyageur, de W ou le souvenir d’enfance et La vie mode d’emploi au cycle romanesque des Todesarten, ces grands classiques du 20 e siècle font l’objet d’une étude comparatiste qui apporte une contribution importante à la théorie du roman.
On y redécouvre des romanciers de l’avant-garde qui, tout en maîtrisant les règles classiques de la digression, ont recours à la juxtaposition de divers genres littéraires, au morcellement constant de l’histoire et des histoires, aux astuces graphiques les plus originales. On comprend comment la démarche qui vise à entamer la fluidité du récit puisse finalement créer une narration nouvelle, capable de refléter l’univers prismatique du monde contemporain.
Contenu : La typographie – L’insertion d’images – Le paratexte dans le texte – L’alternance entre deux récits – L’ekphrasis – L’excursus et l’histoire insérée – « La machine à raconter des histoires » – La versatilité – L’écriture polyphonique – L’unité et la multiplicité – Le fragment de récit.