Chargement...

Et Jean-Baptiste Say… créa l’Entrepreneur

Préface d’André Tiran

de Société Internationale Jean-Baptiste Say (Éditeur de volume)
Collections 287 Pages
Série: Business and Innovation, Volume 12

Résumé

À la fin du 18e siècle, l’initiative individuelle a été magnifiée pour permettre à l’économie de sortir de son état de passivité et de sclérose. Jean-Baptiste Say (1767–1832), économiste français et partisan de la révolution française, a produit une théorie générale de l’entrepreneur où l’innovation tient une place essentielle. L’entrepreneur peut être à la fois gestionnaire, capitaliste, innovateur. Say créa l’entrepreneur et le dota de moult charismes : esprit de conduite, génie des affaires, capacité d’entreprendre, sens du risque et d’initiative, création de valeur et d’emplois, grandes capacités gestionnaires, etc. Il s’agit d’un entrepreneur que les politiques et les « forces actuelles de marché » cherchent à ressusciter pour donner un nouveau souffle à notre économie léthargique.
Les auteurs de l’ouvrage discutent de la notion et de la fonction de l’entrepreneur dans l’œuvre de Say pour montrer son actualité économique, sociale et politique. Ils présentent aussi le contexte économique et intellectuel à partir duquel a émergé la théorie de l’entrepreneur. Entrepreneur, professeur, journaliste, lui-même, Say… créa l’entrepreneur et a légué à l’analyse (et à la philosophie) économique un « outil » de sortie de crise.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Préface
  • Présentation générale
  • Partie I L’entrepreneur de Jean-Baptiste Say
  • Avez-vous lu Say ?
  • La formation d’entrepreneur de Jean-Baptiste Say Le cadre familial
  • La formation de négociant et le voyage en Angleterre
  • Industriel à Auchy
  • Une théorie générale de l’entrepreneur de marché De l’économie nationale à l’entreprise
  • L’esprit de conduite et le projet
  • La fonction de l’entrepreneur : l’art de l’application
  • Le jugement : culture et instruction
  • La définition du produit, son prix et son marché
  • La combinaison des facteurs de production
  • Risque, bon et mauvais entrepreneurs
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • ‘He who Undertakes for his own Account, to his Profit, and at his Risks’
  • A young Journalist/Entrepreneur
  • Say’s Entrepreneur in 1803
  • An Industrial Innovator/Entrepreneur
  • Say’s Entrepreneur in 1814
  • Success and Failure
  • Conclusion: A Lasting Contribution
  • References
  • Jean-Baptiste Say et l’émergence d’une économie des entrepreneurs
  • Les fonctions économiques de l’entrepreneur
  • L’entrepreneur versus capitaliste
  • Les qualités de l’entrepreneur
  • le climat des affaires
  • Le pouvoir de l’industrie et des techniques
  • La puissance de l’offre
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • Portrait en pied de l’entrepreneur à travers les écrits de Jean-Baptiste Say
  • Les fonctions de « l’entrepreneur d’industrie »
  • Qualités pour une vie toute d’action
  • Conclusion
  • Jean-Baptiste Say on the Market for Entrepreneurs
  • Richard Cantillon on Entreprises and Entrepreneurs
  • Jean-Baptiste Say: the Market for Entrepreneurial Services
  • Final Remarks
  • Bibliography
  • Les ambiguïtés de la théorie de l’entrepreneur de Jean-Baptiste Say
  • Le rôle de l’entrepreneur dans la production
  • La place de l’entrepreneur dans la répartition des revenus
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • L’entrepreneur dans les notes sur le Cours d’économie politique d’Henri Storch
  • Revenus et circulation
  • Numéraire, crédit et richesse sociale
  • Conclusion
  • Partie II Le contexte D’une théorie de L’entrepreneur
  • Le théorème d’Auchy
  • Le théorème d’Auchy
  • Le théorème vivant
  • Les dividendes et la littérature
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • L’organisation chez Jean-Baptiste Say
  • La querelle entre Hume et Rousseau
  • Un étiage des organisations ?
  • Say et Rousseau
  • L’industrie : des systèmes organisationnels
  • La décentralisation
  • Say et les limites des organisations
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • La libération des forces de production chez Jean-Baptiste Say : dans la lignée des encyclopédistes
  • La critique des métiers réglementés par Jean-Baptiste Say
  • Les règlements sont une entrave à la liberté d’entreprendre et au progrès des arts
  • Les règlements sont un moyen de police
  • Des effets attendus illusoires et des effets en réalité néfastes
  • Des règlements utiles ?
  • La libération des forces productives inscrite dans la continuité de la pensée des encyclopédistes
  • La réhabilitation des « Arts mécaniques »
  • Le jugement positif sur les machines, l’industrie et les manufactures
  • La critique croissante et forte à l’égard des privilèges et des communautés
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • Jean-Baptiste Say et les objets techniques : romantisme et système technique
  • Les objets et les systèmes techniques
  • Les « données de la puissance nationale »
  • Les institutions de mémoire
  • Les bilans et enquêtes
  • Les « voyages d’étude »
  • L’espionnage
  • Le mimétisme
  • L’analyse des mutations
  • Les « traditions littéraires »
  • La littérature industrielle
  • La presse et les journaux
  • Les Messagers Boiteux
  • Conclusion : le romantisme et le filtre des traditions nationales
  • Annexe 1 – Jean-Baptiste Say, de l’Angleterre et des Anglais, 1815 (extrait)
  • Annexe 2 – Le nouveau « système technique »
  • L’économie britannique et l’économie française à l’époque de Jean-Baptiste Say, des années 1780 aux années 1820
  • La bipolarité du système économique international du 18e siècle
  • Les années 1770-1780 : mutations des marchés de produits et décollage industriel
  • Le débat sur le déclin de l’économie de plantation
  • Des marchés intérieurs très inégaux
  • Le décollage industriel des années 1770-1780
  • De l’entrée en guerre à la fin des guerres franco-britanniques (1792-1815)
  • La reconversion des marchés
  • L’économie de guerre et la mécanisation à marches forcées
  • La reconversion après 1815 et les années 1820 : vers une mise en place du système économique du 19e siècle
  • Les difficultés de la paix
  • Partage du revenu national et structure du système commercial international
  • Conclusion : le système économique du milieu du 19e siècle
  • Orientation bibliographique
  • La diffusion mondiale de l’œuvre de Jean-Baptiste Say. Traductions précoces et impacts sélectifs
  • Traductions de l’œuvre de Say
  • Traductions du Traité
  • Traductions du Catéchisme
  • Traductions de la première édition
  • Traductions de la deuxième édition
  • Traductions de la troisième édition
  • Autres œuvres
  • L’édition De l’Angleterre et des Anglais
  • L’édition Petit volume contenant quelques aperçus des hommes et de la société
  • L’édition de L’économie politique. Sur la balance des consommations avec les productions
  • L’édition de L’économie politique moderne
  • L’édition de L’objet et de l’utilité des statistiques
  • L’édition de Cours complet d’économie politique pratique
  • Réflexions
  • Bibliographie
  • The Absence of the Entrepreneur in the Economic Theories of the English-Speaking World
  • The Absent Word
  • Does Economic Theory Even Need an Entrepreneur?
  • Why Entrepreneur must be Included in Economic Theory
  • Description of Reality
  • Policy Implications
  • Uncertainty and Economic Policy
  • Innovation
  • Economic Growth
  • Recession and Recovery
  • Employment and Unemployment
  • Aggregate Demand, Keynesian Economics and the Business Cycle
  • Incentives
  • Mathematical Models versus Descriptive Models
  • Implications
  • Why so Little Emphasis on the Entrepreneur
  • Concluding Comment
  • Bibliography
  • Jean-Baptiste Say : entrepreneur à Auchy-Les-Hesdin
  • Pas de Jean-Baptiste Say à Auchy-Lès-Hesdin sans Auchy-Les-Moines
  • Pas de Jean-Baptiste Say à Auchy sans Révolution française
  • Cheminement indirect de Jean-Baptiste Say vers Auchy
  • Le choix final d’Auchy
  • Travaux et mise en service
  • La filature en période d’exploitation
  • Activité hors exploitation de la filature
  • Départ d’Auchy
  • Persiste le souvenir
  • Bibliographie
  • Les auteurs

Préface

André TIRAN

UMR CNRS TRIANGLE
Université de Lyon, France

Jean-Baptiste Say représente un type d’homme rare, théoricien, homme politique, journaliste, enseignant, industriel, négociant. Il connaît par expérience tout ce dont il parle, il est très observateur, indépendant, républicain et passionnément dévoué à son pays. Il défend la théorie d’une nation incarnée dans le progrès économique reposant sur les connaissances et la raison. Sans illusions, il est lucide sur les membres de sa classe sociale et le rôle des gouvernants. Toute sa vie, il cherchera à donner à la classe moyenne, base principale pour lui de la démocratie, les moyens de préserver son indépendance.

L’Œuvre de Jean-Baptiste Say a été différemment considérée par les économistes et plus largement par tous ceux qui s’intéressent au devenir et au rôle de l’économie dans la société. Elle a connu plusieurs phases de reconnaissance et de désamour. La première a été celle de son succès en Europe et aux États-Unis (1803-1840) où son Traité d’économie politique a servi de manuel à des générations d’étudiants. Toutefois à partir de 1840 les œuvres de Walras et de Marx ont produit une double occultation de son travail. Pour l’école Néo-classique Jean-Baptiste Say n’est tout simplement pas une référence. Ceux qui se réclament de Marx ignorent les cahiers de notes de celui-ci qui prouvent qu’il a lu non seulement les différentes éditions du Traité d’économie politique, mais également celles du Cours complet d’économie politique pratique et du Catéchisme et qu’il en a largement tenu compte dans son œuvre. Les marxistes ne retiennent de lui que les représentations critiques d’un des fondateurs du libéralisme. D’autres économistes, Joseph Schumpeter en particulier, souligneront l’apport théorique de Jean-Baptiste Say. À partir du milieu du 20e siècle, il a été peu pris en compte par les économistes à l’exception de William Baumol. Schumpeter note qu’il y a une difficulté spécifique dans la lecture de Say : son style lisse et simple ce qui a pour conséquence que la plupart des lecteurs ne soupçonnent pas qu’il y ait sous cette apparente simplicité une pensée profonde. À l’inverse l’obscurité et la ← 11 | 12 → complexité des textes de Marx et de Ricardo sont souvent interprétées comme l’expression d’une profondeur de pensée ce qui est loin d’être toujours le cas. L’édition critique des Œuvres complètes de J.-B. Say, en cours de publication, redonne la vraie dimension de son apport théorique à travers les éditions variorum du Traité et du Cours Complet.

Il faut saluer l’initiative prise par un groupe d’universitaires, sous la direction de Dimitri Uzunidis, de créer « La société internationale Jean-Baptiste Say » (SAYS) en 2012 avec les objectifs suivants : développer, diffuser et valoriser l’œuvre scientifique de Jean-Baptiste Say, organiser des séminaires, des conférences et des colloques sur l’œuvre de J.-B. Say. Son siège est établi à Auchy-lès-Hesdin, ville du département du Pas-de-Calais (nord de la France) où Jean-Baptiste Say a séjourné et fondé en 1807 une filature de coton qu’il va diriger pendant huit ans.

Jean-Baptiste Say a produit une théorie générale de l’entrepreneur de marché où l’innovation de marché tient une place essentielle. Contrairement à des commentateurs, qui ne l’ont pas lu ou mal lu, il a montré que l’entrepreneur peut exercer simultanément diverses fonctions : celle de gestionnaire, de capitaliste, d’agent d’innovation et surtout celle d’agent d’innovation de marché. Il a souligné et développé l’idée que la rémunération de l’entrepreneur devait être fortement distinguée de celle du capitaliste possesseur du capital ; à l’opposé pour Ricardo, Malthus, Marx, l’entrepreneur n’existe pas, il ne modifie pas le résultat final de l’activité économique. Say, quant à lui, démontre comment les connaissances, leur maîtrise, la capacité de les transposer et de les mettre en application constituent une forme supérieure du travail. Compétences multiples, qui ne sauraient être identifiées à celles du technicien, de l’ouvrier ou de l’ingénieur, quel que soit leur talent. Beaucoup des commentaires qui ont suivi ont négligé cet aspect fondamental de son œuvre. Ils se sont cantonnés à positionner son approche théorique dans une optique d’équilibre des marchés et du rôle de « coordonnateur » avancé par Walras, qui n’est pas celle de Jean-Baptiste Say. En effet, Say met l’accent sur : l’esprit de conduite, le génie des affaires, la capacité d’entreprendre, le sens du risque et d’initiative, la création de valeur, les capacités gestionnaires de l’entrepreneur d’industrie.

Il caractérise également l’entrepreneur par l’incertitude marchande qui l’amène à supporter une fluctuation permanente de ses revenus. Pour survivre, ce dernier doit maîtriser un ensemble de données dont les grandeurs ne peuvent être déterminées et appréciées que subjectivement. Devant cette difficulté fondamentale, Say attend beaucoup d’une capacité spécifique qu’il nomme le jugement. C’est une question différente de celle de la connaissance, qui va au-delà du savoir rationnel. Il défend l’idée que cette qualité, en grande partie innée, peut s’améliorer par l’éducation et ← 12 | 13 → l’apprentissage. L’entrepreneur doit posséder une imagination féconde pour mobiliser des ressources de manière à trouver les moyens nécessaires au démarrage et au développement de l’entreprise. Il s’agit aussi qu’il comprenne comment choisir les emplacements de l’usine de production ; près de ses débouchés, de ses matières premières et des agents naturels. Il décrit l’entrepreneur comme un processus économique particulier capable par son action, son initiative, son travail, de générer une valeur économique.

Jamais la théorie de l’entrepreneur n’a été autant représentée comme la force motrice du processus économique qu’au cours de la fin du 20e siècle et au début du 21e. Aucun personnage comme celui de l’entrepreneur ne semble incarner cette combinaison d’habitudes, de capacités, d’action symbolisant la réussite. Il reste qu’une grande majorité d’entre eux ne sont pas des innovateurs mais plutôt des suiveurs et des gestionnaires. Des expressions comme « entreprendre » et « agir comme entrepreneur » sont devenues des mots d’ordre impératifs pour pouvoir diriger avec succès. Par ailleurs, la référence à l’entrepreneur est reprise de façon injustifiée dans la politique, les universités, les administrations, dans la vie personnelle, introduisant des confusions entre les règles de base de la gestion et la fonction d’entrepreneur. Cet amalgame survalorise la vertu qui est censée qualifier la fonction entrepreneuriale, en particulier la capacité d’innovation.

La question posée reste celle de savoir pourquoi il est aussi difficile de cerner le concept d’entrepreneur, sa fonction, son contenu réel, son impact sur le processus économique. Pour y répondre, Say nous apporte ici des éléments précieux pour peu que l’on veuille bien le lire. Et pour reprendre une maxime chère à son cœur, à propos de l’argent, concluons simplement : « Que n’a-t-on pour l’entrepreneur tout le respect qu’on lui doit et rien de plus ». ← 13 | 14 →

← 14 | 15 →

Présentation générale

Jean-Baptiste Say et l’Entrepreneur :
théorie, pédagogie et acte d’entreprendre

Dimitri UZUNIDIS

Laboratoire de Recherche sur l’Industrie
et l’Innovation/ Clersé (UMR 8019)
Université Lille Nord de France
Réseau de Recherche sur l’Innovation
Société Internationale Jean-Baptiste Say

Durant une très grande partie de sa vie, ce fut un homme d’affaires, un homme de pratique, et il connut ainsi l’avantage de savoir de première main ce dont il écrivait. Les intellectuels qui ne connaissent les affaires que par les journaux ont l’habitude de se féliciter eux-mêmes de leur détachement. Mais, à l’évidence, la médaille a son revers

Joseph Schumpeter à propos de Jean-Baptiste Say (J.A. Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, tome II, Paris, Gallimard, 1983, p. 160).

L’entrepreneur symbolise le mieux l’économie capitaliste1. Il innove, crée des richesses, et contribue au progrès technique. Grâce à lui, l’économie sort (enfin) d’un état de rareté endémique. Mais, lorsque les économistes traitent de l’entrepreneur, le plus souvent, ce n’est pas pour évoquer telle ou telle grande figure historique ou contemporaine, mais davantage la dynamique de changement introduite dans l’économie capitaliste, en situation d’innovation permanente. L’entrepreneur est l’agent économique dont la fonction est d’introduire le changement dans l’économie, comme un créateur de déséquilibre, tout en soulignant que son existence est elle-même née d’un état de déséquilibre, d’une poche d’ignorance en quelque sorte. L’entrepreneur est à la fois le créateur de l’entreprise (il investit son propre capital ou celui qu’il a emprunté) et son gestionnaire. L’entrepreneur est l’agent économique qui fonde une entreprise, créant du même coup une nouvelle situation. ← 15 | 16 →

Trois économistes fondamentaux ont donné à la théorie économique de l’entrepreneur ses lettres de noblesse : Richard Cantillon2, Jean-Baptiste Say (1767-1832) et Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950). Richard Cantillon publie en 1755 un Essai sur la nature du commerce en général où il explique que l’entrepreneur joue un rôle actif de coordination des processus de production et d’échange, de canalisation des biens de la production jusqu’au consommateur final par le biais des échanges sur les marchés. Il plante ainsi les bases de ce qui deviendra plus tard la théorie de l’entrepreneur. L’activité de l’entrepreneur est fondée sur deux variables : l’incertitude et le risque. Mais, avec Jean-Baptiste Say, une troisième composante rejoindra les deux précédentes : l’innovation. Pour surmonter les multiples obstacles, il ne peut s’en remettre à la routine. Il doit sans cesse inventer, c’est-à-dire avoir le « talent d’imaginer tout à la fois les meilleures spéculations et les meilleurs moyens de les réaliser ». Au début du 20e siècle, Schumpeter prolonge les idées de Say avec l’étude de la fonction de l’entrepreneur innovateur. Le mobile de l’entrepreneur schumpetérien réside dans le défi, le changement, le jeu. Son objectif est d’aller contre l’ordre économique établi. Schumpeter en vient ainsi à instrumentaliser l’entrepreneur pour expliquer la dynamique du capitalisme3. Est-ce en ceci que prend corps le « métier de l’entrepreneur » défini par Say un siècle plus tôt ?

L’économie libérale d’aujourd’hui accorde une place centrale au « métier de l’entrepreneur » : les politiques d’incitation à innover pour générer de nouvelles activités et de nouveaux marchés, mais aussi les mesures d’aide à la création d’emplois ont pour base l’entrepreneur. « Créer son entreprise pour créer son emploi » ; « entreprendre pour réussir » ; « être créatif, c’est être entrepreneur », etc. Mais que veut dire « entreprendre » ? Comment définir le « métier de l’entrepreneur » ? Comment apprécier sa contribution à l’économie ? Quel est le climat des affaires qui porte l’entrepreneuriat ? Les réponses à ces questions cruciales pour la survie du système économique, ne se trouveraient-elles pas dans les écrits et dans les actes du maître à penser l’entrepreneur ?

Les auteurs de cet ouvrage, spécialistes des thèses de Jean-Baptiste Say, analysent la définition que l’auteur donne à l’entrepreneur et à l’acte d’entreprendre. Ils présentent des éléments de sa vie qui combine ses avancées théoriques, son travail de pédagogue, son implication politique et, ceci est important, son activité d’entrepreneur. Cette vie multiple fait ← 16 | 17 → dire à Schumpeter que la vie de créateur et de chef d’entreprise de Say légitime la théorie de l’entrepreneur.

Jean-Baptiste Say est né à Lyon en 1767 dans une famille protestante de quatre enfants4. Il meurt en 1832 à Paris à l’âge de 65 ans, un an après avoir été nommé professeur au prestigieux Collège de France. Bien que connu et reconnu au niveau international comme économiste, il exerça une large palette d’activités. Il fut tout à la fois journaliste et entrepreneur. Résolument partisan du marché et de la libre concurrence, il s’attache dans ses écrits à défendre l’initiative entrepreneuriale et l’innovation. Il travailla à populariser les idées de l’économiste britannique, Adam Smith (1723-1790), auteur de l’ouvrage fondateur de l’analyse économique moderne, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publié en 1776 et plus connu sous sa forme abrégée La richesse des nations.

Les revers de fortune familiaux l’obligèrent à arrêter ses études. Il devint commis dans une banque, puis il alla se former au négoce en Angleterre, qui était alors la première puissance économique mondiale. Il revint en France pour travailler dans une compagnie d’assurance et se plonge dans La richesse des nations.

Résumé des informations

Pages
287
ISBN (PDF)
9783035265255
ISBN (ePUB)
9783035298697
ISBN (MOBI)
9783035298680
ISBN (Broché)
9782875742575
Langue
Français
Date de parution
2015 (Mars)
Mots clés
entrepreneur économique alternative économique social revolution francais
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2015. 287 p., 9 fig., 8 tabl.

Notes biographiques

Société Internationale Jean-Baptiste Say (Éditeur de volume)

Dimitri Uzunidis est économiste, chercheur au Clersé-CNRS (UMR 8019), Université Lille Nord de France. Il préside le Réseau de Recherche sur l’Innovation et la Société Internationale Jean-Baptiste Say. Il est spécialisé en économie et management de l’innovation et en économie de l’entrepreneur.

Précédent

Titre: Et Jean-Baptiste Say… créa l’Entrepreneur