Show Less
Restricted access

Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

Series:

Edited By Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

Show Summary Details
Restricted access

Mises en je de l’indépendance cinématographique. Le cas des réalisateurs autobiographes (Juliette Goursat)

Extract

Mises en je de l’indépendance cinématographique

Le cas des réalisateurs autobiographes

Juliette Goursat

IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

La réalisation de films autobiographiques est particulièrement éclairante pour étudier les pratiques de l’indépendance au sein de l’univers cinématographique. En effet, par le projet même qu’ils se fixent, leurs auteurs sont amenés à rechercher des modes de réalisation, de production et de diffusion qui préservent leur désir d’indépendance et de liberté artistique, et leur permettent de résister à une uniformisation des produits cinématographiques au sein d’une industrie perçue comme normative. Bien que l’autobiographie prenne des formes multiples au cinéma, il est possible de dégager des récurrences dans certains films fortement autobiographiques, autrement dit dans les films où l’auteur-réalisateur est personnage et narrateur, et fait le récit de sa vie qu’il met au premier plan1. Afin de réaliser des œuvres formellement singulières qui expriment leur point de vue sur leur existence et puissent être reçues adéquatement par les spectateurs, les cinéastes mettent en place diverses stratégies de production et de diffusion. Ce sont ces différentes pratiques que nous entreprenons ici de décrire, en nous appuyant principalement sur des œuvres fortement autobiographiques de cinéastes reconnus, tels que Dominique Cabrera, Jonathan Caouette, Alain Cavalier, Boris Lehman et Agnès Varda.←101 | 102→

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.