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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

de Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)
Autres XL, 1057 Pages

Table des matières

  • Couverture
  • Page de Titre
  • Page de Copyright
  • Commission des Archives Diplomatiques
  • Avertissement
  • TABLE MÉTHODIQUE
  • I. – GÉNÉRALITÉS
  • A. – GÉNÉRALITÉS
  • 1. – Échanges économiques Est-Ouest
  • 2. – Antarctique
  • 3. – Énergie atomique
  • B. – CONFÉRENCE DU PALAIS ROSE
  • C. – PLAN MARSHALL
  • D. – PACTE DE BRUXELLES
  • E. – PACTE ATLANTIQUE
  • F. – NATIONS UNIES
  • II. – EUROPE
  • A. – EUROPE: GÉNÉRALITÉS
  • 1. – Généralités
  • 2. – Conseil de l’Europe
  • 3. – Fédéralisme européen
  • 4. – Pacte méditerranéen
  • B. – EUROPE SEPTENTRIONALE
  • 1. – Grande-Bretagne
  • 2. – Belgique
  • 3. – Finlande
  • 4. – Irlande
  • 5. – Scandinavie
  • C. – EUROPE CENTRALE
  • 1. – Le problème allemand
  • 2. – Allemagne
  • 3. – Question de Berlin
  • 4. – Suisse
  • D. – EUROPE MÉRIDIONALE
  • 1. – Espagne
  • 2. – Italie
  • 3. – Anciennes colonies italiennes
  • 4. – Questions religieuses et Saint-Siège
  • E. – EUROPE ORIENTALE
  • 1. – Balkans
  • 2. – Bulgarie
  • 3. – Grèce
  • 4. – Hongrie
  • 5. – Pologne
  • 6. – Roumanie
  • 7. – Tchécoslovaquie
  • 8. – URSS
  • 9. – Yougoslavie
  • III. – ASIE-OCÉANIE
  • 1. – Asie : Généralités
  • 2. – Chine
  • 3. – Corée
  • 4. – Inde
  • 5. – Indes françaises
  • 6. – Indochine
  • 7. – Indonésie
  • 8. – Japon
  • 9. – Nouvelle Zélande
  • 10. – Pakistan
  • IV. – AFRIQUE
  • 1. – Afrique: Généralités
  • 2. – Maroc
  • 3. – Tunisie
  • V. – LEVANT ET PAYS ARABES
  • 1. – Moyen-Orient: Généralités
  • 2. – Égypte
  • 3. – Irak
  • 4. – Iran
  • 5. – Israël
  • 6. – Palestine
  • 7. – Syrie
  • 8. – Turquie
  • VI. – AMÉRIQUE
  • 1. – Amérique latine: Généralités
  • 2. – Argentine
  • 3. – Brésil
  • 4. – États-Unis
  • Janvier
  • 1. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 2. M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 3. M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 4. M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 5. M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 6. Note de la Direction d’Europe (Sous-direction d’Europe centrale). L’Allemagne et l’Union européenne
  • 7. M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 8. M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 9. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 10. M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 11. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bevin, Secrétaire d’État britannique pour les Affaires étrangères
  • 12. Compte rendu de la conférence tenue le 6 janvier 1949 sous la présidence de M. Devinat, Secrétaire d’État à la Présidence du Conseil
  • 13. M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 14. M. Saffroy, Ministre de France à Luxembourg, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 15. M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 16. Note du Secrétariat général pour le Ministre. Pacte de l’Atlantique
  • 17. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 18. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à Londres, Washington, Bruxelles, La Haye et Luxembourg
  • 19. Note du Département. Chine
  • 20. Note de la Direction d’Afrique-Levant pour le Ministre. Les entretiens avec M. Fischer à propos d’une éventuelle reconnaissance par la France du gouvernement d’Israël
  • 21. M. Grandval, Haut-Commissaire de la République française en Sarre, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 22. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 23. Note de la Direction des Affaires économiques et financières. Répercussions de la victoire des communistes chinois sur nos intérêts en Extrême-Orient
  • 24. Note pour le Ministre
  • 25. Note de M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 26. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 27. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 28. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 29. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes
  • 30. Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Ministre. Médiation dans l’affaire chinoise
  • 31. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 32. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade
  • Annexe. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 33. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 34. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 35. Note de la Direction d’Amérique. Troubles en Amérique latine
  • 36. Compte rendu des conversations entre M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères et M. Bevin, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, à Londres les 13-14 janvier 1949 (1re, 2e et 3e séances)
  • 37. M. Parodi, Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 38. Note du Secrétariat général pour le Ministre. Pacte de l’Atlantique
  • 39. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 40. Note d’information sur le statut et les droits des œuvres culturelles, hospitalières, charitables et contemplatives en Palestine
  • 41. Note de la direction d’Asie-Océanie. Négociations avec l’Empereur Bao Daï. État des discussions concernant les questions diplomatiques
  • 42. Note de la direction d’Asie-Océanie
  • 43. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 44. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 45. M. Rollet, Chargé d’affaires à la Légation de France à Wellington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 46. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 47. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 48. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 49. M. Mons, Résident général de la République française à Tunis, à M. Schuman, Ministre des affaires étrangères
  • 50. M. Noblet d’Anglure, Conseiller à la section politique du Grand Berlin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 51. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 52. M. Lescuyer, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 53. M. Noblet d’Anglure, Conseiller à la section politique du Grand Berlin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 54. Général Koenig, Commandant en chef français en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 55. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 56. Note de la Direction d’Amérique pour le Ministre
  • 57. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 58. M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 59. M. Charvériat, Ministre plénipotentiaire, membre français de la Commission spéciale des Nations unies pour les Balkans, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 60. M. Vanthier, Secrétaire d’Ambassade, Chargé du Consulat de France à Tel-Aviv, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe
  • 61. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Coste-Floret, Ministre de la France d’outre-mer
  • 62. Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Chef de la mission française à Tokyo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 63. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 64. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 65. M. Arvengas, Ministre de France au Caire, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 66. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 67. M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 68. Note du Département. La Conférence de New-Delhi (20-23 janvier 1949) et la formation d’un bloc asiatique
  • 69. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 70. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, À M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 71. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Vanthier, Secrétaire d’Ambassade, Chargé du Consulat de France à Tel-Aviv
  • Février
  • 72. Note du Secrétariat des Conférences. La conférence de New Delhi
  • 73. M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 74. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 75. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 76. M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome
  • 77. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 78. Aide-mémoire du Ministère des Affaires étrangères pour l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris
  • 79. M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Note de M. Noblet d’Anglure, Conseiller à la section politique du Grand Berlin
  • 80. Note de la Direction d’Europe (Sous-direction d’Europe du Nord). L’Union européenne après la réunion du Conseil consultatif (27 janvier 1949)
  • 81. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 82. M. Blondel, Ambassadeur de France à Oslo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 83. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 84. M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 85. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne
  • 86. M. Guibaut, Consul général de France à Singapour, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 87. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 88. M. Hoppenot, Ambassadeur de France à Berne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 89. M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 90. M. Arvengas, Ministre de France au Caire, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 91. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 92. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 93. M. Ostrorog, Ministre de France à Dublin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 94. M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 95. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 96. M. Hoppenot, Ambassadeur de France à Berne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 97. M. de Dampierre, Ambassadeur de France à Stockholm, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 98. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 99. M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 100. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Coste-Floret, Ministre de la France d’outre-mer
  • Annexe. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 101. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 102. Note de la direction d’Asie-Océanie. Entretiens de Cannes du 14 février 1949
  • 103. M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 104. M. Mons, Résident général de la République française à Tunis, à M. Schuman, Ministre des affaires étrangères
  • 105. Note du Professeur Gros, Jurisconsulte du Département. La Sarre et l’Union européenne
  • 106. Note de M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 107. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 108. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 109. M. Arvengas, Ministre de France au Caire, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 110. M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 111. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 112. M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 113. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 114. Note du service de Coopération économique. Commerce entre la France et les pays d’Europe orientale
  • 115. M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 116. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 117. Compte rendu de Renseignements n° 45. Entretien de l’attaché militaire avec le ministre de la Défense au sujet de la neutralité scandinave
  • 118. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 119. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 120. Note de M. Alphand, directeur général des Affaires économiques et financières pour le Président
  • 121. Note du Département pour M. Jacques-Camille Paris, Directeur d’Europe
  • 122. Note de M. Chauvel, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 123. Note pour le Haut-Commissaire de France en Indochine. Questions pouvant être soulevées au Parlement à l’occasion de la discussion de l’accord franco-vietnamien en cours de négociation
  • 124. Compte rendu de la visite faite à M. Modzelewski par M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, le 26 février 1949
  • 125. M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Mars
  • 126. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. de Margerie, en mission au Secrétariat des Conférences
  • 127. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 128. M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 129. Note du Secrétariat du Ministère pour M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères. Les Républicains espagnols
  • 130. Note de la Direction d’Europe pour le Secrétariat des Conférences
  • 131. Note de la Direction d’Asie-Océanie. Politique américaine au Japon
  • 132. Note de la direction d’Asie-Océanie pour le Ministre. Échange de lettres avec sa Majesté Bao Daï
  • 133. Compte rendu de la conversation entre M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, et MM. Caffery, Ambassadeur des États-Unis à Paris, et Harriman, Ambassadeur des États-Unis auprès de l’OECE, le 3 mars 1949
  • 134. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 135. M. du Boisberranger, Chargé d’affaires de la légation de France à Damas, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 136. M. Arvengas, Ambassadeur de France au Caire, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 137. Note pour M. Pignon, Haut-Commissaire de France en Indochine. Évolution des relations extérieures du Viêtnam en fonction des accords de mars 1949
  • 138. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 139. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 140. M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 141. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 142. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest
  • 143. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à MM. Massigli, Ambassadeur de France à Londres et Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 144. M. Saffroy, Ministre de France à Luxembourg, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 145. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes
  • 146. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes
  • 147. M. Dumarçay, Ministre de France à Amman, à M. Serres, Ministre de France à Damas
  • 148. M. Girard de Charbonnières, Ambassadeur de France à Copenhague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 149. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 150. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 151. Note de la Direction d’Europe (Sous-direction d’Europe orientale). Situation dans les Balkans
  • 152. Note de la Sous-Direction d’Europe orientale pour le Bureau de documentation
  • 153. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 154. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 155. Note de la Direction d’Europe. (Sous-direction d’Europe orientale). Situation dans les Balkans (addendum à la note générale du 19 mars)
  • 156. M. Francfort, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Moscou, à M. Jacques-Camille Paris, Directeur d’Europe
  • 157. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 158. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 159. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 160. Note de la direction d’Europe. (Sous-direction d’Europe méridionale). Le problème espagnol
  • 161. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux représentants diplomatiques de la France à Londres, Nankin et Washington
  • 162. M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 163. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 164. Note de la Direction d’Europe (Sous-direction de la Sarre). L’admission de la Sarre au Conseil de l’Europe et ses conséquences sur la politique française en Sarre
  • 165. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Charvériat, Ministre plénipotentiaire, membre français de la Commission spéciale des Nations unies pour les Balkans
  • 166. M. Pignon, Haut-Commissaire de la République française en Indochine, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 167. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Note de M. Hauck, Conseiller du Travail à l’Ambassade de France à Londres pour l’Ambassadeur. L’aide aux pays insuffisamment développés, le rôle de la France et celui des pays signataires du traité de Bruxelles
  • 168. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 169. Compte rendu des conversations qui ont eu lieu à Paris le 27 mars 1949 entre M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères et le comte Sforza, Ministre des Affaires étrangères italien en présence de MM. Quaroni, Fouques-Duparc, Parodi et Guidotti
  • 170. M. Seydoux de Clausonne, Conseiller politique à Berlin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 171. Note du Secrétariat général. de l’Allemagne
  • 172. Note de la direction d’Afrique-Levant (Bureau d’Afrique). Impressions recueillies au cours de la session du Conseil de tutelle de février-mars 1949
  • 173. M. Hoppenot, Ambassadeur de France à Berne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 174. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 175. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 176. M. Clappier, Directeur du Cabinet du Ministre, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe n° 1. Aide-Mémoire de l’Ambassade de Turquie à Paris
  • Annexe n° 2. Aide-mémoire remis au Chargé d’affaires de Turquie
  • Annexe n° 3. Note sur les commentaires à faire lors de la remise de l’Aide-mémoire à la Turquie
  • 177. Note du Secrétariat général
  • 178. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 179. Note conjointe des Directions du Secrétariat des Conférences et d’Afrique-Levant pour le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères. Assistance technique aux pays insuffisamment développés au cours de la session du Conseil de tutelle de février-mars 1949
  • 180. Note de la direction d’Asie-Océanie pour M. Baeyens. Rapport de M. Roux
  • Annexe. Note de M. Roux à M. Queuille, Président du Conseil
  • Avril
  • 181. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Compte rendu de l’entretien du 1er avril 1949 à 14 h. 45 dans le bureau de M. Acheson, Secrétaire d’État américain aux Affaires étrangères
  • 182. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 183. M. Ostrorog, Ministre de France à Dublin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 184. M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 185. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, À M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 186. Compte rendu de la réunion des douze ministres des Affaires étrangères du Pacte atlantique, tenue le 2 avril 1949 à 11 heures dans la salle du Departmental Building sous la présidence de m. Acheson
  • 187. M. Salade, Consul général de France à Batavia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 188. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes
  • 189. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières
  • 190. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 191. M. Guérin, Ambassadeur de France à Rio de Janeiro, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 192. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 193. Note de la Direction d’Asie-Océanie. Stratégie américaine en Extrême-Orient
  • 194. Compte rendu de la réunion tenue chez M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, le 6 avril sur la question des territoires non autonomes vis-à-vis du 4e point Truman
  • 195. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 196. M. Coulet, Ministre de France à Helsinki, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 197. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 198. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome
  • 199. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 200. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 201. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes diplomatiques
  • 202. M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 203. M. Lagarde, Consul général de France à Istanbul, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 204. Note de la direction d’Amérique pour le Cabinet du Ministre. La résolution de M. Louis Rollin concernant nos possessions australes
  • 205. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 206. M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 207. M. Charpentier, Ministre de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 208. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 209. M. Hardion, Ministre de France, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 210. M. Hardion, Ministre de France, chargé de la Délégation du gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 211. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 212. Général Juin, Commissaire résident général de la République française au Maroc, à M. Schuman, Ministre des affaires étrangères
  • 213. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres et M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 216. M. Chauvel, Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • Annexe n° 1. Compte rendu d’une conversation Jessup-Cadogan-Chauvel
  • Annexe n° 2. Draft of possible statement to be cleared with the British and French and then read to Malik
  • 217. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 218. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 219. M. du Gardier, Conseiller diplomatique auprès du Haut-Commissaire de la République française pour l’Indochine, À M. Georges-Picot, Secrétaire d’Ambassade à la direction d’Asie-Océanie
  • 220. M. Seydoux, Conseiller politique auprès du Commandant en chef français en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 221. Note du Secrétariat général. Préparation d’une éventuelle conférence à Quatre sur l’Allemagne
  • 222. Note de la Direction d’Afrique-Levant pour le Secrétaire général. Contacts militaires franco-britanniques en Afrique orientale
  • 223. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, À M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 224. M. Gauquié, Ministre de France à Budapest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 225. Note de M. Seydoux, adjoint au Conseiller politique à Berlin. D’une éventuelle négociation avec les Soviétiques
  • 226. M. Ostrorog, Ministre de France à Dublin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 227. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 228. M. de Margerie, en mission au Secrétariat des Conférences, à M. Couve de Murville, directeur des Affaires politiques
  • 229. M. Couve de Murville, Directeur des Affaires politiques, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 230. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 231. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 232. Note du Secrétariat général. Éventualité d’une conférence à quatre sur l’Allemagne
  • 233. Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières
  • 234. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 235. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 237. M. Pignon, Haut-Commissaire de la république française en Indochine, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Rapport sur les événements d’intérêt diplomatique survenus en Indochine et dans les pays de l’Asie du Sud-Est au cours du mois de mars 1949
  • 238. M. Balaÿ, Ministre de France à Bagdad, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 239. M. Mons, Résident général de la République française à Tunis, à M. Schuman, Ministre des affaires étrangères
  • 240. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 241. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 242. M. Keller, Consul général de France à Munich, à M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne
  • 243. Note de la direction d’Europe pour le Ministre (Sous-direction d’Europe méridionale). Exécution du traité de paix avec l’Italie signé à Paris le 10 février 1947
  • 244. Note de M. Pignon, Haut-Commissaire de la République française pour l’Indochine. Rapport politique (février-mars 1949)
  • 245. Note de la Direction des Affaires économiques et financières. Éventualité d’une conférence à quatre sur l’Allemagne (problèmes économiques)
  • 246. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 247. Note du Département. Les relations de la France et des territoires sous tutelle dans le cadre de l’Union française
  • 248. M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 249. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 250. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 251. Note de M. Goussault pour M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères. Nécessité d’entretenir dès maintenant des contacts militaires avec les États-Unis
  • 252. Note de M. Jeudy, administrateur à la direction d’Amérique pour le Directeur d’Amérique
  • 253. M. Serres, Ministre de France à Damas, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 254. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes diplomatiques
  • 255. Note de M. Naggiar, Ambassadeur de France, délégué français à la Commission interalliée pour l’Extrême-Orient. Proposition américaine de faire participer le Japon occupé aux relations internationales (sic) sur décision discrétionnaire de SCAP
  • 256. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Note de M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres Mise en œuvre de l’article 9 du Pacte de l’Atlantique
  • 257. M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 258. M. Bérard, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 259. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 260. Note de la Direction d’Asie-Océanie. Vers une Chine communiste
  • 261. Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Ministre. Note remise le 28 avril 1949 par M. Caffery au sujet de la proposition américaine de faire participer le Japon aux relations internationales
  • Mai
  • 262. Note du Bureau central des Affaires chinoises du Haut-Commissariat de France pour l’Indochine pour M. Pignon, Haut-Commissaire de France en Indochine. Le communisme chinois et l’Indochine
  • 263. M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 264. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 265. Compte rendu des entretiens franco-britanniques sur les questions présentées au Conseil de tutelle (2 mai 1949)
  • 266. M. Jacques-Émile Paris, Ministre de France à Sofia, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 267. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 268. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes diplomatiques
  • 269. Note de la direction d’Europe (Sous-direction d’Europe orientale). D’une possibilité de manœuvre des puissances occidentales lors des conversations à quatre concernant l’Allemagne
  • 270. M. de Leusse, Consul de France à Florence, à M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome
  • 271. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 272. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à tous les postes
  • 273. Note de la Direction d’Europe pour le Secrétaire général. Abrégé de l’état actuel des relations franco-roumaines (en vue d’une conversation avec M. Micu Traian, Chargé d’affaires de Roumanie)
  • 274. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 275. M. de Luze, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Bucarest, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 276. Note de la direction d’Europe (Sous-direction d’Europe orientale). Les conversations à quatre concernant l’Allemagne et la « propagande pour la paix »
  • 277. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 278. M. Grandval, Haut-Commissaire en Sarre, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 279. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 280. Note de la Direction d’Europe (Sous-direction d’Europe orientale). La politique extérieure de l’URSS et l’équipement du bloc communiste
  • 281. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 282. M. Georges-Picot, Ambassadeur de France à Buenos Aires, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 283. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 284. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, au général Koenig, Commandant en chef français en Allemagne
  • 285. M. Balaÿ, Ministre de France à Bagdad, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 286. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à MM. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington et Massigli, Ambassadeur de France à Londres
  • 287. M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 288. M. Francfort, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 289. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 290. Note de la direction d’Europe pour le Ministre. Conférence des Quatre
  • 291. Note de M. Alphand, directeur des Affaires économiques et financières. Conversations préliminaires tripartites
  • 292. Note de M. Cassin, délégué français à la commission des droits de l’Homme des Nations unies. Premier rapport du Président Cassin
  • 293. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 294. M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres et M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 295. M. Pignon, Haut-Commissaire de France pour l’Indochine, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Déclaration de reconnaissance de droit du gouvernement du Viêtnam
  • 296. M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 297. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 298. Note de la Direction des Affaires économiques et financières pour M. Parodi, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères
  • 299. Note de M. Cassin, délégué français à la commission des droits de l’Homme des Nations unies. Deuxième rapport sur l’activité de la commission des droits de l’Homme par René Cassin
  • 300. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington et délégué du gouvernement à la Commission interalliée pour l’Extrême-Orient, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 301. M. Francfort, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 302. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 303. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 304. M. Costilhes, Consul de France à Séoul, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 305. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 306. M. Baelen, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 307. M. Payart, Ambassadeur de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 308. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 309. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 310. M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe n° 1. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • Annexe n° 2. M. Coste-Floret, Ministre de la France d’outre-mer, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe n° 3. M. Monié, du Ministère de la France d’outre-mer, à M. de Menthon, du Secrétariat des Conférences
  • 311. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 312. Note de la Direction d’Asie-Océanie. de la reconnaissance du futur gouvernement communiste chinois
  • 313. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 314. M. Hardion, Chargé de la délégation du gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 315. Compte rendu de la réunion du 25 mai 1949
  • 316. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 317. Note de la Direction d’Asie-Océanie pour le Ministre. Chine
  • 318. Note de M. Pignon, Haut-Commissaire de France en Indochine. Rapport politique du mois d’avril 1949
  • 319. Général Juin, Commissaire résident général de la République française au Maroc, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 320. M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 322. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Chauvel, Représentant permanent de la France auprès du Conseil de sécurité des Nations unies
  • 323. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 324. M. Hardion, Chargé de la délégation du gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 325. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 326. M. Francfort, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Juin
  • 327. Note de M. Tarbé de Saint-Hardouin, Conseiller politique auprès du Commandant en chef en Allemagne, pour le Ministre. Conversation avec le général Prawin
  • 328. M. Clarac, Inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires, à un membre du Département
  • Annexe. Rapport de M. Clarac sur la situation politique en Extrême-Orient
  • 329. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 330. Note de la Direction d’Europe pour le Ministre. (Sous-direction de la Sarre). Admission de la Sarre au Conseil de l’Europe
  • 331. M. Fouchet, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Karachi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 332. M. de Vaux Saint Cyr, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 333. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 335. Note de la Direction d’Asie-Océanie pour M. Couve de Murville. Entretien entre M. Couve de Murville et le Chargé d’affaires de l’Inde à la date du 7 juin 1949
  • 336. M. Offroy, Consul général de France à Milan, à M. Fouques-Duparc, Ambassadeur de France à Rome
  • Annexe. Note complémentaire sur les activités américaines dans le domaine culturel
  • 337. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 338. Note de la Direction d’Europe. (Sous-direction d’Europe orientale). Résumé d’une note au sujet de la politique européenne de l’URSS et la conférence des Quatre
  • 339. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Coste-Floret, ministre de la France d’outre-mer
  • 340. Note du Département. Commentaires sur le projet d’accord franco-vietnamien
  • 341. M. Saffroy, Ministre de France à Luxembourg, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 342. M. Épinat, Chargé d’affaires à l’Ambassade de France à Belgrade, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 343. Note du Département. Création du Conseil de l’Europe
  • 344. M. Bonneau, Ambassadeur de France à Mexico, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 345. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 346. Note de M. Alphand, Directeur des Affaires économiques et financières
  • 347. Note de la direction d’Asie-Océanie pour le Ministre. Aide que peuvent apporter les États-Unis à la politique française en Indochine
  • 348. M. de Hauteclocque, Ambassadeur de France à Bruxelles, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 349. M. de la Sablière, Chargé d’affaires p.i. à l’Ambassade de France à Ankara, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 350. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 351. M. Coste-Floret, Ministre de la France d’outremer, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 352. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 353. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 354. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 355. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 356. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, à M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington
  • 357. M. Chataigneau, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 358. Note de la direction d’Afrique-Levant pour M. de Margerie. Coopération franco-britannique en Afrique
  • 359. M. Massigli, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 360. M. Seydoux de Clausonne, Conseiller politique à Berlin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 361. M. Hardion, Chargé de la délégation du gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 362. M. Lévi, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 363. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 364. M. Cassin, Vice-Président du Conseil d’État, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • 365. M. Bonnet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • Annexe. Note de l’Ambassade de France à Washington
  • 366. M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères, aux représentants diplomatiques de la France à Londres, Bruxelles, Luxembourg et La Haye
  • 367. M. Dejean, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères
  • INDEX DES NOMS DE PERSONNES

1

M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. nos 4422-4425.

Londres, 1er janvier 1949, 7 h. 30.

Très confidentiel. Réservé.

(Reçu : le 1er, 12 h.)

Le sous-secrétaire d’État permanent m’a informé ce matin de la démarche qui doit être effectuée par l’Ambassade d’Angleterre en vue d’ajourner de quelques semaines la reprise fixée au 6 janvier des travaux du comité d’études pour l’Union européenne.

J’ignore quels arguments Sir Oliver Harvey est chargé de mettre en avant à l’appui de cette demande ; ceux qui m’ont été exposés sont les suivants :

1) Monsieur Bevin désire vivement s’entretenir de la question avec Votre Excellence.

2) Le Secrétaire d’État n’a pas encore eu le temps d’étudier la proposition que Monsieur Dalton lui a soumise ; encore moins a-t-il pu en parler au Premier Ministre.

3) Dans l’ordre d’urgence, le Foreign Office considère que la conclusion du pacte de l’Atlantique doit avoir la priorité.

Sir Orme Sargent a fait état auprès de moi d’indications venant de milieux américains (comme je manifestais mon étonnement, il a cité M. Finletter, représentant américain à Londres pour le plan Marshall) d’après lesquelles une constitution trop rapide de l’Union européenne pourrait être exploitée en vue d’une nouvelle action isolationniste aux États-Unis.

Or, on redoute ici des difficultés dans la mise au point du pacte et l’on a hâte de voir régler l’affaire qui doit engager définitivement les États-Unis dans la politique de soutien à l’Europe.

Je ne sais que penser de ces arguments, mais je ne serais pas surpris que la préoccupation principale du Secrétaire d’État fut d’arriver avec vous à un compromis entre les thèses française et britannique2.

(Direction d’Europe, Généralités, volume 12)

1  Télégramme diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, à MM. Chauvel, Clappier et de Bourbon2-Busset. Note manuscrite : « Priorité absolue. [Communiquer à] Washington, Bruxelles, La Haye, Luxembourg, fait 3-1-49 ».

2  On ne comprenait pas à Paris en quoi la conclusion du Pacte de l’Atlantique serait compromise par la création de l’Union européenne, d’autant que celle-ci devrait l’être après la signature du Pacte. On trouverait déplorable que les hésitations britanniques, compréhensibles, fussent encouragées par Washington (télégramme nos 5-6 du 3 janvier 1949 de Paris, non reproduit). Envoyé aux renseignements, Bonnet rapportait que les services du Département d’État n’étaient pas au courant d’une telle position et qu’ils se montraient au contraire en faveur du progrès représenté par une Union européenne (télégrammes nos 18-19 et 24 du 4 janvier 1949 de Washington, non reproduits).

2

M. DE HAUTECLOCQUE, AMBASSADEUR DE FRANCE À BRUXELLES,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. n° 32.

Bruxelles, 4 janvier 1949.

Réservé.

(Reçu : le 6, 10 h. 50)

Je réponds à votre télégramme nos 7-113.

M. Spaak n’est pas opposé à ce que la réunion de la Commission de l’Union européenne soit remise, ainsi que l’a demandé le Foreign Office, du 6 janvier à une date postérieure à la rencontre de Votre Excellence avec M. Bevin.

Il fait remarquer toutefois que les ministres des Affaires étrangères des 5 devant se réunir à Londres le 26 janvier pour examiner les conclusions de la Commission, le temps qui sera ainsi laissé pour les dernières discussions de celle-ci, pour la mise au point des rapports et l’examen par les gouvernements intéressés sera forcément très limité ; il voudrait donc que la date de la réunion de la Commission soit fixée aussitôt que possible après le voyage de Votre Excellence à Londres.

Le Premier ministre a accompagné cet avis des considérations suivantes :

L’opinion anglaise, d’après laquelle une conclusion trop rapide des travaux de la Commission de l’Union européenne serait de nature à amener les Américains à se désintéresser du Pacte atlantique lui semble, suivant ses propres termes de parler bruxellois une « carabistouille » ; il lui est toujours apparu, au contraire, que le gouvernement de Washington poussait de toutes ses forces à tout ce qui pouvait faire hâter l’organisation de l’Europe occidentale.

M. Spaak m’a dit ne se formaliser aucunement de voir Votre Excellence et M. Bevin s’entretenir de la question de l’Union européenne en dehors des représentants du Benelux ; son opinion est cependant que le ministre des Affaires étrangères britannique essaiera de faire revenir Votre Excellence quelque peu en arrière sur les premiers résultats obtenus à Paris et qui lui ont paru aller étonnamment loin, étant donné les premières réserves britanniques4.

(Direction d’Europe, Généralités, volume 12)

1  Télégramme diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, à MM. Chauvel, Clappier et de Bourbon-Busset. Note manuscrite : « [Communiquer à] Londres, Washington, La Haye, Luxembourg, fait le 6-1-49 ».

2  Télégramme envoyé en clair et par courrier.

3  Document non reproduit.

4  Les Hollandais avaient déjà été approchés par les Anglais comme le révélait Rivière depuis La Haye. Bevin avait demandé l’ajournement de la question en marquant également la préférence de Londres pour la désignation gouvernementale des délégués plutôt que le système de l’élection préconisée par la France. Le ministre hollandais des Affaires étrangères ne reconnaissait pas la valeur de l’argument sur la primauté de la discussion sur le Pacte atlantique mais se sentait un peu gêné pour s’opposer à un ajournement (télégramme nos 4-8 du 4 janvier 1949 de La Haye, non reproduit).

3

M. DE HAUTECLOCQUE, AMBASSADEUR DE FRANCE À BRUXELLES,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. Metric n° 91.

Bruxelles, 4 janvier 1949.

Très secret.

 

Je réponds à votre Métric nº 52.

Les considérations que m’a longuement développées M. Spaak tant au sujet de la participation de l’Italie au Pacte atlantique que de la définition de l’aire géographique où doit s’appliquer le Pacte, procèdent d’un même point de vue de principe qui peut se résumer de la façon suivante :

Le Premier ministre belge est d’avis que, s’agissant d’un Pacte de l’Atlantique nord, il convient beaucoup plus de grouper les signataires en un noyau solide, même si ce noyau doit être quelque peu restreint géographiquement, plutôt que d’étendre l’application du Pacte à des territoires ou des pays qui ne sont pas purement atlantiques ; dans ce dernier cas, en effet, on risquerait de nuire à l’homogénéité et à l’efficacité d’un Pacte qui, d’après les vues de M. Spaak, doit se superposer normalement à celui de Bruxelles, suivant la conception chère au Premier ministre belge, d’un système de sécurité construit sous la forme d’une pyramide reposant sur son sommet.

D’autre part, si l’on commençait à étendre l’aire d’application du Pacte à des territoires ou à des pays qui ne sont pas proprement atlantiques, on ne saurait plus où s’arrêter, car pourquoi, si l’on englobe l’Italie, laisser de côté la Grèce, puis la Turquie, puis même l’Égypte ?

Le sentiment de M. Spaak quant à une participation de l’Italie, qu’il ne juge donc pas pour le moment désirable, s’inspire en outre de l’impression que lui ont laissée ses récents entretiens avec M. de Gasperi. Si, d’après lui, le Premier ministre italien est personnellement partisan d’une participation de l’Italie au Pacte atlantique, rien ne peut laisser croire, dans l’état actuel de l’opinion publique italienne, que cette participation consoliderait la situation du gouvernement de Rome, et mieux vaut donc être très prudent à cet égard, en attendant que la situation politique devienne plus nette en Italie.

M. Spaak estime par contre que, dès que des contacts diplomatiques à Rome même auront permis de constater que le terrain italien est solide, il serait tout à fait opportun de laisser la porte ouverte à une accession éventuelle de l’Italie, soit sous une forme directe, soit, ce qu’il m’a semblé préférer, sous la forme d’un Pacte méditerranéen complémentaire du Pacte atlantique, et dans lequel pourraient entrer non seulement l’Italie, mais aussi la Grèce, la Turquie et l’Égypte ; il craint seulement que ce cas ne puisse se produire tant que la question des colonies italiennes ne sera pas réglée.

Quant à la définition de l’aire géographique où doit s’appliquer le Pacte, le Premier ministre ignorait – ou a feint d’ignorer – que les trois départements algériens faisaient partie de notre territoire métropolitain. Ce fait modifie son point de vue et il s’est déclaré prêt, en conséquence, à soutenir l’inclusion de l’Algérie dans l’aire géographique couverte par le Pacte en projet.

M. Spaak m’a naturellement fait état de la difficulté dans laquelle il se serait trouvé vis-à-vis de son Parlement, s’il lui avait fallu nous suivre pour l’inclusion de toute l’Afrique du Nord dans la zone prévue par le Pacte, alors que le Congo belge aurait été laissé de côté, tandis que la situation particulière des trois départements algériens lui enlève ce scrupule.

Devant l’opinion solidement arrêtée de M. Spaak quant à la limitation aussi étroite que possible aux territoires de l’Atlantique nord de la zone prévue par le Pacte, je n’ai pas cru opportun de lui faire savoir que nous serions disposés à voir inclure les possessions coloniales de la Belgique dans cette zone ; j’ai pensé en effet que cette possibilité d’appui de notre part pourrait être beaucoup plus utilement mise en avant lorsque seraient en question nos autres territoires africains, y compris le Maroc et la Tunisie.

(Secrétariat général, Service des Pactes, carton 1, dossier 3)

1  La série de télégrammes, de dépêches ou de notes « Metric », particulièrement protégée et à exemplaire unique, avait été mise en place à l’occasion du Pacte de Bruxelles, à la demande des Anglais et des Américains.

2  Document non reproduit.

4

M. CHAUVEL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

       À M. MASSIGLI, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES1.

T. nos 46-52.

Paris, 5 janvier 1949, 11 h.

Réservé. Priorité absolue.

 

Je me réfère à votre télégramme n° 44222.

En l’absence du ministre, l’ambassadeur d’Angleterre a fait sa démarche auprès du Secrétaire général du Département.

L’ambassadeur a remis à M. Chauvel un court aide-mémoire qui ne fait pas état de l’impossibilité dans laquelle aurait été M. Bevin d’étudier le rapport du comité, mais bien au contraire de sérieuses objections aux conclusions de ce rapport. Ces objections porteraient spécialement sur l’assemblée dont M. Bevin craindrait, si les définitions proposées étaient adoptées, qu’elle ne soit en mesure d’atteindre aucun résultat solide et, en conséquence tombe dans le discrédit.

M. Bevin souhaite donc une remise de la réunion prévue pour le 6 et demande à M. Schuman d’en aviser les autres gouvernements intéressés.

Le document remis se termine par le paragraphe qui vous a été communiqué sous les nos 5 et 6.

Après avoir pris connaissance de ce texte, M. Chauvel a demandé à Sir Oliver Harvey si M. Bevin entendait mettre en cause le principe même d’une assemblée, ou seulement la forme que le comité proposait de lui donner.

L’ambassadeur n’a pu donner sur ce point de réponse précise3.

M. Chauvel a alors indiqué :

1) Que le gouvernement français auquel le mémorandum était adressé en raison de sa qualité de gouvernement invitant, ne pouvait se refuser à transmettre aux gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois la communication qui lui était faite. Il ne s’agirait en l’espèce que d’une simple transmission, et les réponses seraient portées au même titre à la connaissance du gouvernement britannique.

2) Que le gouvernement français, pour sa part, regretterait certainement la remise de la réunion. Si toutefois le gouvernement britannique, dont les observations devaient constituer un élément essentiel du débat, déclarait n’être pas prêt à les produire, peut-être le Ministre considérerait-il la séance du six comme sans grand objet.

3) Que les membres français du Comité avaient reçu mission d’étudier les divers éléments d’un dossier, mais que toute liberté d’appréciation leur avait été laissé. Ils n’avaient pas reçu d’instructions au début des travaux et n’en recevraient pas davantage après l’entretien du 13. Tout au plus M. Schuman pourrait-il leur donner, à titre d’information, une première indication des vues que lui aurait exposées M. Bevin.

4) Quelque substantiel que pût être l’exposé du ministre britannique, il ne pouvait donc être question, en l’état actuel des travaux des experts, d’une négociation tendant à la recherche d’une formule de compromis. En s’engageant dans une telle négociation, les deux ministres s’exposeraient d’ailleurs à des reproches justifiés de la part de leurs trois collègues.

5) Si, lorsque reprendraient les travaux de comité, l’impossibilité était constatée d’arriver à des conclusions unanimes sur tel point précis du rapport, le gouvernement ne considérerait pas pour autant l’affaire comme entrée dans une impasse. Il avait été prévu à l’origine que le comité ferait porter son étude et ses observations sur les diverses solutions proposées. Le comité, très heureusement, s’était efforcé de concilier ces propositions en un projet unique. Rien n’empêchait que, pour un article, une alternative fût formulée. Il appartiendrait alors non aux membres du comité mais aux cinq ministres eux-mêmes de se prononcer et, éventuellement, de dégager les éléments d’un compromis.

6) Enfin, le gouvernement français attachait la plus grande importance à ce que les cinq ministres, lors de la réunion du 25 janvier, soient saisis de tous les éléments d’une discussion. Si donc le gouvernement britannique insistait pour obtenir la remise de la réunion du 6, il importait au plus haut point que le Comité se réunisse immédiatement après l’entrevue de Londres et en temps utile pour présenter ses conclusions avant le 25.

7) Le gouvernement français enfin avait des raisons de penser qu’un début de réalisation d’Union européenne, loin d’affaiblir l’intérêt des milieux politiques américains pour le Pacte de l’Atlantique, serait considéré à Washington comme un encouragement à le conclure. M. Chauvel était donc surpris du sentiment contraire dont M. Bevin avait recueilli l’écho et interrogerait M. Henri Bonnet à ce sujet.

Sir Oliver Harvey a pris note de ces divers points qui n’ont pas provoqué d’observations de sa part.

(Direction d’Europe, Généralités, volume 12)

1  Télégramme diffusé à la présidence de la République, à la présidence du Conseil, à MM. Chauvel, Clappier et de Bourbon-Busset et communiqué aux ambassades de France à Washington (nos 51-57), Bruxelles (nos17-23), La Haye (nos 18-24) et Luxembourg (nos 17-23). Note manuscrite : « M. de Leusse ».

2  Voir document n° 1.

3  Massigli signalait qu’il ne doutait pas de l’importance de la difficulté que créait au gouvernement britannique la position prise par M. Dalton au Comité de Paris pour l’Union européenne. Il conseillait donc la prudence dans les commentaires de la presse française pour éviter de froisser les susceptibilités anglaises (télégramme n° 44 du 6 janvier 1949 de Londres, non reproduit).

5

M. CHARPENTIER, MINISTRE DE FRANCE À BUCAREST,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. nos 5-16.

Bucarest, 5 janvier 1949, 16 h. 15.

 

(Reçu : le 6, 7 h. 30)

Au cours d’une conversation qui a duré plus d’une heure, j’ai effectué ce matin auprès de Mme Ana Pauker la démarche dont Votre Excellence m’avait chargé par son télégramme nº 737. Prenant comme base de mon intervention ce que m’avait dit monsieur Vincent Auriol j’ai déclaré à Mme Pauker que la France pacifique n’admettait pas que l’on se mêle de sa politique intérieure et de sa souveraineté ; et que c’était la condition propre de son amitié, puis j’ai passé en revue nos griefs contre la Roumanie (votre télégramme précité). Mme Pauker écoutait avec attention en prenant des notes. J’ai terminé mon exposé en marquant que les liens anciens d’amitié entre les peuples français et roumain ne devraient pas souffrir des conflits entre les gouvernements. Toutefois, les événements récents avaient décidé le gouvernement français à faire dépendre son attitude de celle du gouvernement roumain. J’ai cru devoir indiquer à cette occasion et à titre d’exemple que les autorités françaises avaient délivré une carte diplomatique à Monsieur Micu Traian et cela bien qu’elles aient eu la quasi-certitude que l’intéressé ne se trouvait pas en France sous son vrai nom, le manque de confiance du gouvernement roumain qui donnait l’impression de dissimuler la véritable identité de ses représentants, qu’il s’agisse de Micu Traian ou de Firu Sorin (mon télégramme nº 1030) pourrait à juste titre paraître suspect. J’ai ajouté que le gouvernement roumain ne devrait pas être surpris si, par suite de l’absence d’un ministre roumain à Paris depuis près de 8 mois, la Légation de France à Bucarest se trouvait prochainement confiée à un Chargé d’affaires. « Le gouvernement français, ai-je conclu, m’avait chargé de demander à Mme Pauker de définir solennellement l’attitude du gouvernement roumain, il en tirera les conséquences ».

« Eh bien ! Voilà un beau réquisitoire », me dit après un temps Mme Pauker, le plus aimablement du monde. « À vrai dire, ce serait à nous de le faire, c’est pourquoi, je voudrais le reprendre point par point ». Et, en substance, ses commentaires ont été les suivants.

1) Le gouvernement français, dites-vous, a la certitude absolue des intrusions du gouvernement roumain dans la politique intérieure française et notamment en ce qui concerne Monsieur Moruri. Fort bien. Mais ces accusations sont gratuites, Monsieur Moch m’a mise personnellement en cause ; il a parlé d’histoires ahurissantes de Kominform etc. bien des perquisitions ont été opérées ; bien des personnes arrêtées ou interrogées ; or, jamais le gouvernement français n’a donné de preuve. Si le gouvernement français ne peut donner de preuve, c’est tout simplement parce qu’il n’en possède pas.

J’ai répondu qu’en vérité il en possédait, mais qu’il n’est pas obligé de les produire. Certes, rétorqua Mme Pauker, mais alors n’accusez pas.

2) Dans ces conditions, continua Mme Pauker, la conférence de Monsieur Dragomiresco se justifie. Il a répondu publiquement à des accusations publiques qui avaient été formulées à Paris.

J’ai répété ce que j’avais dit précédemment : les déclarations du Chargé d’affaires à Paris étaient inexactes et du coup sa situation personnelle était compromise, il ne pouvait pas être considéré comme persona grata auprès du gouvernement français. Comment pouvait-il avoir audience auprès du ministère de l’Intérieur, par exemple ? Mme Pauker dit alors que monsieur Dragomiresco allait être nommé ministre dans un autre pays et allait prochainement quitter la Légation de Paris. Par conséquent, les autorités françaises auraient satisfaction sur ce point.

3) En ce qui concerne les injures proférées par Monsieur Gheorghiu-Dej ou Mme Pauker à l’égard des « gouvernements traîtres… cherchant à asservir leur peuple à l’impérialisme américain etc. » que j’avais citées, Mme Pauker affirme qu’il ne s’agissait pas de la France, qu’il ne fallait pas prêter attention aux exégèses de la presse, que ces passades concernaient l’Espagne et la Grèce. Quant à l’impérialisme, « vous en avez en France comme nous en avons en Roumanie ». Rien ne vous empêche, poursuivit Mme Pauker sur le ton le plus aimable, de protester publiquement contre ce que nous disons de l’influence désastreuse pour la France du plan Marshall. Vous pouvez être certain que cela ne fera pas changer notre point de vue.

4) J’avais, dans mon exposé, protesté très vigoureusement contre les traitements dont les Français étaient l’objet. J’avais évoqué le cas de Monsieur Beysset, arrêté depuis plus d’un mois sans que le Consul de France ait pu prendre contact avec lui. J’avais déclaré que les arrestations de Français par la Sûreté, sans mandat d’arrêt, la manière dont ils étaient enlevés, les yeux bandés, les pressions exercées sur eux en jouant du fait qu’ils avaient de la famille en Roumanie, étaient parfaitement inadmissibles.

J’avais évoqué également le cas des Français qui n’obtiennent pas les visas de sortie de Roumanie depuis des mois, les brimades infligées à ceux qui quittaient le pays, et notamment aux professeurs à qui l’on réclamait des inventaires de leurs biens, et qui n’étaient autorisés à partir qu’avec un minimum d’effets. Mme Pauker promit d’examiner ces divers points et de leur donner rapidement une solution satisfaisante pour nous.

5) Agences consulaires. Nous avons décidé leur fermeture, dit Mme Pauker, pour des raisons de sécurité. Mais ajouta-t-elle cela n’a rien à voir avec les Français. Toujours est-il que la mesure est d’ordre général.

6) Renvoi en France des livres français et de la bibliothèque byzantine. Des ordres seront donnés pour que les autorités roumaines facilitent le rapatriement de ces livres.

7) Restitutions. Mme Pauker a indiqué qu’il n’avait pas été répondu à la lettre que je lui avais adressée le 4 mai. Cela, a-t-elle dit, provient d’une négligence, et non pas de mauvaise volonté. L’affaire a été perdue de vue au moment des changements de personnel dans le Ministère. Elle allait examiner la question.

8) Nationalisations. Le gouvernement roumain entendait indemniser les propriétaires. 100 millions avaient été inscrits à cet effet au budget de 1949. L’an prochain quand les productions des entreprises nationalisées seraient plus fortes, les allocations seraient augmentées.

J’ai évidemment exposé à nouveau l’argumentation de la note française sur les nationalisations, évoqué la discrimination par rapport à l’URSS et souligné que nous estimions traiter l’affaire entre gouvernements comme nous l’avions fait avec les autres gouvernements de démocraties populaires et non pas laisser les propriétaires français se voir imposer un règlement unilatéral.

Quant à Monsieur Micu Traian, Mme Pauker ne savait pas quel était son vrai nom, mais cela n’était pas un crime d’avoir un faux nom. J’ai répondu qu’assez de Français avaient porté un faux nom pendant la résistance pour que nous ne nous formalisions pas à cet égard. Toutefois, pourquoi paraître le cacher quand un visa était demandé et en outre aggraver un climat de suspicion ? Pourquoi ne pas envoyer en France des diplomates détachés de la politique intérieure française ?

9) Le ministre de Roumanie à Paris, Monsieur Stoilov, dont on avait besoin à l’Académie roumaine, ne rentrerait pas en France. S’il n’y avait pas de ministre à Paris, ce n’était pas pour des raisons politiques, mais bien par manque de cadres. Madame Pauker cherchait un candidat. Le retour malgré lui du ministre roumain à Washington, Monsieur Proteasa, fournirait peut-être une solution en dégageant une place à Bucarest.

Cela dit, le gouvernement français était évidemment libre de rappeler Son Excellence le ministre à Bucarest1.

(Direction d’Europe, Roumanie, volume 26)

1  Dans le télégramme suivant, Ana Pauker maintient que le gouvernement roumain recherche toujours l’amitié du gouvernement français et qu’il ne s’ingère pas dans les affaires intérieures françaises (télégramme nos17-20 du 6 janvier 1949 de Bucarest, non reproduit). Charpentier soulignait que ces propos étaient en contradiction avec « l’assurance platonique qu’elle a donnée sur la politique du gouvernement roumain ». Le ministère des Affaires étrangères roumain avait souvent promis de régler un certain nombre d’affaires en faveur de la France, sans aucun résultat tangible. Il demandait des instructions, suite à l’annonce de son retour prochain en France (télégramme n° 22 du 6 janvier 1949 de Bucarest, non reproduit).

6

NOTE DE LA DIRECTION D’EUROPE

(Sous-direction d’Europe centrale)

L’Allemagne et l’Union européenne

N.

Paris, 5 janvier 1949.

La politique allemande de la France est dominée par les données traditionnelles de sa sécurité. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français demandait, au lendemain de la libération, l’indépendance politique de la Ruhr et de la Rhénanie, et l’affaiblissement du potentiel économique de l’Allemagne par une vigoureuse politique des réparations. Ces garanties n’ont pu être obtenues ; elles ont été remplacées par des contrôles internationaux et par des mesures de limitation et d’interdiction qui ne sont du reste pas encore arrêtées.

L’expérience des années qui ont suivi le Traité de Versailles ne peut que nous rendre sceptiques sur la valeur de ces garanties de rechange. Les contrôles, en admettant même que toutes les Puissances contrôlantes soient décidées à les appliquer, peuvent être tournés. Les interdictions et les limitations ne valent que pour autant qu’elles sont définitives et sévèrement contrôlées. Un exemple pratique illustre cette manière de voir : la production d’acier en Allemagne avait été fixée en 1946 définitivement à 7,5 millions de tonnes. Elle a été fixée, en 1947, non moins définitivement, à 11 millions de tonnes. Il est question aujourd’hui, même dans certains milieux alliés, d’augmenter ce plafond ; et en tous les cas de laisser en Allemagne une capacité de production nettement supérieure au niveau autorisé.

C’est pourquoi le gouvernement français en est arrivé à la conviction que les garanties qu’il recherche ne pourront être valablement obtenues que dans une sorte d’association de l’Allemagne dans un cadre plus vaste, celui de l’Europe. Pour reprendre le même exemple que plus haut, l’acier fabriqué dans le Ruhr, ne serait plus l’acier allemand mais une partie de l’acier européen. La France serait associée au même titre que l’Allemagne du reste, à la direction de ce cartel de l’acier. Elle aurait ainsi son mot à dire, mieux que par le moyen des contrôles internationaux, dans la question des aciéries allemandes.

C’est par une abdication volontaire d’une certaine partie de la souveraineté des États, c’est par une association des intérêts de ces États, que la France estime pouvoir, en liant ainsi l’Allemagne, s’assurer les garanties de sécurité qu’elle recherche. L’Allemagne, associée intimement au sort de l’Europe occidentale, recherchera la prospérité de cette Europe. Sa puissance économique deviendra un apport, au lieu d’être une menace. Dans le cadre européen, et sous une direction européenne, cette économie trouvera normalement ses débouchés. Et sur le plan politique, une Allemagne associée à l’Europe par des liens contractuels sauvegardant ses intérêts, n’aura pas la tentation de se lancer dans l’aventure.

Il est une autre raison qui milite en faveur de l’intégration de l’Allemagne dans l’Europe : c’est l’idée même qui est à la base de cette notion d’Europe. Cette idée est largement répandue dans l’opinion publique allemande : celle-ci aspire à l’Union européenne. Elle sera disposée à faire à cette union des sacrifices importants qu’elle se refusera à faire sous d’autres vocables. Si l’union ne se fait pas, l’Allemagne sera rejetée vers ses aspirations nationalistes. Si l’Allemagne n’est pas attirée vers l’Occident, et n’a pas sa place dans une Europe qui se formerait sous l’égide de la France et de la Grande-Bretagne, elle sera amenée à rechercher ailleurs l’aliment nécessaire à ses ambitions et à ses rêves.

Cette notion d’Europe est ancrée dans l’âme allemande. Il ne faut pas oublier qu’Hitler en avait fait le leitmotiv de sa politique extérieure. Cette Europe dont Hitler et l’Allemagne rêvaient s’est écroulée avec la défaite du Reich. Si l’Europe que nous voulons à notre tour construire ne voyait pas le jour, il resterait encore une autre Europe en gestation : ce serait l’Europe russe. Et le sentiment européen est si fort en Allemagne, sans parler du poids de la propagande soviétique, que, si les Puissances occidentales manquaient l’occasion qui leur est offerte, les maîtres du Kremlin sauraient utiliser à leur profit la nostalgie européenne de l’Allemagne.

Il reste que l’intégration de l’Allemagne dans l’Europe présente un danger. Celui de voir l’Allemagne prendre une position telle dans cette Europe qu’elle y trouvera l’hégémonie à laquelle elle a toujours aspiré. Ce danger est moindre que celui que représenterait une Allemagne forte et puissante en dehors de tout cadre européen. Mais il existe. Et la seule manière de s’en protéger est une association étroite, dans l’Union européenne, des peuples britannique et français. L’Allemagne, dans l’Union européenne, jouera toujours d’une division entre la France et l’Angleterre, et dans ce cas, prendrait la première place. Elle ne pourrait y prétendre devant un front uni des deux grandes Puissances occidentales.

(Direction d’Europe, Généralités, volume 12)

7

M. CHAUVEL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

       À M. BONNET, AMBASSADEUR DE FRANCE À WASHINGTON.

L.

Paris, 5 janvier 1949.

J’ai trouvé ici, à mon retour de Bretagne où j’ai été passé quelques jours, votre très aimable télégramme1. J’y suis extrêmement sensible. Agréez, je vous prie, tous mes vœux les meilleurs pour Madame Bonnet et pour vous-même. J’ai particulièrement apprécié la collaboration qui s’est établie entre nous à travers les mers. Je doute qu’elle se prolonge bien longtemps maintenant, mais j’en conserverai le meilleur souvenir.

J’ai vu hier Daridan à qui j’ai donné quelques indications à vous destinées. Il vous apportera sur l’atmosphère politique en France des vues comme toujours fort aiguës, comme toujours aussi un peu désabusées. Il est certain que tout ne va pas pour le mieux sur le plan politique. Cependant, le gouvernement, avec toutes ses faiblesses, a marqué quelques points utiles, et l’état du pays dans son ensemble n’est certainement pas mauvais. Le fond, comme on dit, me paraît solide et sain. Je pense que cela autorise quelque espoir, même si tout le parti possible n’est pas à tout instant tiré des meilleurs éléments de la situation.

Je viens de signer un complément d’instructions pour le Pacte de l’Atlantique. Il me semble que l’appoint hollandais et belge doit nous permettre d’obtenir une meilleure compréhension de nos vues en ce qui concerne l’Algérie2. En outre, je crois devoir insister sur ce que j’avais introduit dans un télégramme précédent de la distinction à maintenir entre les territoires garantis et la zone stratégique à l’intérieur de laquelle organiser le système de défense destiné à donner effet à cette garantie.

L’affaire de l’Algérie est pour nous une question de politique intérieure. Le Pacte de l’Atlantique, comme le pacte de Bruxelles et les développements du dit, ne sont pas sans provoquer quelques réserves qui ne sont pas toutes communistes. S’il apparaissait que les trois départements d’Algérie ne sont pas couverts par la garantie et que tout l’axe du pacte se déplace vers le nord, avec tendance à nous faire assumer des responsabilités majeures dans la région arctique, les difficultés pourraient être grandes. Or, il est évident, au point où nous en sommes, qu’il est extrêmement difficile de justifier par des arguments militaires des stipulations politiques auxquelles nous sommes appelés à souscrire puisque les aspects militaires du problème n’ont fait l’objet d’aucun examen. Si, au moment où les commissions et le Parlement seront appelés à se prononcer sur le pacte, le gouvernement est amené à reconnaître que l’aspect militaire des choses n’a fait l’objet d’aucune étude, il s’exposera sans doute au reproche de légèreté dans une matière grave. C’est ce qui nous a amenés à vous dire que le moment paraissait venu d’introduire quelques experts militaires dans le circuit.

Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours la possibilité d’envoyer Juin faire un saut à Washington. Ce pourrait être un sondage utile. Ce ne serait pas l’examen méthodique et concerté à plusieurs auquel il paraîtrait utile de se livrer sans plus tarder.

J’aimerais savoir de vous ce que vous pensez de cela.

Quant à l’Italie, le dernier écho que nous envoie Fouques est plutôt en retrait sur les impressions précédentes. Il est clair que Gasperi et Sforza considéreraient les offres comme opportunes et qu’ils s’estiment en mesure d’en tirer le meilleur parti sur le plan de la politique intérieure et d’obtenir l’accord de leur monde. Il est tout aussi net que l’opinion est, pour l’instant assez réservée. C’est au demeurant à peu près ce que je vous avais télégraphié au retour de Cannes. Mais on comprend mal, après les propos tenus par Marshall à Rome et confirmés ici par Caffery, que le gouvernement américain se montre actuellement aussi tiède touchant une invitation à Rome.

(Papiers d’agents-archives privées, papiers Bonnet, volume 1)

1  Document non reproduit.

2  En marge de ce passage : « ! ».

8

M. RIVIÈRE, AMBASSADEUR DE FRANCE À LA HAYE,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 7.

La Haye, 5 janvier 1949.

Sans m’attacher aux détails de la crise indonésienne, je voudrais me borner à formuler ici certaines réflexions intéressant notamment l’aspect hollandais du problème.

Avant la dernière guerre, les Indes néerlandaises n’étaient pas une colonie, mais la « colonie », l’essentielle. L’existence nationale des Pays-Bas était intimement mêlée à celle de cet archipel, dont ils tiraient des profits considérables. On estime que les investissements aux Indes néerlandaises représentent environ cinq milliards de florins, soit cinq cent milliards de francs d’aujourd’hui. La part hollandaise, dans les entreprises de toute nature à Java, Sumatra, Bornéo et les autres territoires, est d’environ 75 %. Il n’est guère d’édifice, dans les grandes villes de Hollande, dont l’histoire ne soit liée, à quelque titre, à celle des relations entre la Hollande et les Indes néerlandaises. Amsterdam était avant la guerre le grand entrepôt des produits coloniaux des Indes. Le spectacle de la rue illustre d’ailleurs d’une façon physique les rapports étroits qu’entretiennent une population de soixante-dix millions d’habitants et les nombreux Hollandais qui l’ont administrée et qui, au cours des siècles, ont exercé leurs activités dans cette région du Pacifique. Non seulement d’assez nombreux Indonésiens vivent en Hollande, intégrés à la communauté néerlandaise, mais, par suite du mélange des races et du fait que les colons n’hésitèrent pas à ramener, sinon leur compagne indonésienne, du moins les enfants qu’ils en avaient eus, il est très fréquent de trouver dans des Hollandais et Hollandaises, même de vieille souche locale, des types plus ou moins teintés de sang indonésien.

C’est donc avec angoisse qu’on avait vu le Japon débarquer aux Indes néerlandaises et c’est avec un soulagement immense qu’on avait salué leur libération. Cependant, par un effort réaliste, dont il faut savoir gré à la Couronne et au gouvernement, les Pays-Bas avaient décidé, durant le conflit, de donner un statut d’autonomie à leur ancienne colonie, décision qui prit forme dans le discours prononcé à la radio le 6 décembre 1942 par la reine Wilhelmine.

Malheureusement pour eux, les Hollandais ne surent ou ne purent pas mettre suffisamment rapidement sur pied les contingents nécessaires à l’occupation, dès 1945, des territoires libérés. Ce sont les Anglais qui intervinrent ; ce sont eux, comme l’a souvent indiqué la correspondance du poste, qui valorisèrent l’autorité républicaine locale en traitant avec elle et en l’invitant à maintenir l’ordre – d’où grande amertume envers la Grande-Bretagne, qui, au surplus, mit ultérieurement la Hollande dans la situation quelque peu humiliante d’avoir à négocier avec cette République sous la présence, et je dirais même sous la présidence, de Lord Killearn, Haut-Commissaire anglais. Les Britanniques ne devaient évacuer l’archipel, en novembre 1946, qu’assurés qu’un accord consacrerait le principe de la constitution des États-Unis d’Indonésie, entité internationale autonome destinée à une représentation individuelle à l’ONU qui, associée au Royaume, devait former, sous la Couronne, l’Union hollando-indonésienne. On connaît la suite, les mille difficultés qui empêchèrent la Hollande de mettre en œuvre l’accord de Linggadjati signé le 25 mars 1947, l’action de police qu’elle déclencha en juillet 1947, l’intervention du Conseil de sécurité, la création de la Commission des Bons Offices composée de représentants des États-Unis, de l’Australie et de la Belgique (août 1947), les accords du Renville de janvier 1948.

De plus en plus persuadé de l’impuissance du gouvernement républicain à conclure, le gouvernement hollandais décida de brusquer les choses sur le plan politique et parvint, sans beaucoup de difficultés, à grouper les divers éléments de la Fédération indonésienne : Grand-Est indonésien, Bornéo et certains territoires de Java et de Sumatra. Le fauteuil de la « République » demeurait malheureusement vide. Dans toutes ces conversations, jamais, il convient de le retenir, le gouvernement hollandais ne voulut, malgré les déceptions qu’il rencontrait, mettre en doute la promesse d’autonomie faite à l’Indonésie. Les Pays-Bas ont toujours été décidés à renoncer à une partie de leur souveraineté, abandonnant notamment au gouvernement indigène réorganisé tout le domaine de l’administration intérieure. C’est dans cet esprit que La Haye décidait, cet été, de créer, pour le 1er janvier 1949, un gouvernement fédéral intérimaire. Sans doute ces vues ne sont-elles pas partagées ici par les irréductibles, de nombreux conservateurs, certains milieux de la banque et du commerce, certains éléments de l’Armée et de la Marine. Pour eux, les Indes n’auraient jamais dû être séparées de la Couronne ; on n’aurait pas dû « briser le Royaume ». Ils avaient espéré que l’opération de police de juillet 1947, prématurément arrêtée à la suite de l’intervention du Conseil de sécurité, permettrait peut-être de revenir sur l’accord de Linggadjati. On ne saurait trop répéter que ces voix ne représentent pas le sentiment d’hommes comme le docteur Beel, catholique, ancien Président du Conseil, actuellement représentant de la Couronne à Batavia, et encore moins celui du socialiste Drees, actuellement à la tête du gouvernement de La Haye. Dans la coalition gouvernementale, les catholiques, au cours des dernières semaines, ont nettement poussé dans le sens d’un durcissement de l’attitude hollandaise. J’ai indiqué, dans ma correspondance, que des divergences assez profondes s’étaient produites à cet égard entre M. Sassen, ministre des Territoires d’outre-mer, et M. Stikker, ministre des Affaires étrangères, qui, lui, avait conscience de l’opposition anglo-saxonne, et particulièrement américaine, à tout nouveau recours à la force. Le parti travailliste, pour sa part, se montre plus libéral vis-à-vis de la République indonésienne que son partenaire catholique de la coalition, mais, je le répète, le gouvernement hollandais demeure loyal à sa promesse.

Les États-Unis d’Amérique ne se sont pas fait faute, depuis six mois, de lui rappeler cette dernière. Ils l’ont fait avec une insistance très grande. L’Amérique, comme on le sait, a pris en face du problème indonésien la position suivante : d’une part, ces territoires offrent au monde une source de matières premières d’une importance essentielle (pétrole, coprah, étain, sucre, etc.) ; ces richesses doivent être le plus tôt possible remises sur une grande échelle à la disposition de ce marché. D’autre part, l’agitation du nationalisme naissant doit trouver chez les Blancs, en l’espèce les Hollandais, une certaine compréhension et la ferme résolution de construire un nouveau statut dans un esprit de bonne volonté totale. Faute de quoi, ce nationalisme s’abandonnerait à la propagande communiste. On estime à Washington, justement d’ailleurs, comme on l’estime à Londres, que la situation à Java s’apparente à celle qui règne en Indochine, en Malaisie, en Birmanie, et qu’il convient d’encourager partout les nationalistes réputés modérés pour faire face aux nationalistes subversifs et communistes. On y pense que le gouvernement Soekarno-Hatta représente la modération par rapport aux hommes, obéissant plus ou moins directement à la propagande communiste moscovite. Imposer une solution de force au gouvernement Soekarno, c’est donc, de l’avis des Américains, faire le jeu de Moscou. Cette attitude de l’opinion américaine – et aussi peut-on dire du gouvernement américain – est dictée par une série de raisons. C’est l’espèce de sentimentalisme anticolonial qui anime presque tous les habitants d’un pays qui n’a jamais oublié qu’il est lui-même une ancienne colonie et qui se range, par principe, du côté des peuples coloniaux dès que ceux-ci manifestent la moindre volonté d’indépendance. C’est la conviction profondément ancrée outre-Atlantique que le seul moyen d’empêcher la bolchevisation, à échéance plus ou moins lointaine, des peuples du Pacifique est de leur permettre de réaliser leurs aspirations nationales. On attache aux États-Unis de l’importance au fait que les dirigeants de la République indonésienne ont dernièrement maté le mouvement communiste, qui s’était déclenché à Java.

Pour les Hollandais, la situation n’est pas aussi simple. Au cours des dernières semaines, M. Hatta avait clairement indiqué à l’un de ses interlocuteurs néerlandais qu’il était impuissant à convaincre les extrémistes et l’armée de la nécessité d’accepter certaines exigences de La Haye, pourtant parfaitement conformes à l’esprit de l’accord de Linggadjati. Il ne faut pas oublier, à cet égard, que, tant que les États-Unis d’Indonésie ne sont pas officiellement constitués, la responsabilité de l’ordre, la responsabilité générale tout court restent aux Hollandais, d’où il suit d’ailleurs que, juridiquement, le Conseil de sécurité doit certainement être considéré comme incompétent. Tel n’était pas l’avis de l’Amérique.

Il est certain, en outre, que, dans le déclenchement de l’action militaire du 18 décembre, les Hollandais ont manqué d’adresse et n’ont pas compris qu’il y avait des susceptibilités à ménager. Les membres de la Commission des Bons Offices ont été, en effet, avertis littéralement à la dernière minute de ce qui allait se passer. M. Cochran s’était même, m’assure-t-on, porté garant, vis-à-vis des Républicains, que l’action ne serait pas entreprise. La préparation diplomatique elle-même des opérations a été assez maladroitement effectuée. Ainsi que j’en ai rendu compte, le Département sait dans quelles conditions certains de mes collègues et moi-même avons été convoqués le 18 au ministère des Affaires étrangères pour apprendre notamment le départ, considéré comme certain, du président Soekarno et de six de ses ministres pour les Indes. Le gouvernement hollandais y voyait une justification des opérations destinées à protéger la population contre les extrémistes auxquels la carence gouvernementale républicaine laissait la voie entièrement libre. Or, par suite des circonstances ou peut-être de l’astuce des Républicains, le président Soekarno et ses ministres ont été pris « au nid » dès le 19 au matin, dans leur capitale, détruisant ainsi la valeur de l’argument officiellement mis en avant par La Haye.

Cependant, quant au fond, l’impatience du gouvernement néerlandais est parfaitement compréhensible. Il y a plus de deux ans que les négociations traînent. On a cru plusieurs fois qu’elles allaient aboutir : une exigence, une réticence les faisaient soudainement échouer. Il ne faut pas oublier non plus que l’ordre était gravement troublé à Java et à Sumatra : pillage, enlèvements, meurtres. C’est journellement que les autorités hollandaises recevaient des plaintes des planteurs, des sucriers, etc., indiquant que, dans l’insécurité régnante, leurs employés les quittaient, leurs ouvriers agricoles et autres s’enfuyaient, craignant des représailles de la part des bandes armées. Celles-ci, obéissant à des ordres de Djocjakarta, accentuaient de plus en plus leurs infiltrations dans les territoires occupés par les troupes hollandaises. Le chiffre de 12 000 hommes plus ou moins bien armés était fréquemment mentionné. Le gouvernement hollandais estimait donc ne plus pouvoir ajourner le recours à la force. Il recevait officieusement l’aveu du gouvernement Hatta que celui-ci ne pouvait faire accepter aux extrémistes et à l’armée des solutions raisonnables. Quand les Américains conseillaient avec insistance à La Haye de continuer à causer avec Hatta, La Haye pouvait presque répondre : « Il ne s’agit pas d’un dialogue entre les Hollandais et Hatta, mais de l’éventualité d’un dialogue entre les Hollandais et des hommes irresponsables, insaisissables et hostiles à toute entente… ».

Que sera l’avenir ? Le Président du Conseil, parti hier, s’efforcera de causer avec tous les leaders indonésiens, y compris les membres du gouvernement républicain qui viennent de passer une dizaine de jours « aux arrêts ». Je viens d’apprendre que ces personnages ont déjà marqué leur appréciation pour la façon dont ils avaient été traités, mais accepteront-ils la conversation ? On le croit généralement ici. On veut espérer, dans les milieux gouvernementaux néerlandais – le parti catholique excepté – que, soustraits à la menace des extrémistes, ces hommes, ou certains d’entre eux, voudront bien s’engager loyalement dans la voie de la construction des États-Unis d’Indonésie. Mais cette réduction des bandes plus ou moins armées sera-t-elle effectuée rapidement et dans des conditions satisfaisantes ? Les nationalistes républicains annoncent des guérillas prochaines sur une grande échelle. À l’état-major hollandais, l’on pense que la population, loin d’aider ces « maquisards » les boudera et les obligera, abandonnant leurs armes, à redescendre de leurs montagnes pour se livrer aux pacifiques travaux des champs. C’est une vue peut-être optimiste sur laquelle notre Consulat général à Batavia pourra renseigner mieux que moi le Département.

Le problème politique se trouvera, en outre, compliqué par la prétention des Républicains à jouer un rôle éminent parmi les autres territoires. La Haye n’entend pas que la République soit « la Prusse de l’Indonésie ». La Haye veut qu’elle s’aligne seulement sur les autres « Negaras », sur le même plan qu’eux. Mais il n’est pas douteux que la République, au demeurant très peuplée, constitue, qu’on le veuille ou non, le foyer du nouveau nationalisme indonésien, le support des idées de liberté et d’indépendance…

Un autre élément est constitué par l’agitation des États asiatiques autour de cette question. Le gouvernement hollandais se montre préoccupé du projet de conférence sur l’Indonésie, dont le Pandit Nehru vient de prendre l’initiative.

Les années qui viendront seront donc pour les Hollandais, dans l’hypothèse la plus favorable, lourdes de difficultés. La question des relations de l’Asie avec l’Occident est partout dès maintenant amplement posée. On doit espérer que, pour la résoudre sagement, sans s’accrocher à des positions du passé qui sont intenables, mais sans effectuer des retraites désastreuses, les puissances occidentales sauront s’entendre et s’entraider.

(Direction d’Asie-Océanie, Indonésie, volume 21)

1  Dépêche adressée à la direction d’Asie-Océanie.

9

M. CHATAIGNEAU, AMBASSADEUR DE FRANCE À MOSCOU,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 31.

Moscou, 5 janvier 1949.

J’ai, par mes communications, informé régulièrement le Département des commentaires soviétiques sur les débats de l’ONU. Il n’est pas inutile d’essayer aujourd’hui de dégager, d’après la presse soviétique, quelle a été la tactique de l’URSS à l’Assemblée et ce qu’on pense ici des résultats de cette session.

Dès avant la réunion, le gouvernement soviétique savait que la majorité de l’Assemblée serait défavorable aux thèses de l’URSS. Il se trouvait donc placé devant le dilemme suivant : faire un éclat (que l’on aurait à un certain moment affecté de redouter dans le « clan occidental »), ou chercher à tirer le meilleur parti possible d’une situation difficile. C’est la deuxième solution que semblent bien avoir choisie les dirigeants soviétiques et c’est pourquoi ils ont dès l’abord dénoncé avec vigueur dans leur presse les rumeurs qui auraient couru sur un abandon possible de l’ONU par l’URSS, et se sont posés en défenseurs de l’Organisation et de ses principes « contre les desseins dangereux des impérialistes et des bellicistes ».

Il convenait dans ces conditions, d’une part, d’en appeler à l’opinion publique mondiale en développant des thèses susceptibles de la frapper et, d’autre part, de minimiser dans la mesure du possible la portée des échecs que ne manqueraient pas d’essuyer les propositions soviétiques au cours des votes.

Aussi bien la proposition de M. Vychinski relative à l’interdiction de l’arme atomique et au désarmement, a-t-elle constitué la pièce maîtresse du jeu soviétique au cours de la session. La presse a consacré tous ses soins à l’exposé des débats auxquels cette proposition a donné lieu, elle a reproduit in extenso les discours de M. Vychinski sur le sujet et parfois aussi ceux de M. Manouilski ou des représentants de telle ou telle République populaire. Elle n’a pas hésité, au risque de lasser ses lecteurs, à publier de substantiels rappels historiques sur la question du désarmement, et à revenir constamment sur les mêmes points de dialectique. Elle s’est attachée à décrire les efforts déployés, selon elle, par les puissances occidentales pour éviter d’avoir à voter sur la proposition soviétique qu’il leur répugnait de repousser ouvertement, dans la conscience où elles étaient que dans tous les pays de larges fractions de l’opinion publique y étaient favorables.

Pour pallier l’isolement où se trouvaient à l’Assemblée l’URSS et le groupe des démocraties populaires, et pour diminuer la portée des échecs qui en résultèrent pour la délégation soviétique, la presse a consacré une grande partie de ses efforts à démontrer que les États-Unis, grâce à leur emprise économique et parfois militaire sur presque tous les pays, disposaient pour les délégations de moyens de pression tels que l’ONU devenait entre leurs mains une simple « machine à voter ».

J’ai déjà indiqué au Département avec quel souci du détail la presse soviétique avait fait connaître et commenté tous les votes passés au cours de cette session, insistant chaque fois qu’elle le pouvait sur la gêne qu’auraient éprouvée de nombreuses délégations quand il leur fallait faire échouer des motions soviétiques « dont le bien-fondé était éclatant », à tel point que souvent les délégués, plutôt que de s’abstenir, auraient préféré quitter la salle de séance au moment des votes.

Quant aux résultats de la session, ils ont été jugés ici avec sévérité.

« Les décisions adoptées sous la dictée de la diplomatie du dollar, écrit le 15 décembre l’éditorialiste des Temps Nouveaux, ne contribuent pas à l’établissement d’une paix démocratique durable. Bien au contraire, plusieurs d’entre elles constituent un encouragement direct aux nouveaux prétendants à la domination mondiale, qui imposent aux peuples une frénétique course aux armements ».

Mais, d’après le même article, les politiques impérialistes eux-mêmes ne peuvent manquer de voir tout ce qu’il y a d’illusoire dans les succès qu’ils ont obtenus à l’ONU. Sans doute l’Assemblée générale a-t-elle repoussé « les pacifiques propositions de l’URSS », mais de ce fait, les politiques anglo-américains « se sont stigmatisés eux-mêmes comme champions de l’atroce guerre atomique ».

En définitive, cette session n’aurait pas apporté de lauriers aux fomentateurs de guerre. Là serait la seule cause de la déception des milieux gouvernementaux anglo-américains « qui ne tarderont pas à se rendre compte de la relativité de cette minorité qu’ils ont formée au sein de l’ONU ».

Telle est la thèse soviétique sur le succès obtenu par l’URSS en dépit d’une apparente défaite. C’est aux peuples qu’elle s’est adressée directement, c’est des peuples qu’elle prétend avoir été comprise, c’est sur leur soutien qu’elle compte pour faire échec à ce qu’elle appelle la politique agressive des Anglo-Américains.

Je ne dispose pas encore d’informations suffisantes pour me permettre d’apprécier dans quelle mesure les affirmations et les espoirs de l’URSS sont fondés en ce qui concerne les pays autres que celui de ma résidence.

Pour ce qui est du peuple soviétique lui-même, il me semble que l’intense et souvent habile propagande à laquelle il a été soumis à l’occasion de la troisième session de l’ONU, n’a pu qu’accroître sa détermination à poursuivre son effort actuel en le confirmant dans sa conviction qu’il est menacé par les « gouvernements capitalistes » et que la cause que défend l’URSS est juste.

(Direction d’Europe, URSS, volume 35)

1  Dépêche adressée à la direction d’Europe et communiquée au Secrétariat des Conférences.

10

M. GAUQUIÉ, MINISTRE DE FRANCE À BUDAPEST,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. n° 101.

Budapest, 6 janvier 1949.

Confidentiel.

(Reçu : le 10, 12 h. 30)

J’expose par ailleurs les conditions dans lesquelles le cardinal Mindszenty a été arrêté ainsi que les diverses réactions que l’événement a provoquées en Hongrie2.

Bien qu’il soit trop tôt pour apprécier les véritables proportions, tant sur le plan du conflit entre l’Église et l’État en Hongrie, que sur celui de la lutte du Communisme contre l’Église, on peut dès maintenant dégager quelques points :

1) Il convient de rendre hommage au courage et à la fermeté d’âme du Prince Primat qui, seul, dans un pays où les convictions se manifestent trop souvent par le silence ou la fuite, a suivi sans défaillance la voie qu’il croyait être celle qu’exigeaient sa foi et son patriotisme. Toutefois ce serait s’exposer à de graves erreurs d’appréciation que de ne pas tenir compte du fait que, il faut bien reconnaître, ce prélat s’est trouvé dépassé par la haute position qui lui avait été confiée dans des circonstances dramatiques et par la mission qu’il s’était donnée à lui-même. On peut dire qu’il n’avait mérité ni l’indignité de l’attentat dont il est la victime, ni les excès que son infortune risque d’inspirer au monde chrétien dans l’idée qu’il sera amené à se faire de lui.

2) Les charges qu’on est en train d’accumuler contre lui pourront nourrir un procès et emporter facilement une condamnation. En fait, elles révèlent surtout une agitation qu’on ne peut considérer sérieusement comme ayant pu menacer l’existence de l’actuel régime hongrois. On y trouve surtout la preuve d’une vision limitée, d’un esprit d’imprudence qu’on n’attend pas chez un Prince de l’Église, et d’une incompréhension totale du sens des événements qui se déroulent en Hongrie et dans cette partie de l’Europe.

Résumé

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.

Résumé des informations

Pages
XL, 1057
ISBN (PDF)
9783035264579
ISBN (ePUB)
9783035296129
ISBN (Relié)
9782875741547
Langue
Français
Date de parution
2015 (Avril)
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2014. XL, 1057 p.

Notes biographiques

Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)

Georges-Henri Soutou est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques et Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV). Il est membre de la Commission des archives diplomatiques auprès du ministère des Affaires étrangères français. Il travaille sur les relations internationales au XXe siècle, en particulier sur la Première Guerre mondiale, les rapports franco-allemands et les relations Est-Ouest après 1945. Il a publié notamment L’Or et le Sang. Les buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale (Fayard, 1989), L’Alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996 (Fayard, 1996), La Guerre de Cinquante Ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990 (Fayard, 2001), et L’Europe de 1815 à nos jours (PUF, 2007).

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Titre: Documents diplomatiques français