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Enseigner les littératures dans le souci de la langue

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Edited By Christophe Ronveaux

Qui enseigne la littérature est plongé dans l’embarras lorsqu’il doit délimiter l’objet à enseigner. Soit la langue lui apparait dans la régularité d’un système irréductible à ses usages singuliers, considérés comme « littéraires », soit c’est la littérature qui s’impose comme l’usage le plus abouti d’une langue pour élaborer des savoirs scolaires sur celle-ci. Qu’il enseigne les littératures dans le souci de la langue ou la langue dans le souci des littératures, celui-là devra poser des choix qui renvoient aux savoirs scolaires d’une discipline, définie dans les configurations successives de son histoire. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage questionnent ces choix sous l’angle historique des pratiques attestées, sous l’angle esthétique de représentations fantasmées, sous l’angle des pratiques de classe contemporaines, sous l’angle des objets à enseigner (la ponctuation, les albums pour la jeunesse, le comique, la lecture littéraire). Se côtoient analyses de dispositifs d’enseignement et de formation, du primaire et du secondaire, dans un dialogue constructif, dont la synthèse reste à faire.

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Co-élaborer la ponctuation au cycle 2 de l’école primaire

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De la variation poétique à la norme

Michel FAVRIAUD, Claire DUTRAIT, Maryline VINSONNEAU et le groupe ALEP1

Selon la théorie stylistique de l’écart portée par Cohen (1966), la poésie, détournant les formes standard, se situerait hors de la langue commune. Cela justifie la démarche étapiste commune, selon laquelle il faudrait apprendre d’abord les normes de langue, pour ensuite les contester dans l’écriture poétique. Nous acceptons volontiers – même si la question de la norme linguistique pose plus d’un problème épistémologique (Gadet, 2007) – l’idée que la norme doive être enseignée à l’école, en grammaire notamment et dans la production d’écrits (Instructions officielles françaises de 2008). Mais nous soutenons que la poésie, dans son versant contemporain, est non seulement partie prenante de la langue, mais l’un de ses laboratoires – particulièrement dans le domaine de la ponctuation – ce qui permet tant de comprendre le fonctionnement de celle-ci que d’améliorer son apprentissage (Favriaud, 2009). Ne pourrait-on en effet construire, pour partie au moins, la sociabilité et la réflexivité linguistique sur les notions de subjectivité et d’intersubjectivité en poésie, au sens que leur donne Meschonnic (1995), ce qui éviterait peut-être de marginaliser les élèves en difficulté, en restaurant leur image de soi dans la langue (Anzieu, 1981), tout en élaborant les normes linguistiques et discursives ?

Pour assoir notre proposition nous adapterons deux notions linguistiques : celles de...

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