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Discours et terminologie dans la presse scientifique française (1699–1740)

La construction des lexiques de la botanique et de la chimie

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Claudio Grimaldi

Ce volume analyse le rapport étroit qui existe entre la structuration des connaissances et l’évolution terminologique et langagière dans la presse scientifique française, en tant que genre textuel, au cours des quarante premières années du XVIIIe siècle. L’auteur part de l’hypothèse que, pendant certaines périodes complexes de l’histoire des sciences, l’évolution de la langue et l’évolution des connaissances sont liées à un genre textuel novateur utilisé au sein de la communauté savante. Ces évolutions se réalisent notamment lorsque les domaines scientifiques sont impliqués au niveau linguistique dans une nécessité de systématisation du vocabulaire témoignant de l’adoption progressive de structures nouvelles de la pensée.

Cet ouvrage reconstruit la naissance du genre de la presse scientifique périodique en France qui participe à plein titre à la construction des réseaux conceptuels des sciences modernes, ainsi qu’à leur stabilisation et à l’usage des terminologies scientifiques modernes. Le choix des domaines de la botanique et de la chimie repose sur leur reconnaissance en tant que sciences à part entière en dehors des finalités médicales et thérapeutiques auxquelles elles ont été longtemps confinées par les savants. Par conséquent, de nouveaux besoins de dénomination découlent du positionnement de ces champs disciplinaires au sein de la topologie des savoirs scientifiques.

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Préface (John Humbley)

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JOHN HUMBLEY

Préface

En 2003, l’Association des Sciences du langage organisait un colloque intitulé Mais que font les linguistes ?1 Le but était de montrer que les linguistes, outre leur travail théorique sur la langue, avaient également vocation à jouer un rôle plus large dans la société, notamment en apportant leur savoir et leur méthodologie à des projets transdisciplinaires. Ainsi leur collaboration aux domaines de l’histoire des sciences s’est révélée particulièrement fructueuse. En effet, la principale trace de l’innovation scientifique du passé est à chercher dans le langage qui l’exprime : nous connaissons l’évolution des sciences grâce aux écrits que nos prédécesseurs nous ont laissés. L’historien se focalise sur les faits, les méthodes, les hypothèses ; le linguiste sur la façon de les exprimer. La démarche de l’un éclaire la recherche de l’autre.

La prise en compte de la dimension linguistique de l’évolution des sciences est devenue aujourd’hui une évidence, et les exemples de collaboration se multiplient. L’Italie joue depuis longtemps un rôle clé dans ces explorations pluridisciplinaires, menées en particulier par l’Istituto per il Lessico Intellettuale Europeo e Storia delle Idee (ILIESI),2 animées par Giovanni Adamo, et illustrées plus récemment par les travaux de Maria Teresa Zanola,3 pour ne nommer que ceux qui ont directement orienté les recherches présentées dans cet ouvrage. C’est donc dans ce...

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