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Le soleil noir du sens

L’oxymore dans la poésie espagnole de l’âge d’argent (1916-1936)

Zoraida Carandell

L’influence du Baroque en Espagne dans les années 1920 et 1930 a souvent été débattue sans que soit entreprise une étude sur l’écriture d’avant-garde définie ici dans une fourchette chronologique large et comprise comme un ensemble de procédés stylistiques convergents. L’énumération chaotique, caractéristique du surréalisme espagnol selon Léo Spitzer, est ici revue comme étant par tie prenante d’une nouvelle forme d’iconicité verbale, c’est-à-dire de construction d’une image qui n’existe que par les mots. La redécouver te du baroque littéraire et pictural durant le premier tiers du vingtième siècle espagnol conduit à réfléchir à une analogie négative, susceptible de fonder l’image sur le contrefactuel, signe d’une organisation artistique du sens et compatible avec un rejet de la mimésis.

La première par tie, « De la fleur de couteau » est une approche historique et comparée de l’oxymore en espagnol et dans d’autres langues romanes, suivie d’un chapitre théorique sur la figure, abordée dans une perspective linguistique. La deuxième par tie, « Au soleil noir du sens », est consacrée à l’étude de l’oxymore dans trente recueils et deux pièces de théâtre d’Alber ti, Aleixandre, Cernuda, Diego, García Lorca, Guillén, Hernández et Salinas. L’originalité de ce travail réside dans la figure étudiée -qui n’a pas encore fait l’objet d’une monographie étayée sur des centaines d’exemples-, et dans l’approche d’une histoire littéraire comparée des formes, préconisée dans ce livre.

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