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Rêves de citoyens

Le républicanisme dans la littérature Suisse romande du XVIIIe siècle

de Helder Mendes Baiao (Auteur)
Monographies XIV, 320 Pages

Table des matières

  • Cover
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • FRANÇOIS ROSSET
  • Préface
  • Introduction
  • Chapter 1 L’imaginaire du « mythe suisse » et ses impacts
  • L’invention d’une Suisse vertueuse et les finalités politiques du « mythe suisse »
  • Béat Louis de Muralt : l’apparition d’une conscience critique et politique suisse
  • Le Télémaque et Les Alpes. L’observation d’un état de nature moral et démocratique
  • La Franciade et La Basiliade deux états de nature aux effets divergents
  • Un républicanisme « naturel » et moral
  • Rêve patriotique ou La Nouvelle Genève
  • Chapter 2 Retrouver la simplicité
  • L’imaginaire social et politique de la « simplicité »
  • Les articles « mœurs » et « perfectibilité » de l’Encyclopédie d’Yverdon
  • Les enjeux moraux et civiques de la simplicité
  • Une source claire et limpide : l’Évangile selon Jésus-Christ
  • Jean-Jacques Rousseau, du républicanisme à la sensibilité
  • La sensibilité comme principe utopique
  • Conclusion
  • Chapter 3 La question du luxe
  • Le Mondain de Voltaire et la réception suisse de La Fable des abeilles
  • Un débat qui s’enrichit : le luxe dans le Journal helvétique
  • La marche du progrès : les bienfaits de l’industrie
  • Une nuance troublante : le prolétariat
  • Conclusion
  • Chapter 4 Comment générer une conscience républicaine moderne
  • Le problème de l’amour-propre tel qu’accepté par Bernard de Mandeville et tel que critiqué par Jean-Jacques Rousseau
  • La critique de l’amour-propre dans les romans helvétiques
  • Les angoisses des magistrats suisses
  • Isabelle de Charrière : le désir d’un républicanisme sans patriarcat ?
  • Libérer l’homme : le défi du théisme
  • Émile, Julie et Laure : percevoir Dieu dans la nature
  • Le théisme au cœur de la pastorale : les Andélis de François Vernes
  • Conclusion
  • Chapter 5 La république entre en campagne
  • Le paysan helvétique : un « homme naturel » et un bon travailleur
  • Les petites sociétés : sentiments « naturels » et éthique protestante
  • Résister aux monarchies : réformes économiques et agricoles
  • « Ce vaste désert du monde » : la critique morale de la ville
  • Débats et hésitations sur le commerce et l’instruction publique dans les cités républicaines
  • L’image de la ville comme Babylone moderne : critique sociale ou poétique rustique ?
  • Conclusion
  • Chapter 6 Cités républicaines
  • M. Bompré ou la mélancolie politique de Genève
  • La république « heureuse » de M. de Ste Ange ou comment réformer une aristo-démocratie
  • Exil politique et renaissance civique dans Les Amants républicains
  • Conclusion
  • Conclusion générale
  • Repères chronologiques
  • Bibliographie
  • Sources
  • Littérature secondaire
  • Index

FRANÇOIS ROSSET

Préface

Quand résonnent autour des nous les tirades identitaires les plus creuses ou les plus perverses, il reste un ermitage qui s’offre avec générosité : la littérature, les fictions, celles d’hier autant que celles d’aujourd’hui. Ce livre est une invitation à pareille retraite qui n’est pas fuite, ni capitulation, mais lieu de réflexion. Il nous emmène à la découverte de romans oubliés, sans qu’il soit pourtant question de mener une campagne de réhabilitation, qui n’aurait d’ailleurs pas de solide fondement. Il s’agit plutôt de montrer, sur l’exemple d’un contexte particulier, comment tirer d’une série homogène de romans, quelle que soit leur qualité intrinsèque, des enseignements éclairants sur tel épisode de la pensée du vivre ensemble, avec les composantes d’une conscience communautaire, le faisceau de convictions et de valeurs, les représentations et les images qui le caractérisent.

Ce contexte particulier, c’est celui de la Suisse de langue française au XVIIIe siècle (qu’il n’est pas anachronique, contrairement à ce qui a été souvent soutenu, de qualifier de Suisse romande), abordée ici avec une attention portée tout spécialement sur la question de la république telle qu’elle a été discutée au temps et au pays de Jean-Jacques Rousseau. République qu’il faudrait d’ailleurs mettre au pluriel, puisqu’elle paraît, dans ce pourtant minuscule territoire, sous des formes assez différentes, entre autonomie et dépendance, organisations urbaines et structures campagnardes, anciennes et nouvelles élites sociales.

Quand ils s’écrivent à Genève, dans le Pays de Vaud, à Berne ou dans la principauté de Neuchâtel, les romans ne renvoient pas exactement à une même réalité politique, mais ils rendent compte d’un besoin partagé d’interroger cette réalité et d’un désir de la perfectionner. On oscille donc généralement entre évocation plus au moins critique du réel et projections imaginaires, ces dernières produisant tantôt des images idéalisées de ce qui est, tantôt des visions de ce qui devrait être.

C’est pourquoi on reconnaît dans tous ces romans une curieuse association de l’imagerie fixée dans ce qu’on a pu appeler le « mythe suisse », avatar local – mais reconnu et même cultivé dans l’Europe entière – d’un âge d’or aux accents de pastorale, avec les inspirations réformistes et dynamiques issues de la tradition de l’utopie, si vivante au XVIIIe siècle. Immobilité satisfaite et réformisme prospectif : ce n’est pas le seul paradoxe qu’Helder Mendes Baio met au jour dans ces romans suisses. Le conservatisme dominant s’avère souvent plus critique qu’on ne l’aurait attendu ; la religion, jamais franchement contestée, est à la fois socle d’un ordre établi et justification de désirs d’égalité et de justice ; l’ici et le maintenant qui sont toujours visés sont parfois déguisés sous l’apparence d’autres lieux et d’autres temps.

Le propre des romans, en face des traités et des idéologies dont ils ont assimilé les contenus, c’est justement d’autoriser et même de légitimer les contradictions. Ils se nourrissent d’idées, d’images et de modèles reçus, qu’ils reproduisent et consolident par là-même, tout en leur apportant des reconfigurations inédites et en interrogeant les certitudes qui s’y sont fixées. Ils racontent des destinées singulières qui, s’inscrivant le plus souvent dans des schémas écrits d’avance, n’en ont pas moins la vocation de vérifier, par l’incarnation du type dans l’individu, la pertinence anthropologique de modèles quand ils sont mis en jeu dans telle expérience existentielle subjective. Les postulats politiques ou philosophiques qui décrètent la bonté des institutions, la justice au sein des sociétés, le bonheur des citoyens dans la république ou une vie encore meilleure promise dans l’au-delà, sont sans cesse soumis à la question dans leur vie personnelle par les humains dont les personnages sont les représentants dans les romans. C’est pour cela que ces derniers sont en mesure d’apporter à la lecture des traités le correctif indispensable qui découle de l’expérience des hommes. Et c’est aussi pour cela que ce livre dont la visée s’oriente à l’horizon de la pensée politique se fonde essentiellement sur un matériau constitué de fictions.

Un double bénéfice se dégage de cette entreprise. Tout d’abord, dans une perspective littéraire, on redécouvre des textes qui, mis ensemble, révèlent un potentiel de suggestion surprenant, bien plus ample que, pris singulièrement, ils ne pouvaient le laisser espérer. C’est un patrimoine littéraire qui prend tout à coup de l’ampleur parce que sont mises en lumière les leçons qu’il nous apporte en vue d’une approche critique et ambitieuse de ce que l’on appelle couramment la « mentalité » spécifique ou la « conscience de soi » propre aux habitants de la Suisse. Il est aussi démontré de manière incontestable et, à vrai dire, totalement renouvelée, quels rapports peuvent être établis entre cette production romanesque et le modèle classique de l’utopie ; c’est donc aussi, par un exemple riche et cohérent, une illustration fort nette de cette propriété de la littérature qui se révèle dans son infini potentiel de réappropriation et de redéploiement des séquences, des images et des patrons qui s’y sont établis pour en constituer la matière même.

A ces considérations littéraires que nous sommes invités à approfondir à la lecture de ces pages, vient s’ajouter, deuxièmement, une réflexion nourrie de manière très originale sur la difficile question de la constitution de l’identité nationale. Sans remettre en cause les composantes habituellement avancées quand il s’agit d’expliquer comment s’est noué, dans le courant du XVIIIe siècle, un discours spécifique sur la Suisse qui prendra bientôt des allures de mythe national (les traditions républicaines et l’absence de culture de cour, les limites de toutes sortes qui bornent l’espace au plan à la fois physique, politique et anthropologique, le protestantisme), Helder Mendes Baiao montre par un biais inédit et passionnant que dès ses origines, ce mythe est perceptible comme tel. Les romanciers s’appuient sur les images qui le constituent pour évaluer la distance problématique qui s’institue entre ces images et la réalité qui sert effectivement de cadre, qu’on le veuille ou non, à la vie des hommes et des sociétés. Ils proposent alors de penser cette distance, non pas pour l’effacer, mais pour en souligner les vertus quand il s’agit de mieux comprendre la nature des discours qui s’efforcent avec tant de difficulté de rendre compte de ce qui soude et distingue les différentes communautés humaines.

Ce livre sera lu avec beaucoup de profit par toute personne qu’intéresse notre histoire culturelle ; mais il devrait l’être aussi par tous ceux qui, par naïveté, par paresse intellectuelle ou par pur cynisme, continuent de croire et de faire croire que les images simples et immobiles suffisent à rendre compte d’une réalité communautaire complexe et changeante, qu’elles seraient en mesure de contenir toute cette réalité et même de se substituer à elle, du moins dans les esprits. Il apparaît alors que, même si elle porte sur un cas particulier, restreint et clairement circonscrit, la réflexion d’Helder Mendes Baiao a valeur d’exemple pour bien d’autres contextes et bien d’autres époques ; à commencer par la nôtre.

Un mot peut être encore ajouté dans une perspective plus spécifiquement académique. Car il est nécessaire de souligner d’abord que cette étude s’inscrit dans un courant de relecture du patrimoine littéraire romand qui a trouvé depuis une quinzaine d’années, dans l’Ecole doctorale interdisciplinaire des universités de la Suisse occidentale en études sur le XVIIIe siècle, un lieu d’échange et de travail particulièrement inspirant. De ces travaux sont issus plusieurs ouvrages qui ont largement enrichi et renouvelé la connaissance de ce moment dans notre histoire où tant de questions parmi les plus actuelles aujourd’hui ont été posées, examinées et formulées. Ensuite, il me plaît de faire savoir que ce livre est le résultat d’un travail spectaculaire de recomposition et de reformulation d’une thèse très ample, dense et complexe. Des choix assez radicaux et sans doute douloureux parfois ont été faits, une cohérence plus serrée et même une nouvelle manière d’écrire ont été trouvées pour aboutir à ce livre toujours ambitieux et profond, mais parfaitement accessible. C’est ainsi que les travaux de recherche peuvent trouver le chemin qu’ils devraient toujours viser vers un public plus large et varié.

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Introduction

C’est l’imaginaire de la perfectibilité des Lumières qui ouvre un champ à l’expérimentation utopique dans les romans et les essais1.

Les individus qui écrivent des traités et des romans dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle en Suisse croient qu’il est possible de perfectionner la nature humaine et la société de manière globale. Ils adhèrent donc à une certaine vision du progrès, relativement vaste englobant à la fois l’esprit humain, les sciences et les sociétés2.

François Rosset a cependant relevé une nuance importante3 : si la Suisse accueille les idées et idéaux propagés par les philosophes, elle leur met également des limites. Ces limites aussi bien géographiques (les Alpes) que politiques ou sociales (en lien avec les principes de liberté et d’égalité) régentent un modus videndi pluri-religieux, pluri-linguistique et pluri-politique. C’est grâce au respect de ces limites que la liberté et la paix se maintiennent en Suisse.

Si ces limites se manifestent sous des formes variées, elles sont cependant questionnées par les nouvelles idées qui remettent en question le statu quo. Dès la fin du XVIIe siècle, certains hommes politiques, ou théoriciens, poussent en avant des modèles de républiques plus démocratiques. Parfois ces individus sont étrangers à la Confédération, comme l’Anglais Abraham Stanyan, qui retrouve dans l’organisation des républiques suisses les valeurs et la culture des républiques grecques anciennes. D’autres penseurs comme Béat-Louis de Muralt, puisant dans la critique de l’humanisme chrétien ←1 | 2→inspirée par les écrits de François Fénelon, insistent sur une transformation du citoyen requérant qu’il se détourne des richesses et se satisfasse d’une vie humble et simple. Ces appels à la simplicité ne sont pas sans faire écho à la critique que Jean-Jacques Rousseau fera des arts et des sciences. C’est ainsi que la notion de simplicité devient un synonyme d’égalité dans les républiques du Corps helvétique.

L’idée-image4 d’une Suisse simple et républicaine qui se consolide avec Béat-Louis de Muralt et Albrecht von Haller aura des répercussions intellectuelles tout au long du siècle jusqu’à la Révolution française et audelà. Comme Bronislaw Baczko l’a analysé, si un auteur développe une argumentation orientée vers une représentation spécifique de la perfection, c’est que celui-ci se réfère, même inconsciemment, à une utopie particulière. Claude Reichler a souligné que c’est grâce à La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau que le « mythe suisse » va acquérir une dimension européenne5. En plaçant l’action dans une petite communauté au « pied des Alpes », le citoyen de Genève, présentait un tableau prospectif de la façon d’utiliser les valeurs suisses pour transformer par en bas une société jugée corrompue et inadaptée aux grandes évolutions morales du temps. Bronislaw Baczko et Jean-Michel Racault ont analysé les petites communautés inspirées par La Nouvelle Héloïse et ont insisté sur leur fonction de micro-utopies ; c’est-à-dire des « petites sociétés » qui, dans un espace restreint avec peu de personnes, développent une réflexion générale sur le bonheur, la justice et le sens de l’humanité6.

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L’objectif de ce livre est de comprendre et d’analyser comment les représentations d’une Suisse simple et autarcique dialoguèrent avec le renforcement d’une critique de l’oligarchisation des cantons et de l’augmentation du luxe. En bref, exposer comment la corruption fut dénoncée.

Pour mener à bien cette analyse, nous utiliserons essentiellement des sources puisées dans les fictions littéraires7, qui seront complétées par des essais, aussi bien politiques qu’économiques voire théologiques, afin de confronter les différentes argumentations qui développent l’image d’une Suisse simple et vertueuse. Malgré les spécificités de la littérature, dont il faut savoir tenir compte dans une analyse historique, les fictions littéraires représentent les sources les plus utiles pour étudier les représentations des microsociétés utopiques.

Ce discours de la simplicité de la Suisse et de ses habitants renvoie à une série de topoï qui permettent de comprendre sa nature mythique. Comme Claude Reichler l’a relevé, les images du « mythe suisse » ont joué un rôle dans l’épanouissement de la littérature suisse8. Ces images ont agi profondément sur les consciences et à la fin du XVIIIe siècle elles charriaient déjà nombre de stéréotypes. Timothée Léchot a récemment analysé, de manière convaincante, comment l’excès de patriotisme répandu dans les productions littéraires helvétiques a participé d’une stratégie éditoriale visant à conférer une identité littéraire aux œuvres suisses9. Si les images patriotiques deviennent très vite stéréotypées force est de constater qu’avant la Révolution française elles exerçaient un puissant attrait. Les romanciers élaborent grâce à elles des tableaux littéraires qui présentent un monde plus juste et plus humain. Comme ces tableaux se déroulent dans un cadre familial ou dans une petite communauté rurale, il est possible de ←3 | 4→les interpréter comme des micro-utopies. Ces différents aspects expliquent du point de vue de l’histoire littéraire la densité idéologique des images tirées du « mythe suisse », la nature dynamique du mythe et pourquoi il nourrit au XVIIIe siècle des micro-utopies.

Le « mythe suisse » est fortement chargé d’une dimension morale, laquelle génère une vision artistique qui, à son tour, devient un objet de croyance, car c’est alors le rôle des tableaux littéraires de générer une image idéale proche de la « perfection »10.

Les représentations tirées du mythe suisse fonctionnent alors sur de multiples dimensions : 1) Ces représentations exposent une forme de savoir (c’est-à-dire une tradition historique et guerrière : l’idéologie de « l’État paysan » du Moyen-âge) ; 2) Ces images sont supposées décrire la réalité (le poème « Les Alpes » de Haller a été édité et reçu comme une description naturaliste) ; 3) Le mythe suisse est à la fois un pont vers une origine vertueuse comme il devient un idéal-type : il conjugue en soi une image de la perfection sociale et anthropologique du Suisse. Mais au-delà du Suisse, il illustre une image fantasmée de l’homme des Lumières, ce qui explique pourquoi les Européens adoptent et recherchent cette imagerie avec J.-J. Rousseau. Pour finir, le discours qui va fusionner l’ensemble de ces dimensions avec une quête de liberté et de perfectionnement moral est le discours de la sensibilité. Cette fenêtre utopique et humaniste, qui glose sur ce que le christianisme a exposé de plus fraternel, demeurera ouverte jusqu’à l’instauration de la Terreur où la vertu jacobine ramènera alors sur la scène politique la violence sanguinaire de la Rome antique. On cessera dès lors de considérer la vertu politique et la sensibilité comme des principes utopiques et les valeurs esthétiques du « mythe suisse » seront intégrées par Mme de Staël et Benjamin Constant à une vision plus philosophique, c’est-à-dire libérale, de la démocratie.


1 Raymond Trousson, « Utopie et roman utopique », Revue des sciences humaines, n° 155, 1974, pp. 367–378.

2 Voir par exemple les séances de la « Société littéraire » de Lausanne dans les années 1780. Et notamment l’assemblée du 17 mars 1782 où cette question est traitée : « Pour quelles raisons Fielding, Richardson et Rousseau ont-ils introduit des héros de romans vicieux ? »

3 François Rosset, L’Enclos des Lumières. Essai sur la culture littéraire en Suisse romande au XVIIIe siècle, Chêne-Bourg, Georg, 2017, pp. 32–33.

4 C’est une expression que nous empruntons à l’historien Bronislaw Baczko, Lumières de l’utopie, Paris, Editions Payot, 2001, pp. 15–38.

5 « Après 1760, la Suisse fait partie des lieux qu’on visite et dont on parle. L’attrait pour les Alpes s’affirme de plus en plus. Le roman de Rousseau, La Nouvelle Héloïse, lu dans toute l’Europe, utilise habilement cette mode et lui donne une aura immense. » Cf. Claude Reichler et Roland Ruffieux (éds), Le voyage en Suisse : anthologie des voyageurs français et européens de la Renaissance au XXe, Paris, R. Laf-font, 1998, p. 11.

6 Bronislaw Baczko, Rousseau. Solitude et communauté, trad. du polonais par Claire Brendhel-Lamhout, Paris & La Haye, Mouton, 1974, (1970) ; Jean-Michel Racault, L’utopie narrative en France et en Angleterre : 1675–1761, Oxford, The Voltaire Foundation, 1991.

7 J’utilise l’expression « fictions littéraires » pour signifier davantage que les romans qui exposent une intrigue amoureuse ou qui développent principalement des réflexions sur l’amour privé ou conjugal. Les œuvres qui constituent mon corpus développent des réflexions philosophiques de nature variée en suivant l’exemple de La Nouvelle Héloïse.

Résumé des informations

Pages
XIV, 320
ISBN (PDF)
9781787076495
ISBN (ePUB)
9781787076501
ISBN (MOBI)
9781787076518
ISBN (Livre)
9781787076488
Langue
Français
Date de parution
2021 (Mars)
mots-clé
Suisse Lumières utopisme imaginaire Rêves de citoyens Helder Mendes Baiao
Published
Oxford, Bern, Berlin, Bruxelles, New York, Wien, 2021. XIV, 320 p.

Notes biographiques

Helder Mendes Baiao (Auteur)

Helder Mendes Baiao a étudié l’histoire et l’histoire de l’art à l’Université de Lausanne. En 2015, il a achevé dans cette université une thèse de doctorat portant sur la pensée utopique et républicaine dans la littérature suisse du XVIIIe siècle. A l’Université de Durham, il a ensuite collaboré avec la Voltaire Foundation à la publication de différents volumes des OEuvres complètes de Voltaire. Chercheur à l’Université de Berne, il se consacre actuellement à une recherche en histoire des idées sur l’image du Portugal dans la littérature française du XVIIIe siècle. Cette étude porte sur la création historique des imaginaires nationaux.

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