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Les langues naturelles

Nature et culture

de Pierre Lerat (Auteur)
©2026 Monographies XXII, 142 Pages

Résumé

Le titre de ce livre résume son objet : l’état de l’art dans les travaux en linguistique 50 ans après le décès de Benveniste, le renouvellement apporté par les sciences humaines et sociales. L’auteur commence par les particularités de toute langue par rapport aux autres langages. Les langues naturelles sont toutes naturelles et, en même temps, culturelles (matière d’enseignements). Suivent les constantes et les variables des langues. D’un côté, de l’universel : oral/écrit, grammaire, vocabulaire. De l’autre, de la diversité : typologique, géographique, socioculturelle. Enfin, l’importance des techniques est soulignée dans les derniers chapitres : apparition de l’écriture, de l’imprimerie, du magnétophone, d’Internet, de l’intelligence artificielle. La linguistique est science humaine, “trop humaine”. L’auteur s’efforce de ne pas dire ses préférences. Pas trop.

Table des matières

  • Couverture
  • Page de titre
  • Page des droits d'auteur
  • Dévouement
  • Du même auteur
  • Table des matières
  • Préface
  • Abréviations des noms de langues
  • Introduction
  • 1. Au-delà des langues décrites
  • 1.1 La faculté de langage
  • 1.2 Les langages décrits
  • 1.3 Les langues non décrites
  • 1.4 Les troubles de l’expression
  • 1.5 Les fonctions du langage
  • 1.5.1 La fonction référentielle
  • 1.5.2 La fonction expressive
  • 1.5.3 La fonction phatique
  • 1.5.4 La fonction conative
  • 1.5.5 La fonction poétique
  • 1.5.6 La fonction métalinguistique
  • 1.6 Langue des signes ou langage des signes ?
  • 2. En-deçà des langues décrites
  • 2.1 Les dialectes
  • 2.2 Les patois
  • 2.3 Les parlers
  • 2.4 Les créoles
  • 2.5 Les sabirs
  • 2.6 Les niveaux de langue
  • 3. Les familles de langues
  • 3.1 Les langues flexionnelles
  • 3.2 Les langues agglutinantes
  • 3.3 Les langues isolantes
  • 4. Les propriétés des langues naturelles
  • 4.1 La naturalité
  • 4.2 La réalité sociale
  • 4.2.1 « Meaning is use »
  • 4.2.2 L’historicité
  • 4.3 L’homonymie
  • 4.4 La synonymie
  • 4.5 Des sons et des lettres
  • 4.6 La double articulation
  • 4.6.1 La première articulation
  • 4.6.2 La seconde articulation
  • 5. Les discours et le système
  • 5.1 Le discours
  • 5.2 Le système
  • 6. Le fonctionnement des langues naturelles
  • 6.1 Le signe linguistique
  • 6.2 Paradigme et syntagme
  • 6.3 La prédication
  • 7. Les langues et la réalité
  • 7.1 La référence
  • 7.2 La référence actuelle
  • 7.2.1 La désignation
  • 7.2.2 La dénomination
  • 7.2.3 Les « formes déictiques ou indexicales » (Pellat et Riegel 2012 : 16)
  • 7.2.4 La métaphore vive
  • 7.3 La référence virtuelle
  • 7.3.1 Un néologisme
  • 7.3.2 Les définitions
  • 7.3.3 Les stéréotypes
  • 7.3.4 Les concepts spécifiés
  • 7.4 Les schémas prédicatifs
  • 7.5 Nom propre et description définie
  • 8. L’ordre des mots
  • 8.1 L’ordre dit « naturel »
  • 8.2 L’ordre énonciatif
  • 8.3 L’ordre informatif
  • 9. Le verbe
  • 9.1 L’opposition verbo-nominale
  • 9.2 La personne et le nombre
  • 9.3 Verbe et copule
  • 9.4 Le temps
  • 9.5 L’aspect
  • 9.6 La voix
  • 9.7 Les modes
  • 9.8 Les modalités
  • 9.8.1 Il faut
  • 9.8.2 Devoir
  • 9.8.3 Pouvoir
  • 9.9 Les auxiliaires
  • 9.9.1 Être et avoir auxiliaires de temps
  • 9.9.2 Venir de, aller et être en train de auxiliaires de temps
  • 10. Le nom
  • 10.1 noun et name
  • 10.2 Le genre
  • 10.3 Le nombre
  • 10.4 Les cas
  • 10.5 Les classificateurs
  • 10.6 La dérivation
  • 10.7 La composition
  • 10.8 Les locutions figées
  • 11. Les adjectifs lexicaux
  • 11.1 Les types d’adjectifs
  • 11.2 Les adjectifs prédicatifs
  • 11.3 Les adjectifs relationnels
  • 11.4 Les adjectifs composés
  • 11.5 Les degrés de l’adjectif
  • 11.6 La place des adjectifs prédicatifs
  • 12. Les déterminants du nom
  • 12.1 Déterminants, ou adjectifs grammaticaux ?
  • 12.2 Les articles
  • 12.3 Les adjectifs démonstratifs
  • 12.4 Les adjectifs possessifs
  • 12.5 Les adjectifs interrogatifs-exclamatifs
  • 12.6 Les adjectifs numéraux ordinaux
  • 12.7 Les adjectifs indéfinis
  • 13. Les pronoms
  • 13.1 Les pronoms personnels
  • 13.2 Les pronoms démonstratifs
  • 13.3 Les pronoms interrogatifs
  • 13.4 Les pronoms possessifs
  • 13.5 Les pronoms relatifs
  • 13.6 Les pronoms indéfinis
  • 14. Les adverbes
  • 14.1 Les types d’adverbes
  • 14.2 Les négations
  • 14.3 Les adverbes spatio-temporels
  • 14.4 Les prédicats de prédicats
  • 14.4.1 Les adverbes de verbes
  • 14.4.2 Les adverbes d’adjectifs
  • 14.4.3 Les adverbes d’adverbes
  • 14.5 Les adverbes comparatifs et superlatifs
  • 14.6 Les adverbes d’énonciation
  • 15. Les prépositions
  • 15.1 Préposition, postposition, adverbe
  • 15.2 De la préposition simple à la locution prépositionnelle
  • 15.3 Préposition et cas grammatical
  • 15.4 Préposition et amalgame
  • 16. Les conjonctions
  • 16.1 Conjoindre quoi ?
  • 16.2 Les conjonctions de coordination
  • 16.3 Les conjonctions de subordination
  • 16.3.1 Introductrices de propositions complétives
  • 16.3.2 Introductrices de subordonnées circonstancielles
  • 16.3.3 Les conjonctions argumentatives
  • 17. La phrase complexe
  • 17.1 La proposition grammaticale, une prédication
  • 17.2 La subordination
  • 17.3 Au-delà de la phrase
  • 18. Les répertoires lexicaux
  • 18.1 Les gloses
  • 18.2 Les dictionnaires de langue(s)
  • 18.3 Les encyclopédies
  • 18.4 Les lexiques
  • 18.5 Les terminologies
  • 18.6 Du papier à l’électronique
  • 19. La traduction et l’interprétation
  • 19.1 La consécutive
  • 19.2 La simultanée
  • 19.3 La traduction assistée
  • 19.4 La traduction automatique
  • 19.5 Les grandes forces et les petites faiblesses des « réseaux de neurones »
  • 20. La linguistique
  • 20.1 La linguistique avant Saussure
  • 20.2 Saussure
  • 20.3 Les Américains
  • 20.4 La pluridisciplinarité
  • 21. La naturalité des langues
  • 21.1 Les langues sont naturelles
  • 21.2 Les langues sont articulées
  • 21.3 Les langues sont sociales
  • 21.4 Les langues sont historiques
  • 21.5 Les langues ont une géographie
  • 21.6 Langue et acculturation
  • Bibliographie
  • Index nominum
  • Index rerum

Préface

Ce livre de professeur est destiné surtout à des étudiants de langues vivantes, français compris. Cette langue fait l’objet de monographies de qualité, par exemple Riegel et al. 2018, souvent réédité depuis 1982, et c’est ma langue de travail mais, comme le titre l’indique, il s’agit ici de tenter un “état de l’art” en linguistique générale et appliquée.

La bibliographie est surtout francophone (à commencer par Benveniste) et anglophone (à commencer par Harris et Lyons). Son but est à la fois d’inciter à lire les grands classiques du XXe siècle et de résumer leurs apports. Avec des préférences, inévitablement ; par exemple, insister plus sur la conception harrissienne du prédicat et des transformations que sur les schémas chomskyens “SN+SV” (voir Chomsky 1969 : 29) et sur les transformations particulières, par exemple interrogatives, qui varient selon les langues. Bref, aller au plus général pour pouvoir mieux décrire les contrastes.

Contrairement aux manuels qui insistent sur le primat (évident, y compris génétiquement) de l’oral, sans en tirer forcément beaucoup de conséquences, ce livre traite surtout des langues écrites. Beaucoup poseraient des problèmes de transcription de systèmes graphiques. Nombreuses sont aussi celles qui ne sont que parlées et peu décrites. L’un des enjeux des langues à l’échelle de la planète étant la communication internationale, qui passe beaucoup par l’écriture (courriers, mails, statuts, contrats etc.), est la qualité de la traduction, et traduire c’est traduire un texte écrit. L’interprétation est une technique où l’esprit compte plus que la lettre, c’est un autre métier.

La traduction automatique a ses optimistes et ses pessimistes. Elle est ici fortement mise à contribution. Les spécialistes de chaque langue représentée ici ou là jugeront de la pertinence des résultats, mais globalement elle mérite à la fois intérêt et doute méthodique. Je ne l’ai pas trouvée fautive sur le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien et le portugais, elle n’est pas contredite par mes sources “secondaires” (grammaires et dictionnaires, articles de revues à comité de lecture) pour les langues slaves et les langues de l’Europe du nord, et pour l’arabe je m’en remets à Yasmine Barsoum.

Professeur retraité (du secondaire et du supérieur), père et grand-père, j’ai choisi comme mot de la fin “Les langues, c’est sérieux”, en pensant à la formation des maîtres.

Abréviations des noms de langues

Nota bene : Le code ISO 639-1 à deux lettres vaut pour 676 langues du monde. Les automates à base d’IA permettent de traduire une centaine d’entre elles. La liste ci-dessous est plus limitée ; elle ne dépasse pas le nombre des langues (37) sur lesquelles est appliquée une batterie de tests destinée à observer in vivo (en temps réel) les spécificités linguistiques à l’écrit (les automates fournissent aussi les prononciations).

af : afrikaans

ar : arabe

bg : bulgare

bs : bosnien

ca : catalan

cs : tchèque

da : danois

de : allemand

el : grec

en : anglais

es : espagnol

et : estonien

eu : basque

fi : finnois

gl : galicien

hr : croate

hu : hongrois

it : italien

lt : lituanien

lv : letton

mg : malgache

mk : macédonien

mn : mongolien

mt : maltais

nb : norvégien bokmál

ne : néerlandais

pl : polonais

pt : portugais

ro : roumain

ru : russe

sk : slovaque

sq : albanais

sv : suédois

sw : swahili

tr : turc

uk : ukrainien

zh : chinois

Introduction

L’abus du métalangage (langage de description, terminologie de linguistes) ajoute une complexité artificielle et source de conflits (grammatici certant) à la complexité du réel. On évitera ici cette dernière dans la mesure du possible, mais pas celle qui fait des langues des instruments compliqués que nous utilisons plus ou moins bien et par lesquels nous sommes nous-mêmes conditionnés. Cette dialectique, source de notre « compétence linguistique », finirait par faire oublier les raisons pour lesquelles beaucoup de langues, à commencer par le français, distinguent langue (en grec glossa) et langage (en grec logos). Mieux vaut ne pas se tromper d’objet.

Le nombre des langues parlées dans le monde en ce siècle reste considérable, même si certaines sont devenues peu utilisées, mais il est probablement inférieur à celui des langues qui ont disparu. Parmi les langues encore vivantes, toutes sont loin d’avoir le même statut international, mais de plus en plus de locuteurs natifs d’une langue sont aussi des usagers d’une langue des échanges internationaux qu’est devenu l’anglais sur “le marché du travail, qui est ce qu’il est” (Lerat 1987 : 108). Autrefois, c’est localement ou régionalement, dans des parties de la planète, pour des raisons économico-politiques, que les dominants imposaient l’usage de leur langue. Maintenant, le business, dans une certaine mesure la technologie (de plus en plus développée par ailleurs dans les pays d’Asie, qui eux aussi s’anglicisent) et les choix des personnels des organismes internationaux ont changé la donne.

Résumé des informations

Pages
XXII, 142
Année de publication
2026
ISBN (PDF)
9783034354349
ISBN (ePUB)
9783034354356
ISBN (Broché)
9783034354332
DOI
10.3726/b23582
Langue
français
Date de parution
2026 (Avril)
Mots Clés (Keywords)
Langage langue langue naturelle typologie grammaire traduction automatique
Publié
Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xxii, 142 p., 1 tabl.
Sécurité des produits
Peter Lang Group AG

Notes biographiques

Pierre Lerat (Auteur)

Pierre Lerat, Agrégé de grammaire (1962), a occupé les fonctions d’assistant (Le Mans 1968-69, Orléans 1969-72), de maître-assistant (1972-1983, Paris 13), de professeur (1973-1998, Paris 13), de chargé de mission (1994-95, CNRS) et de directeur-adjoint (1995-97, CNRS, département des Sciences de l’Homme et de la Société). Il a reçu le prix Eugen Wüster en 2006.

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