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Documents diplomatiques français

1948 – Tome II (1er juillet – 31 décembre)

de Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)
Autres XLIV, 1089 Pages

Table des matières

  • Couverture
  • Page de Titre
  • Page de Copyright
  • Commission des Archives Diplomatiques
  • Avertissement
  • TABLE MÉTHODIQUE
  • I. GÉNÉRALITÉS
  • A. GÉNÉRALITÉS
  • 1. Commerce Est-Ouest
  • 2. Énergie atomique
  • B. CONSEIL DE L’EUROPE
  • C. PLAN MARSHALL
  • D. PACTE DE BRUXELLES
  • E. PACTE ATLANTIQUE
  • F. PACTE MÉDITERRANÉEN
  • G. NATIONS UNIES
  • II. EUROPE
  • A. EUROPE : GÉNÉRALITÉS
  • Fédération européenne
  • B. EUROPE SEPTENTRIONALE
  • 1. Grande-Bretagne
  • 2. Belgique
  • 3. Finlande
  • 4. Irlande
  • 5. Pays-Bas
  • 6. Scandinavie
  • C. EUROPE CENTRALE
  • 1. Le problème allemand
  • 2. Le blocus de Berlin
  • D. EUROPE MÉRIDIONALE
  • 1. Espagne
  • 2. Italie
  • 3. Trieste
  • 4. Anciennes colonies italiennes
  • 5. Saint-Siège
  • E. EUROPE ORIENTALE
  • 1. Bloc soviétique
  • 2. Albanie
  • 3. Bulgarie
  • 4. Grèce
  • 5. Hongrie
  • 6. Pologne
  • 7. Roumanie
  • 8. Tchécoslovaquie
  • 9. URSS
  • 10. Yougoslavie
  • III. ASIE-OCÉANIE
  • 1. Généralités
  • 2. Pacifique
  • 3. Afghanistan
  • 4. Birmanie
  • 5. Chine
  • 6. Corée
  • 7. Inde
  • 8. Indes françaises
  • 9. Indochine
  • 10. Indonésie
  • 11. Iran
  • 12. Japon
  • 13. Pakistan
  • 14. Thaïlande
  • IV. AFRIQUE
  • 1. Afrique du Nord
  • 2. Maroc
  • 3. Tunisie
  • V. LEVANT ET PAYS ARABES
  • 1. Moyen-Orient : généralités
  • 2. Égypte
  • 3. Turquie
  • 4. Palestine
  • VI. AMÉRIQUE
  • 1. Amérique : généralités
  • 2. Canada
  • 3. États-Unis
  • Juillet
  • 1 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 2 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 3 Haut-Commissariat de France pour l’Indochine, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 4 M. de Beausse, Chargé d’affaires de France à Varsovie, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 5 M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 6 M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 7 Note du Département
  • 8 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 9 M. Roux, Ministre de France à Kaboul, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 10 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 11 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 12 M. Maugras, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 13 M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 14 M. Seydoux, Conseiller politique adjoint à Berlin, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 15 Note de la direction d’Europe pour le Ministre
  • 16 M. Roux, Ministre de France à Kaboul, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 17 M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 18 M. Épinat, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Belgrade, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 19 Note de la Direction d’Europe
  • 20 M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 21 M. de Girard de Charbonnière, Ambassadeur de France à Copenhague, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 22 Note de la direction d’Europe pour le Secrétariat des Conférences
  • 23 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour M. Boissier
  • 24 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 25 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 26 M. Arvengas, Ministre de France au Caire, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 27 Note du Secrétariat général pour le Ministre
  • 28 M. Maugras, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 29 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à mM. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 30 Note de la Direction d’Asie-Océanie
  • 31 Note du Département
  • 32 M. Épinat, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Belgrade, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 33 Note du Département
  • 34 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 35 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 36 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 37 Note du Secrétaire général
  • 38 Note du Département pour le Ministre
  • 39 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 40 M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à Mt. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 41 M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 42 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 43 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 44 M. Raoul-Duval, Chargé d’affaires de France à Rangoon, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 45 Général Juin, Commissaire résident général de la République française au Maroc, à M. Bidault, Ministre des affaires étrangères
  • 46 Note de la Direction des Affaires économiques et financières
  • 47 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 48 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 49 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 50 Note du Département
  • 51 Note de M. Chauvel, Secrétaire Général du ministère des Affaires étrangères
  • 52 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 53 Compte rendu des conversations entre les cinq ministres des Affaires étrangères à La Haye le 19 juillet 1948
  • 54 Compte rendu des conversations entre les cinq ministres des Affaires étrangères à La Haye les 19-20 juillet 1948
  • 55 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 56 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 57 M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 58 M. Gilbert, Ministre de France à Bangkok, à M. le Haut-Commissaire de la République française à Saïgon
  • 59 M. Ostrorog, Ministre de France à Dublin, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 60 Note du Directeur d’Europe pour le Secrétaire général
  • 61 M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 62 M. le Directeur de l’Institut français à Bucarest, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 63 Note du Département
  • 64 M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants de la France à Londres et Washington
  • 65 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 66 M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 67 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 68 M. Menant, Ministre de France à Tirana, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 69 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 70 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Bidault, Ministre des Affaires étrangères
  • 71 Général Ganeval, Gouverneur militaire français à Berlin, à M. Schneiter, Secrétaire d’État aux Affaires allemandes et autrichiennes
  • 72 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 73 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 74 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 75 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 76 M. de Luze, Chargé d’affaires de France à Bucarest p.i., à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 77 M. Salade, Consul général de France à Batavia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 78 M. Leguèbe, Consul de France à Szczecin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 79 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 80 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 81 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 82 M. Lacoste, Ministre Délégué à la Résidence générale de la République française au Maroc, à M. Schuman, Ministre des affaires étrangères
  • 83 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 84 Note de la direction générale des Affaires politiques
  • 85 Note du Secrétariat des Conférences pour le Secrétaire général
  • 86 M. Bourdeillette, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 87 M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 88 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 89 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 90 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi
  • 91 M. Charvériat, membre français de la Commission spéciale des Nations unies pour les Balkans, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Août
  • 92 M. de Crouy-Chanel, Conseiller à l’Ambassade de France à Bruxelles, à M. de Leusse, Sous-Directeur d’Europe centrale
  • 93 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 94 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 95 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 96 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 97 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 98 Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Chef de la mission française à Tokyo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 99 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 100 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 101 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 102 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à Londres et Washington
  • 103 M. Leguèbe, Consul de France à Szczecin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 104 Note de la direction d’Asie-océanie
  • 105 M. Hardion, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 106 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Raoul-Duval, Chargé d’affaires de France à Rangoon
  • 107 M. Parodi, Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 108 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 109 M. Heuman, Consul de France à Ljubljana, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 110 M. de Luze, Chargé d’affaires de France à Bucarest p.i., à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 111 M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 112 Note de la sous-direction d’Europe méridionale pour le Directeur d’Europe
  • 113 Note du Service de Coopération économique
  • 114 M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 115 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 116 Note du Secrétariat des Conférences pour le Ministre
  • 117 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 118 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 119 M. Marchal, Ambassadeur de France à Karachi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 120 Note de M. Alphand, Directeur général des Affaires économiques et Financières pour le Ministre des Affaires étrangères
  • 121 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. de Hautecloque, Ambassadeur de France à Bruxelles
  • 122 M. Jacques-Camille Paris, Directeur d’Europe au Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 123 M. Parodi, Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 124 M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 125 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 126 M. de Girard de Charbonnière, Ambassadeur de France à Copenhague, à Mt. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 127 Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 128 Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 129 M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 130 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 131 Note de la Direction d’Europe
  • 132 Rapport de la Commission des droits de l’homme sur sa troisième session
  • 133 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 134 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Moch, Ministre de l’Intérieur
  • 135 Note du Secrétariat des Conférences pour le Ministre
  • 136 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 137 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire géneral du Ministère des Affaires étrangères
  • 138 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 139 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 140 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 141 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 142 M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 143 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 144 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à Washington et Londres
  • 145 Note de la direction d’Europe pour le Cabinet du Ministre
  • 146 M. Lebel, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Athènes, à un fonctionnaire du Département
  • 147 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 148 M. Chauvel, Secrétaire géneral du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 149 Note du Département
  • Septembre
  • 150 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux représentants diplomatiques de la France à Londres et Washington
  • 151 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. de Hautecloque, Ambassadeur de France à Bruxelles
  • 152 Note du Secrétariat général
  • 153 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 154 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à Mt. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 155 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 156 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Ramadier, Ministre de la Défense nationale
  • 157 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 158 Note du Secrétariat général pour le Ministre
  • 159 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 160 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à Washington et Londres
  • 161 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 162 Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières pour le Ministre des Affaires étrangères
  • 163 Note de la Direction d’Europe pour le Secrétariat des Conférences
  • 164 M. Leguèbe, consul de France à Szczecin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 165 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. de Girard de Charbonnière, Ambassadeur de France à Copenhague
  • 166 M. Maugras, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 167 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 168 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Douglas, Ambassadeur des États-Unis à Londres
  • 169 M. Tarbé de Saint-hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef français en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 170 M. Coiffard, Consul général de France à Barcelone, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 171 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 172 Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières pour le Ministre des Affaires étrangères
  • 173 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 174 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 175 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Secrétariat des Conférences
  • 176 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 177 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 178 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 179 M. Salade, Consul général de France à Batavia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 180 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 181 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 182 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à Washington et Londres
  • 183 Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières
  • 184 Note de la direction d’Afrique-Levant
  • 185 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 186 Le Comité international de coordination des mouvements pour l’unité européenne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 187 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 188 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 189 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 190 M. Puaux, Ambassadeur de France à Stockholm, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 191 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 192 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Vichinsky, Vice-Ministre des Affaires étrangères de l’Urss
  • 193 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 194 M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 195 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 196 Note du général Catroux pour le président Schuman
  • 197 M. Bourdeillette, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 198 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 199 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 200 M. Baudet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 201 M. Bourdeillette, Chargé d’affaires p.i. près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 202 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 203 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 204 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 205 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 206 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 207 M. Grandval, Haut-Commissaire de la République française en Sarre, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 208 M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 209 M. Leguèbe, Consul de France à Szczecin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 210 M. Lebel, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 211 Note de la direction d’Afrique-Levant pour le Ministre
  • 212 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 213 M. Menant, Ministre de France à Tirana, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 214 Compte Rendu de la séance du dimanche 26 septembre de la réunion des trois ministres des Affaires étrangères de France, du Royaume-Uni et des États-Unis d’Amérique
  • 215 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 216 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 217 Note du Département
  • 218 M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 219 M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 220 M. Grandval, Haut-Commissaire de la République française en Sarre, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 221 M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 222 Le Service politique du Commissariat général aux Affaires allemandes et autrichiennes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 223 Note du Secrétariat des Conférences pour le Secrétariat général
  • 224 M. Lacoste, Ministre de l’Industrie et du Commerce, à M. Grandval, Haut-Commissaire de la République française en Sarre
  • 225 M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 226 M. Épinat, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 227 M. Baudet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 228 M. Marchal, Ambassadeur de France à Karachi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Octobre
  • 229 M. de Guiringaud, Premier secrétaire à l’Ambassade de France à Londres, à M. Jacques-Camille Paris, Directeur d’Europe
  • 230 M. Baudet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 231 Compte rendu de l’entretien entre M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères et M. Bevin, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, le samedi 2 octobre 1948 à 11 heures
  • 232 M. Maugras, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 233 Note de la Direction des Affaires économiques et financières pour le président
  • 234 Note de la Direction d’Europe
  • 235 Note du Département
  • 236 Compte rendu des conversations Schuman-Marshall
  • 237 M. Salade, Consul général de France à Batavia, à M. Schuman, Mlnistre des Affaires étrangères
  • 238 Note de la Direction d’Asie-Océanie
  • 239 Compte rendu de la réunion tenue le 5 octobre 1948 à 15 heures 30 dans le bureau de M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 240 M. Dorget, Chargé d’affaires a.i. à l’Ambassade de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 241 M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, MÏinistre des Affaires étrangères
  • 242 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Baudet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Londres
  • 243 M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 244 Note pour M. Baeyens
  • 245 M. Lebel, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 246 M. Marchal, Ambassadeur de France à Karachi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 247 Note de la direction d’Amérique pour le ministre
  • 248 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Grandval, Haut-Commissaire de la République française en Sarre
  • 249 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 250 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 251 M. Boegner, Conseiller à l’Ambassade de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 252 Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 253 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 254 Compte rendu de la réunion relative à l’application du programme ERP à la sarre
  • 255 M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 256 M. Fabre, Consul de France à Munich, à M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne
  • 257 M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 258 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le secrétaire Général
  • 259 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 260 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 261 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 262 M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 263 Note de M. Ramadier, Ministre de la Défense nationale en vue de la réunion du Conseil consultatif
  • 264 Note de la Direction d’Asie-Océanie
  • 265 M. Menant, Ministre de France à Tirana, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 266 M. Menant, Ministre de France à Tirana, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 267 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 268 M. Hardion, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 269 M. Couve de Murville, Directeur des Affaires politiques au Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 270 M. Hardion, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 271 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 272 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 273 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 274 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 275 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 276 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 277 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 278 Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Chef de la mission française à Tokyo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 279 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 280 Note du Service de Coopération économique pour M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 281 Note du Département pour le Ministre
  • 282 Note du Département pour le Ministre
  • 283 Note de la Direction d’Afrique-Levant pour le Ministre
  • 284 Note du Secrétariat des Conférences pour le Ministre
  • 285 M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 286 M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 287 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 288 Note de la direction d’Europe
  • 289 M. Clappier, Directeur du Cabinet du Ministre des Affaires étrangères, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 290 Compte rendu des entretiens du président Schuman avec M. Pillai, Chargé d’affaires des Indes
  • 291 Note du Secrétariat géneral
  • 292 M. Hardion, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 293 Note du Secrétariat des Conférences pour la Direction d’Europe
  • 294 M. Nègre, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Stockholm, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 295 Note de la direction d’Europe
  • 296 Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 297 M. Siguret, Consul de France à Tientsin, à M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin
  • 298 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi
  • 299 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 300 Note de la Direction d’Afrique-Levant
  • 301 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 302 M. Nègre, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Stockholm, à Jacques-Camille Paris, Directeur d’Europe au Département
  • 303 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 304 M. Ostrorog, Ministre de France à Dublin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 305 Note du Service de Coopération économique
  • 306 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 307 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 308 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Novembre
  • 309 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 310 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 311 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 312 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, À tous les postes diplomatiques
  • 313 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 314 M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 315 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 316 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 317 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 318 M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 319 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes diplomatiques
  • 320 M. Gay, Ambassadeur de France à Ottawa, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 321 M. Raoul-Duval, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Rangoon, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 322 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 323 Note de la sous-direction d’Europe méridionale pour le ministre
  • 324 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 325 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 326 Note du Secrétariat des Conférences
  • 327 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 328 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 329 M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 330 Note du Service de Coopération économique
  • 331 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Ministre
  • 332 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Professeur Gros
  • 333 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 334 M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 335 Note du lieutenant-colonel Huré, Attaché militaire auprès de l’Ambassade de France à Stockholm
  • 336 M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 337 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 338 M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 339 M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 340 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 341 TM. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 342 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 343 Note du Service de Coopération économique
  • 344 Note du Service juridique pour la Direction d’Asie-Océanie
  • 345 M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 346 Note du Service de Coopération économique
  • 347 Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Chef de la mission française à Tokyo, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 348 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 349 M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 350 M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 351 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 352 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à MM. Monnet, Commissaire général au Plan, Queuille, Ministre des Finances et des Affaires économiques, et Pflimlin, Ministre de l’Agriculture
  • 353 M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 354 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 355 Note de la Direction d’Europe
  • 356 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 357 M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège,
  • 358 M. de la Grandville, Chargé d’affaires p.i. à la légation de France à Bangkok, à M. Pignon, Haut-Commissaire de France pour l’Indochine à Saigon
  • 359 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Coste-Floret, Ministre de la France d’outre-mer
  • 360 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 361 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 362 M. Schuman, Ministre des affaires étrangères, à divers postes
  • 363 M. de Beausse, en mission à Baden-Baden, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 364 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 365 Note de la Direction d’Afrique-Levant
  • 366 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, À M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 367 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 368 Note du lieutenant-colonel Huré, Attaché militaire et du capitaine de vaisseau Bienaymé, Attaché naval auprès de l’Ambassade de France à Stockholm
  • 369 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à divers représentants diplomatiques de la France
  • 370 Note de M. Ducrest
  • 371 Compte rendu des conversations Schuman-de Gasperi
  • 372 M. de Dampierre, Ambassadeur de France à Stockholm, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 373 Note d’information du Service de Coopération économique pour la délégation française
  • 374 M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 375 M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 376 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Ramadier, Ministre de la Défense nationale
  • 377 Note du Secrétariat général
  • 378 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 379 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 380 M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 381 Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 382 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 383 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 384 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 385 M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 386 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 387 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 388 Note de la direction d’Europe
  • 389 M. Tarbé de Saint-hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef français en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 390 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Décembre
  • 391 Note du Service juridique Pour la Direction d’Asie-Océanie (M. de la Chevalerie)
  • 392 M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 393 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 394 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 395 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Ramadier, Ministre de la Défense nationale
  • 396 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 397 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 398 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 399 Note de la Direction d’Asie-Océanie pour M. Baeyens
  • 400 Note de M. Laporte, Premier secrétaire à l’Ambassade de France à Varsovie
  • 401 M. Bonnet, Ambassadeur de France a Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 402 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 403 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 404 M. Louet, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 405 M. Baudet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 406 M. Roux, Ministre de France à Kaboul, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 407 Note du Secrétariat général
  • 408 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 409 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 410 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 411 M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 412 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 413 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 414 Note de la Direction d’Afrique-Levant
  • 415 Compte rendu de la réunion tenue au ministère de la France d’outre-mer le samedi 11 décembre 1948
  • 416 M. Lescuyer, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 417 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 418 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 419 M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 420 Note de la Direction d’Asie-Océanie
  • 421 Note du Secrétariat général
  • 422 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 423 Compte rendu de la réunion tenue au ministère de la France d’outre-mer le mercredi 15 décembre 1948
  • 424 M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 425 Note du Département
  • 426 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 427 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou
  • 428 M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 429 M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, au général Koenig, Commandant en chef français en Allemagne
  • 430 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 431 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 432 M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 433 Note de la Direction d’Asie-Océanie
  • 434 M. de Luze, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 435 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 436 M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 437 M. Payart, Ambassadeur de France en Yougoslavie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 438 M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 439 Compte rendu des conversations qui ont eu lieu à Cannes les 20 et 21 décembre 1948 entre le Comte Sforza et M. Schuman en présence de MM. Quaroni, Fouques-Duparc, Chauvel et Zoppi
  • 440 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 441 M. Menant, Ministre de France à Tirana, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 442 M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Roland de Margerie, en mission au Secrétariat des Conférences
  • 443 M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 444 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères.
  • 445 Note de la Direction d’Europe
  • 446 M. Manac’h, Consul général de France à Bratislava, à M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague
  • 447 M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 448 Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Ghef de la mission française à Tokyo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 449 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 450 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 451 M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 452 Général Blaizot, Commandant en chef des forces françaises en Indochine, à l’état-major de la Défense nationale
  • 453 M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 454 Note de la Résidence générale de France à Tunis
  • 455 M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 456 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 457 M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • INDEX DES NOMS DE PERSONNES

DOCUMENTS DIPLOMATIQUES FRANÇAIS
1948

TOME II

(1er JUILLET – 31 DÉCEMBRE)

 

1

M. DEJEAN, AMBASSADEUR DE FRANCE À PRAGUE,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. nos 826-839.

Prague, 1er juillet 1948, 17 h. 50

Réservé. Secret.

(Reçu : le 2, 8 h. 30)

Loin de se dissiper, la stupeur provoquée par les événements de Yougoslavie s’accroît à mesure que parviennent les renseignements sur l’attitude adoptée par Tito à l’égard de Moscou. Il y a deux jours, on croyait à une disgrâce. Aujourd’hui, on craint qu’il ne s’agisse d’une rébellion, dont les conséquences peuvent modifier profondément la situation politique en Europe.

À l’occasion d’une garden-party donnée hier 30 juin au Palais Cernin, je me suis entretenu de la question avec divers membres du gouvernement, notamment avec le ministre des Affaires étrangères, avec plusieurs personnalités communistes et avec certains fonctionnaires.

Des impressions et des informations ainsi recueillies, se dégagent les points suivants :

1) La surprise à Prague a été totale, même parmi les chefs du parti. On savait qu’il y avait quelques difficultés entre Tito et Moscou. Mais on était loin de s’attendre à une crise aussi grave et à un pareil éclat.

D’après les renseignements rapportés par les délégués tchécoslovaques au Kominform, la correspondance entre les partis communistes soviétique et yougoslave avait revêtu, au cours des derniers mois, un ton d’une violence telle que le conflit ne pouvait plus être dissimulé. Si le Kominform s’est décidé à le rendre public, c’est qu’il a craint d’être devancé par le maréchal Tito.

2) Les raisons d’ordre idéologique invoquées ne sont qu’une façade. Le différend est en réalité d’ordre politique. Il porterait sur deux points principaux :

a) La question de Trieste dans laquelle la Yougoslavie n’a pas trouvé auprès de l’URSS l’appui qu’elle escomptait. Or, cette question est l’une de celles pour lesquelles Slovènes, Croates et Serbes se passionnent également. Le maréchal Tito aurait surtout vivement ressenti la faiblesse de la réaction soviétique à l’initiative des puissances mandataires en faveur du retour de Trieste à l’Italie annoncée par M. Bidault le 20 mars.

b) Le projet de confédération balkanique, auquel le maréchal Tito est très attaché et auquel M. Dimitrov est demeuré favorable, malgré la rebuffade essuyée en janvier dernier. Moscou y serait aussi irréductiblement hostile qu’à toutes (…)2 de l’Europe centrale. Ce que voudrait Moscou, c’est un réseau d’alliances directes avec des gouvernements faibles obligés de se conformer docilement à ses directives. Le relâchement de l’aide apportée par la Yougoslavie à Markos ne serait qu’une conséquence du mécontentement éprouvé par le maréchal Tito à propos de ces deux affaires considérées par lui comme d’une importance vitale.

3) Lors de la publication du communiqué du Kominform, on admettait généralement que les dirigeants soviétiques tenaient en réserve une communication toute prête et qu’elle serait annoncée sous peu. Après la réponse de Tito, cette illusion ou cet espoir se sont dissipés. On considère aujourd’hui comme invraisemblable que le Maréchal vienne à résipiscence. On estime d’autre part qu’étant donné son emprise sur l’armée et sur la police yougoslaves, il ne saurait être éliminé par une révolution de palais ou par un coup de force. En outre, on considère qu’il jouit d’un grand prestige parmi les jeunes gens. On estime même que, dans la mesure où il se fera le champion de l’indépendance du pays, il ralliera une partie des éléments qui hier encore lui étaient hostiles. Enfin, on tient pour fort peu probable, dans la situation internationale actuelle, une action militaire de l’URSS dans le sud-est de l’Europe, alors que le gouvernement soviétique est déjà engagé en Allemagne dans une partie très serrée. Dans ces conditions, les plus optimistes parmi les dirigeants tchécoslovaques font remarquer que la querelle ayant été maintenue jusqu’ici sur le plan du parti, on peut encore espérer un arrangement. Cependant, l’opinion la plus répandue est que le maréchal Tito va se détacher du bloc oriental et qu’il va essayer de garder entre l’URSS et les puissances occidentales une position indépendante.

4) On fait observer qu’étant donné l’origine du conflit qui l’oppose à Moscou, la ligne de conduite qu’adoptera le maréchal Tito sera déterminée dans une très large mesure par l’attitude du gouvernement de Sofia. Dans sa réplique au Kominform, le Maréchal vient d’évoquer à nouveau le projet « d’union des peuples bulgare et albanais avec le peuple yougoslave sur le principe de l’indépendance nationale ».

On note, à cet égard, que les réactions de Sofia à la condamnation de Tito sont beaucoup plus nuancées que celles de Varsovie ou de Bucarest. Sans doute, le Conseil national du Front patriotique a-t-il approuvé la déclaration des partis communistes, mais il s’est exprimé en termes mesurés. En même temps, le gouvernement bulgare a souligné que la résolution du Kominform ne changerait rien aux rapports amicaux entre la Bulgarie et la Yougoslavie, ni à la collaboration entre les deux États frères sur la base du traité d’alliance.

Une personnalité qui connaît très bien la situation en Yougoslavie et qui est particulièrement versée dans les questions de politique extérieure, m’a dit, qu’à son avis, l’attitude des puissances occidentales aurait également une grande influence sur l’orientation des événements en Yougoslavie. Paris, Londres et Washington ne devaient pas perdre de vue que le maréchal Tito, qui se révèle aujourd’hui comme un nationaliste yougoslave, n’en demeure pas moins un communiste convaincu. Il est, d’autre part, très ambitieux et très sensible à la louange. En outre, il est possible qu’un ralentissement des échanges commerciaux avec l’URSS l’amène à désirer d’autres concours économiques. Tout en tenant compte de ces divers facteurs, la diplomatie occidentale devrait veiller à ne pas le compromettre aux yeux de ses propres troupes et de ses collègues balkaniques.

6) Il est une conséquence du coup de théâtre yougoslave dont chacun ici se rend compte quelles que soient ses tendances politiques, c’est que la position de l’URSS en Europe et dans le monde, notamment face aux puissances anglo-saxonnes, risque de s’en trouver affaiblie et sa liberté de manœuvre sensiblement réduite, au moment où s’engage en Allemagne une partie décisive3.

(Direction d’Europe, Yougoslavie, volume 22)

1 Télégramme diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, au Cabinet du Ministre et à MM. Falaize et Chauvel.

Note manuscrite : « M. Gueyraud. Attitude de Tito à l’égard de Moscou. [Communiquer à] Londres, Rome, Washington, Baden, Berlin, Belgrade, Sofia, Varsovie, Budapest, Athènes, Bucarest, Moscou, fait 5-7-48 ».

2 Lacune de déchiffrement.

3 L’ambassadeur à Prague confirmait son impression que l’affaire yougoslave provoquait une inquiétude profonde chez les dirigeants communistes puisque la politique intérieure reprochée à Tito (maintien d’un front national, réforme agraire) était sensiblement identique à celle menée à Prague et que l’affaiblissement du bloc oriental, si la défection de la Yougoslavie était confirmée, serait important à leurs yeux (télégramme nos 840-843 du 1er juillet 1948 de Prague, non reproduit). Chataigneau, l’ambassadeur à Moscou tirait des conclusions identiques à celle de Dejean et estimait que « ce serait un sérieux échec pour la politique russe que ce dernier puisse rester au pouvoir, et il est clair qu’à l’heure actuelle aucune précaution ne doit être négligée par les puissances occidentales pour éviter de compromettre le chef de l’État yougoslave aux yeux de ses partisans » (télégramme nos 1184-1185 du 7 juillet 1948 de Moscou, non reproduit).

2

M. BONNET, AMBASSADEUR DE FRANCE À WASHINGTON,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. nos 3002-3011.

Washington, 1er juillet 1948, 22 h. 35

Réservé.

(Reçu : le 2, 11 h. 07)

Les événements de Yougoslavie apparaissent aux experts russes du Département d’État comme d’une importance exceptionnelle. Ceux-ci comparent cette crise dans l’histoire du communisme soviétique à ce qu’a été la Réforme dans celle de l’Église et ils soulignent que, de même que Luther a rompu avec Rome, sans abandonner le christianisme, le maréchal Tito se sépare de Moscou mais reste communiste, mais ils ne pensent pas que Moscou puisse provoquer une « contre-réforme » et c’est ce qui à leurs yeux fait pour le Kremlin la gravité de la situation.

L’origine de la crise actuelle remonte, déclarent-ils, aux conditions mêmes d’établissement de la République fédérative yougoslave : communiste convaincu, le maréchal Tito, après avoir joué un rôle décisif dans la libération de son pays, y a institué un gouvernement sans recourir à l’appui soviétique. Il s’est entouré d’hommes qui avaient été ses compagnons de lutte et il doit tenir compte de leurs idées. Le régime qu’il a organisé est une parfaite copie du régime soviétique, en particulier, en ce qu’il est aussi impénétrable que celui-ci à toute ingérence étrangère.

Dans tous les autres pays satellites les Soviets non seulement ont mis à la tête du gouvernement un homme à leur dévotion, mais ils ont encore tenu pour assurer leur contrôle à placer dans les postes clés des hommes affiliés au NKVD. Quand ils ont cherché à s’infiltrer dans le régime yougoslave, leurs agents ont été écartés d’une main ferme. C’est ce qui s’est passé pour M. Jouyovitch et pour Hebrang dont le maréchal Tito s’est défait parce qu’ils étaient à ses yeux des agents de Moscou et dont le renvoi a précipité la crise2.

Moscou a espéré faire céder le maréchal Tito en créant le vide autour de lui et en le présentant à tous les chefs communistes d’Europe orientale comme se détachant de la véritable orthodoxie. Le Maréchal yougoslave s’est rendu compte de la manœuvre quand il a eu connaissance des décisions qui seraient débattues au Congrès du Kominform à Bucarest, il a refusé alors qu’aucune délégation yougoslave ne s’y rendît.

Depuis le triomphe de Lénine au Congrès de 1905, le Parti communiste a eu pour tactique de faire passer avant toute chose la discipline. Il veut être un parti monolithique, (…)3 déclarait Lénine ne plus comprendre que six personnes. Les Soviets ont donc voulu écarter le maréchal Tito et suivant la méthode constamment employée par le parti, ils l’ont accusé d’hérésie. En fait, l’erreur des dirigeants moscoutaires, est d’avoir cru que l’on pouvait imposer à des pays souverains disposant d’une police autonome, d’une armée nationale, une discipline aveugle et un régime d’étroit contrôle comme celui qu’ont accepté les Républiques soviétiques russes dont les peuples n’avaient jamais connu de véritable indépendance nationale.

Pour cette raison fondamentale, on ne pense pas à Washington qu’une réconciliation sincère puisse intervenir entre Belgrade et Moscou. D’après les communiqués du Chargé d’affaires des États-Unis le maréchal Tito aurait la situation bien en mains. La police sous la direction du général Rankovitch et l’armée lui seraient loyales. On ne prévoit pas non plus que les Soviets osent recourir contre la Yougoslavie à une expédition militaire qui dans un pays montagneux s’annoncerait difficile et qui affaiblirait la position de l’URSS dans une situation internationale déjà tendue. Peut-être des déclarations conciliantes seront-elles échangées de part et d’autre, mais le schisme, pense-t-on, subsistera. L’exemple est donné pour la première fois d’une résistance, qui peut être victorieuse, aux ordres de Moscou. Le prestige du Kremlin en sera frappé. D’autres pays satellites y trouveront un encouragement.

Une situation intérieure particulièrement complexe risque de se développer en Bulgarie et surtout en Albanie où les partis communistes vont sans doute se diviser profondément entre partisans du maréchal Tito et partisans de Moscou. La situation albanaise est suivie par Washington avec une particulière attention. On estime que la riposte par laquelle le maréchal Tito a proposé une fédération des Slaves du Sud a accru sensiblement contre lui l’animosité de Moscou.

Les experts du Département d’État considèrent qu’en Russie même l’événement est susceptible d’importantes répercussions. Ils remarquent que les critiques portées par le Kominform contre les dirigeants yougoslaves de ne pas respecter dans la vie du parti les principes démocratiques (réunion régulière de congressistes, désignation par élection des nouveaux fonctionnaires du parti) sont précisément celles qui peuvent être retenues contre le fonctionnement actuel du parti communiste de l’URSS dont aucun congrès n’a été réuni depuis 9 ans et dont tous les nouveaux fonctionnaires ont été choisis par cooptation. On en arrive à se demander si le document du Kominform n’a pas été rédigé par un responsable soviétique préoccupé de pouvoir s’en servir en URSS même. Il reflète de toute manière les divergences que l’on croit exister au sein du Politburo. La seule répercussion éventuelle dont s’inquiètent les autorités américaines est que, pour résister victorieusement à Moscou, le maréchal Tito n’accentue encore le caractère révolutionnaire à son régime et n’adopte en politique étrangère une attitude plus hardie en particulier à l’égard de la Grèce.

Les événements de Yougoslavie ont provoqué à Washington une satisfaction analogue. Ils ont renforcé au Département d’État l’influence des experts des questions russes dont ils ont paru justifier les thèses telles qu’elles étaient exposées dans l’article de Foreign Affairs de Monsieur X.

Le Département d’État estime qu’en présence de cette situation, les Puissances occidentales doivent faire preuve de beaucoup de réserve et de doigté. Il a indiqué à Londres qu’il désapprouvait la suggestion de l’ambassadeur d’Angleterre à Belgrade concernant la publication d’un communiqué anglo-américain se félicitant des récents événements. L’administration estime que toute approbation inopportune de l’(…)4 de Tito, toute déclaration donnant à entendre que les Puissances occidentales sont prêtes à lui accorder leur appui économique, ferait le jeu des Soviets en justifiant les accusations formulées dans le rapport du Kominform. Mais nous considérons qu’il serait aussi erroné de vouloir tenir à Tito la dragée haute et de lui donner le sentiment que tant qu’il ne reviendra pas aux pratiques capitalistes, il ne pourra espérer aucun soutien de l’Occident.

Les experts du Département d’État conseillent qu’au cas où le maréchal Tito en viendrait à demander que la Yougoslavie soit comprise parmi les pays bénéficiaires de l’ERP5, il lui soit indiqué qu’il appartient aux seize nations européennes de décider quels pays elles veulent adjoindre à leur groupe. Mais on souhaite en même temps qu’en pareil cas la réponse des seize nations soit favorable6.

(Direction d’Europe, Yougoslavie, volume 22)

1 Télégramme diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, au Cabinet du Ministre et à MM. Falaize et Chauvel.

Note manuscrite : « M. Gueyraud. [Communiquer à] Londres, Rome, dans les autres capitales balkaniques, fait 5-7-48 ».

2 Voir DDF, 1948-I, nos 260 et 437.

3 Lacune de déchiffrement.

4 Lacune de déchiffrement.

5 E.R.P.: European Recovery Program.

6 L’ambassadeur à Washington revenait quelques jours plus tard sur l’attitude américaine dans cette affaire Tito en s’appuyant sur les articles de presse américaine qui développaient les raisons de la brouille survenue entre Belgrade et Moscou. On ne pensait pas que Moscou irait jusqu’à utiliser la force pour briser la résistance de Tito, mais on ne doutait pas de la détermination de Staline à tenter de le faire plier. On estimait que cela aurait de grandes répercussions dans le monde communiste, notamment parce que l’on prévoyait une grande épuration dans tous les partis communistes d’Europe orientale. Enfin, on soulignait la difficulté de la position américaine, qui devait chercher à détacher la Yougoslavie, « pièce maîtresse de la muraille soviétique » tout en prenant soin de ne pas rendre plus difficile la position de Tito (dépêche no 1521 du 6 juillet 1948 de Washington, non reproduite).

3

HAUT-COMMISSARIAT DE FRANCE POUR L’INDOCHINE,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. nos162-166.

Saïgon, 1er juillet 1948, 22 h. 20

Réservé.

(Reçu : le 1er, 18 h. 15)

Je me réfère au télégramme nos 17 à 28 du 27 juin de la légation de France à Bangkok.

À son passage à Saïgon, M. Wallner a demandé à venir me rendre visite en compagnie de M. Abbot, consul général des États-Unis. Je l’ai reçu le 29 juin en présence de M. de Pereyra, Conseiller diplomatique. M. Wallner m’a entretenu tout d’abord de son récent séjour en France. Il a mis l’accent sur l’impression optimiste des experts américains quant à l’avenir de notre économie dont le relèvement devrait s’accentuer rapidement après la prochaine récolte.

Passant en vue les principaux obstacles qu’il juge susceptibles de retarder cette évolution favorable, mon interlocuteur en est venu au règlement de la question indochinoise, me marquant ainsi l’intérêt particulier que porte à ce règlement le Département d’État, non seulement en fonction du péril communiste en Indochine, mais encore au regard du relèvement de notre pays.

Après avoir souligné les signes indiscutables de fatigue qu’accuse depuis quelque temps l’effort de guerre Viet Minh, j’ai insisté tout spécialement auprès de M. Wallner sur les perspectives heureuses qu’ouvraient les récents accords de la baie d’Along dont l’approbation par le Parlement et les développements logiques devraient assurer au nouveau gouvernement central vietnamien, avec une audience accrue, le ralliement progressif des éléments nationalistes, jusque là demeurés dans l’opposition.

Le lendemain de cette entrevue, à l’occasion d’une visite de courtoisie au Conseiller diplomatique, M. Wallner n’a pas manqué de s’étendre longuement sur la question indochinoise et il a repris à cet égard les propos déjà tenus en présence de notre Ministre à Bangkok. De cette conversation, M. de Pereyra a pu conclure :

1) Que son interlocuteur n’avait pas le moindre doute quant à l’appartenance communiste des principaux chefs du Viet Minh et quant au danger qu’une formule de compromis avec eux serait susceptible de faire courir, tant à l’influence française qu’à la stabilité politique dans l’Asie du Sud-Est.

2) Qu’à mes yeux, le gouvernement central provisoire constituait une formule essentiellement précaire de transition et qu’il ne pouvait d’ores et déjà, sans se réclamer de l’appui et de l’autorité de Sa Majesté Bao Daï, nourrir l’espoir d’amorcer la dissociation nécessaire entre les extrémistes moscoutaires et les fonctionnaires nationalistes agréés par eux.

3) Qu’en conséquence, le Département d’État manifeste un grand intérêt à la prompte et heureuse conclusion des négociations projetées à Paris avec l’ancien Empereur, puisqu’elles sont destinées à compléter, sur le plan pratique, les accords de principe signés en baie d’Along et qu’elles permettront, avec le retour prochain en Indochine de Sa Majesté Bao Daï, d’inaugurer une phase nouvelle et réellement efficiente de retour à la paix.

(Direction d’Asie-Océanie, Indochine, volume 255)

1 Télégramme adressé à la Présidence du Conseil et au ministère de la France d’outre-mer, communiqué à la légation à Bangkok et diffusé à la présidence de la République, au Cabinet et à MM. Chauvel et Falaize, avec prière de communiquer à M. Bollaert, le haut-commissaire en Indochine (qui se trouvait alors en France).

Note manuscrite : « M. G.-Picot, communiquer Washington, F[rance] O[utre-]M[er], Bol[laert], E[tat-]M[ajor] G[énéral de la] D[éfense] N[ationale] (Capt. Leonzon) ».

4

M. DE BEAUSSE, CHARGÉ DAFFAIRES DE FRANCE À VARSOVIE1,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES2.

D. no 647.

Varsovie, 1er juillet 1948.

Cinq jours ont passé depuis la publication par les huit ministres des Affaires étrangères de l’Est européen du communiqué résumant leurs entretiens. La surprise causée par la venue inopinée de M. Molotov et de ses collègues albanais, bulgare, hongrois, roumain, tchécoslovaque et yougoslave, n’est cependant pas encore apaisée.

À la lumière des derniers événements, et notamment de l’excommunication par le Kominform des dirigeants communistes yougoslaves, la conférence de Wilanow semble pourtant plus explicable qu’elle n’apparaissait de prime abord.

Le « silence de sécurité » scrupuleusement observé pendant le séjour des ministres orientaux à Varsovie, différents indices apparents, comme l’ampleur inaccoutumée de la mobilisation policière, destinée à assurer la protection des hôtes de marque de la Pologne, avaient fait croire d’emblée à beaucoup d’observateurs étrangers que des décisions d’importance majeure seraient prises à Wilanow. Le communiqué fut une déception.

Si l’on y relevait que la Pologne avait obtenu plus qu’une satisfaction de principe, non seulement par le fait qu’elle était avec l’URSS à l’origine de cette réunion, mais surtout par l’affirmation solennelle de l’intangibilité de ses frontières occidentales, force était de constater que les résolutions finales de la conférence n’apportaient rien de bien nouveau. Les gouvernements représentés se contentaient de condamner solennellement les résultats de la Conférence de Londres, puis, reprenant en substance la teneur de la lettre adressée récemment par le maréchal Staline à M. Wallace. Ils proposaient au monde occidental de résoudre au plus vite les principales questions sur lesquelles les Quatre Grands se sont depuis trois ans avérés impuissants à se mettre d’accord.

Cette démonstration tapageuse et spectaculaire du bloc oriental au complet apparut alors sous son vrai jour. Il s’agissait, en somme, pour le Kremlin non pas de faire homologuer par ses satellites telle ou telle décision positive concernant l’organisation de l’Allemagne de l’Est – Moscou pour agir n’a pas besoin de l’approbation de Enver Hoxha – mais d’une manœuvre pédagogique à l’usage de l’opinion. De l’opinion mondiale, tout d’abord, qu’on entendait frapper par la démonstration de l’unanimité et de la volonté pacifique des démocraties populaires, de l’opinion de ces mêmes démocraties qui devaient se réjouir de voir la puissante Union soviétique les traiter en puissances majeures, de l’opinion allemande enfin qu’on entendait se concilier par la promesse d’une fin prochaine de l’occupation militaire.

De fait, les participants à cette conférence et notamment M. Modzelewski, s’ils ont présenté le texte sur lequel ils s’étaient mis d’accord comme une ultime exhortation à la sagesse et à la raison, adressée à l’Occident, ont proclamé bien haut qu’aucune clause secrète n’avait été votée, et qu’aucun problème autre que ceux dont il est question dans le communiqué n’avait été abordé ».

La portée réelle et pratique de ces assises du bloc oriental, pour la première fois réuni au complet, pouvait donc légitimement paraître assez mince avant la publication, le 29 juin, des résolutions adoptées par le Kominform à l’encontre du maréchal Tito3. Les raisons qui rendaient d’une urgente actualité la réunion sous la présidence de M. Molotov de tous les représentants des États satellites apparaissent plus clairement si l’on tient compte du fait que la Conférence de Wilanow eut lieu les 23 et 24 juin, soit trois jours après la réunion des délégués des partis communistes européens à Bucarest, et 5 jours avant la publication du texte adopté à cette réunion.

Si, comme tout le laisse à penser, le Kremlin voulait faire de l’assemblée des ministres des Affaires étrangères orientaux une manifestation de la solidarité des « nations progressistes », il va de soi qu’une telle assemblée devait être convoquée avant que n’ait été rendue publique la condamnation prononcée contre le gouvernement de Belgrade. En eût-il été autrement, le maréchal Tito aurait sans doute renoncé à se faire représenter à Wilanow. Les communistes staliniens sont experts dans l’art de garder un secret, et il apparaît que tout au long de son séjour en Pologne M. Simic ignora la menace qui planait sur le chef de son gouvernement. Grâce à cette ignorance il peut, sans réticences, s’associer aux résolutions prises en partie par ceux-là même qui, trois jours plutôt, dénonçaient la « déviation » enregistrée dans la politique des dirigeants de la Yougoslavie.

Quoi qu’il en soit, le communiqué de Bucarest, qui ouvre une brèche dans le front des démocraties annule pour une bonne part les effets escomptés du communiqué de Wilanow.

(Direction d’Europe, Généralités, volume 30)

1 La dépêche fait référence aux télégrammes nos 577, 581, 583, 585, 587, 592-594, 607, 609 de Varsovie, documents non reproduits. Sur la conférence de Varsovie, voir DDF, 1948-I, nos 443 et 449.

2 Dépêche adressée à la direction d’Europe. Note manuscrite : « [Communiquer à] Londres, Washington, Baden, fait 10-7-48 ».

3 Voir DDF, 1948-I, no 451.

5

M. PAYART, AMBASSADEUR DE FRANCE À BELGRADE,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. nos 441-444.

Belgrade, 2 juillet 1948, 21 h.

Urgent. Réservé.

(Reçu : le 2, 22 h.)

Je me réfère à votre télégramme no 3292.

Envisagées dans le cadre de la stratégie politique générale de l’URSS, les ouvertures du gouvernement bulgare au gouvernement italien paraissent (…)3 dans la même ligne que celles, d’une plus grande portée immédiate d’ailleurs, qui avaient été faites naguère à la France par la Pologne, par la Tchécoslovaquie et, d’une façon plus voilée, par la Yougoslavie (mon télégramme nº 433 du 15 avril 1946)4. Elles marquent le début d’une manœuvre destinée tout d’abord à neutraliser dans une certaine mesure l’Italie sur le plan mondial, puis à la détacher progressivement de l’Occident en l’engageant par étapes dans le réseau des pactes orientaux.

Si ces ouvertures se renouvelaient aujourd’hui elles s’inspireraient d’une arrière-pensée supplémentaire : associer l’Italie, pour le plus grand profit de l’URSS, au dispositif d’intimidation morale que l’on établit actuellement autour de la Yougoslavie du maréchal Tito. Le rôle de l’Italie serait à la fois passif et provisoire.

Dans un pacte d’amitié bulgaro-italien, la Bulgarie appuyée par l’URSS, serait encore aujourd’hui l’élément fort.

L’Italie devrait comprendre qu’elle ne pourrait que faire les frais d’une politique soviétique tendant à jouer momentanément Rome contre Belgrade dans les Balkans.

Il convient au surplus de rapprocher l’initiative de la Bulgarie de celle qu’elle a prise il y a quelques semaines en cherchant à renouer, par l’intermédiaire de l’ONU, et dans le dos de Belgrade, des relations diplomatiques normales avec Athènes. La volonté d’encerclement de la Yougoslavie est évidente.

Au moment où l’on peut se demander si, potentiellement, l’URSS n’en arrive pas au point de renversement des forces, la conclusion actuelle d’un pacte d’amitié italo-bulgare pourrait ainsi aboutir à donner une nouvelle impulsion à son dynamisme peut-être défaillant.

(Direction d’Europe, Bulgarie, volume 19)

1 Télégramme communiqué à l’ambassade de France à Rome et diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, au Cabinet du Ministre et à MM. Chauvel, Clappier et de Bourbon-Busset.

2 Document non reproduit.

3 Lacune de déchiffrement.

4 Voir DDF, 1946-I, no 271.

6

M. LÉVI, AMBASSADEUR DE FRANCE À NEW DELHI,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. no 249.

New Delhi, 2 juillet 1948.

M. l’Inspecteur du Montcel repartant demain pour Paris, sa mission terminée, a bien voulu se charger d’une « valise » exceptionnelle. Je mets cette occasion à profit pour faire parvenir au Département le texte des lettres échangées avec le Pandit Nehru, le 29 juin, au sujet de nos Établissements dans l’Inde.

La réponse indienne ne fait que reprendre les divers paragraphes de la communication française, et n’appelle de ce fait aucune observation.

Dans un premier texte que m’avait soumis Sir Girja Bajpai, le projet de réponse comportait un paragraphe 4, supprimé sur ma demande dans la version définitive, et que je crois devoir reproduire ci-après :

« 4) I am confident that our two Governments will be able to reach a settlement on the question of detail that still remain in the same spirit of mutual understanding which has led to a happy agreement on the general question of the future of French Establishments in India. The Secretary General of the External Affairs Ministry will take an early opportunity of discussing with Y.E. various points of detail, particularly those concerned with the supervision of the référendum to be held ».

J’ai fait valoir verbalement que l’accord intervenu se bornait, de commune entente, aux lignes essentielles ; qu’il demeurait entendu que les questions techniques à régler feraient l’objet, en temps utile, de conversations ultérieures, mais que, s’agissant d’une « réponse », le texte indien ne devrait pas évoquer une matière à laquelle la communication française – déjà approuvée par Delhi – ne faisait pas allusion. Mes interlocuteurs se sont rangés à ces arguments, supprimant le paragraphe susvisé. Mais, en m’adressant, par lettre personnelle (plus exactement officieuse car l’envoi est numéroté), ci-jointe en copie, le texte définitif, Sir Girja Bajpai a repris en fait la substance de ce que contenait ledit passage.

Nous avons intérêt à donner en l’espèce un témoignage nouveau de notre bonne volonté comme de notre bonne foi. Il y a lieu de penser que nous allons être très prochainement appelés à ouvrir ces négociations complémentaires. Il n’est pas douteux que, pour Delhi, le point essentiel, le seul qui les intéresse vraiment, est le contrôle du référendum.

À cet égard, le désir indien qui m’a été fréquemment exprimé, serait de voir la consultation populaire l’objet d’un contrôle uniquement franco-indien.

Je suis, pour ma part, en plein accord avec M. du Montcel pour estimer que, du point de vue français, il y aurait intérêt à un contrôle neutre. La pression que les éléments du Congrès pourront exercer sera en effet de loin plus forte que celle que seraient à même de mettre en œuvre nos partisans : on pourrait donc envisager une ou plusieurs commissions de contrôle comprenant un président neutre (choisi par exemple parmi les Corps diplomatique ou consulaire en ces régions ?) et deux membres respectivement français et indien.

Je serai heureux de recevoir à bref délai des instructions à ce sujet.

Quant aux questions techniques afférentes au résultat du référendum, là où il nous serait défavorable – option de nationalité, sort des propriétés publiques, protection des intérêts culturels ou économiques français, etc. – ce sont là des matières qu’il n’est guère possible à cette Ambassade d’étudier dans l’abstrait, et sur lesquelles il faudra arriver à un accord avec Delhi avant le référendum de Chandernagor. Il y aurait donc lieu, pour les services intéressés, d’en faire entreprendre l’étude sans tarder, afin que des instructions puissent m’être envoyées en temps utile. À moins que le Département n’estime préférable que cette seconde phase des négociations se poursuive à Paris avec l’ambassade des Indes. Je n’y verrais, en ce qui me concerne, qu’avantage. S’agissant en effet plus particulièrement d’affaires d’ordre technique dont l’étude suppose une connaissance approfondie des situations locales dans nos divers Établissements, cette dernière suggestion pourrait offrir des avantages.

Je dois signaler in fine le brusque changement d’atmosphère que nous constatons tous ici, à maints symptômes, du côté officiel indien, depuis peu ; l’amabilité qu’on nous témoigne, et la soudaine cordialité, je dirai même : les prévenances que nous marque le Pandit Nehru. Serait-ce que, jusqu’au dernier moment, on a douté de notre bonne foi ? Serait-ce aussi qu’on pense avoir besoin de nous ? Favorables tendances, trop récentes encore pour que je puisse faire autre chose que les signaler en passant.

(Direction d’Asie-Océanie, Inde française, volume 9)

1 Note manuscrite : « Communiquer à France outre-mer le 7 juillet 1948 ».

7

NOTE DU DÉPARTEMENT1

N.

Paris, 3 juillet 1948.

La réunion des quatre commandants en chef à Berlin a duré 45 minutes. L’atmosphère a été correcte.

Avant de rencontrer le maréchal Sokolovski, les trois commandants en chef occidentaux avaient convenu d’une tactique commune. Il avait été notamment décidé de ne parler des questions monétaires que si le maréchal Sokolovski manifestait sa bonne volonté à propos des communications.

Sur la base de cette procédure concertée, la conversation s’est engagée sur le problème des communications et n’a donné aucun résultat. Le maréchal Sokolovski a indiqué qu’il ne pouvait prédire la date à laquelle le trafic pourrait reprendre entre les zones occidentales et Berlin. Il a ajouté que d’autres travaux devaient être sans doute entrepris sur les voies ferrées, une fois les premiers terminés, ce qui retarderait d’autant la reprise du trafic.

À la suite de cette conversation, le général Noiret estime qu’il n’y a plus rien à attendre sur le plan local. Pour lui, la seule chance d’aboutir à un règlement serait d’évoquer non seulement le problème des communications mais le problème de Berlin et sans doute de l’Allemagne dans son ensemble à un échelon plus élevé que celui des commandants en chef, c’est-à-dire à l’échelon gouvernemental.

(Direction des Affaires politiques,
Y internationale 1944-49, volume 341)

1 Note manuscrite : « M. de Leusse ».

8

M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES,

       À M. CHAUVEL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

L.

Londres, 3 juillet 1948, 10 h. 30

Personnelle.

 

Je vous ai dit au téléphone l’embarras où m’avait mis jusqu’à présent l’absence d’indications précises sur nos vues dans l’affaire berlinoise.

Notre conversation de ce matin est pratiquement la première directive que je reçois : elle me permet de rectifier le tir, je vais indiquer tout à l’heure à mes collègues que j’aurai des corrections de forme à proposer sur le projet de note et que, d’autre part, nous souhaitons un délai supplémentaire en ce qui concerne la remise du document.

Cela dit, je crois que nous devons faire à Paris tout le possible pour ne pas apparaître, ainsi qu’il est malheureusement déjà arrivé quelques fois, comme le partenaire le plus lent à se mouvoir.

Nous sommes, dans cette affaire, à la fois le principal intéressé quant aux conséquences possibles, la victime désignée si le drame éclate, et, d’autre part, le parent pauvre quand il s’agit de la contribution à fournir dans l’immédiat à l’action commune ; c’est une position délicate.

Les Américains et les Anglo-Saxons n’ont déjà que trop tendance à s’entendre entre eux et j’ai déjà eu l’occasion de relever discrètement auprès de Douglas une ou deux incorrections de cet ordre. Il ne faudrait pas que nous fournissions, par nos lenteurs des justifications à cette tendance.

Ce que vous m’avez dit tout à l’heure des difficultés qui s’opposent à la réunion d’un Conseil des ministres avant mercredi, est valable pour quelqu’un qui est au courant des conditions dans lesquelles fonctionne notre machine gouvernementale et je vais me servir de mon mieux de cet argument. Je ne suis pas absolument sûr qu’il apparaisse très convaincant. On aura de la peine à comprendre qu’il soit impossible de réunir les membres du gouvernement de manière un peu discrète et sans donner à cette réunion une inutile publicité. Est-il donc impossible de dire qu’en raison du nombre et de l’importance des questions dont le gouvernement doit actuellement s’occuper, une réunion spéciale a dû être consacrée à l’examen des questions extérieures ? Ou même ne peut-on pas trouver un autre prétexte quand ce ne serait que le prix des côtelettes ou celui de la paire de bas de soie, problèmes sur lesquels doit, par les temps qui courent, « se pencher », comme on dit maintenant, la sollicitude des Ministres ?

Ce n’est peut-être qu’un détail, je vous le répète nous ne pouvons à la fois réclamer une place de plus en plus large dans les conseils internationaux et nous montrer incapables d’adapter notre mécanisme gouvernemental au temps de la radio, des téléscripteurs et des téléphones transatlantiques.

(Papiers d’agents-archives privées, papiers Massigli, volume 95)

9

M. ROUX, MINISTRE DE FRANCE À KABOUL,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. no 214.

Kaboul, 3 juillet 1948.

À la suite des conversations et des contacts que j’ai eus depuis mon arrivée à Kaboul, j’ai l’honneur de faire part ci-après à Votre Excellence de mes premières impressions sur la situation politique extérieure et intérieure de l’Afghanistan.

Je n’ai pas besoin de souligner qu’il ne s’agit là que d’impressions forcément incomplètes et sujettes à révision, car mon expérience des choses de ce pays est naturellement très rudimentaire. Mais, certains des propos que j’ai recueillis, certaines des confidences qui m’ont été faites m’ont cependant paru dignes d’être soumis à l’attention des services du Département.

Le chef de notre délégation archéologique, que j’avais rencontré à Peshawar, m’avait confié que tout n’allait pas pour le mieux dans le royaume où je me rendais. Il lui semblait notamment, m’avait-il dit, que le peuple était mécontent de l’augmentation récente et considérable du coût de la vie ainsi que de l’enrichissement croissant de quelques dizaines ou centaines de privilégiés. Les entretiens que j’ai eus depuis lors avec M. Brasseur ainsi qu’avec diverses personnalités afghanes ont entièrement confirmé cette opinion.

Le malaise que l’on sent ici et dont plusieurs hauts fonctionnaires locaux avouent du reste franchement l’existence, serait dû principalement, selon eux, aux causes suivantes :

– Sécheresse et mauvaises récoltes des années passées. La situation serait meilleure en 1948.

– Difficultés de vente des produits indigènes en particulier des peaux d’astrakan et des fruits frais ou secs. Les troubles survenus aux Indes à la suite de la division de ce pays seraient en partie responsables de cette mévente, en raison notamment des difficultés de transport consécutives aux luttes sanglantes qui ont mis aux prises hindous et musulmans.

La création du Pakistan a eu également pour conséquence de graves retards dans le ravitaillement de l’Afghanistan. On a généralement tendance ici à attribuer ces retards à une mauvaise volonté systématique des autorités voisines et l’on souligne, non sans aigreur, que celles-ci appliquent désormais des taxes élevées à toutes les marchandises importées dans ce pays.

Ce jugement paraît à tout le moins entaché de partis pris et ne tient pas suffisamment compte des difficultés auxquelles le nouveau dominion est lui-même en butte.

À cette diminution des ressources et à ce ralentissement du ravitaillement s’ajouterait une augmentation sensible des dépenses qui serait due pour une large part à la présence dans le pays de la mission américaine chargée de la construction et de la réparation du réseau routier afghan. Les autorités locales ne cherchent pas à dissimuler à cet égard la déception et la mauvaise humeur que leur cause la cherté de la société Morrison et Knudsen. À les en croire, les techniciens américains envoyés ici travailleraient très lentement, se plaindraient de tout et seraient plus préoccupés de se faire construire des habitations confortables que d’améliorer les routes afghanes. Le ministre des Mines me disait, il y a quelques jours, que les travaux entrepris sur la route de Kandahar qui relie Kaboul à Quetta auraient déjà coûté 18 millions de dollars, ce qui était beaucoup pour ce pays, d’autant plus que ce ne serait là qu’un commencement. Il ajoutait que son gouvernement regrettait vivement aujourd’hui de ne pas avoir fait appel à des Français, mais que cette expérience lui servirait sans doute de leçon pour l’avenir. On m’a rapporté que, parlant du même sujet, le Roi aurait cité l’histoire d’un paysan afghan qui, ayant acheté au marché de Kaboul un piment rouge, l’avait trouvé peu comestible mais l’avait cependant avalé parce qu’il l’avait payé très cher.

Certains fonctionnaires admettent toutefois que le privilège des erreurs ne doit pas être imputé exclusivement aux étrangers. Ils reconnaissent qu’il y a du côté afghan aussi de réels défauts d’organisation et qu’en matière commerciale notamment, leurs compatriotes ont encore beaucoup à apprendre. Nos commerçants ne savent pas, avouent-ils, se contenter d’un bénéfice raisonnable. Aussi font-ils monter les prix. Et quand ils ont amassé de l’argent, ils ne le remploient pas dans l’intérêt du pays, aimable euphémisme pour ne pas avouer que l’argent gagné ici va se cacher hors du pays où son propriétaire l’estime plus en sûreté.

Le gouvernement actuel n’est certainement pas étranger à ce manque de confiance. Le régime féodal qui existe en Afghanistan ne doit pas favoriser l’essor économique du pays.

Le pouvoir en effet n’appartient guère qu’à une famille et ce pouvoir est absolu. Il doit être malaisé de faire fortune ici et, l’ayant faite, de la conserver. C’est sans doute pourquoi les privilégiés d’un jour se hâtent, afin de le mettre à l’abri, de faire évader leurs capitaux.

Mais ce n’est vraisemblablement pas là la seule raison. Tous les propos que j’ai recueillis indiquent que le gouvernement en place traverse une crise d’autorité. On parle d’ailleurs publiquement à Kaboul de changements prochains et importants. Comme je l’ai déjà dit, l’on sent en arrivant ici l’existence d’un réel malaise.

Sur le plan extérieur, les dirigeants afghans se sont bien imprudemment lancés dans une politique de revendications à l’égard du Pakistan qui n’est étayée par aucun argument solide ni par aucune manifestation valable de fermeté. Peut-être a-t-on cherché à l’origine, à profiter des difficultés du dominion voisin pour lui soutirer quelque menue concession ? Ou encore a-t-on voulu donner satisfaction à une jeunesse mécontente et puérilement nationaliste ?

Quoi qu’il en soit, les résultats ne sont guère encourageants. Le gouvernement afghan se rend compte aujourd’hui qu’il a malencontreusement engagé le fer ; il n’ose cependant pas rompre ouvertement de peur de perdre la face. Il sent qu’il est dans une posture plus ou moins ridicule et ne sait comment en sortir. Il a dépêché à Karachi un de ses représentants les plus autorisés, le maréchal Shah Wali Khan. Mais la manœuvre a échoué et la situation n’a fait qu’empirer. Il semble aujourd’hui acculé à une impasse.

Dans un régime aussi autoritaire, il y a cependant un moyen assez simple de tourner la difficulté. C’est de changer le Premier ministre qui, à lui seul, représente le gouvernement. S’y résoudra-t-on et dans l’affirmative, par qui le remplacera-t-on ?

C’est la question que chacun discute en ce moment ici, avec plus ou moins de franchise.

L’actuel Président du Conseil, Shah Mahmoud Khan, est en fonction depuis près de deux ans. De l’avis général, ce n’est pas un homme d’État. Il n’a pas réussi à faire oublier son demi-frère, Mohammed Hachem Khan qui, pendant dix-sept ans, avait gouverné rigoureusement mais avec sagesse. Par lassitude ou par prudence, Hachem Khan a volontairement abandonné le pouvoir. Lorsqu’il s’est retiré, son successeur a relâché bon nombre de prisonniers et inauguré une politique d’indulgence qui lui a valu jusqu’à présent une certaine popularité. Mais l’on commence à se rendre compte que cette politique n’est pas sans danger pour la dynastie car elle favorise la constitution de clans non-conformistes et elle permet à ceux-ci, d’une manière d’ailleurs très relative, de s’exprimer, ce qui n’eut pas été concevable il y a quelques années encore. L’on constate aussi qu’un certain nombre de personnes qui n’appartiennent pas toutes à la famille royale se sont exagérément enrichies tandis que l’ensemble de la population s’est appauvri. Il en résulte un mécontentement grandissant qui inquiète de plus en plus les autorités.

L’ambassadeur d’Angleterre, Sir Giles Squire, qui a une connaissance approfondie de ce pays, estime que le gouvernement actuel ne le contrôle que très imparfaitement. Il est surpris de la sécurité qui y règne et se demande si elle pourra durer. Il regrette manifestement l’ancien Premier ministre avec lequel il avoue qu’il a de longs et fréquents entretiens. Il ne cache pas que le retour de celui-ci serait souhaitable, mais il ne croit pas qu’Hachem Khan consentira à sortir de sa retraite volontaire. Assez âgé et malade, à la fois très autoritaire et physiquement timoré, l’ancien président serait convaincu qu’en reprenant le pouvoir et en rétablissant les mesures de fermeté nécessaires, il s’exposerait à de graves dangers. Et il tiendrait trop à sa vie pour courir ce risque.

Il est vrai que le Roi, âgé maintenant de 34 ans, atteint l’âge de la maturité. Soigneusement tenu jusqu’ici à l’écart de toute activité, il pourrait être tenté désormais de jouer un rôle personnel. Il s’intéresse beaucoup à l’armée et, durant ses années de quasi réclusion, paraît avoir réfléchi et médité sur ce qui conviendrait à son peuple et à son pays. Mais il n’a aucune expérience du pouvoir, est entouré de courtisans et semble timide. On peut donc se demander s’il aurait la volonté nécessaire pour procéder au remaniement catégorique qui s’imposerait et s’il oserait notamment remplacer ses oncles par des personnalités plus jeunes et plus dynamiques.

Dans l’affirmative, il serait sans doute obligé de faire appel au concours de ses cousins, les fils de Mohammed Aziz Khan, assassiné à Berlin où il représentait son pays.

Le prince Naïm et plus encore le prince Daoud, actuellement ministre d’Afghanistan à Paris, exerceraient, dit-on, sur lui une certaine influence, seraient en bons termes avec Hachem Khan et auraient, le second surtout, la confiance de l’armée.

Mais ces deux princes sont jeunes et pourraient être tentés d’accaparer le pouvoir à leur profit. L’éloignement de Mohammed Daoud semble prouver en tout cas qu’il est l’objet de la méfiance du Premier ministre actuel.

Il est donc fort difficile de prévoir ce qui peut survenir dans ce pays. Aujourd’hui, calme en apparence, il peut être demain bouleversé par une crise violente. Toutefois, la famille régnante est trop intéressée à l’exercice du pouvoir et le détient trop exclusivement pour ne pas chercher à le retenir à tout prix. Instruits par l’expérience malheureuse d’Amanullah et par la révolution de 1929, il est probable que ses membres arriveront à un arrangement plutôt que de compromettre l’avenir du clan en s’entre-déchirant.

Si des changements s’avèrent nécessaires, ils se feront donc vraisemblablement dans l’ombre et de manière à ce que le prestige de la famille de Nadir Shah n’en soit pas entamé. Ceci, bien entendu, pour autant qu’un conflit mondial ne mette pas brusquement fin à ce régime archaïque dont le maintien dans un continent asiatique en pleine évolution n’est explicable que par l’état misérable et arriéré du peuple afghan dû à l’isolement où l’a tenu jusqu’ici la rivalité méfiante de l’Angleterre et de la Russie.

(Direction d’Asie-Océanie, Afghanistan, volume 9)

1 Dépêche adressée à la direction d’Asie-Océanie. Note manuscrite : « [M. de la] Chevalerie. Résumer, f[ai]t. P[ar] l[ettre] Karachi, Téhéran f[ai]t 31/7 ».

10

M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. Metric no 292.

Londres, 3 juillet 1948.

Très secret.

 

Au cours de la réunion de ce matin de la Commission permanente, M. Jebb a annoncé que le général Hollis lui avait fait part du désir exprimé par l’état-major américain d’être associé sans retard aux travaux du Comité militaire par la participation à ses réunions de plusieurs observateurs. Il est précisé que les Américains envisagent d’envoyer au Comité un officier général assisté de trois officiers supérieurs qui appartiendraient officiellement au personnel de l’Ambassade des États-Unis ; leur présence aux séances du Comité serait tenue rigoureusement secrète.

J’ai aussitôt donné l’accord du gouvernement français. Mes collègues du Benelux ayant indiqué que leurs gouvernements n’élèveraient aucune objection, la mission américaine sera invitée dès son arrivée à suivre les travaux du Comité.

Ainsi se trouve réalisé un vœu exprimé par le Département dès la création de la Commission permanente et du Comité militaire (votre communication Metric nº 2)3.

(Secrétariat général, Service des Pactes, carton 1, dossier 3bis)

1 Dépêche adressée au Secrétariat général.

2 La série de télégrammes, de dépêches ou de notes « Metric », particulièrement protégée et à exemplaire unique, avait été mise en place à l’occasion du Pacte de Bruxelles, à la demande des Anglais et des Américains.

3 Document non reproduit.

11

M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. Metric no 30.

Londres, 3 juillet 1948.

Très secret.

 

J’ai l’honneur d’adresser au Département, par le même courrier, un projet britannique d’instructions aux représentants des cinq puissances à la Conférence qui doit s’ouvrir dans quelques jours à Washington (document Metric nº 59)2.

L’examen de ce mémorandum a été abordé ce matin par la Commission permanente. Au Foreign Office, a déclaré M. Jebb, on avait jugé bon de mettre sur le papier un certain nombre de réflexions que l’on ne pouvait manquer de se faire à l’occasion de la conférence de Washington. Toutefois, la Commission devait se garder de voir dans ce document l’exposé d’une politique définitivement arrêtée ; du côté britannique, on n’était même pas absolument convaincu de la nécessité d’envoyer des instructions de ce genre à nos représentants. Bref, mon collègue anglais a marqué qu’il s’agissait simplement de suggestions et qu’il tenait à savoir ce que les autres délégations en pensaient.

J’ai répondu que je n’avais pas encore été en mesure de faire une étude approfondie de ce mémorandum. D’une lecture rapide, je gardais néanmoins l’impression qu’il n’était peut-être pas indispensable d’adresser, dès le début de la Conférence, aux cinq ambassadeurs des instructions couvrant un terrain aussi vaste. Citant en particulier le paragraphe 4 dans lequel se font jour des préoccupations analogues à celles du Département, j’ai dit qu’il y avait là un certain nombre de points sur lesquels il convenait d’attirer d’urgence l’attention, non pas de nos représentants à Washington, mais plutôt de nos gouvernements, afin de leur permettre, s’ils le jugeaient nécessaire, d’élaborer leurs instructions en temps utile.

M. Jebb ayant souligné que les signataires du Traité de Bruxelles, en cherchant à s’assurer l’appui militaire des États-Unis, avaient à choisir entre un traité en bonne et due forme avec Washington ou une déclaration unilatérale de garantie, j’ai indiqué que j’étais enclin, pour ma part, à penser que nous avions peut-être intérêt à envisager une association assez lâche, tant que nous n’aurions pas de précisions sur la façon dont l’état-major américain concevait l’aire atlantique. Nul n’ignorait que certains militaires américains avaient d’abord admis qu’en cas de guerre il faudrait, ne serait-ce que temporairement, abandonner l’Europe occidentale jusqu’aux Pyrénées. On pouvait donc se demander quelle était la limite exacte que les partisans d’une défense de l’Europe occidentale fixaient maintenant à leurs plans. Certes, on avait enfin réussi – et ceci était au crédit du Comité militaire – à poser le principe d’une défense organisée le plus à l’Est possible en Allemagne. Il n’en restait pas moins qu’avant d’entrer dans les détails d’un accord précis avec les États-Unis, nous avions intérêt à rappeler que l’Europe occidentale n’est pas seulement tournée vers l’Atlantique, mais qu’elle a aussi une vocation continentale.

Ces considérations ont paru rencontrer l’approbation de mes collègues. La Commission a décidé que le mémorandum britannique serait soumis sans délai aux cinq gouvernements et que chacune des délégations solliciterait de promptes instructions afin de permettre à la Commission de se réunir le plus tôt possible et de reprendre utilement l’examen des suggestions du Foreign Office.

(Secrétariat général, Service des Pactes, carton 1, dossier 3bis)

1 Dépêche adressée au Secrétariat général. Note manuscrite : « M. de Margerie, m’en parler ».

2 Document non reproduit.

12

M. MAUGRAS, AMBASSADEUR DE FRANCE À ANKARA,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. no 511.

Ankara, 3 juillet 1948.

L’excommunication du maréchal Tito et le mouvement de révolte contre l’influence yougoslave en Albanie qui en a été la conséquence ont, cela va sans dire, éveillé ici de grandes espérances. Déjà, il y a quelques mois, le blâme auquel s’était exposé le dictateur bulgare en parlant de ses projets de fédération avait permis de constater que toute velléité de pensée personnelle pouvait ne pas être abolie chez les hommes généralement considérés comme de simples exécutants des ordres soviétiques. À ce signe de mésentente entre Sofia et Moscou, les Turcs avaient déjà senti s’alléger la pression sur leur frontière de Thrace. Maintenant les journalistes ne se refusent pas la satisfaction d’annoncer à leurs lecteurs le prochain effondrement de tout le système de domination soviétique. Mais sans aller si vite et si loin, il n’est pas déraisonnable de voir dans les événements qui ont mis en opposition Sofia et Belgrade avec Moscou et d’autre part Tirana avec Belgrade les premières réactions d’un sentiment national qui reprend conscience de lui-même. Les Soviets ont tenté de reconstituer en Europe orientale un empire composite comme était l’empire des Osmanlis au temps où Bulgares, Roumains, Yougoslaves, Albanais, Hongrois et autres vivaient sous l’autorité du Grand Seigneur. Il est douteux que les particularismes nationaux aient déjà suffisamment perdu de leur capacité de résistance pour que, sans occupation militaire permanente, l’existence d’une sorte de nouveau Khalifat puisse longtemps se prolonger. Une foi commune sert sans doute de lien aux différentes parties de cette vaste communauté internationale mais n’a-t-on pas vu bien souvent au cours de l’histoire l’esprit national, mal à l’aise dans une religion étrangère, se manifester sous la forme de schismes et d’hérésies c’est-à-dire de ce qu’on appelle aujourd’hui « déviations ». Que de fois Napoléon n’a-t-il pas reproché à ses frères d’être devenus Espagnol, Hollandais, Wurtembergeois, à peine les avait-il installés sur leurs trônes étrangers. Il serait assez naturel que Staline eût des ennuis du même ordre avec ses protégés.

(Direction d’Europe, Turquie, volume 29)

1 Dépêche adressée à la direction d’Afrique-Levant. Note manuscrite : « M. Schricke. Laisser à l’Europe le soin de traiter ce sujet, si elle le désire ».

13

M. DE VAUX SAINT CYR, AMBASSADEUR DE FRANCE À ATHÈNES,

       À M. BIDAULT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. no 516.

Athènes, 3 juillet 1948.

La nouvelle de la condamnation du maréchal Tito et du parti communiste yougoslave par le Kominform, a surpris tous les milieux à Athènes. Rien ne faisait, en effet, prévoir un pareil coup de théâtre.

Je me trouvais dîner ce jour-là – 28 juin – avec le ministre des Affaires étrangères chez des amis communs. Nous étions sur une de ces ravissantes terrasses que possèdent les maisons athéniennes et où les réceptions ont lieu l’été. Nous admirions l’Acropole illuminée pour la fête du Roi, la Saint-Paul, qui devait se célébrer le lendemain, quand le ministre de l’Information nous apporta la nouvelle. Elle était si inattendue que ce dernier, prévoyant une manœuvre des Russes, pensait que le Kremlin voulait se désolidariser des Yougoslaves pour le cas où ceux-ci attaqueraient la Grèce. Le bruit avait couru, en effet, que le gouvernement de Belgrade était sur le point de remettre à Athènes une note assez sévère protestant contre des violations de frontière de la part des Grecs. On pouvait craindre des mesures militaires.

M. Tasldaris, plus optimiste, estimait que la chose était moins compliquée, qu’elle se réduisait à un désaccord entre Russes et Yougoslaves et que les Grecs avaient tout intérêt à voir la discorde se mettre dans le camp de leurs alliés. De toute façon le Ministre était décidé à ne faire aucune manifestation, à calmer l’enthousiasme que pourraient manifester certains journaux et à attendre la suite des événements.

D’ailleurs le texte même du Kominform n’était pas clair et il n’indiquait pas les raisons précises de la condamnation du maréchal Tito. D’une part, on l’accusait de soutenir en sous-main les puissances capitalistes, et, d’autre part, on lui reprochait d’appliquer des méthodes extrémistes. Il fallait en outre attendre la réaction de Tito et des communistes yougoslaves. Le Kominform leur avait intimé l’ordre de se soumettre ou de se démettre suivant une formule devenue classique. S’ils se sentaient assez forts pour ne pas s’exécuter, il n’était pas impossible qu’un changement s’opère dans la politique intérieure et extérieure de la Yougoslavie, celle-ci s’appuyant sur les petits propriétaires et sur les puissances occidentales.

Résumé

Le deuxième semestre de l’année 1948 fut marqué par deux grandes crises, celle de Berlin dans laquelle la France était directement impliquée, et la crise yougoslave, qui, sans bien sûr toucher Paris au même degré, joua un rôle incontestable dans les réflexions élaborées alors au Quai d’Orsay sur la nature et les réalités du système communiste international.
En ce qui concerne la crise de Berlin, Paris maintient l’unité d’action avec les Américains et les Britanniques, et participe au pont aérien dans la mesure de ses moyens. Ceci dit le gouvernement français trouve Washington trop raide dans la crise, et souhaiterait, surtout au début de celle-ci, une plus grande souplesse occidentale face à Moscou. Cependant la France reste ferme sur l’essentiel.
En même temps, ce semestre vit le lancement de deux grandes entreprises qui devaient aboutir en 1949 : le Conseil de l’Europe, fruit d’une initiative française, et le Pacte atlantique. Encore durant le deuxième semestre 1948, le premier partenaire diplomatique de la France est le Royaume-Uni, même si certains signes montrent que Washington occupe une place croissante dans les préoccupations et les contacts de la diplomatie française.
Intéressant également le dossier chinois, pour lequel les diplomates observent la marche irrésistible des communistes vers la victoire, et ne se font guère d’illusions sur ce que sera le régime qui succédera au Kuo Min Tang.

Résumé des informations

Pages
XLIV, 1089
ISBN (PDF)
9783035262926
ISBN (ePUB)
9783035296921
ISBN (Livre)
9782875740243
Langue
Français
Date de parution
2014 (Avril)
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2013. XLV, 1089 p.

Notes biographiques

Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)

Georges-Henri Soutou est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques et Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV). Il est membre de la Commission des archives diplomatiques auprès du ministère des Affaires étrangères français. Il travaille sur les relations internationales au XXe siècle, en particulier sur la Première Guerre mondiale, les rapports franco-allemands et les relations Est-Ouest après 1945. Il a publié notamment L’Or et le Sang. Les buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale (1989), L’Alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996 (1996), La Guerre de Cinquante Ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990 (2001), et L’Europe de 1815 à nos jours (2007).

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Titre: Documents diplomatiques français