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Enseigner les littératures dans le souci de la langue

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Edited By Christophe Ronveaux

Qui enseigne la littérature est plongé dans l’embarras lorsqu’il doit délimiter l’objet à enseigner. Soit la langue lui apparait dans la régularité d’un système irréductible à ses usages singuliers, considérés comme « littéraires », soit c’est la littérature qui s’impose comme l’usage le plus abouti d’une langue pour élaborer des savoirs scolaires sur celle-ci. Qu’il enseigne les littératures dans le souci de la langue ou la langue dans le souci des littératures, celui-là devra poser des choix qui renvoient aux savoirs scolaires d’une discipline, définie dans les configurations successives de son histoire. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage questionnent ces choix sous l’angle historique des pratiques attestées, sous l’angle esthétique de représentations fantasmées, sous l’angle des pratiques de classe contemporaines, sous l’angle des objets à enseigner (la ponctuation, les albums pour la jeunesse, le comique, la lecture littéraire). Se côtoient analyses de dispositifs d’enseignement et de formation, du primaire et du secondaire, dans un dialogue constructif, dont la synthèse reste à faire.

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« La veillée en famille » ou de quelques usages de la littérature à l’école élémentaire française entre 1923 et 1938

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Marie-France BISHOP1

La relation existant entre langue et littérature dans l’enseignement du français connait de nombreuses variations, elle dépend des niveaux scolaires, des filières et de la manière dont les différentes époques ont pu concevoir cet apprentissage. Le « souci de la langue » pour reprendre le titre de cet ouvrage a été, dans certaines configurations de la discipline (Reuter, 2005), prédominant, aux dépens d’approches plus littéraires des textes. C’est ce que l’on peut remarquer dans les revues ou manuels destinés aux classes de l’école primaire française, au début du XXe siècle. En effet, la lecture des textes littéraires y apparait souvent comme étant mise au service de certaines acquisitions, linguistiques, morales ou civiques, sans que soient évoquées les spécificités des textes qui servent de prétexte à ces différents apprentissages. Il est même possible d’évoquer un enseignement de la langue peu soucieux de la valeur littéraire des textes, dès la fin du XIXe siècle.

Ce jeu de dépendance entre langue et littérature se remarque particulièrement dans les rédactions qui instaurent un lien étroit entre les connaissances linguistiques et la lecture des textes littéraires. C’est donc en observant cet exercice que notre analyse des relations entre langue et littérature va être menée, en mettant en regard un ensemble de lectures proposées dans des revues p...

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