Chargement...

Enseignement du français : les apports de la recherche en linguistique

Réflexions en l’honneur de Marie-José Béguelin

de Mathieu Avanzi (Éditeur de volume) Virginie Conti (Éditeur de volume) Gilles Corminboeuf (Éditeur de volume) Frédéric Gachet (Éditeur de volume)
Autres 374 Pages
Série: GRAMM-R, Volume 21

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Avant-propos
  • Travaux de Marie-José Béguelin
  • 1. Les théories linguistiques à l’épreuve de la didactique des langues
  • Des effets en retour de l’analyse didactique
  • Réflexions sur et pour une didactique de la linguistique (saussurienne)
  • Entretien grammatical d’une praticienne avec un théoricien
  • Pour une linguistique applicable. Vers une refonte du penser et du dire grammaticaux à l’école
  • Éloge de la phrase en impression subjective
  • Les apports de la linguistique actuelle pour l’enseignement des figures du discours
  • Faut-il vraiment former les (futurs) enseignants de français en linguistique ?
  • 2. L’enseignement du français langue étrangère
  • Io vado n’est pas je vais. Aller, un verbe « intransitif » pour les apprenants de FLE
  • Note sur la difficulté d’enseigner le passé composé aux étudiants polonais
  • Place et usage du discours rapporté dans la pratique du résumé. Examen de quelques manuels d’enseignement FLE
  • Simplification et réécriture des textes littéraires. Quels apports pour une didactique de la littératie en français ?
  • Plurilinguisme et FLE : entre étrangéité et étrangeté
  • 3. La didactique de la grammaire
  • Grammaire de texte et grammaire de phrase. Les avatars d’une didactisation
  • Quelle voie pour le passif ?
  • Raconter au passé composé. Une infraction à la théorie ?
  • De la perception à la cognition ou comment donner du sens à la grammaire
  • De la norme en classe
  • 4. Autour des compétences de l’apprenant
  • La grammaire comme ressource pour interagir. Réflexions autour de la compétence d’interaction en langue seconde
  • L’approche d’« anomalies » dans des textes narratifs d’élèves de fin d’école primaire (10-11 ans). Quelques pistes pour la lecture des textes par les enseignants
  • Être élève et exprimer une pensée propre : un paradoxe ?
  • Contribution hors-thème
  • Une théorie simple de la saillance
  • Postface
  • Notices biographiques
  • Titres de la collection

Avant-propos

Virginie CONTI, Gilles CORMINBOEUF, Mathieu
AVANZI, Frédéric GACHET, Laure Anne JOHNSEN
& Pascal MONTCHAUD

Universités de Neuchâtel et de Fribourg

Après une journée d’étude organisée en mai 2013 à l’Université de Neuchâtel, cette publication constitue le second volet de l’hommage que quelques-uns de ses doctorants ou anciens collaborateurs ont souhaité rendre à Marie-José Béguelin, à l’occasion de son départ à la retraite le 1er août 2013.

Le parcours scientifique de Marie-José Béguelin a débuté dans la passion des langues anciennes, avec une Maturité classique (latin et grec) à Porrentruy dans le Jura suisse, puis des études à Paris où elle se perfectionne en version grecque et latine, mais commence également à s’intéresser à d’autres langues indo-européennes et à la grammaire comparée, notamment à l’École pratique des Hautes Études. En 1972, elle obtient un Certificat d’études indiennes classiques et une Maîtrise en Lettres classiques de l’Université de Paris-IV.

De retour à Genève, après avoir enseigné le latin à Milan (1974-1975), et mené des travaux de traduction (allemand et italien), elle se tourne vers la linguistique synchronique et s’intéresse alors notamment à la pensée et à l’œuvre de Ferdinand de Saussure (intérêt qui l’accompagnera d’ailleurs tout au long de sa carrière). Elle obtient en 1978 une licence de linguistique générale, et son mémoire sera publié en 1980 dans les Cahiers Ferdinand de Saussure. Elle est alors engagée en tant que chargée d’enseignement à l’École de langue et de civilisation françaises de l’Université de Genève (1978-1985), et en tant qu’assistante en linguistique historique à l’Université de Lausanne (1979-1982).

Parallèlement à ces engagements (et à sa vie de famille, avec les naissances successives de ses deux filles, Mathilde et Louise), elle rédige une thèse sur « les noms latins du type mens » dirigée par Françoise Bader (EPHE) : soutenue en 1984, celle-ci lui vaudra le Prix Charles Bally et une publication en 1986 dans la collection bruxelloise Latomus. ← 11 | 12 →

Dès 1983, elle rejoint le Séminaire de linguistique française de l’Université de Fribourg, comme chargée de cours, maître-assistante, puis professeur associée. En 1990, l’Université de Neuchâtel lui confie sa nouvelle demi-chaire de « linguistique du français contemporain » ; dès 2001 elle sera choisie pour occuper la chaire à temps plein, en tant que professeur ordinaire.

Outre ses travaux de grammaire comparée, Marie-José Béguelin s’oriente dès le milieu des années 1980 vers des thématiques dans lesquelles elle a produit des travaux particulièrement novateurs : le discours rapporté, l’anaphore et les processus référentiels en général, la cohésion textuelle, les niveaux de l’analyse linguistique, la norme, l’analyse des erreurs et des données linguistiques non standard, etc. Une partie de ces travaux est en relation directe avec l’enseignement du français qui lui a toujours tenu à cœur. C’est cette thématique que nous avons choisi de traiter dans le présent ouvrage : la linguistique appliquée à l’enseignement (voir infra).

Plus tard, en plus des objets scientifiques déjà cités, elle a mené des travaux sur la simplification de l’orthographe et la rédaction non discriminatoire, en lien avec des questions de politique linguistique. Elle a aussi contribué activement à l’élaboration, avec Alain Berrendonner, du modèle macro-syntaxique du Groupe de Fribourg, dont une synthèse est parue récemment (Grammaire de la période, 2012). Ces dernières années, on peut évoquer ses études sur le changement linguistique dans une perspective saussurienne, ainsi que ses recherches sur la diachronie des structures syntaxiques et sur le statut de l’écriture (par exemple dans les SMS). Par ailleurs, son amour de la littérature transparaît aussi bien dans ses thématiques de cours que dans ses publications : la langue de Flaubert, le dialogue théâtral avec l’exemple des parataxes chez Marivaux, les SN démonstratifs dans les Fables de La Fontaine, les formes du raisonnement dans Les Liaisons dangereuses, etc.

Cette diversité dans les intérêts, cette étendue dans la connaissance des langues et dans la culture linguistique sont certainement l’un des ingrédients qui donnent tant de substance et de saveur aux travaux de Marie-José Béguelin, aux cours, séminaires et conférences qu’elle a donnés, et à la bonne dizaine de livres qu’elle a écrits ou édités, à la centaine d’articles qu’elle a publiés, ainsi qu’aux nombreux projets de recherche qu’elle a dirigés. Son esprit critique, son inventivité, sa rigueur, la précision et la finesse remarquable dont elle fait preuve dans ses analyses, l’originalité des approches choisies, son exceptionnelle habileté dans la rédaction et la présentation des données font d’elle un modèle d’exigence scientifique.

Il est évident qu’une carrière marquée par l’excellence dans tant de domaines a été saluée à de nombreuses reprises : ainsi, elle est membre ← 12 | 13 → de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique1, Officière dans l’Ordre des Arts et Lettres, Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques, membre de l’Institut jurassien des Lettres, des Arts et des Sciences et membre de l’Academia Europaea.

Parallèlement à une production scientifique remarquable et particulièrement diversifiée, Marie-José Béguelin a en outre occupé nombre de fonctions à l’Université, dans des sociétés savantes ou dans des revues scientifiques. Elle a ainsi été – entre autres – directrice de l’Institut de philologie romane et de linguistique française (2002-2003 ; 2005-2007) puis de l’Institut des sciences du langage et de la communication (2007-2012), vice-rectrice chargée des affaires académiques à l’Université de Neuchâtel (2003-2004), représentante du canton de Neuchâtel au sein de la Commission philologique du Glossaire des patois de la Suisse romande (1996-), membre de la Commission philologique du FNRS belge (2005-). Elle a également été présidente du groupe Bally, première présidente de la Délégation à la langue française de Suisse romande (durant deux décennies), membre du Conseil international de la langue française (1999-). Elle est coresponsable du projet international Encyclopédie grammaticale du français.

Mais les mérites scientifiques de Marie-José Béguelin ne sont de loin pas sa seule qualité : son humanité, sa disponibilité, son souci des autres et particulièrement de ses étudiants, doctorants et collaborateurs, en font également une personne d’exception… que ceux qui la côtoient appellent simplement Mijo, signe de l’affection qu’ils lui témoignent.

Parmi les nombreux objets scientifiques qui composent l’œuvre de Marie-José Béguelin, quatre domaines de recherche privilégiés peuvent être identifiés : les phénomènes anaphoriques et la théorie de la référence, les approches du changement linguistique, l’œuvre de Ferdinand de Saussure et la relation entre la recherche en linguistique et l’enseignement du français. Au moment de choisir une thématique pour un volume d’hommages, cette dernière nous a semblé la moins documentée actuellement, et par conséquent la plus apte à fournir des travaux originaux2.

La thématique de cet ouvrage est donc celle du rapport entre linguistique et enseignement du français, plus précisément les propositions de ← 13 | 14 → transposition de certains apports de la linguistique dans l’enseignement du français au XXIe siècle, les questions qu’un tel passage soulève et les relations entre ces deux champs. Marie-José Béguelin a beaucoup travaillé dans ce domaine et fait figure de « passeuse » entre les résultats obtenus par la recherche en linguistique et les contenus d’enseignement, autant en FLE qu’en FLM (voir les ouvrages qu’elle a dirigés, notamment Écrire en français et De la phrase aux énoncés).

Les problématiques générales suivantes ont été proposées aux contributeurs (bien que certaines soient déjà bien informées) :

Ces questions, sans être limitatives, nous paraissaient à même de documenter la thématique générale du « passage » entre linguistique et enseignement (FLM ou FLE) et à interroger les relations entre ces deux champs.

Les réponses proposées par des collègues, anciens doctorants et amis de Marie-José Béguelin ont ainsi pu être rassemblées en un volume organisé en quatre sections : « Les théories linguistiques à l’épreuve de la didactique des langues » (Section 1) ; « L’enseignement du français langue étrangère » (Section 2) ; « La didactique de la grammaire » (Section 3) ; « Autour des compétences de l’apprenant » (Section 4). Le lecteur trouvera à la fin de ce recueil un article « hors thème » de Raffaele Simone, un ami de longue date – ainsi qu’une postface de Michèle Fruyt, sa camarade d’étude à l’EPHE.

Cet ouvrage a été publié grâce au précieux soutien de la Commission des Publications de l’Université de Neuchâtel, de la Délégation à la langue française de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (DLF/CIIP), ainsi que de la Société des Alumni de l’Université de Neuchâtel. Les éditeurs ont en outre bénéficié de l’aide aimable de François Delafontaine pour la vérification de la mise en page du manuscrit. ← 15 | 16 →

 

← 16 | 17 →

                                                   

1   Voir à ce propos le bel hommage de Marc Wilmet dans son « Discours de réception de Marie-José Béguelin », accessible en ligne : <http://www.arllfb.be/ebibliotheque/discoursreception/wilmet26092009.pdf>.

2   L’anaphore fait l’objet d’un ouvrage édité par M. Fossard et M.-J. Béguelin chez Peter Lang (Nouvelles perspectives sur l’anaphore. Points de vue linguistique, psycholinguistique et interactionnel, 2014). Plusieurs publications récentes, avec des contributions de M. J. Béguelin, ont porté sur l’œuvre de Saussure. La question du changement linguistique sera quant à elle le thème de deux numéros de revue à paraître, édités par M.-J. Béguelin, L. A. Johnsen et G. Corminboeuf (Langages : « Réanalyse et changement linguistique » et Revue Romane : « Réanalyses, indétermination catégorielle et flou sémantique »).

   

Travaux de Marie-José Béguelin

À paraître

« Quel traitement pour les ‘aphorismes’ lexicalisés du type s’y mettre, s’en sortir, (se) la jouer… ? », in Actes du colloque la Dia-variation en français actuel. Des corpus aux ouvrages de référence, Université de Sherbrooke, 28-31 mai 2013.

« Normes d’écriture et proscription de ‘on’ », in Actes du colloque ‘Si j’aurais su, j’aurais pas venu !’ Linguistique des formes exclues : descriptions, genres, épistémologie, Université Libre de Bruxelles, 19-22 juin 2013.

« La concurrence entre nous et on en français », in Actes du colloque ‘Noi-nous-nosotros’. Sur les traces d’un pronom, Université de Zurich, 19-20 octobre 2012.

(avec G. Corminboeuf & L. A. Johnsen (dir.)), Réanalyses , indétermination catégorielle et flou sémantique (= Revue Romane), Amsterdam, John Benjamins. (avec M. Avanzi), « Syntaxe externe des séquences du type (ne pas) savoir qu- en français parlé : l’apport des indications prosodiques », Revue Romane.

2014

« Ce que nous enseignent les ‘aphorismes’ lexicalisés », in Fossard, M. & Béguelin, M.-J. (dir.), Nouvelles perspectives sur l’anaphore. Points de vue linguistique, psycholinguistique et acquisitionnel, Berne, Peter Lang.

(avec G. Corminboeuf & L. A. Johnsen (dir.)), Réanalyse et changement linguistique (= Langages), Paris, Larousse.

« Deux points de vue sur le changement linguistique », numéro thématique de Langages intitulé « Réanalyse et changement linguistique », M.-J. Béguelin, L. A. Johnsen & G. Corminboeuf (dir.).

(avec M. Fossard (dir.)), Nouvelles perspectives sur l’anaphore. Points de vue linguistique, psycholinguistique et acquisitionnel, Berne, Peter Lang.

2013

« Note sur l’emploi du pronom de troisième personne chez Flaubert », in Gendre, A., Kamber, A., Petris, L. & Skupien Deckens, C. (dir.), Des mots rayonnants, des mots de lumière. Mélanges de littérature, d’histoire ← 17 | 18 → et de linguistique offerts au professeur Philippe Terrier, Université de Neuchâtel, Faculté des Lettres et Sciences humaines/Genève, Droz, p. 297-308.

« Opérer hors de toute étymologie », Arena linguistica, n° 12, p. 138-162.

2012

« Le statut de l’écriture », in Druetta, R. (dir.), Claire Blanche-Benveniste. La linguistique à l’école de l’oral, Sylvain-les-Moulins, Éditions GERFLINT, p. 39-56.

« L’évolution de la langue à travers les SMS (textos). Étude de corpus en milieu plurilingue », in North, X. (dir.), Les évolutions du français contemporain. Pratiques linguistiques et politiques francophones, Genouilleux, Éditions La passe du vent, p. 163-176.

« La place de la grammaire comparée », Langages, n° 178, p. 75-90.

« La variation graphique dans le corpus suisse de SMS en français », in Caddéo, S., Roubaud, M.-N., Rouquier, M. & Sabio, F. (dir.), Penser les langues avec Claire Blanche-Benveniste, Presses de l’Université de Provence, p. 47-63.

« Le statut morpho-sytaxique de n’empêche », in Van Peteghem, M., Lauwers, P., Tobback, E., Demol, A., & De Wilde L. (dir.), Le verbe en verve. Réflexions sur la syntaxe et la sémantique verbale, Gent, Academia Press, p. 635-661.

(avec A. Berrendonner), « Pour en finir avec la phrase », in Groupe de Fribourg, Grammaire de la période, Berne, Peter Lang, p. 3-19.

(avec A. Berrendonner), « Typologie syntaxique des ‘dislocations à gauche’ », in Groupe de Fribourg, Grammaire de la période, Berne, Peter Lang, p. 155-186.

« Discours de Mme Marie-José Béguelin », Bulletin de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, tome LXXXVII, n° 1-2-3-4, p. 21-33.

Résumé

Cet ouvrage propose une réflexion collective sur la manière dont l’enseignement du français peut tirer profit (des résultats) de la recherche en linguistique.
Le passage de la recherche à l’enseignement pose des questions fondamentales : comment « traduire » les travaux de recherche vers les contenus d’enseignement ? Comment choisir parmi les résultats de la recherche ceux qui ont vocation à être adaptés utilement pour les besoins des apprenants ? Comment traiter le décalage souvent évoqué entre le contenu des moyens d’enseignement et l’état du savoir sur la langue ?

Résumé des informations

Pages
374
ISBN (PDF)
9783035264647
ISBN (ePUB)
9783035296556
ISBN (MOBI)
9783035296549
ISBN (Broché)
9782875741318
Langue
Français
Date de parution
2014 (Octobre)
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2014. 374 p., 22 tabl., 20 graph.

Notes biographiques

Mathieu Avanzi (Éditeur de volume) Virginie Conti (Éditeur de volume) Gilles Corminboeuf (Éditeur de volume) Frédéric Gachet (Éditeur de volume)

Mathieu Avanzi est assistant postdoctorant et chargé de cours à l’Université de Neuchâtel. Virginie Conti est doctorante à l’Université de Neuchâtel et collaboratrice scientifique à la Délégation à la langue française de Suisse romande. Gilles Corminboeuf est docteur en linguistique de l’Université de Neuchâtel et chercheur avancé au Fonds national suisse de la recherché scientifique. Frédéric Gachet est docteur en linguistique de l’Université de Fribourg et assistant de recherche au Fonds national suisse de la recherche scientifique. Laure Anne Johnsen est doctorante et professeure de français langue étrangère à l’Université de Neuchâtel. Pascal Montchaud est assistant diplômé aux Universités de Neuchâtel et de Fribourg et candidat au doctorat en linguistique française.

Précédent

Titre: Enseignement du français : les apports de la recherche en linguistique