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Henri Wallon (1879–1962) : action pensée, pensée de l'action

Itinéraires croisés : politique, philosophique, psychologique

Serge Netchine and Gaby Netchine-Grynberg

Henri Wallon (1879–1962), éminent psychologue de l’enfant, fut aussi, à partir des années 1900, un acteur de la vie intellectuelle et politique française. Cet ouvrage parcourt les grands thèmes de ses recherches sur les enfants souffrant ou non de pathologies mentales, en les articulant à ses engagements de citoyen et à ses positionnements intellectuels. Sont envisagées, au regard du contexte politique et culturel, les prises de position et les actions effectuées par Henri Wallon au cours d’une période historique qui fut riche en événements et en retournements. De plus, cette recherche illustre la détermination d’une doctrine philosophique intégrant le résultat des controverses entre courants spiritualistes et matérialistes apparues tout au long des XIXe et XXe siècles ainsi que l’élaboration d’une démarche scientifique sur le développement psychologique qui intègre des enjeux pratiques et sociétaux.

Ce livre met finalement en lumière ce qui, du parcours d’Henri Wallon, mérite d’être souligné et d’intervenir dans les problèmes contemporains.

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Chapitre 1. La tradition familiale

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CHAPITRE 1

La tradition familiale

Je dois à ma famille d’avoir été élevé dans une atmosphère républicaine et démocratique. Un de mes premiers souvenirs, c’est la mort de Victor Hugo. J’avais six ans. Après dîner, mon père nous lut des fragments des Châtiments. Ça m’a beaucoup frappé […] l’affaire Dreyfus1. Je faisais mon service à Rouen et je venais presque tous les dimanches à Paris. Le samedi soir, mon père m’attendait à la gare et me mettait au courant du procès en rentrant à la maison.

Mon grand-père était catholique très libéral [sic]. Il avait été l’élève de Michelet. Michelet l’avait désigné comme successeur quand il fut relevé de sa chaire. Il entra dans la vie politique par l’abolition de l’esclavage : il avait été un des secrétaires de la commission présidée par Schoelcher. Il fut député de la Guadeloupe, puis député du Nord. Catholique, il fut contre la loi Falloux2. Il démissionna quand on exclut la Montagne de l’Assemblée. Il déclara dans sa lettre qu’élu au suffrage universel, il ne pouvait pas continuer à siéger quand celui-ci était violé. Pendant tout l’Empire, il se tint à l’écart. Il mit ses deux fils à Sainte-Barbe, l’école des protestataires. Vers la fin de sa vie, il inclina vers la droite à cause de la Commune (Wallon, 1968).

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