Chargement...

Enseigner le débat en classe d’anglais

de Audrey Renson (Auteur)
©2026 Monographies 258 Pages

Résumé

L’enseignement du débat constitue un levier puissant pour permettre le développement de compétences linguistiques, génériques, citoyennes et démocratiques. Il offre également un cadre riche pour exercer la compétence orale. Toutefois, sa mise en pratique didactique constitue un véritable enjeu… notamment en classe de langue étrangère.
Cet ouvrage propose donc une réflexion sur l’efficacité de l’enseignement du débat de société public régulé en classe d’anglais, à travers une comparaison des approches explicite et implicite.
La première partie explore la littérature scientifique des genres textuels et des approches d’enseignement explicite et implicite. La seconde partie détaille la méthodologie et les résultats d’une expérimentation de deux séquences didactiques dans plusieurs classes de l’enseignement secondaire supérieur en Belgique francophone.
Tout au long de l’ouvrage, les lecteur·rices trouveront des pistes concrètes pour enseigner (plus) efficacement le débat en classe.

Table des matières

  • Page de couverture
  • Page de faux-titre
  • Page de titre
  • Page de droits d'auteur
  • Table des matières
  • Liste des figures et liste des tableaux
  • Avant-propos
  • Table des acronymes
  • Chapitre I: Cadrage théorique
  • 1 Genres et notions connexes
  • 1.1 Le genre comme outil linguistique
  • 1.1.1 Le genre dans l’École de l’anglais à des fins spécifiques
  • 1.1.2 Le genre dans l’École de la Nouvelle Rhétorique
  • 1.1.3 Le genre dans l’École de la Linguistique Systémique Fonctionnelle : l’École de Sydney
  • 1.1.4 Intérêt pour le genre dans d’autres pays
  • 1.1.5 Le genre et ses notions connexes
  • 1.1.5.1 Genre textuel et famille de genres textuels
  • 1.1.5.2 Genre textuel et type de textes
  • 1.1.6 Définition opérationnelle du genre textuel de Simons
  • 1.2 Le genre textuel comme outil d’enseignement
  • 1.2.1 Deux approches du genre textuel : l’explicite et l’implicite
  • 1.2.1.1 Enseignement explicite des genres textuels
  • 1.2.1.2 Enseignement implicite des genres textuels
  • 1.2.2 Enseignement des genres textuels et perspective actionnelle
  • 1.2.3 Pratiques sociales de référence et enseignement des genres textuels à l’école
  • 1.2.4 Enseignement de la généricité et formation des enseignant·es
  • 2 Le genre textuel du débat de société public régulé
  • 2.1 Origines du débat
  • 2.2 L’argumentation
  • 2.3 Pratiques sociales de référence
  • 2.3.1 Le cas du débat public régulé
  • 2.3.1.1 Le débat de société public régulé
  • 2.3.2 Le cas du débat télévisé
  • 2.3.2.1 Le cas du débat de société public régulé Oxford-style
  • 2.3.3 Analyse des pratiques sociales de référence – débats de société publics régulés britanniques disponibles en ligne
  • 2.3.3.1 Marqueurs linguistiques de l’opinion
  • 2.3.3.2 Marqueurs linguistiques du désaccord et de l’accord
  • 2.3.3.3 La réfutation
  • 2.3.3.4 La reformulation
  • 2.3.3.5 Les fonctions du·de la modérateur·rice
  • 2.3.3.6 Le public
  • 2.4 Le débat comme outil d’enseignement
  • 2.4.1 Origines de la culture de l’enseignement du débat dans le monde anglo-saxon
  • 2.4.2 De la place du débat dans le cursus scolaire
  • 2.4.3 Vers une modélisation didactique du débat télévisé
  • 2.4.4 Les plus-values de l’enseignement du débat
  • 2.4.4.1 Enseigner l’oral
  • 2.4.4.2 Développer l’écoute des élèves
  • 2.4.4.3 Encourager la prise de parole
  • 2.4.4.4 Développer la pensée critique des élèves
  • 2.4.4.5 Permettre le développement identitaire
  • 2.4.4.6 Créer une atmosphère de travail motivante pour les élèves et leur permettre de transférer leur savoir à d’autres disciplines et situations
  • 2.4.4.7 Mobiliser de nombreuses compétences transversales et linguistiques
  • 2.4.4.8 Améliorer la satisfaction professionnelle des enseignant·es
  • 2.4.5 Les obstacles liés à l’enseignement du débat
  • 2.4.5.1 Les trois grandes croyances erronées liées à l’enseignement du débat selon Snider et Schnurer
  • 2.4.5.2 La participation des élèves
  • 2.4.5.3 Le niveau de maitrise de la langue des apprenant·es
  • 2.4.5.4 L’évaluation du débat
  • 2.4.5.5 Conclusion
  • 3 Les approches explicite et implicite
  • 3.1 Introduction
  • 3.2 Approche explicite
  • 3.2.1 Concepts méthodologiques
  • 3.3 Approche implicite
  • Chapitre II: Expérimentation d’une séquence sur le débat de société public régulé
  • 1 Prémices de l’expérimentation de terrain
  • 2 Présentation des dispositifs expérimentaux et de la démarche méthodologique
  • 2.1 Méthodologie de l’expérimentation
  • 2.1.1 Prise de contact avec les enseignant·es partenaires et les chef·fes d’établissement
  • 2.1.2 Établissements et enseignant·es partenaires
  • 2.1.3 Élèves
  • 2.1.4 Présentation générale du dispositif expérimental via les prétests et les post-tests
  • 2.1.4.1 Prétests et post-tests pour les élèves
  • 2.1.4.2 Prétests et post-tests pour les enseignant·es partenaires
  • 2.1.5 Observations et suivi des expérimentations
  • 2.2 Construction de l’expérimentation
  • 2.2.1 Prétests
  • 2.2.1.1 Vocabulaire et fonctions langagières
  • 2.2.1.2 Le débat de société public régulé en tâche initiale de communication
  • 2.2.2 Présentation des deux canevas didactiques choisis pour les dispositifs expérimentaux
  • 2.2.3 Séquence explicite
  • 2.2.3.1 Cours 1 – État des ressources et clarification du débat de société public régulé
  • 2.2.3.2 Cours 2 – Clarification et application : construire un argument
  • 2.2.3.3 Cours 3 – Clarification et application : construire un argument
  • 2.2.3.4 Cours 4 – Clarification des tâches du·de la modérateur·rice et clarification de la structure du débat de société public régulé
  • 2.2.3.5 Cours 5 – Clarification de la communication non verbale
  • 2.2.3.6 Cours 6 – Application : lexique thématique et fonctions langagières
  • 2.2.3.7 Cours 7 – Application : préparation au débat de société public régulé
  • 2.2.3.8 Cours 8 – Préparation au débat de société public régulé et clarification de la tâche d’écoute
  • 2.2.4 Séquence implicite
  • 2.2.4.1 Cours 1 – Présentation : vidéo d’un débat de société public régulé
  • 2.2.4.2 Cours 2 – Suite de la présentation et fixation par le processus d’imitation des débatteur·rices/modérateur·rices
  • 2.2.4.3 Cours 3 – Présentation de la construction d’arguments et compréhension à l’audition
  • 2.2.4.4 Cours 4 – Suite de la présentation et fixation sur la construction d’arguments via le jeu « Balloon debate »
  • 2.2.4.5 Cours 5 – Présentation des tâches du·de la modérateur·rice et présentation et fixation des réfutations
  • 2.2.4.6 Cours 6 – Fixation : lexique thématique et fonctions langagières
  • 2.2.4.7 Cours 7 – Fixation : préparation au débat de société public régulé
  • 2.2.4.8 Cours 8 – Fixation : préparation au débat de société public régulé et présentation de la tâche d’écoute
  • 2.2.5 Post-test à court terme
  • 2.2.6 Post-test à moyen terme
  • 2.2.7 Grilles d’évaluation
  • 2.2.7.1 Grille pour les débatteur·rices
  • 2.2.7.2 Grille pour les modérateur·rices
  • 3 Analyse des données déclaratives
  • 3.1 Avis des enseignant·es sur le dispositif expérimental
  • 3.1.1 Remarque sur le choix du·de la modérateur·rice
  • 3.2 Avis des élèves sur le dispositif expérimental
  • 4 Présentation et analyse des données de terrain
  • 4.1 Résultats des élèves aux tests sur le lexique thématique et sur les fonctions langagières propres au débat
  • 4.1.1 Présentation des résultats des élèves aux tests de vocabulaire – séquence explicite
  • 4.1.2 Présentation des résultats des élèves aux tests de vocabulaire – séquence implicite
  • 4.1.3 Analyse des résultats des élèves aux tests de vocabulaire
  • 4.2 Résultats des élèves dans l’acquisition des codes du débat de société public régulé
  • 4.2.1 Présentation des résultats des élèves au test d’interaction orale sur le débat de société public régulé au cours de la séquence explicite
  • 4.2.1.1 Analyse des résultats des trois phases de test au cours de la séquence explicite
  • 4.2.2 Présentation des résultats des élèves au test d’interaction orale sur le débat de société public régulé au cours de la séquence implicite
  • 4.2.2.1 Analyse des résultats aux trois phases de test de la séquence implicite
  • 4.3 Hypothèses sur les différences de résultats entre l’approche explicite et l’approche implicite : limites et biais possibles des séquences expérimentales
  • 4.4 Conclusion
  • 5 Retour réflexif sur les deux dispositifs expérimentaux
  • 5.1 Réutilisation de la séquence expérimentale par les enseignant·es partenaires
  • 5.1.1 Discussion autour de la notion de séquence didactique « éclectique »
  • 5.2 Présentation d’une séquence améliorée sur le débat de société public régulé
  • 5.2.1 Phase de mise en perspective
  • 5.2.2 État des ressources et vidéo de DSPR
  • 5.2.3 Vidéo DSPR fin et théorie sur le DSPR
  • 5.2.4 Construire un argument : méthode « ARE »
  • 5.2.5 Construire un argument : ateliers « Balloon debate »
  • 5.2.6 Construire un argument : vidéo DSPR
  • 5.2.7 Ateliers « I couldn’t disagree more » et théorie sur la construction d’une réfutation
  • 5.2.8 Tâches du·de la modérateur·rice et structure du DSPR
  • 5.2.9 Communication non verbale
  • 5.2.10 Ateliers : mini DSPR
  • 5.2.11 Préparation au DSPR
  • 5.2.12 Tâche finale formative : réalisation des DSPR
  • 5.2.13 Retour sur la pratique
  • 5.2.14 Tâche finale certificative : réalisation des DSPR
  • 5.3 Conclusion
  • Synthèse et perspectives
  • 1 Synthèse
  • 2 Perspectives
  • 2.1 Quelques perspectives pour la recherche future
  • 2.1.1 Étudier les risques de surgénéralisation générique chez les élèves
  • 2.1.2 Explorer plus avant le lien entre approche explicite et enseignement équitable
  • 2.1.3 Réaliser d’autres expérimentations de terrain avec des post-tests à plus long terme
  • 2.1.4 Traiter de la notion de transfert bidirectionnel
  • Bibliographie

Avant-propos1

Force est de constater que les genres textuels (désormais GT) suscitent depuis plusieurs décennies un vif intérêt dans les champs d’études linguistiques (Halliday, 1978 ; Miller, 1984 ; Paltridge, 1995, 2014 ; Rose, 2011 ; Swales, 1990), mais également didactiques (Dolz & Schneuwly, 2009 ; Hyon, 1996 ; Johns, 2011 ; Laurens, 2017). Ainsi, une vaste littérature scientifique internationale (notamment suisse, canadienne, brésilienne, australienne) sur l’étude des GT s’est progressivement développée. Toutefois, ce domaine de recherche semble susciter relativement peu d’intérêt en Belgique francophone. En outre, à l’instar de plusieurs chercheur·es (Lousada, 2008 ; Guimarães-Santos, 2018 ; Simons, 2018), nous estimons que le GT est assurément un aspect important de l’approche communicative, mais qu’il l’est sans doute encore davantage dans la perspective actionnelle préconisée par les auteur·es du Cadre européen commun de référence pour les langues (Conseil de l’Europe, 2001), lequel influence considérablement les politiques éducatives en Europe. En effet, il nous semble que le recours à l’étude du GT donne non seulement du sens à l’apprentissage, mais qu’il permet également à l’élève de mieux comprendre la société dans laquelle il·elle évolue(ra) et surtout de s’y insérer et d’y intervenir en tant qu’acteur·rice social·e, ce qui est l’un des objectifs prioritaires de la perspective actionnelle (Bento, 2013 ; Puren, 2006, 2014 ; Rosen, 2009).

Parmi les GT, il nous a semblé particulièrement important d’étudier le débat de société public régulé (désormais DSPR). En effet, il véhicule, entre autres, des valeurs démocratiques (écoute, respect, tolérance) et permet l’acquisition de nombreuses compétences linguistiques (lexique, grammaire, fonctions langagières…), génériques (tour de parole, tâche du·de la modérateur·rice, structure du débat…) et de vie (savoir prendre des décisions, savoir gérer ses émotions, développer une pensée critique…). De plus, le DSPR permet d’exercer, en classe de langues étrangères (désormais LE), les compétences d’interaction orale et d’audition, il permet aussi de travailler les compétences de lecture et d’écriture. De nombreuses stratégies de communication (pallier un manque linguistique, faire répéter, interrompre, demander de parler moins vite…) peuvent également être mises en pratique à travers le DSPR, comme nous le verrons ultérieurement. Enfin, si le monde anglo-saxon normalise, depuis de très nombreuses années, l’enseignement du débat grâce à de nombreux clubs au sein des institutions scolaires, aux sessions de cours axées sur cette thématique et aux diverses compétitions2 qui se déroulent régulièrement en Grande-Bretagne et aux États-Unis notamment, le monde francophone, en revanche, semble beaucoup plus frileux quant à son enseignement. L’enseignement d’un GT en LE, et surtout celui du DSPR, représentait donc un objet d’étude inédit à explorer en Belgique francophone.

Nous avons décidé de travailler le GT du DSPR dans des classes d’anglais LE de l’enseignement secondaire supérieur. En effet, l’anglais, langue de communication internationale, est un outil devenu indispensable qui permet une ouverture sur le monde.

Il existe de très nombreux questionnements au sein du monde scientifique comme parmi les enseignant·es sur l’approche à privilégier pour obtenir des résultats efficaces dans l’enseignement, et en particulier en LE. Nous avons pris la décision d’étudier le DSPR selon deux approches : explicite et implicite. On peut, en effet, penser que certain·es enseignant·es exposent leurs élèves à différentes formes de DSPR, mais n’explicitent pas sa structure interne, ni même les savoirs et savoir-faire linguistiques, ni les attitudes que le DSPR mobilise. Dans ce cas, l’apprentissage se fait de manière implicite, notamment par exposition à différents inputs, par imprégnation, puis par imitation. En revanche, les tenant·es d’un enseignement explicite (notamment Bocquillon et al., 2019 ; Clément, 2015 ; Engelmann et al., 1988 ; Gravé et al., 2020 ; Gauthier et al., 2013 et Rosenshine, 1986) estiment qu’il importe d’aider les élèves à identifier les savoirs en jeu et d’expliciter ces derniers avant de les exercer séparément, puis de les mobiliser dans une « tâche complexe » (voir Jacquin et al., 2018). Relevons au passage que cette variable explicite vs implicite est en lien direct avec la notion d’équité (Beckers et al., 2012), qui est au cœur des débats actuels sur l’enseignement.

Nos expérimentations se sont déroulées en Belgique francophone (Fédération Wallonie-Bruxelles, désormais FW-B) pour des raisons de faisabilité3. En outre, ce contexte de recherche comble deux lacunes importantes. D’une part, il n’existait toujours pas en FW-B de base de données des pratiques déclarées des enseignant·es de LE à propos des GT et, plus particulièrement, à propos du DSPR. D’autre part, jamais encore, à notre connaissance, un GT oral n’avait fait l’objet d’une recherche expérimentale (avec prétest et post-tests) dans l’enseignement secondaire en FW-B. Cette recherche se veut donc novatrice également à cet égard.

Résumé des informations

Pages
258
Année de publication
2026
ISBN (PDF)
9783034349796
ISBN (ePUB)
9783034349802
ISBN (Broché)
9783034349789
DOI
10.3726/b22759
Langue
français
Date de parution
2026 (Mars)
Mots Clés (Keywords)
Didactique des langues étrangères enseignement par les genres textuels enseignement du débat débat de société public régulé enseignement explicite enseignement implicite séquences didactiques expérimentation de terrain transposition didactique
Publié
Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. 258 p., 14 ill. n/b, 27 tabl.
Sécurité des produits
Peter Lang Group AG

Notes biographiques

Audrey Renson (Auteur)

Audrey Renson est Chargée de cours en didactique des langues modernes à l’Université de Liège. Ses travaux de recherche portent notamment sur l’enseignement des genres textuels en langues étrangères et sur les dispositifs de recherche collaborative. Elle est membre de l’unité de recherche DIDACTIfen (didactique et formation des enseignant·es).

Précédent

Titre: Enseigner le débat en classe d’anglais