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Jean-Bernard Raimond, un diplomate en politique

Préface d'Hubert VÉDRINE et conclusion d'Édouard BALLADUR

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Edited By Christine Manigand and Olivier Sibre

Jean-Bernard Raimond fait partie d’une génération de diplomates et de politiques dont la formation s’appuyait très souvent, à l’instar des élites de la IIIe République, sur une solide culture littéraire. Il fut d’abord un brillant khâgneux à Louis-le-Grand, comme Georges Pompidou –– normalien cultivé et russophone, sans politisation particulière, puis bascule vers la haute fonction publique, en intégrant l’ENA en 1954.

Deux ans plus tard, il rejoint la Carrière, chargé de la politique soviétique au Proche et Moyen-Orient. Convaincu de la nécessité d’un "gouvernement par les littéraires", Georges Pompidou l’appelle comme chargé de mission puis conseiller diplomatique, après l’avoir vu évoluer auprès de son ministre des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville dès 1967, puis comme conseiller technique de son gouvernement.

Des lettres à la diplomatie, Jean-Bernard Raimond déploie une action technique assise sur une maturation globale des enjeux, et une compréhension subtile des réalités géopolitiques qu’il appréhende. C’est ainsi qu’il évolue facilement des questions globales de la géopolitique de guerre froide — ambassadeur en Pologne puis en Union soviétique — au poste singulier de la Villa Bonaparte (Saint-Siège). Reconnu également pour son engagement et son intelligence politique, il est nommé ministre des Affaires étrangères de la première cohabitation, et élu député de la quatorzième circonscription des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence.

Des lettres à la politique, en passant par la diplomatie, c’est ce parcours riche, marqué par la figure de Georges Pompidou, que cet ouvrage tente de restituer.