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Haïti après le tremblement de terre

La forme, le rôle et le pouvoir de l’écriture

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Edited By Emmanuelle Anne Vanborre

En parallèle à la construction historique d’Haïti en tant que pays indépendant, la littérature haïtienne s’est montrée dynamique depuis plus de deux siècles. Les écrivains, poètes, artistes, créent et notent la vivacité culturelle d’Haïti. Le 12 janvier 2010, le séisme fait trembler la terre d’Haïti, fait trembler les corps et les âmes des personnes d’Haïti et d’ailleurs. Immédiatement après la catastrophe, les écrivains continuent à écrire, reprennent l’écriture, commencent à créer de nouvelles œuvres sur le tremblement de terre et ses conséquences. Plusieurs articles, récits, fictions, volumes collectifs sont publiés. La force et la vie de la littérature haïtienne continuent à impliquer les lecteurs, en éveillent de nouveaux. La misère, la douleur, la tristesse et la mort peuplent les lignes, mais la beauté, le courage, la vision et l’espoir sont également présents. Les mots essaient de contenir la complexité de la nouvelle face d’Haïti. Les mots essaient de capturer l’absence. Mais comment le témoignage est-il possible quand l’événement est une catastrophe, quand l’événement a pris la vie de tant de personnes, quand l’événement touche à la destruction et à la mort ? Ce volume s’attache à analyser les écrits qui ont trait au séisme, au rôle et au pouvoir de la littérature, à la nécessité d’écrire qui suit un tel événement traumatique. Le but est d’offrir une réflexion sur ce que peut la littérature, la fiction, ce que peuvent les mots devant le drame qui est survenu à Haïti.
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11. Carmelle/Carm’elles : la liminalité lopezienne au service d’Haïti

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JEAN XAVIER BRAGER

Louisiana State University

À en juger par deux de ses productions les plus récentes, Cléo (2011) et Lettre à ma mère à paraître en 2014 ainsi que d’autres fragments de textes-soutiens écrits dans le sillage de la catastrophe, Carmelle St. Gérard-Lopez, contre vents et marées, et surtout en dépit de la misère post-séismique qui continue d’ébranler Haïti, semble poursuivre son écriture dans un esprit de transgression. Transgression des lieux, elle qui n’a pour identité que la somme de celles que ses résidences alternées entre les États-Unis et son île natale lui confèrent. Transgression narrative de sa plume sous laquelle la superposition des récits imbriqués et les échos intertextuels font émerger une écriture-tissage qui se joue des frontières des lieux de l’énonciation comme pour apporter une vision aux antipodes des codes réducteurs du communautarisme. Transgression du genre littéraire aussi, pas seulement lorsqu’elle malmène le lecteur en l’entraînant dans un conte qui s’avère pour adultes, un dialogue internautique avec la mère alors que celle-ci est disparue, ou encore dans une saga familiale qui flirte avec le roman fleuve par un jeu tantrique de cache-cache avec les dialogues ; mais transgression via la nature des personnages eux-mêmes, en appliquant le concept de la liminalité à la fluidité de l’identité sexuelle, comme pour un Cléo, mi-Petit Prince, mi-Chevalier d’Éon, en quête de...

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