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Tensions en didactique des langues

Entre enjeu global et enjeux locaux

de Sophie Babault (Éditeur de volume) Margaret Bento (Éditeur de volume) Valérie Spaëth (Éditeur de volume)
Collections 252 Pages
Série: GRAMM-R, Volume 34

Résumé

Qu’il s’agisse des mobilités étudiantes, des migrations de population, des exportations de modèles d’enseignement et de manuels, de formation à distance des professeurs, etc. la didactique des langues contribue aux processus des échanges internationaux. L’école, dans toutes ses dimensions curriculaires, y joue un rôle déterminant. Les relations complexes entre langues secondes et langues nationales y sont souvent des moteurs de changement et de contradiction. Cet ouvrage entend contribuer à une meilleure compréhension des phénomènes liés à la synchronie du double processus de mondialisation et de contextualisation des méthodologies, et du rôle de la didactique des langues dans diverses cultures et contextes éducatifs. Il s’agit ainsi de comprendre les contradictions et les continuités observables au niveau des politiques linguistiques et éducatives ainsi que les décalages avec les approches scientifiques et méthodologiques qui sont préconisées. La question d’une culture didactique de type « universel », telle que peut la proposer de manière théorique le CECRL, se repose donc ici.

Table des matières

  • Introduction
  • Première partie : Éclairages transversaux : une réflexion générale de type sociologique et historique
  • Le grand écart (Michel Wieviorka)
  • Introduction
  • 1. « Penser global »
  • 2. Le retour du sujet
  • 3. Le grand écart
  • 4. Cohérence, ou simultanéité sans liens ?
  • 5. D’un pôle à l’autre
  • Bibliographie
  • Le français langue de scolarisation et d’enseignement : contribution à une histoire connectée en didactique des langues (Valérie Spaëth)
  • Introduction
  • 1. Didactique des langues, didactique du FLES : les deux échelles d’un paradigme normal ?
  • 2. Français langue d’enseignement et français langue de scolarisation : brouillage sémantique et histoire connectée
  • 3. Les recherches sur le français langue d’enseignement et le français langue de scolarisation : passages et frontières
  • Pour conclure
  • Bibliographie
  • Bulletins officiels/rapports
  • D’une didactique contextualisée à une didactique diversitaire (Véronique Castellotti / Marc Debono / Emmanuelle Huver)
  • Introduction
  • 1. Réinterprétation historique d’une notion et de ses usages
  • 1.1. Contexte et situation dans l’histoire de la DDdL : une évolution croisée
  • 1.2. L’irrésistible ascension du contexte en DDdL
  • 1.3. Cultures éducatives, terrain, contextualisation
  • 2. La contextualisation, une dynamique glocalisante ? Tribulations de deux notions, de leurs reprises et détournements
  • 2.1. Économie, politique : origines et détournements de la notion de glocalisation
  • 2.1.1. Origines marxiennes, écologistes et altermondialistes
  • 2.1.2. Reprises et instrumentalisations
  • 2.2. DDdL : une même dérive de la notion de contextualisation ?
  • 2.2.1. Didactique contextualisée, humanisme, altermondialisme
  • 2.2.2. Un exemple de glissement de sens : la notion de « contexte » dans les discours institutionnels entourant le projet IFADEM
  • 2.3. Contextualisation, doxa didactique et diffusion linguistique
  • 3. Contextes, diversité, responsabilité
  • 3.1. Instrumentalisation ou responsabilité des chercheurs ?
  • 3.2. Vers une conception diversitaire de la diversité
  • 4. Éléments de conclusion : implications pour la DDdL
  • 4.1. Pour la formation des enseignants
  • 4.2. Pour la recherche en didactique des langues
  • Bibliographie
  • Deuxième partie : Didactique des langues et relations au savoir
  • Conflits éthiques et épistémologiques au niveau des interventions (Jean-Paul Narcy-Combes)
  • 1. Introduction
  • 2. Réflexion épistémologique
  • 2.1. Constructions scientifiques et représentations
  • 2.2. Questions sur le mode de fonctionnement de la pensée et du comportement humains
  • 2.3. Doxa et épistémè
  • 2.4. Représentations et idéologies
  • 2.5. Validité ontologique des construits
  • 2.6. Recherche et conditionnement
  • 2.7. Engagement et distanciation
  • 2.8. Redéfinition du travail scientifique
  • 3. Réflexion méthodologique
  • 3.1. Innovation et changement
  • Implication de tous (ascendant vs. descendants)
  • 3.2. Questions sans réponses
  • 4. Un terrain : IFADEM au Bénin5
  • 5. Synthèse des résultats et conclusion
  • Bibliographie
  • Les innovations curriculaires, entre standardisation et contextualisation : l’exemple du français en milieu bi-plurilingue (Mohamed Miled)
  • Introduction
  • 1. Des indices d’une contextualisation insuffisante
  • 2. Les atouts d’un « alignement rationnel » sur un cadre international
  • 3. Des avantages d’une adaptation du CECRL
  • 4. Des limites des cadres internationaux en général
  • 5. Des limites du CECRL, selon les contextes
  • 5.1. Des limites inhérentes au CECRL
  • 5.2. Des limites liées aux usages du CECRL
  • 6. Vers une contextualisation appropriée
  • 6.1. Le principe de la contextualisation dans le CECRL
  • 6.2. Les facteurs à prendre en compte dans la contextualisation
  • 6.2.1. Des facteurs socio- et psycholinguistiques
  • 6.2.2. Un facteur lié aux cultures linguistiques et éducatives du pays
  • 6.3. Quelques orientations pour contextualiser un curriculum
  • 7. Des repères pour l’élaboration d’un curriculum bi-plurilingue
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • La terminologie de la didactique des langues : un cadre de référence universel ? (Sophie Babault)
  • Introduction
  • 1. Termes et concepts
  • 2. Choix terminologiques en discours : entre implicite et explicitation
  • 3. Une terminologie commune à l’ensemble des acteurs du champ de la didactique des langues ?
  • 4. Démarches de recontextualisation : une intégration dans des systèmes d’interprétation multiréférentiels
  • Conclusion
  • Références bibliographiques
  • Didactique des langues et éducation aux frontières (Patrick Dahlet)
  • Introduction
  • 1. Penser la langue avec ses frontières
  • 2. Transmettre les langues depuis les frontières
  • 3. Éduquer aux frontières, (se) vivre en elles
  • Bibliographie
  • Troisième partie : Tensions méthodologiques et pluralité des approches
  • Les jeux de langage des cultures de tradition orale comme ressources pour la culture métalinguistique à l’école élémentaire. L’exemple de la culture mossi au Burkina Faso (Colette Noyau / Norbert Nikièma / Rémy Yameogo)
  • Introduction
  • 1. L’école primaire bilingue dans les écoles primaires subsahariennes
  • 1.1. École primaire bilingue et didactique du bi-plurilinguisme
  • 1.1.1. Occasions perdues : l’enseignement conventionnel censurant les langues du milieu
  • 1.1.2. Chances à saisir : l’éducation bilingue préscolaire et primaire
  • 1.2. Le transfert, notion clé de l’éducation bilingue
  • 1.3. Cultures orales
  • 1.4. Contextes de culture orale et école
  • 2. Les jeux de langage
  • 2.1. Jeux de langage dans les cultures orales
  • 2.2. Les types de jeux de langage
  • 2.3. Typologie des activités traditionnelles d’enseignement oral de la langue
  • 2.4. Jeux sollicitant la mémoire textuelle
  • 3. Enquête au Burkina Faso dans un village de culture et langue mooré
  • 3.1. La genèse de ce travail
  • 3.2. Réalisation de l’enquête
  • 3.3. Les types de jeux recueillis
  • 3.4. Petit corpus de jeux
  • 3.4.1. Virelangue
  • 3.4.2. Verlan
  • 3.4.3. Devinette
  • 3.4.4. Proverbe
  • 3.4.5. Dialogues énigmatiques
  • 3.5. Inventaire des jeux collectés appropriés pour la conscientisation au langage requise par l’école
  • 3.6. Compétences sollicitées par ces divers types de jeux de langage
  • 4. Jeux de langage et genres oraux : développer la capacité métalinguistique
  • 4.1. Sollicitation de la capacité métalinguistique
  • 4.2. Place de ces jeux de langage en classe primaire bilingue
  • 4.3. Didactisation : des objectifs aux compétences et aux activités d’apprentissage
  • 4.3.1. Les virelangues (gom-tʋʋlse)
  • 4.3.2. Verlan (gom-bιndem)
  • 4.3.3. Devinettes (bãng-bãnge)
  • 4.3.4. Dits énigmatiques (solem-koeese)
  • Pour conclure
  • Bibliographie
  • Sitographie
  • Des réceptions culturelles aux enseignements culturels : différences, ressemblances et altérités dans un contexte mondialisé (Marie Rivière)
  • 1. Du culturel en didactique des langues et des cultures
  • 1.1. Approches francophones
  • 1.2. Altérités et différences culturelles
  • 2. Le présent chapitre
  • 2.1. Questions de recherche
  • 2.2. Cultures et pluriculturalismes
  • 2.3. Constitution du corpus
  • 3. Analyse
  • 3.1. Différences inaperçues ou peu gênantes
  • 3.2. Attirant étranger
  • 3.3. Opacités culturelles
  • 3.4. Divergences politiques
  • 3.5. Familiarité chérie ?
  • 3.6. Ressemblances frappantes
  • 3.7. Répertoires pluriels et produits culturels métissés
  • 4. Conséquences didactiques
  • 4.1. Une perspective pluriculturelle
  • 4.2. Applications en classe
  • Bibliographie
  • Dispositif de formation des enseignants en FLES : de la conceptualisation à l’appropriation (Comlan Fantognon)
  • Introduction
  • 1. Contexte et approche bi-dimensionnelle
  • 2. Apports conceptuels et théoriques
  • 2.1. Dispositif de formation : entre affordance et catachrèse
  • 2.2. L’appropriation : un processus d’apprentissage aux propriétés complexes et dynamiques
  • 2.2.1. L’appropriation comme phénomène systémique, complexe et dynamique
  • 2.2.2. L’appropriation comme processus d’apprentissage
  • 3. Méthodologie et résultats
  • 3.1. Résultats issus des données quantitatives
  • 3.1.1. Présentation de l’échantillon d’étude
  • Présentation et interprétation
  • 3.2. Résultats issus des données quantitatives qualitatives
  • 3.2.1. Présentation de l’échantillon d’étude
  • 3.2.2. Justification du choix de hiérarchisation des langues
  • 3.2.3. Analyse de contenu des entretiens semi-directifs
  • 3.2.4. Analyse de contenu des entretiens d’autoconfrontation
  • 3.3. Résultats relatifs à l’observation des pratiques pédagogiques et langagières
  • 4. Discussion
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • Globalisation et corpus didactique local : enjeux éducatifs et linguistiques en Afrique subsaharienne (Fanny Dureysseix)
  • Introduction
  • 1. Transposition didactique en Afrique subsaharienne : la nécessité de l’historicisation
  • 2. Le cas de l’Angola postcolonial : éléments de compréhension du système éducatif et des conditions de production
  • 3. Interventionnisme didactique et question curriculaire
  • 4. Contexte plurilingue d’Afrique lusophone : place du français dans l’enseignement secondaire
  • 5. Le cas du programme de formation initiale des enseignants de FLE
  • 5.1. Présentation
  • 5.2. Analyse
  • 5.2.1. « Les orientations générales »
  • 5.2.2. « Les instruments linguistiques »
  • 5.2.3. Les contenus culturels
  • 6. Discussion et remarques conclusives
  • Bibliographie
  • Biographie des auteurs
  • Études de linguistique française
  • Ouvrages parus

Introduction

Sophie Babault*, Margaret Bento**, Valérie Spaëth***

* Université de Lille – STL UMR 8163 « Savoirs textes langage » – France

** Université Paris Descartes – ÉDA EA 4071 « Éducation, Discours, Apprentissages » – France

*** Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 – DILTEC EA 2288 « Didactique des Langues, des Textes et des Cultures » – France

Par le caractère interventionniste et praxéologique qu’elle affiche depuis le début du XXIe siècle, la didactique des langues constitue une discipline active, à différents degrés, dans le processus de mondialisation. Qu’il s’agisse des mobilités étudiantes, des migrations de population, des transferts ou des circulations de concepts et de méthodologies, des exportations de modèles d’enseignement et de manuels, de formation à distance des professeurs, de montages de formation, etc. cette discipline contribue à sa manière aux processus des échanges internationaux. L’école dans toutes ses dimensions curriculaires et avec son principal attendu, la progression de l’alphabétisation et de la culture écrite (voir les chiffres de la Banque mondiale), y joue un rôle déterminant. Les relations complexes entre langues secondes et langues nationales y sont souvent des moteurs de changement et de contradiction. Elles donnent souvent lieu à des clivages théoriques et méthodologiques.

Cet ouvrage entend donc contribuer à une meilleure compréhension des phénomènes observables au sein du double processus de mondialisation et de contextualisation qui concerne tout autant l’école et ses outils (les manuels, l’écrit, etc.), que la circulation des méthodologies et des différentes conceptions du rôle de la didactique des langues dans diverses cultures et contextes éducatifs. Il s’agit ainsi de comprendre les contradictions et les continuités qui sont manifestes, à différentes échelles, au niveau des politiques linguistiques et des politiques éducatives ainsi que les décalages avec les approches scientifiques et méthodologiques qui sont préconisées. Dans cette perspective, l’ouvrage réunit des socio←9 | 10→linguistes, des didacticiens des langues et des linguistes travaillant selon différentes approches théoriques, en provenance des universités du Sud et du Nord, et s’intéressant au caractère international et multicontextuel des stratégies, des outils et des méthodologies éducatives et linguistiques en didactique des langues. La question d’une culture didactique de type « universel », telle que peut la proposer de manière théorique le cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), se repose donc ici à nouveaux frais.

La circulation des notions et principes méthodologiques prend une tournure particulière dans le cas de la coopération, qu’elle soit bi- ou multilatérale, ou dans celui des partenariats institutionnels entre pays du Nord et du Sud (projets IFADEM, ELAN, TESSA, etc.). Pour certains chercheurs, le transfert de méthodologies dans l’enseignement des langues se fait à sens unique, sans que soient toujours bien pris en compte les contextes dans lesquels il est opéré. Par ailleurs, il ne faut pas négliger les répercussions des « effets de mode » méthodologiques, qui entraînent au niveau local une succession de méthodologies en l’espace de quelques années : une nouvelle méthodologie est parfois introduite sur le terrain avant même que les acteurs sociaux de l’éducation aient pu prendre la mesure de celle qui la précédait ; l’approche par compétences est emblématique à ce titre.

L’ouvrage est organisé en trois parties thématiques qui permettent de rendre compte, selon l’échelle examinée, de la grande diversité des approches et de la rentabilité théorique des notions de contexte et de contextualisation, selon un continuum qui va du global au local et vice versa. Ses différents chapitres, écrits par des chercheurs confirmés, mais également par de jeunes chercheurs, tentent de répondre à un certain nombre de questions contemporaines où se rejoue une vieille question historique, celle des modes et des sens de circulation et d’appropriation, jusque-là très orientés, des idées et des idéologies et où « inséparable du penser, la créativité est le signe de l’authentique appropriation »1.

Le choix des éditrices consiste aussi à assumer pleinement une posture ouverte et plurielle au sein de la didactique des langues – sans toutefois tomber dans l’écueil du relativisme. Les lecteurs ne s’étonneront donc pas du ton parfois vif qui caractérise certains textes. C’est précisément l’une des caractéristiques d’une discipline vivante que d’être elle-même en tension.

La première partie engage une réflexion générale de type sociologique et historique.

C’est le sociologue Michel Wieviorka, directeur d’études à l’EHESS, qui ouvre la réflexion de manière générale et tout à fait contemporaine pour←10 | 11→ les sciences sociales dans leur ensemble. Il constate « un grand écart » entre la pensée globale et la subjectivité des individus et se demande comment ces deux éléments peuvent s’articuler.

Valérie Spaëth propose une réflexion sur le français langue d’enseignement et le français langue de scolarisation au travers desquels se construit une histoire connectée en didactique des langues pouvant prendre en charge les enjeux contemporains de la globalisation.

Véronique Castellotti, Marc Debono et Emmanuelle Huver font une revue historique de la notion de contexte en didactique des langues. Ils montrent que si le terme est répandu, il n’en est pas pour autant problématisé. Ce faisant, ils interrogent la notion de contexte, ainsi que les raisons, les enjeux et les limites de son actuelle diffusion, au regard des implications et des perspectives pour la didactique des langues dans son ensemble, dès lors que celle-ci se donne pour projet de « prendre la diversité au sérieux », tant dans la recherche que dans la formation et dans l’appropriation des langues.

La deuxième partie développe, dans une perspective épistémologique, la problématique de la didactique des langues et des relations au savoir.

Jean-Paul Narcy-Combes interroge les liens entre l’universel et le particulier en didactique des langues. À travers l’étude de plusieurs projets, l’auteur montre l’importance d’une approche ascendante interactionniste en didactique de l’intervention, compte tenu de la multitude des variables contextuelles.

Mohamed Miled s’intéresse aux innovations curriculaires en questionnant les modalités d’une articulation entre des modèles transversaux et leur traduction en fonction d’impératifs contextuels locaux. Sa réflexion est illustrée par le cas spécifique de l’enseignement du français en milieu bi-plurilingue (maghrébin et subsaharien).

Sophie Babault propose une réflexion sur la validité et la stabilité de la terminologie utilisée en didactique des langues en mettant en évidence les processus de contextualisation-décontextualisation-recontextualisation qui conduisent à son émergence et à sa validation par la communauté scientifique puis à son appropriation par les praticiens de la didactique. Ces divers paramètres conduisent à envisager une vision dynamique des termes et des concepts qu’ils décrivent.

Explorant la notion de frontière comme espace de tension, générateur d’altérisation, Patrick Dahlet invite à développer une éducation aux frontières dans laquelle les catégories de langues objets d’apprentissage seraient redéfinies en fonction de formes identitaires. Au-delà d’un renouvellement du découpage conventionnel entre langue maternelle/langue seconde/langue étrangère, cette redéfinition permettrait de développer une←11 | 12→ palette de catégories entrant directement en résonance avec le vécu des individus : langue imposée, langue reçue, langue rêvée, etc.

La troisième partie de l’ouvrage est consacrée aux tensions méthodologiques et à la pluralité des approches.

Colette Noyau, Norbert Nikièma et Rémy Yameogo, à partir de l’analyse de pratiques endoculturelles, proposent une démarche pour que l’éveil métalinguistique des élèves et leur maîtrise du langage dans les écoles bilingues africaines s’effectuent à travers la conscientisation aux langues orales du milieu en prenant comme appui les procédés ludiques traditionnels, l’ensemble de la démarche servant de base à une conscience métalinguistique tendue vers l’écrit.

Marie Rivière, en analysant les pratiques de lecture d’adultes plurilingues vivant en Europe de l’Ouest, interroge l’existence d’une « culture globale » inscrite dans un cadre bipolaire au sein duquel les références culturelles des locuteurs seraient réduites à une opposition entre biens culturels étasuniens et biens culturels produits dans leur propre pays. Montrant que les pratiques de lecture de ces locuteurs s’inscrivent nettement dans un espace pluriculturel, elle invite à prendre en compte en classe de langue la complexité des réceptions culturelles.

Comlan Fantognon, à partir du cas du projet IFADEM au Bénin, met en lumière les tensions qui interviennent entre la conceptualisation et la contextualisation dans la mise en œuvre de ce type de projet et son appropriation par les acteurs sociaux du champ éducatif local.

Quant à Fanny Dureysseix, elle interroge également les notions de contextualisation sur un autre terrain africain, l’Angola, à travers l’analyse d’un curriculum de formation des enseignants de FLE du secondaire, mettant ainsi en avant les tensions survenant entre enjeux locaux et globaux.←12 | 13→


1 Legendre, P. (dir.) 2014. Tour du monde des concepts. Paris : Fayard, p. 19.

Le grand écart

Michel Wieviorka

EHESS – France

Résumé

Les sciences sociales sont entrées dans une nouvelle ère, que caractérisent en particulier deux changements paradigmatiques : l’insistance sur l’utilité qu’il y a à « penser global », ainsi que la mise en avant du Sujet et des notions de subjectivité et de subjectivation.

Résumé des informations

Pages
252
ISBN (PDF)
9782807601628
ISBN (ePUB)
9782807601635
ISBN (MOBI)
9782807601642
ISBN (Broché)
9782807601611
Langue
Français
Date de parution
2016 (Novembre)
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2017. 245 p., 3 fig., 2 tabl.

Notes biographiques

Sophie Babault (Éditeur de volume) Margaret Bento (Éditeur de volume) Valérie Spaëth (Éditeur de volume)

Sophie Babault est maître de conférences HDR en didactique du français langue étrangère et seconde à l’université de Lille, UMR 8163 « Savoirs, textes, langage ». Elle mène des recherches en didactique des langues et en sociolinguistique sur des problématiques liées au plurilinguisme en contexte scolaire (Europe, Afrique). Margaret Bento est professeure en didactique des langues et en sciences du langage à l’université Paris Descartes, E.A. 4071 (Éducation, Discours, Apprentissages). Ses recherches portent sur la didactique des langues étrangères et plus particulièrement sur la transposition didactique. Valérie Spaëth est professeure en didactique des langues et sciences du langage à l’Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3, E.A. 2288 (Didactique des langues, des textes et des cultures). Ses recherches interrogent les multiples relations, aussi bien d’un point de vue contemporain qu’historique, entre politique et enseignement/diffusion du français.

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Titre: Tensions en didactique des langues