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Recherche académique et innovation

La force productive de la science

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Edited By Dimitri Uzunidis

De l’auteur au lecteur en passant par l’éditeur… du scientifique à l’entrepreneur en passant par l’inventeur… du laboratoire de recherche à l’industrie en passant par l’entreprise…, les connaissances scientifiques se diffusent dans l’économie. Elles sont générées, captées, enrichies, combinées pour resurgir en tant qu’innovations. La valorisation de la recherche, que l’on peut définir comme le processus de transformation des savoirs fondamentaux en nouvelles marchandises (technologies, biens de consommation, services divers), constitue la première étape de la concrétisation de la science en tant que force de production. Le marché, les stratégies des entreprises et des entrepreneurs, le cadre institutionnel, ou encore l’action publique incitent la valorisation de la recherche, créent des opportunités d’innovation et orientent les applications technologiques de la recherche. Mais, dans l’économie contemporaine de l’information, de la connaissance et de l’innovation permanente, le passage de la recherche au marché révèle souvent des comportements déviants : fraudes, sélection, appropriation, spéculation, concentration, financiarisation…

Les auteurs de ce volume, après avoir montré les mécanismes de la valo- risation de la recherche actuels et passés, s’interrogent sur leurs risques économiques et sociaux pour constater le besoin d’une véritable socialisa- tion de la production scientifique et du contrôle de ses applications.

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Chapitre 3: Imbrication science-industrie : les origines de la fraude scientifique (Blandine Laperche)

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CHAPITRE 3

Imbrication science-industrie : les origines de la fraude scientifique

Blandine LAPERCHE

Université du Littoral Côte d’Opale, France

La fraude scientifique correspond à des pratiques répréhensibles de membres de la communauté scientifique, comme la production ou la falsification de données et le plagiat. Elle est souvent traitée comme le résultat d’un problème éthique individuel de la part de chercheurs aux pratiques douteuses. Dans ce chapitre, sans minimiser ces formes individuelles de fraudes, nous considérons également les formes de corruption scientifique orchestrées par les firmes multinationales, qui sont au cœur de nombreux scandales et débats actuels. Ainsi, nous développons l’idée selon laquelle la fraude s’explique non seulement par des causes individuelles mais aussi par la place accordée à la science dans la société. Est-elle une « connaissance critique du réel », sans objectif déterminé ou bien est-elle considérée comme une force productive et un outil marketing au service des stratégies d’innovation des entreprises (Marx, 1857 ; Uzunidis, 2003 ; Laperche, 2003) ? Prenant des exemples historiques (industrie du tabac, lobby du sucre) et actuels (l’affaire du Mediator des laboratoires Servier, la définition des perturbateurs endocriniens, les Monsanto Papers), nous présentons les formes que prend la fraude scientifique organisée par les firmes multinationales et cherchons à en expliquer les causes. Celles-ci sont selon nous liées à la forte imbrication actuelle entre science et industrie. D’un...

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