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Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

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Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

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L’« intelligence » comme (in)dépendance. L’Université de tous les savoirs (2000–2013) (Boris Attencourt)

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L’« intelligence » comme (in)dépendance

L’Université de tous les savoirs (2000–2013)

Boris Attencourt

CESSP-CSE, CNRS

De nombreux travaux, aussi bien en France qu’outre Atlantique, se sont intéressés aux transformations affectant les industries culturelles depuis la fin des années 1980, sous l’effet d’importantes innovations technologiques et d’une mondialisation accrue des échanges commerciaux1. C’est dans ce contexte où les logiques du profit tendent à s’accentuer sur les marchés de la culture que de nombreuses filières ont cherché à démarquer leurs produits de ceux qui se rattachent au pôle de la grande diffusion. Bien qu’elle recouvre des pratiques et des représentations assez différentes suivant les secteurs concernés, la revendication d’indépendance émane d’instances ayant en commun de n’avoir renoncé ni à l’audience ni à la rentabilité économique. Si l’ambivalence de ce désintéressement a déjà été abordée pour des segments tels que l’édition ou le cinéma2, ses aspects restent encore largement à explorer s’agissant d’autres univers culturels, à commencer par celui de la vulgarisation scientifique peu étudié de manière←145 | 146→ générale3. Qu’en est-il en effet des enjeux de l’indépendance propres à une activité ayant à ajuster le contenu de la science aux contraintes de la diffusion élargie ? L’analyse du cas de l’Université de tous les savoirs (Utls), que nous nous proposons ici d’exposer, voudrait ainsi contribuer à éclairer cette question.

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