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Enseigner les littératures dans le souci de la langue

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Edited By Christophe Ronveaux

Qui enseigne la littérature est plongé dans l’embarras lorsqu’il doit délimiter l’objet à enseigner. Soit la langue lui apparait dans la régularité d’un système irréductible à ses usages singuliers, considérés comme « littéraires », soit c’est la littérature qui s’impose comme l’usage le plus abouti d’une langue pour élaborer des savoirs scolaires sur celle-ci. Qu’il enseigne les littératures dans le souci de la langue ou la langue dans le souci des littératures, celui-là devra poser des choix qui renvoient aux savoirs scolaires d’une discipline, définie dans les configurations successives de son histoire. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage questionnent ces choix sous l’angle historique des pratiques attestées, sous l’angle esthétique de représentations fantasmées, sous l’angle des pratiques de classe contemporaines, sous l’angle des objets à enseigner (la ponctuation, les albums pour la jeunesse, le comique, la lecture littéraire). Se côtoient analyses de dispositifs d’enseignement et de formation, du primaire et du secondaire, dans un dialogue constructif, dont la synthèse reste à faire.

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Langue, littérature et effet comique réunis dans un (improbable ?) « tête-à-texte »

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Julien VAN BEVEREN1

« Tout de même, il reste le texte. Et si nous commencions par le regarder ? »

(Étienne, 1965, p. 73)

À l’heure actuelle, et en Belgique francophone tout au moins, il n’est pas commun – il est tout à fait exceptionnel même – d’envisager en classe les écrits littéraires comme des résultats d’usages de la langue plus ou moins différents des usages ne procédant pas d’une intention artistique2.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Au temps où les formateurs d’enseignants et les enseignants eux-mêmes étaient rompus à l’approche philologique des textes (Philippe, 2002), au temps où seules les œuvres patrimoniales étaient tenues pour dignes d’étude dans l’enseignement obligatoire, il allait de soi d’examiner ce que l’on n’appelait pas encore leur « littérarité » en se servant d’instruments linguistiques, en prêtant attention à ces utilisations idiosyncrasiques de la langue que l’on désignait du nom de « styles ». Il allait également de soi d’imposer aux élèves, à la charnière des deux cycles du secondaire surtout, des exercices de « phraséologie » où ils devaient s’inspirer des usages que faisaient les écrivains du lexique et de la syntaxe.

La grande réforme des structures de l’institution qui a marqué le début des années 1970 et consacré le principe de l’égalité d’accès aux études secondaires générales a entrainé, d’une part un élargissement considérable du corpus des écrits ayant droit de cit...

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