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Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

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Edited By Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

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Généalogie d’une catégorie zombie. Des médias de masse à la culture mainstream aux États-Unis (Michael Z. Newman)

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Généalogie d’une catégorie zombie

Des médias de masse à la culture mainstream aux États-Unis1

Michael Z. Newman

Université du Wisconsin-Milwaukee

Dans les industries culturelles américaines, le vocable indépendant a pu revêtir des significations différentes selon les époques2. Dans de nombreux domaines, le terme désigne des entités plus petites que leurs concurrentes, non cotées en bourse. Historiquement, la notion d’indépendance3 s’applique non seulement aux stations de radio ou aux chaînes de télévision non affiliées aux principaux groupes (comme CBS ou NBC), mais aussi à celles qui proposent des programmes locaux ou coproduits avec d’autres stations. Les hebdomadaires gratuits (alt-weeklies) ou les radios communautaires ont ainsi servi de contrepoints idéologiques et commerciaux aux médias dominants4. Depuis l’avènement d’immenses conglomérats médiatiques comme Disney et Viacom, l’adjectif indépendant sert souvent à qualifier en creux les acteurs plus modestes confrontés à ces empires tentaculaires implantés dans le domaine des loisirs, de l’information et du divertissement5. Dans le langage courant, les labels de musique, ou les producteurs de cinéma indépendants sont précisément ceux qui n’appartiennent pas à un conglomérat tel que Disney, Sony, Universal, Viacom ou à l’une de leurs filiales. Le critère est identique pour les librairies et autres commerces, qui sont qualifiés d’indépendants←21 | 22→ lorsque ce sont des magasins locaux – qui se battent en conséquence pour une survie...

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