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Crowdfunding, industries culturelles et démarche participative

De nouveaux financements pour la création

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Laurent Creton and Kira Kitsopanidou

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. Par-delà les fantasmes cultivés par les discours médiatiques sur l’économie participative et la rhétorique techno-démocratique, cet ouvrage vise à déterminer si la nouveauté des termes « crowdfunding », « finance participative », « économie contributive », « crowdsourcing », « consommation collaborative », etc., rend compte de changements majeurs et d’innovations significatives en matière de pratiques sociales, de modèles organisationnels et de logiques financières et industrielles à l’œuvre au sein des industries de la culture.
Le crowdfunding contribue-t-il au financement et à l’exposition de biens culturels plutôt en marge des logiques industrielles et du circuit commercial traditionnel, ou est-il principalement au service de l’économie de best-sellers participant d’emblée à la réduction de l’incertitude qui caractérise tous les biens d’expérience et permettant la captation très en amont d’une audience potentielle pour les projets les plus fédérateurs ?
L’ouvrage met en perspective les logiques transformatives du crowdfunding et de l’économie participative selon une approche interdisciplinaire (économie, sociologie, sciences de l’information et de la communication, droit, histoire) en se fondant sur l’étude de cas précis et sur les témoignages de professionnels issus de différents secteurs culturels et créatifs.
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Introduction

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Laurent CRETON et Kira KITSOPANIDOU

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. De la production (FabLabs, maker spaces) à la consommation, jusqu’au financement (crowdfunding), en passant par l’éducation (modes d’apprentissage en pair à pair, éducation ouverte, open source), l’économie participative recouvre une grande diversité de pratiques qui sont potentiellement autant de leviers de transformation, de perturbation, voire de bouleversement des marchés et des modèles économiques préexistants. Dans le domaine des arts et de la culture, les plates-formes participatives prennent de plus en plus d’envergure, donnant la possibilité aux internautes de devenir tantôt des business angels à faible ticket d’entrée pour financer des projets de création artistique, tantôt des prescripteurs concourant activement à la promotion et à la valorisation des biens culturels, tantôt des prosumers (Toffler, 1980) contribuant à la production de contenus (logiciels, blogs, vidéos, etc.) et à leur circulation. S’appuyant sur l’essor des technologies numériques et dynamisées par le développement de la philosophie Do It Yourself, les pratiques participatives s’étendent à tous les secteurs culturels et créatifs (musique, audiovisuel, jeu vidéo, livre, arts plastiques…) et se professionnalisent avec l’arrivée de nombreux acteurs en France (KissKissBankBank, Ulule, Touscoprod, Projet Cinéma, Weareproducteurs…) et à l’international (IndieGoGo, Kickstarter, Patreon, Tubestart…).

Avec une capacité de levée de fonds qui a triplé tous les ans pendant plusieurs années, le marché global des...

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