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Recherche académique et innovation

La force productive de la science

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Edited By Dimitri Uzunidis

De l’auteur au lecteur en passant par l’éditeur… du scientifique à l’entrepreneur en passant par l’inventeur… du laboratoire de recherche à l’industrie en passant par l’entreprise…, les connaissances scientifiques se diffusent dans l’économie. Elles sont générées, captées, enrichies, combinées pour resurgir en tant qu’innovations. La valorisation de la recherche, que l’on peut définir comme le processus de transformation des savoirs fondamentaux en nouvelles marchandises (technologies, biens de consommation, services divers), constitue la première étape de la concrétisation de la science en tant que force de production. Le marché, les stratégies des entreprises et des entrepreneurs, le cadre institutionnel, ou encore l’action publique incitent la valorisation de la recherche, créent des opportunités d’innovation et orientent les applications technologiques de la recherche. Mais, dans l’économie contemporaine de l’information, de la connaissance et de l’innovation permanente, le passage de la recherche au marché révèle souvent des comportements déviants : fraudes, sélection, appropriation, spéculation, concentration, financiarisation…

Les auteurs de ce volume, après avoir montré les mécanismes de la valo- risation de la recherche actuels et passés, s’interrogent sur leurs risques économiques et sociaux pour constater le besoin d’une véritable socialisa- tion de la production scientifique et du contrôle de ses applications.

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Chapitre 2: Du laboratoire à l’entreprise : le scientifique entrepreneur sous le prisme de l’histoire (Sophie Boutillier)

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CHAPITRE 2

Du laboratoire à l’entreprise : le scientifique entrepreneur sous le prisme de l’histoire

Sophie BOUTILLIER

Université du Littoral-Côte d’Opale, France

1.    Les bases de la problématique du « scientifique entrepreneur »

Nombre de travaux ont été publiés depuis les années 1980, avec la loi Doyle-Bah, sur le chercheur entrepreneur, le scientifique entrepreneur, voire l’entrepreneur académique (les définitions sont multiples et variées), initiative qui a été suivie dans de nombreux pays, comme par exemple en France (loi Allègre sur l’innovation et la recherche de 1999). Par ailleurs, le concept de l’université entrepreneuriale, qui s’est imposé en 1988 avec les travaux de Burton Clark (Gjerding et al., 2006), a aussi très largement contribué à diffuer l’idée d’une nouvelle alliance (de plus en plus étroite) entre la science et l’industrie, nécessitant une transformation profonde de l’institution universitaire. L’université entrepreneuriale est ainsi généralement appréhendée comme une avancée significative au regard de la liaison entre science et industrie, comme le montrent notamment les travaux d’Etzkowitz (2003) qui opposent l’université entrepreneuriale à l’université académique enfermée dans sa tour d’ivoire.

L’idée selon laquelle l’université aurait été jusqu’à la fin du XXe siècle dans une tour d’ivoire n’est pas acceptée par tous les scientifiques, considérant que l’université n’a jamais été dans une tour d’ivoire, isolée de la société dans laquelle elle est...

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