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Duel entre l’Aigle et le Dragon pour le leadership mondial

de Tanguy Struye de Swielande (Auteur)
©2016 Collections 276 Pages

Résumé

Malgré les nombreuses études portant sur la relation entre la Chine et les États-Unis, il est relativement peu fréquent que ces analyses abordent le concept de puissance. Celui-ci, bien que souvent réduit à la dimension capacitaire des États, revêt pourtant une complexité théorique, laquelle reflète la richesse analytique de cette notion. En effet, outre les capacités, la puissance comprend des éléments de processus, de relation et de mobilisation des moyens. L’auteur, en construisant son étude autour de ce concept de puissance et en s’appuyant sur un grand nombre de références théoriques, illustrées par des cas pratiques, nous présente une approche à la fois originale dans sa dimension théorique, et nécessaire à une étude comparative de la Chine et des États-Unis.
Si la majorité des thèses actuelles défendent une situation de déclin des États-Unis et la fin de la suprématie de ces derniers sur la scène internationale, l’auteur prend le contrepied de ces positions en soutenant que les États-Unis continuent à tenir leur rôle de leader dans un nouvel ordre international. Le Professeur Struye suggère en ce sens une adaptation de ce rôle en fonction de l’émergence d’autres puissances, dont la Chine, avec comme objectif final de se maintenir en tant que numéro un. Ainsi, allant à contre-courant des études annonçant l’émergence chinoise, cet ouvrage défend in fine la thèse suivante : et si Washington continuait à dominer la scène internationale ?

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Remerciements
  • Préface
  • Introduction
  • Chapitre I Le système international : deux théories explicatives
  • I. L’équilibre des forces
  • II. Critique de l’équilibre des forces
  • III. La stabilité hégémonique
  • IV. Critique de la théorie de la transition de puissance
  • V. Conclusion
  • Chapitre II Le concept de puissance
  • I. Capacités de la puissance
  • II. Approche relationnelle
  • III. Moyens de la puissance : soft et hard power
  • IV. Processus
  • V. Conclusion
  • Chapitre III Les grandes stratégies chinoise et américaine
  • I. Définition de la grande stratégie
  • II. La grande stratégie chinoise
  • III. La puissance américaine
  • IV. Incompatibilité des grandes stratégies chinoise et américaine
  • Chapitre IV L’Asie-Pacifique, laboratoire de Pékin et de Washington
  • I. La puissance maritime chinoise au service d’un système tributaire en construction
  • II. Le « retour » américain en Asie-Pacifique
  • III. Conclusion
  • Chapitre V Quels scénarios pour l’avenir des relations sino-américaines ?
  • I. La guerre hégémonique
  • II. Les polarités
  • III. Gouvernance globale
  • IV. L’hypothèse du statu quo
  • Conclusion générale
  • Bibliographie

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Remerciements

Nous souhaitons remercier tout particulièrement le professeur Tanguy de Wilde d’Estmael pour avoir encouragé et soutenu le projet de recherche entrepris, ainsi que pour les corrections apportées à ce manuscrit et ses remarques constructives.

Cet ouvrage n’aurait pu être mené à bien sans l’aide précieuse qui nous fut également apportée par Dorothée Vandamme et Alexia Honoré, lesquelles ont collaboré à la rédaction de certaines parties de l’ouvrage. Nous exprimons également toute notre reconnaissance à Annick Bacq, Elvis Humic, Rodrigue Delrue et Fanny Trenteseaux pour leur aide dans la mise en forme.

Nous aimerions également remercier les différents chercheurs et professeurs rencontrés, pour leurs nombreux conseils, analyses et échanges enrichissants.

L’ouvrage n’aurait, enfin, pu voir le jour sans le soutien académique de la Chaire InBev-Baillet Latour, « programme Union européenne-Chine ».

Août 2015

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Préface

Tanguy DE WILDE D’ESTMAEL

En décryptant la confrontation de l’Aigle américain et du Dragon chinois dans l’arène internationale, cet ouvrage aborde une question qui n’est pas souvent mise en avant au cœur du Vieux Continent. En 2015, l’UE est engoncée dans les crises ukrainienne et syrienne, préoccupée par le djihadisme mortifère et les migrations massives, mais elle voit aussi ses marchés financiers perturbés par les soubresauts des bourses chinoises et ses populations divisées sur l’opportunité de nouer un partenariat transatlantique sur le commerce et les investissements. L’Union se pose toutefois rarement la question de la potentielle rivalité sino-américaine au niveau mondial. L’élucidation de la puissance planétaire taraude à peine un continent pourtant traversé plus que d’autres par les effets de la globalisation. Souvent, quand les Européens pensent la puissance, c’est pour faire assaut d’originalité conceptuelle afin de qualifier la puissance post-nationale déployée par l’UE : civile, douce, normative, petite, dure, exemplaire, voire intelligente. Et pourtant elle tourne cette puissance mondiale, autour d’un axe Pékin-Washington. C’est tout le mérite de ce livre de ne pas éluder les rapports de force à l’œuvre sur la scène internationale, en particulier entre les États-Unis et la Chine.

À l’instar de Tocqueville jadis, pressentant l’émergence et l’affrontement de deux puissances, en l’occurrence les États-Unis et la Russie, les auteurs de cette recherche envisagent une rivalité sino-américaine mais sans en présenter les contours comme des fatalités inéluctables. Ils se demandent comment et dans quelles directions ce duopole risque d’évoluer. Et pour ce faire, les auteurs analysent l’idée même de puissance, récusent les vertus prétendument stabilisatrices de l’équilibre des forces classique et sont davantage enclins à croire que la stabilité hégémonique peut mener à une forme d’équilibre. À partir de là, les grandes stratégies de l’Aigle et du Dragon sont passées au crible de l’analyse pour dessiner plusieurs scénarios d’avenir de cette confrontation aujourd’hui encore pacifique.

Ce que Tanguy Struye et les autres contributeurs à cet ouvrage mettent habilement en exergue, ce sont certaines réalités déjà présentes en Asie-Pacifique qui permettent prudemment d’augurer de futures mutations à une échelle plus large. Mais les changements ne sont pas déterminés : le scénario belliqueux côtoie le modèle plus coopératif, laissant à l’avenir ← 11 | 12 → le soin de vérifier la pertinence de divers pans de l’analyse, finalement ni pessimiste, ni optimiste mais renouvelant une vision réaliste. Ceci fait de l’ouvrage une source précieuse de réflexion géostratégique pour percevoir la configuration des relations internationales de demain.

Tanguy de Wilde

Professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL)

Directeur de la Chaire InBev-Baillet Latour

« Union européenne-Chine »

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Introduction

En ce début de 21e siècle, les relations sino-américaines sont en pleine transformation. De partenaires ayant des objectifs stratégiques communs durant une partie de la guerre froide et les années 1990, la Chine et les États-Unis sont devenus des concurrents, voire des adversaires, sur de nombreux dossiers. La méfiance entre les deux pays est fortement présente et pesante en matière de défense et de sécurité ; illustrent ce fait des événements tels que le bombardement de l’ambassade chinoise à Belgrade en 1999 ou les récentes tensions en mer de Chine du Sud et Orientale, en passant par l’incident de l’EP-3 en avril 2001, la destruction d’un satellite chinois hors usage en 2007 par un missile, les cyberattaques de part et d’autre, et la vente d’armes à Taiwan1. Par ailleurs deux éléments liés posent la question d’une possible dépendance américaine envers la Chine pour certains biens nécessaires à l’industrie de défense : d’une part la dépendance de plus en plus grande des forces militaires vis-à-vis du secteur privé par rapport à certains développements technologiques et d’autre part l’externalisation (outsourcing) d’une partie de la production entre autres vers la Chine2. En matière de politique étrangère, outre la rivalité que se livrent les deux pays en Asie-Pacifique, ils s’opposent également en Asie centrale, en Afrique, en Amérique latine et demain, probablement en Arctique.

De la relation entre les États-Unis et la Chine dépendra l’organisation du système international au 21e siècle. Ces deux puissances devront trouver un modus vivendi en matières économique, politique, environnementale et sécuritaire pour éviter le scénario catastrophe de la guerre hégémonique. La question clé est dès lors de comprendre comment deux politiques a priori contradictoires pourront évoluer harmonieusement. Comme l’écrivait T. Carpenter de la Cato Institute début 2011 :

La rivalité économique et stratégique peut facilement dégénérer pour en venir à considérer le concurrent comme un adversaire et même un ennemi déclaré. Étant donné l’importance des relations bilatérales, non seulement pour les États-Unis et la Chine, mais pour la santé du système économique ← 13 | 14 → international et l’avenir de la paix mondiale, il est impératif que les deux parties cherchent à gérer et à contenir leurs désaccords3.

Ainsi, le monde est au cœur d’un processus d’ajustement important, en pleine réorganisation systémique, en pleine transition. Comme l’observait Georges Keackenbeeck en 1945 dans la revue International Affairs « notre seule alternative, à l’heure actuelle, est de tenter de visualiser un nouvel ordre international possible, sans avoir saisi, ni même exploré, toutes les forces auprès desquelles émergera ce nouvel ordre mondial »4. Ces paroles sont aujourd’hui à nouveau d’actualité. L’ordre international subit de profonds changements : les dominations évidentes du passé se voient confrontées à l’émergence déstabilisatrice de nouvelles puissances, lesquelles sont motivées par des dynamiques de croissance fortement désoccidentalisées. Dans cette dynamique, l’avenir des relations internationales, qui tend vers un monde multi-civilisationnel et multi-enjeu, risque indubitablement de se complexifier. La montée en puissance de certains géants asiatiques tels que la Chine et l’Inde transforme les rapports de force du monde, remet en cause la suprématie et plus fondamentalement l’ensemble de valeurs véhiculées par l’hégémon américain qui s’est longtemps imposé comme le modèle de démocratie et d’économie du libre-échange. En pareil contexte, les centres habituellement névralgiques des relations internationales risquent de se déplacer vers des zones identitaires diverses et méconnues de l’Occident.

Si les États-Unis se sont trouvés depuis la fin de la guerre froide dans une position semblable que celle de la Grande-Bretagne après la bataille de Waterloo au niveau de la puissance – une position prédominante et inégalée – il y a depuis lors un déclin (relatif), par l’émergence d’autres puissances. Dès lors Washington pourrait voir sa puissance concurrencée, ensuite égalée et enfin dans un avenir incertain peut-être dépassée5. D’une tendance centripète à la coopération, par ralliement à la puissance dominante (bandwagoning), nous nous dirigerions vers une tendance plus centrifuge, consistant à contrebalancer la puissance dominante (balancing). Afin de rééquilibrer le système international, certaines puissances émergentes telles que la Russie, l’Inde, la Chine et le Brésil seraient de plus en plus tentées de se retrouver en position de porte-à-faux vis-à-vis des États-Unis. Il s’agit d’un réflexe géopolitique et ← 14 | 15 → géostratégique naturel6, l’unique superpuissance représentant une menace pour toutes les autres puissances7. C’est d’ailleurs le paradoxe du statut de superpuissance : plus son influence s’accroît, plus elle risque d’engendrer une réaction. Que ce soit Alexandre le Grand, Napoléon ou Hitler, pour ne prendre que quelques exemples tous ont échoué sur le moyen ou le long terme, car les relations restent in fine caractérisées par le dilemme de sécurité. Comme nous le verrons, la recherche de sécurité obtenue par les uns engendre automatiquement l’insécurité chez les autres.

Cela étant, la défense de la culture et des traditions est une autre raison pour laquelle les puissances émergentes ont tendance à remettre en question le statut des États-Unis en tant que puissance hégémonique. Il importe par conséquent de comprendre que les États agissent également en fonction de constructions sociales. Il est d’ailleurs intéressant de faire un parallèle avec la thèse controversée de S. Huntington sur le choc des civilisations. « Dans le monde nouveau », écrit-il, « les conflits n’auront pas essentiellement pour origine l’idéologie ou l’économie. Les grandes causes de division de l’humanité et les principales sources de conflit seront culturelles […] Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front de l’avenir ». Pour Huntington, ces différences entre civilisations sont réelles et sont le résultat de l’histoire. Les civilisations seraient dans un état de coexistence délicat et précaire8. Les relations internationales, qui au cours de ces derniers siècles se sont jouées dans le cadre de la civilisation occidentale, sont par conséquent de plus en plus désoccidentalisées. Le concept de « fragmentation culturelle » est d’ailleurs de plus en plus mobilisé, et se caractérise dans la pratique par la résurgence du nationalisme et de l’extrémisme un peu partout. En faisant référence à Sundeep Waslekar nous entrerions dans une ère de fondamentalisme compétitif (An age of competitive fundamentalism)9. Ce phénomène ne doit pas être sous-estimé. Il se développe ainsi des « idéologies de rupture » par rapport aux valeurs reconnues en Occident. Un tel fossé idéologico-culturel ne peut qu’entraîner des approches différentes au niveau politique, social et stratégico-militaire, comme nous ← 15 | 16 → l’examinerons dans le contexte de la relation entre la Chine et les États-Unis. Aujourd’hui, l’identitaire et le culturel ont une dimension encore trop peu souvent prise en compte dans les équilibres géopolitiques. Il n’est dès lors pas possible de faire abstraction de ces questions quand nous étudions le concept de puissance et les équilibres internationaux. Pour Layne,

Ces bouleversements systémiques visibles depuis la fin de la guerre froide et précipités depuis la crise économique de 2008 amènent également une quantité innombrable de questionnements sur la définition de l’ordre international. Les nombreux changements dans le système international, provenant de l´évolution dans divers pays, sont la cause de l’instabilité actuelle sur la scène internationale. En parallèle avec la situation actuelle, nous pouvons reprendre les propos d’Organski qui décrit la situation dans les années 1950 de la manière suivante :

Les nouveaux venus défient constamment les dirigeants bien établis de la politique mondiale, et si chacun de ces challengers réussit, cela voudra dire un énorme transfert de pouvoir d´un groupe de nations vers un autre – et un nouvel ordre international. Certains des anciens challengers ont été repoussés. Savoir si le défi actuel réussira ou non reste énigmatique, mais une chose peut être prédite assurément : le défi actuel n´est absolument pas le dernier11.

Les inquiétudes quant à l’avenir des relations internationales rythmées par une rivalité sino-américaine sont par conséquent multiples. Lorsque certains ne voient d’autre issue possible que dans une confrontation digne de la guerre hégémonique de Thucydide, d’autres perçoivent dans l’évolution de la nature humaine l’espoir d’une résolution pacifique des différends dans un monde multipolaire et multilatéral, acceptée par l’ensemble des grandes puissances. Cette perspective d’une coopération internationale basée sur un partage de l’influence mondiale est-elle une ← 16 | 17 → illusion utopique ? Pour les tenants du réalisme dont nous sommes, ce dessein semble peu probable.

Néanmoins, avant d’énoncer la possibilité d’un conflit entre les États-Unis et la Chine, il s’impose de s’interroger sur le concept de puissance. En effet la puissance d’un État sur la scène internationale est un élément fondamental de la compréhension des rapports de force. Si la centralité du concept de puissance dans l’étude des relations internationales n’est plus à prouver, son caractère très contesté appelle à de plus amples analyses. L’étude de la puissance dans le domaine des relations internationales a toujours été au centre des réflexions. Mais depuis la fin du 20e siècle, et particulièrement le début du 21e siècle, la puissance a pris de nouvelles formes, réduisant l’importance de critères considérés jusqu’alors centraux, pour donner la priorité à de nouveaux aspects. Bien que la notion ait connu de nombreuses interprétations, c’est précisément ce qui rend son analyse aujourd’hui à la fois confuse et intéressante. Les principaux changements sur la scène internationale ne peuvent donc être analysés sans une étude complète des évolutions du concept de puissance. Comme l’introduit Bertrand Badie dans son ouvrage12, la puissance reste au cœur des relations internationales ; cependant, « comment peut-on croire que la puissance d’hier puisse façonner celle d’aujourd’hui ? »13 Bien que la centralité de la notion ne soit pas remise en question, nous nous interrogeons sur les apports dont la puissance d’un État a bénéficié ces dernières années. Nous postulons que le concept de puissance a connu d’importantes évolutions qui ont rendu la notion certes plus complexe, mais davantage complète et révélatrice. Nous réalisons donc dans l’ouvrage une étude approfondie de la puissance pour en dévoiler les principaux tenants, en faisant une analyse comparative entre la Chine et les États-Unis.

Nous questionnons la pertinence et la véracité de l’idée de déclin14 pour qualifier la puissance américaine en ce début de 21e siècle. Plus particulièrement, nous revenons sur la réalité d’une puissance chinoise égalant les États-Unis ou s’en rapprochant fortement. Nous posons la première hypothèse générale suivante : le concept de puissance ne se limite plus à la simple réunion d’éléments matériels ; en conséquence la puissance américaine affirme toujours et continuera d’affirmer pour les années à venir sa prédominance dans les affaires internationales. En outre ← 17 | 18 → la puissance relative, et non la puissance absolue, est celle qui importe. À travers notre seconde hypothèse, nous estimons que ce n’est pas l’équilibre des forces mais bien l’approche hiérarchique qui permet d’expliquer la stabilité du système international et la raison pour laquelle Washington se maintiendra à la place de numéro un mondial. Dans une troisième hypothèse, nous postulons que la Chine est une puissance révisionniste et non pas une puissance du statu quo, ayant la volonté de changer l’ordre international, les règles et les normes. Plus la puissance chinoise s’accroît, plus la Chine remettra en question et défiera la Pax Americana. Enfin notre quatrième hypothèse affirme que la transition de puissance entre la Chine, puissance émergente par excellence, et les États-Unis, puissance dominante en déclin relatif, n’est pas prédéterminée15.

L’ouvrage se divise en cinq chapitres. Dans un premier temps, nous nous penchons sur les deux grandes théories réalistes explicatives du système international, ce qui nous amènera à présenter la théorie de la transition de pouvoir (Power Transition) d’Organski que nous revisitons pour étayer nos hypothèses. Nous exposerons le contenu de sa théorie, que nous comparerons à celle de l’équilibre des forces (Balance of Power). Après avoir posé les fondements de ces deux approches, leurs principales critiques seront présentées.

Un deuxième chapitre effectuera une mise en perspective des principales acceptions du concept de puissance. Nombreux sont les auteurs qui se sont attelés à l’étude du Power Politics, mais très peu se sont accordés sur leur compréhension de la notion. Alors que pour certains les aspects matériels et tangibles tels que la puissance militaire, l’économie, et la taille du territoire représentent à eux seuls l’ensemble de la puissance nationale, il est impensable pour d’autres de ne pas tenir compte par exemple du développement politique et de la culture. La question de la nature absolue ou relative de la puissance est un débat qui fait également couler beaucoup d’encre. Afin de réaliser cette étude de la puissance, nous nous appuierons sur les grandes théories de l’école réaliste. Cela nous amènera à considérer sommairement, par la suite, les travaux sur l’évolution de la mesure de la puissance au niveau de ses déterminants, mais cette recherche ne prétendra pas constituer une analyse exhaustive des déterminants de la puissance. Dans un second temps, nous présenterons ce que les réalités changeantes des relations internationales ont amené à la compréhension des facettes de la puissance autres que les capacités : les moyens, le processus, le relationnel. Cela nous amènera à intégrer des éléments du constructivisme et des théories ← 18 | 19 → du management. Enfin, nous testerons et appliquerons les enseignements théoriques de notre analyse à l’aune des deux acteurs internationaux majeurs que sont les États-Unis et la Chine.

Résumé des informations

Pages
276
Année
2016
ISBN (PDF)
9783035265729
ISBN (ePUB)
9783035297836
ISBN (MOBI)
9783035297829
ISBN (Broché)
9782875743022
DOI
10.3726/978-3-0352-6572-9
Langue
Français
Date de parution
2015 (Décembre)
Mots clés
chine superpower etat-units leader pacific asean
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2015. 276 p., 16 graph., 5 tabl.

Notes biographiques

Tanguy Struye de Swielande (Auteur)

Tanguy Struye de Swielande est professeur à l’Université catholique de Louvain, où il enseigne les relations internationales. Il est membre du Centre d’études des crises et conflits internationaux (CECRI), fondateur du réseau GENESYS et membre associé au CQEG. Ses domaines de recherche sont la géopolitique des puissances émergentes, les États-Unis et la prise de décision en relations internationales.

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